Le Carnet santé du Québec est lancé

Après des années de travail, le fameux Carnet santé Québec a été lancé lundi dernier. S’il est ouvert aux citoyens du Québec, il sera surtout utile aux professionnels de la santé. Test du carnet en direct.

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La grippe aviaire se propage aux États-Unis

Via CDC

La grippe aviaire hautement pathogène H7N9 continue de se propager aux États-Unis avec la découverte d’un nouveau foyer d’infection dans un troisième État. 

par Alexandre Gagné

L’État du Kentucky est devenu ce lundi le troisième État américain à signaler la présence du virus sur ton territoire après la découverte, fin février et début mars, de foyers d’infection au Tennessee et en Alabama, deux États voisins.

++ Lire aussi: Grippe aviaire. Inquiétude chez les producteurs de volaille

Le virus a été trouvé dans une exploitation agricole de l’ouest de l’État. La ferme a été mise en quarantaine et les 22 000 volailles ont été abattues.

Les autorités américaines surveillent attentivement la situation. Les États touchés se trouvent en bordure du Mississippi, une importante voie de migration pour des millions d’oiseaux qui remontent actuellement vers le nord.

Grippe aviaire: inquiétude chez les producteurs de volaille

La grippe aviaire détectée aux États-Unis

Les producteurs de volailles du Québec et du reste du Canada sont inquiets et surveillent attentivement l’éclosion de foyers de grippe aviaire aux États-Unis. Le retour des oiseaux migrateurs avec l’arrivée du printemps fait craindre la propagation du virus dans les élevages.

par Alexandre Gagné

La vigilance est accrue ces jours-ci dans les exploitations agricoles du pays et particulièrement chez les producteurs de volaille. C’est que la grippe aviaire fait un retour en force aux États-Unis, une situation qui fait craindre une vaste épidémie comme celle de 2014-2015 qui a entraîné l’abattage massif de 50 millions d’oiseaux.

Fin février dans le comté de Lincoln, dans le sud du Tennessee. Un producteur suspecte la présence d’un virus chez ses volailles. Il donne l’alerte. Des tests sont effectués et le verdict tombe.

Le 5 mars dernier, les autorités de l’État confirment la présence dans cette exploitation agricole du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène H7N9. Immédiatement, l’endroit est placé en quarantaine de même qu’une trentaine d’autres fermes avicoles dans un rayon de 10 kilomètres.

L’accès aux fermes a été restreint et tous les véhicules qui entrent ou sortent de la zone doivent être désinfectés. Les 73 500 poulets qui se trouvaient dans la ferme ont depuis été abattus.

La ferme en cause approvisionne rien de moins que le plus important producteur de poulet des États-Unis, la compagnie Tyson Foods.

Le département américain de l’Agriculture a confirmé qu’il s’agissait du premier cas de grippe aviaire H7N9 cette année aux États-Unis. La dernière fois que ce virus hautement mortel pour les volailles avait été identifié en sol américain, c’était en janvier 2016 dans l’Indiana.

Mais l’affaire n’allait en rester là. Le 16 mars, une autre ferme située à environ 3 kilomètres a aussi été contaminée par le virus. Les autorités du Tennessee ont également confirmé la présence du H7N9 chez cet autre producteur qui approvisionne aussi le géant de l’alimentation Tyson Foods.

Enfin, une troisième ferme a été touché, selon l’Associated Press. Dans les trois cas, les volailles ont été éliminées.

Les autorités américaines sont très inquiètes. Les élevages de volailles touchés sont situés tout près des grands États producteurs de poulet dans le sud des États-Unis comme l’Alabama et la Georgie, comme le montre la carte ci-dessus.

Et comme si ce n’était pas assez, une ferme du Wisconsin a aussi été placée en quarantaine après la découverte du virus aviaire H5N2 dans le troupeau de 84 000 dindons d’une exploitation du comté de Barron dans le nord-est de l’État.

Dans ce cas précis, le virus est considéré faiblement pathogène même s’il provoque des problèmes de santé chez les oiseaux infectés.

Production touchée ?

La compagnie Tyson Foods assure que sa production de poulet n’est pas affectée, pour le moment, par la découverte des deux cas de grippe aviaire au Tennessee. L’entreprise, fondée en 1935 et basée en Arkansas, est aussi le premier exportateur de boeuf du pays. Elle emploie quelque 115 000 travailleurs dans le monde, dont 97 000 aux États-Unis. Tyson Foods est l’unique fournisseur de la marque Yum! qui opère les restaurants Taco Bell, KFC/PFK, Pizza Hut et WingStreet dans le monde.

Tyson Foods est aussi un important fournisseur des chaînes McDonald’s, Burger King, Wendy’s, Wal-Mart et IGA.

En bourse, ces mauvaises nouvelles ont fait chuter le titre de l’entreprise à New York. Le 6 mars, le lendemain de la diffusion du premier cas, le titre a perdu près de 2% de sa valeur. La diffusion du second cas a continué à faire dégringoler le titre qui a terminé, ce vendredi, à nouveau en recul (-0,26%) à 61,84$ US.

L’action de Tyson Foods (TSN) en baisse à New York

Inquiétudes aux États-Unis et au Québec

Les producteurs de volaille aux États-Unis sont très inquiets car ils se rappellent de la crise de 2014-2015 alors que la grippe aviaire a forcé l’abattage de 50 millions d’oiseaux. Une autre crise de la même ampleur pourrait représenter un coup financier pour Tyson Foods et l’autre géant du même titre Pilgrim’s Pride Corp.

Les pays asiatiques, grands importateurs de poulet américain, ont immédiatement réagi au premier cas du Tennessee dès le 6 mars. La Corée du Sud, le Japon, Taïwan et Hong Kong ont annoncé la suspension de leurs importations américaines.

Le Canada a aussi emboîté le pas, mais avec quelques jours de retard. Ce n’est que le 17 mars qu’Ottawa, par le biais de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a décidé de bloquer l’arrivée de volaille et d’oeufs crus en provenance du Tennessee et de l’Alabama.

Au Québec, les producteurs surveillent la situation de près car le Wisconsin et le Tennessee où ont été trouvés les cas de grippe aviaire sont deux États qui se trouvent sur la route des oiseaux migrateurs en train de revenir chez-nous.

Les autorités américaines ont averti que l’Ontario, le Manitoba, le Québec et le Nunavut pourraient aussi être touchés par une remontée du virus H7N9 dans les prochaines semaines.

Entre-temps, dans la province, les producteurs ont rehaussé leurs mesures de sécurité et applique le plan de mesures élaborés dans ce genre de situation par l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles.

Le virus H7N9 est pris très au sérieux par l’Organisation mondiale de la Santé. Au cours des derniers mois, 110 personnes sont mortes en Chine après avoir été en contact avec des oiseaux infectés. Même si pour l’heure le virus ne semble pas se transmettre d’humain à humain, l’OMS rappelle qu’une mutation peut survenir à tout moment et aggraver la situation en quelques semaines.

Bactéries résistantes: le scénario du pire à nos portes ?

La bactérie KP en cause en forme de bâtonnet

Le décès d’une Américaine infectée par une bactérie qui résiste à pratiquement tous les antibiotiques existants sur Terre fait craindre le pire aux experts en santé publique de la planète qui appellent (encore) à un usage éclairé des antibactériens. Le point.

par Alexandre Gagné

Vendredi 13 janvier. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta aux États-Unis (CDC) annonce la mort d’une septuagénaire du Nevada qui a été emportée en septembre à la suite d’une scepticémie, c’est-à-dire, une infection générale de tout l’organisme.

L’agent pathogène en cause s’appelle Klebsiella pneumoniae (KP). Il avait été isolé chez la patiente au mois d’août dans une blessure à la jambe qu’elle s’était faite lors d’un voyage en Inde. La dame s’était fracturée la jambe et avait été traitée dans un hôpital indien avant de rentrer aux États-Unis où sont état s’est dégradé.

La bactérie isolée est très courante. On la retrouve naturellement dans l’environnement. Elle peut aussi être présente dans le tube digestif et l’appareil respiratoire des animaux ainsi que des humains.

Son action est généralement bien contrôlée par le corps d’où l’absence (heureusement) d’infection. La bactérie peut cependant devenir agressive quand l’organisme est affaiblie – par une blessure – ou immunodéprimé.

Quel est le danger ?

Klebsiella pneumoniae sécrète naturellement des enzymes d’inactivation ce qui la rend résistante aux pénicillines, comme la très populaire et très prescrite amoxicilline (amox). La bactérie a aussi acquis des résistances à l’acide clavulanique une substance qui vient d’ordinaire «booster» – augmenter – le pouvoir des pénicillines.

Pire encore, K. pneumoniae résiste aussi aux céphalosporines, des antibiotiques de 3e générations commercialisés plus récemment dans l’histoire et enfin, depuis le début des années 2000, aux carbapénèmes, la dernière ligne de défense.

Ces mutations sont survenues au fil du temps en raison de la prescription à grande échelle des antibiotiques à large spectre dans plusieurs pays. Dans les pays émergents, comme l’Inde et le Pakistan, les bactéries ont proliféré aisément en raison des mauvaises conditions d’hygiène dans certains milieux et ont acquis leur résistance. Les bactéries ont ensuite été transportées ailleurs dans le monde où elles ont commencé à contaminer des individus notamment dans les milieux hospitaliers. C’est comme ça qu’elles sont devenues des infections dites nosocomiales.

Ainsi, en étudiant les bactéries en cause, les microbiologistes ont été capables d’identifier les gènes qui ont amené cette résistance.

On parle ainsi des gènes NDM-1 (New Delhi metallico-beta-lactamase 1), KPC ou OXA-48.

Ce qui inquiète les spécialistes c’est la présence dans plusieurs cas rapportés, mais non dans celui du Nevada, du gène MCR-1 qui augmente la résistance à la colistine, un ancien antibiotique actuellement le seul capable de lutter comme les bactéries qui résistent aux carbapénèmes (KPC).

La situation chez-nous

Au Québec, la Santé publique avait lancé un appel à la vigilance l’été dernier après une flambée de cas dans la province. L’Institut national de Santé publique suit la situation de près et a mis sur pied un comité de surveillance.

Au plan canadien, le ministère de la Santé suit étroitement la progression des cas rapportés. Même si leur nombre demeure encore limité, les cas d’infection sont malgré tout en légère augmentation au pays.

Le scénario du pire serait bien évidemment une contamination à grande échelle de nombreux patients dans un hôpital ou le développement d’une nouvelle souche de KP résistante à tous les antibiotiques sans exception et même aux cocktails antibiotiques.

Pour éviter, à court terme, pareil scénario, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à limiter l’usage des antibiotiques et surtout à une déclaration systématique des cas pour limiter la propagation des infections.

Avec des déplacements toujours plus nombreux sur la planète, nul ne peut dire où et surtout quand va se déclarer la prochaine alerte sanitaire mondiale.