Les 80 ans du pape François

Photo: ©Getty Images

Le pape François aura 80 ans ce samedi 17 décembre. Si le souverain pontife semble toujours en forme, il n’en continue pas moins de garder un certain mystère entourant la poursuite de son pontificat. Analyse.

par Alexandre Gagné

Ce mercredi 14 décembre, c’était à Rome l’audience générale hebdomadaire du pape. Les milliers de personnes sur place ont profité de l’occasion pour souhaiter bruyamment un «joyeux anniversaire» au souverain pontife.

Mais le pape a jugé que c’était un peu tôt et que cela pouvait porter malheur. «Je vais vous dire quelque chose qui va vous faire rire. Dans mon pays, souhaiter l’anniversaire avant la date porte malheur et ceux qui le font sont des jeteurs de sort», a-t-il lancé à la foule. Des propos rapportés par le correspondant de l’agence de presse Reuters à Rome.

Le pape François arrivera bientôt en 2017 au terme de sa quatrième année de pontificat. Élu le 13 mars 2013, le pape avait rapidement causé la surprise par ses nombreuses déclarations sur la durée de son passage à la tête de l’Église, comme je l’avais déjà évoqué dans un article ici même sur ce blogue.

Sa déclaration la plus surprenante avait été celle de mars 2015 faite à la télévision mexicaine.

«J’ai la sensation que mon pontificat va être bref. Quatre ou cinq ans. Je ne sais pas. Ou deux ou trois. Deux ans sont déjà passés. C’est une sensation un peu vague que j’ai, celle que le Seigneur m’a choisi pour une mission brève».  – Pape François, mars 2015.

Avec 4 ou 5 ans, cela nous mène à 2017 ou 2018. Mais comme le rapportait le correspondant du journal La Croix dans un article de mars 2016, le pape «est loin d’avoir terminé la réforme de la Curie». Même si son travail est très contesté de l’intérieur comme l’ont démontré quelques reportages à France 2 et à Radio-Canada, le pape François ne ménage aucun effort pour changer le visage de l’institution deux fois millénaire.

Renoncement
Le pape François peut-il renoncer à sa charge ? La question est légitime, mais elle parait peu probable à ce moment-ci surtout que le dernier pape Benoît XVI, âgé de 89 ans, est toujours vivant. Il serait particulier de se retrouver avec trois papes simultanément.

En cas de décès subit de Benoît XVI, le pape François pourrait renoncer, mais son geste pourrait créer un précédent et «institutionnaliser» le renoncement à 80 ans comme une nouvelle norme au sein de l’Église.

Quoiqu’il en soit, les yeux de beaucoup d’observateurs seront tournés en 2017 vers le Vatican alors que le pape François entamera sa 5e année de pontificat qui prendra fin en mars 2018. Ce n’est qu’au terme de cette période que l’on saura si le pape avait vu juste…

Décryptage: La fin du monde en 2017 ?

Via Google

À l’approche de la nouvelle année, nombreuses sont les recherches sur la toile pour découvrir ce que sera 2017. Est-ce une année de «fin du monde» comme le laisse entendre certains sites internet ? Probablement pas. Décryptage.

par Alexandre Gagné

L’affaire n’est pas nouvelle. Chaque année ramène dans l’actualité son lot de prédictions apocalyptiques et 2017 ne fait pas exception à la règle. C’est que l’intérêt pour ce genre de faits, malgré ce qu’on en pense, demeure élevé au sein de la population en général.

Une simple vérification dans un moteur de recherche nous montre à quel point le sujet fait (encore) résonner beaucoup de touches sur les claviers d’ordinateur…

Depuis le mois de septembre, de nombreux sites publient des mises en garde sur la prochaine année. Plusieurs s‘appuient sur des extraits de livres religieux et d’autres sur des phénomènes astronomiques, comme les éclipses solaires, mais rien de très probant.

La numérologie

Les amateurs de prédictions et ceux qui en produisent se tournent aussi parfois vers la numérologie, la «science» de l’interprétation des nombres. Il s’agit en fait de l’attribution de croyances ou de propriétés à des nombres venant d’anciennes pratiques ayant cours chez les Grecs et les Romains, mais le concept même de numérologie a été inventé aux États-Unis au début du siècle dernier.

2017 (2+0+1+7=10=1+0=1) serait une année «1». Que dire du chiffre un, si ce n’est qu’il s’agit d’un «point de départ» d’un nouveau cycle de 9 ans, comme l’explique ce site d’horoscope. Sur Wikipédia, on donne les caractéristiques du chiffre 1:

«Autorité, Volonté, égoïsme, ascendant sur autrui, volonté et détermination, ambition, autorité, leadership, l’individualité, l’indépendance, la créativité»

Avec de pareils éléments, il devient facile pour quiconque qui veut s’exercer de faire ses propres prédictions à partir des faits d’actualité connus. L’usage de son esprit critique se révèle donc nécessaire pour éviter de tomber dans le panneau…

Calendrier chinois
Enfin, une autre source de matière pour la création de prédictions est le calendrier chinois. Selon cette tradition, 2017 sera l’année du coq de feu. Encore une fois, on utilise certaines croyances pour donner un sens à l’actualité. Plusieurs sites ont d’ores et déjà réalisés leurs prédictions sur le sujet.

Bref, les thèmes de «fin du monde» et les prédictions annuelles restent toujours populaires dans l’imaginaire collectif et font vendre sur le Net, car il faut bien admettre que les sites dédiés à ce genre contenu sont souvent des nids publicitaires où chaque clic est une source de revenus potentiels.

Le (court) règne du pape François

Les mots sont lourds de sens. Le Pape François demande au premier ministre du Québec, en visite à Rome, de prier pour lui. La rencontre entre les deux hommes a duré 45 secondes sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, ce mercredi 27 mai. Philippe Couillard a à peine eu le temps de lui remettre une lettre d’invitation au Québec et quelques cadeaux que le Pape lui adressait son étonnante requête.

«Étonnante» de l’aveux même du premier ministre. Étonnante, certes, mais ce n’est pas la première fois que le pape François fait une telle demande. Si le geste tranche avec l’attitude de ses prédécesseurs, le Saint-Père continue clairement de laisser planer des doutes sur l’avenir de son pontificat. Explications.

Un texte d’Alexandre Gagné

L’élection du pape François en 2013

À chaque fois qu’il en a l’occasion, le pape François demande à ses interlocuteurs, ses invités ou aux personnes auxquelles il s’adresse de «prier pour lui». C’est devenu depuis son élection, le 13 mars 2013, une véritable obsession alors qu’il est plutôt de coutume pour les croyants de demander au Pape (et aux hommes d’Église en général) de prier pour eux afin de traverser des moments difficiles. Mais depuis deux ans, les rôles semblent inversés.

Le 26 mars dernier, le pape François ouvre les portes de la chapelle Sixtine à 150 sans-abris de Rome pour une visite privée. Ses premiers mots: «J’ai besoin de la prière de personnes comme vous», va-t-il demander aux itinérants. À Rome, dans la galerie de presse, on ne s’étonne même plus de cette formule. C’est devenu, «sa façon habituelle de conclure ses messages», selon Sébastien Maillard, le correspondant du quotidien La Croix au Vatican.

Autre exemple. Le 20 juin 2014, une 10e «veillée de prière pour le pape et son pontificat» était organisée à Rome en plein coeur de la place Saint-Pierre. Une veillée «parce qu’il demande sans cesse que l’on prit pour lui», relate-t-on.

Dernier exemple. Le 13 mars 2014. Un an après son élection, le pape demande à ses 12 millions d’abonnés sur Twitter de «prier pour moi» et de l’accompagner dans sa lourde tâche. Un geste, relève déjà l’AFP, «qu’il répète à tous ses interlocuteurs».

LE PAPE INQUIET SUR SON AVENIR ? 
Question. Pourquoi le pape François insiste-t-il ainsi pour que l’on prie autant pour lui ?  À cette question légitime, il a bien peu de réponses claires pour les observateurs du Vatican. Il y a par contre beaucoup d’inquiétudes pour la suite des choses.

Et ces inquiétudes sont exprimées par le pape lui-même.

En août dernier, le pape effectue un voyage en Corée du Sud. Dans l’avion qui le ramène à Rome, le 18 août, le pape s’entretien pendant une heure avec les 72 journalistes qui l’accompagnent. Pendant l’échange, le pape évoque qu’à 77 ans, il envisage un pontificat plutôt court. «Tout cela durera deux à trois ans», a-t-il dit, cité par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro.

Nous sommes en 2014. Deux à trois ans, nous amène en 2016 ou 2017. Le pape profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler qu’il n’hésitera pas à renoncer «dès qu’il sentira ne plus avoir les forces» d’accomplir sa mission, comme l’a fait Benoît XVI.

La journaliste Hélène Haus du Parisien va plus loin. Selon elle, le pape François évoque clairement sa propre mort. «Cela durera peu de temps. Deux ou trois ans, et puis à la Maison du Père!» a lancé le pape cité par la journaliste à bord de l’avion papal.

Dans une entrevue, à l’occasion de ce voyage, l’historien des religions Odon Vallet, affirme que «derrière son apparente bonhomie, se cache aussi un homme tourmenté».

Justement, en mars dernier, lors du deuxième anniversaire de son accession au trône de Saint-Pierre, le pape en a rajouté une nouvelle fois. «J’ai la sensation que mon pontificat va être bref. Quatre ou cinq ans. Je ne sais pas. Ou deux ou trois. Deux ans sont déjà passés. C’est une sensation un peu vague que j’ai, celle que le Seigneur m’a choisi pour une mission brève», déclare-t-il à la chaîne de télévision mexicaine Televisa.

LA PROPHÉTIE DE MALACHIE
Que sait le pape qu’il ne peut dire encore ? Voilà un lot de déclarations qui ne manquent pas de susciter le mystère parmi les observateurs attentifs de la papauté. Certains vont même jusqu’à évoquer la prophétie de Malachie pour tenter une explication, car dès son élection, plusieurs gestes du pape François semblent concorder avec ce texte ancien.

La prophétie de Malachie est considérée comme étant un texte ésotérique qui aurait été rédigé par un moine irlandais Malachie d’Armagh. Caché pendant plusieurs années, le document aurait été découvert en 1590 par le moine bénédictin Arnold Wion. Le texte donne une liste de devises latines sensées représenter les papes à venir. Ce qui devient prophétique, c’est que le texte ne comporte que 112 devises. La 112e devant être la dernière avant la fin du monde ou de l’Église, affirme-t-on. Or, il se trouve que le pape François serait ce 112e pape, le «Pierre le Romain» de la prophétie durant le règne duquel Rome et la chrétienté seraient détruites.

Est-ce pour cela qu’il faut prier pour le pape ? Nul ne le sait, mais certains éléments sont troublants. La prophétie dicte-t-elle les actions des papes ou bien est-ce les papes qui suivent la prophétie ? Difficile à dire.

DES GESTES ÉTONNANTS
Lors de son élection, le 13 mars 2013, le pape François est présenté à la foule depuis un balcon de la basilique Saint-Pierre. Le moment est émouvant et très solennelle. Premier geste et première parole, le pape se présente comme l’évêque de Rome d’abord. Puis, immédiatement, il demande au peuple de le bénir, de prier pour lui. Le geste a créé la surprise.

Dans les jours suivants son élection, le pape a effectué une première sortie officielle à la Basilique Sainte-Marie-Majeure consacrée à la Vierge Marie pour aller y prier. Dans la cathédrale, avant de quitter, le pape fait un petit détour…pour aller brièvement se recueillir devant le tombeau du pape Sixte V. Or, c’est grâce justement à ce pape que nous pouvons dater la succession des papes depuis Célestin II en 1143. D’après la prophétie, le pape François serait bien le «Pierre le Romain» (n’ayant d’ailleurs pas de devise selon le texte) et le dernier pape avant la fin de la chrétienté. Pourquoi ce détour ?

Dans un documentaire diffusé l’an dernier sur la chaîne RMC Découverte, en France, on affirme même que c’est le pape émérite Benoît XVI qui aurait enclenché la fin de la prophétie dans une renonciation programmée et en conjonction avec la prophétie, texte que le Vatican dément «s’inspirer».

Source: RMC Découverte

Étonnamment, le pape Benoît XVI a démissionné le 11 février 2013, mais indique que sa démission sera effective que le 28 février, date de la Saint-Romain. Voulait-il ainsi laisser la place à «Pierre le Romain» et permettre au pape François de marcher dans les pas de la prophétie ? Il y a place au doute.

Il faut savoir que de tout temps, l’Église suit de nombreuses traditions et rites qui sont bien ancrées dans le fonctionnement de l’institution religieuse. Tout est souvent réglé au quart de tour, tel un mécanisme très précis d’horlogerie.

Le pape François est le premier jésuite à accéder à cette fonction. Comme nous l’avons vu, contrairement aux autres pontifes avant lui, aucune devise n’est accolée à son nom. C’est un saut dans l’inconnu, selon les exégètes du texte ancien.

Peut-être pas si inconnu, car en fait, dans ses centuries Michel de Notre-Dame, connu sous le nom de Nostradamus, a évoqué la fin de la chrétienté quand arrivera le «caput nigrum», littéralement le capuchon noir. Or, l’habit des moines jésuites et en particulier celui du supérieur de la communauté (le général des Jésuites) est complètement noir par opposition à la soutane blanche du pape. Le pape François est-il le «caput nigrum» ? La coïncidence est stupéfiante.

Enfin, dernier élément de questionnement. Dans la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs de Rome, des médaillons à l’effigie des papes ont été peints tour autour de la nef centrale. Chaque pape a sa place désignée, même le pape François s’y trouve. Or, il ne reste qu’un médaillon de libre. Certains y voient un autre signe de la fin proche de l’Église actuelle.

LES CALCULS 

Source: RMC Découverte

Dans la prophétie de Saint-Malachie, la devise attribuée au pape Sixte V (celui de la visite du pape François évoquée précédemment) est «l’axe au milieu du signe». Partant de là, la première devise contenue dans le texte serait celle du pape Célestin II, élu en 1143. Sixte V arrive en 1585, soit 442 ans après. Logiquement, si Sixte V marque le milieu du signe, la prophétie devrait théoriquement prendre fin 442 ans plus tard, soit en 2027.

Dans un livre paru en 1976 intitulé «Les prophéties du pape Jean XXIII», l’auteur Pier Campi dit révéler les étranges visions qu’aurait eu Angelo Roncallli avant son accession au trône de Saint-Pierre en 1958. D’après ces visions, Jean XXIII aurait évoqué une date de «fin» de quelque chose. «L’an 2000 plus l’âge du Christ à sa mort (33 ans)», donc l’an 2033.

Voilà deux dates. 2027 et 2033. Étrangement, en 2012 dans la publication de son livre sur Jésus de Nazareth, le pape Benoît XVI tient à faire une précision sur la date de naissance du Christ. Il confirme l’erreur du calendrier commise par le moine Denys Le Petit à l’Antiquité. Jésus n’est pas né en l’an «0» mais avec 6 ans ou 7 ans d’écart. Venant du pape, cela a de quoi surprendre.

Pour la vision de Jean XXIII, cela ramène donc la «fin», aussi, en 2027.

CONCLUSION
Bref, voilà des éléments portés à votre connaissance. Qu’en penser ? Je suis moi-même dans l’expectative. Qu’est-ce qui relève de l’histoire, du mythe, de la légende ? Tout cela est bien difficile à déterminer. Il est souvent très facile de faire dire à l’histoire ce qu’on veut bien. Les plus grands sceptiques du Québec vous le diront. Jouer avec les chiffres est aussi un jeu d’enfant, mais reste lorsque des éléments qui alimentent le mystère viennent du pape lui-même, cela soulève bien des interrogations.

Dans le contexte actuel, alors que des groupes terroristes menacent l’équilibre mondial, il est permis de comprendre les craintes que peut avoir le chef de l’Église catholique. Seuls les prochains mois ou les deux prochaines années nous apporterons, peut-être, des réponses…