Le Carnet santé du Québec est lancé

Après des années de travail, le fameux Carnet santé Québec a été lancé lundi dernier. S’il est ouvert aux citoyens du Québec, il sera surtout utile aux professionnels de la santé. Test du carnet en direct.

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«Voyage voyage» le tube de l’été ? !

La sortie, ce jeudi 3 mai, du nouvel album numérique du chanteur québécois Yann Perreau a été l’occasion de remettre à l’avant-scène, et dans nos oreilles, la chanson « Voyage voyage » popularisée par la chanteuse française Desireless. Retour sur la petite histoire de cette chanson mythique.  Continuer à lire … « «Voyage voyage» le tube de l’été ? ! »

Climat. Le Québec à la recherche de son printemps

L’annonce d’une nouvelle dépression météorologique majeure sur le Québec pour les prochains jours et cela en plein mois d’avril suscite une certaine exaspération dans la province alors que les beaux jours du printemps devraient normalement être au rendez-vous. C’est la 5e année consécutive que les Québécois ont la triste impression de passer directement de l’hiver à l’été, et la situation pourrait perdurer jusqu’en 2024-2025. Explications.

Par Alexandre Gagné

Neige, verglas, grésil, pluie…voilà le cocktail météorologique qui attend la vallée du Saint-Laurent entre les 13 et 17 avril. L’instabilité du climat et les nombreuses variables en cause rendent difficile l’établissement de prévisions exactes. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fera pas beau (encore) au cours de la fin de semaine.

Les quantités de pluie dans le long du St-Laurent pourraient aller de 50 à 100 mm, suffisamment pour faire gonfler les cours d’eau et le fleuve lui-même qui est déjà à un niveau élevé.

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On le sait, la météo anime les conversations au Québec. C’est un trait culturel associé à la rigueur historique du climat. Depuis quelques années, l’impression générale est qu’il n’y a plus de ces printemps où mars apportait douceur et avril, chaleur et joie de vivre.

Cette impression est malheureusement supportée par les observations et relevés météorologiques.

LES CONSTATS

Jusqu’à présent, le printemps 2018 (mars et début avril) offre des températures nettement sous les normales pour cette saison.

« En termes de température, on est en dessous des normales de manière significative. En date de mardi, dans le sud du Québec, on est entre 4 et 6 degrés en dessous des normales. Vers Québec, on est à 10 degrés en dessous des normales », confirme un expert d’Environnement Canada interrogé par La Presse.

Mars 2017 avait été également froid au Québec, avec des températures à 1°C sous la normale. Mars 2016, 2015 et 2014 avaient tous été froids. « Ces débuts de printemps froids constitueront-ils la nouvelle normale? », se demande le ministère de l’Environnement dans ses Faits saillants météorologiques.

La situation n’est pas plus rose pour les mois d’avril passés. Le mois d’avril 2017 était le 7e mois d’avril consécutif et le 4e du duo mars-avril consécutif sous les normales. Le ministère de l’Environnement estime à ce moment que « cette séquence de printemps frais est d’autant plus particulière que cette anomalie négative n’était que la troisième des douze derniers mois ».

Mai 2017 n’a pas été très beau non plus dans le sud de la province. La pluie a été très abondante. En 2016, même constat: températures sous les normales et présence de neige tardive.

Bref, les chiffres parlent d’eux-mêmes, les printemps ont pratiquement disparu du Québec. Mais pourquoi ?

LES HYPOTHÈSES

Une séquence de quelques années est certes insuffisante pour dégager une tendance nette en climatologie. Il faut généralement une dizaine d’années, voire 30 ans pour poser un diagnostique certain. Néanmoins, quelques phénomènes méritent notre attention et pourraient expliquer ce qui se passe actuellement au-dessus de nos têtes.

1- Les courants de l’océan Atlantique

Dans deux études parues cette semaine dans la revue scientifique Nature, des experts du climat confirment que la circulation des courants océaniques dans l’Atlantique est à son plus faible niveau depuis 1600 ans. Ils pointent comme responsable la fonte des glaciers dans l’Arctique. La circulation thermohaline consiste en une remontée des eaux chaudes des zones tropicales de l’Atlantique vers le Nord grâce au Gulf Stream avant de repartir vers le sud, après avoir été refroidis.

Comme les dépressions météorologiques sont notamment alimentées par la température de l’eau, « si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis », indique une des études. Mais la dynamique océan-atmosphère est complexe.

2- L’Oscillation nord-atlantique (NAO)

L’autre indicateur surveillé de près par les spécialistes du climat est l’oscillation nord-atlantique (NAO). C’est en quelque sorte le El Nino / El Nina que l’on retrouve dans le Pacifique, mais à la différence ici que le phénomène est continu et non épisodique.

Le NAO mesure mensuellement la différence de pression atmosphérique en deux points: aux Açores et en Islande. Un indice, positif ou négatif, est ensuite produit. Il en résulte ainsi des influences. Dans la phase positive, sur le nord et l’est du Canada, les hivers sont plutôt froids et secs. Le long de la côte Est des États-Unis, ils sont plutôt doux et humides. Dans la phase négative, la côte Est du continent nord-américain subit plus d’épisodes froids et de chutes de neige, ce qui serait actuellement le cas.

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Source: NOAA

3- L’état du Soleil

Le Soleil est observé depuis l’époque de Galilée et les scientifiques ont une assez bonne connaissance depuis son observation continue remontant à 1755. L’activité du Soleil, qui se mesure notamment par le nombre de taches sombres à sa surface, suit un cycle de 11 ans.  Ainsi, quand le Soleil a de nombreuses tâches noires visibles à sa surface on dira qu’il est en forte activité et quand les taches se font rare qu’il est en faible activité. La corrélation activité du Soleil et climat ne fait cependant pas l’unanimité dans les milieux scientifiques car l’absence d’instruments adaptés rend difficile les observations à ce chapitre.

Toutefois, une étude publiée en 2011 semble confirmer « un effet local » de l’activité solaire sur le climat de certaines régions.

Historiquement, des corrélations ont été faites à au moins deux reprises entre une faible activité solaire et des conditions climatiques difficiles. Ce fut le cas entre 1645 et 1715, pour la période appelée «minimum de Maunder», du nom du scientifique qui a étudié le phénomène. Durant cette période, les températures ont chuté en Amérique du Nord. Ajouter à cela les effets des courants marins et le territoire s’est retrouvé avec de graves problèmes dans l’agriculture.

La situation a été observée une seconde fois de 1790 à 1830, dans ce qu’on appelle le «minimum de Dalton». Encore une fois, les conditions climatiques ont été difficiles au Québec au point de provoquer des disettes certaines années.

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Actuellement, l’activité du Soleil est dans un nouveau creux depuis quelques années. Le 24e cycle solaire actuel a débuté en 2008 et devrait prendre fin l’année prochaine avec son creux maximal. Selon l’interprétation des données qu’en fait le physicien américain à la retraite, James A. Marusek, nous sommes actuellement en transition vers le cycle 25. Il faudra, selon lui, ensuite quelques années avant que le Soleil ne retrouve un niveau élevé d’activité, probablement autour de 2024-2025.

De 2016 à 2024, Marusek parle d’un «grand minimum» comparable à celui de «Maunder»  où il y aura « une augmentation de la couverture nuageuse océanique et une baisse progressive des températures globales ». Pire, il évoque « de très violentes tempêtes d’hiver » et « des hivers extrêmes qui peuvent raccourcir la saison de croissance des récoltes provoquant pénurie et famines ».

Déjà en 2009, le spécialiste avait publié une série d’articles traitant justement de la menace d’un grand minimum solaire et de la nécessité d’avoir un plan d’urgence pour s’y préparer.

Conclusion

Bref, ces données semblent confirmer le sentiment général que le printemps n’existe plus au Québec, sans compter des étés où la chaleur n’est pas constante. Que faire ? Fort peu pour changer la situation, excepté pour accepter les aléas du climat.

Mais le pire pourrait être à venir à compter du cycle 26, vers 2030. Contrairement à Marusek, une étude britannique pense plutôt que c’est durant ce cycle que l’hémisphère Nord pourrait connaître une sorte de « petit âge glaciaire ».

Il ne reste donc plus beaucoup de temps pour s’y préparer collectivement.

1908. Une beuverie fatale à Rimouski

Pointe-au-Père est depuis le début des années 1800 un point de passage obligé pour la navigation fluviale dans le fleuve Saint-Laurent. La construction de l’actuel et troisième phare à partir de l’automne 1908 va donner lieu à un important chantier qui attire de nombreux travailleurs de partout dans l’Est du Canada. Retour sur une beuverie qui a mal tournée, il y a 110 ans.

par Alexandre Gagné

Au petit matin du 26 septembre 1908, le tout Rimouski est sens dessus dessous. La nouvelle de la mort tragique durant la nuit d’un homme, employé sur le chantier de construction du phare de Pointe-au-Père, se répand comme une trainée de poudre dans la ville et les environs.

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Le Soleil – 29 septembre 1908

Que s’est-il bien passé sur la route qui conduit de Rimouski à Sacré-Coeur ? Qui a tué William Roth, un jeune homme âgé de 28 ans, d’origine allemande, mais arrivant de Québec, qui oeuvrait depuis quelques semaines comme contremaître à Pointe-au-Père ?

Les premières réponses viennent tôt dans la matinée du samedi alors que quatre hommes, Élie Albert, Louis Lepage, Charles Labbé et Eugène Lavoie sont interpellés et mis sous arrêt par le chef de police Charles Gauvreau et le constable Michel Pineau.

L’enquête du coroner, menée par le sénateur Eugène Fiset, se met en place aussitôt pour faire la lumière sur les événements de la nuit. L’investigation dure trois jours durant lesquels le coroner et les six jurés entendent la version de pas moins onze témoins de ce qui prend l’allure d’une rixe sanglante.

Les dépositions sont explicites et décrivent avec une minutie étonnante l’échauffourée survenue devant la maison familiale de Patrick Desgagné, où était en visite la victime et trois autres compagnons, Napoléon Bernier, Louis Saint-Pierre et Omer Jacques.

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La Presse – 28 septembre 1908

LA CHRONOLOGIE DES FAITS

Selon les témoins, le tout commence vers 23h30, dans la soirée du vendredi 25 septembre, alors que Roth et ses collègues de chantier se trouvent à l’extérieur de la maison de Desgagné. L’un d’eux, Louis Saint-Pierre, hèle le conducteur d’une charrette à foin vide qui passe devant la maison croyant qu’il a affaire au Rimouskois Joseph Chassé.

Mais il s’agit plutôt de Napoléon Vaillancourt de Saint-Valérien qui retourne chez lui. Constatant sa méprise, Saint-Pierre s’excuse de l’erreur et offre à son interlocuteur de prendre une consommation. L’endroit de manque pas d’alcool. Sur l’entrefaite, arrive une deuxième voiture à cheval conduite par Charles Labbé et avec à son bord, le trio composé de Louis Lepage, Eugène Lavoie et Élie Albert. Le groupe arrive du Saint-Germain. Un bar de la ville « où nous avons pris de la boisson forte et plusieurs coups. J’en avais déjà pris dans la journée et j’ai acheté un cinq demiards », va raconter Eugène Lavoie devant le tribunal.

Une fois la voiture de Labbé arrêtée devant la maison de Desgagné, le dénommé Albert saute de la voiture et interpelle à son tour Louis Saint-Pierre afin de s’enquérir de la provevance des compagnons qui l’entourent.

— Ce sont deux hommes de Québec.

— De Québec ou du diable, clairez le chemin !

— Albert, nous ne t’insultons pas; passe donc ton chemin !

Cette réponse, loin de calmer Élie Albert, l’excite davantage. L’homme, originaire de Caraquette au Nouveau-Brunswick, également employé sur le chantier du phare de Pointe-au-Père comme chauffeur, assène alors un violent coup de poing au visage de Louis Saint-Pierre.

Au même moment, un peu en retrait, Louis Lepage empoigne William Roth, mais ce dernier, un homme suffisamment costaud, résiste à son agresseur qu’il réussi à coucher au sol.

Voyant la scène, le cocher Charles Labbé lance à Albert: « viens vite, on a un de nos hommes de pris ! »

Appelé sur le lieu de l’altercation, Albert s’empare d’une planche, s’élance sur Roth et lui administre un violent coup à la tempe gauche en s’écriant: « le crisse…il meurt! »

Le coup est tel que la planche se casse en deux. Le malheureux jeune homme ne peut quant à lui se relever.

Élie Albert, qui s’était fait un nom comme batailleur, invite alors les autres compagnons de Roth à se mesurer à lui, mais ses comparses ont tôt fait de le dissuader avant de quitter les lieux du drame.

Le charretier Napoléon Vaillancourt, toujours sur place, s’avance vers Roth, sans connaissance. « Là, sur le trottoir, on l’a lavé avec de l’eau froide, je l’ai pris dans mes bras et l’ai porté dans la maison de Mme Desgagné », raconte-t-il lors de l’enquête du coroner.

Une marre de sang sur le trottoir fait dire aux personnes encore présentes que le jeune homme a bien peu de chance de s’en tirer vivant.

Malgré l’intervention du docteur Drapeau, William Roth s’éteint le lendemain sans jamais avoir repris connaissance.

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Source: Le Soleil

L’ARRESTATION D’ALBERT

L’enquête du coroner Fiset est déclarée close en fin de matinée le mardi 28 septembre. Puis, le lendemain matin, le jury rend son verdict: « William Roth est mort à Saint-Germain-de-Rimouski à la suite de blessures félonieusement infligées par Élie Albert, journalier, dans la nuit du 25 au 26 septembre 1908 ».

Sur le champ, un mandat d’inculpation est ordonné. La comparution formelle d’Albert se déroule une heure plus tard au palais de justice devant l’Honorable juge Garon. Dans une salle d’audience bondée de curieux, Élie Albert plaide non coupable à l’accusation de meurtre portée contre lui.

Dans la boîte des accusés, l’homme est visiblement abattu et découragé. On dit même que depuis son incarcération, Albert ne cesse de pleurer.

L’enquête préliminaire est fixée au samedi 3 octobre devant le Magistrat Garon. L’avocat rimouskois Louis-Napoléon Asselin occupe pour l’accusé et Auguste Tessier représente la Couronne. L’enquête qui se déroule à huit clos reprend en partie les témoignages rendus lors de l’enquête du coroner.

La preuve suffisamment probante conduit le juge à ordonner la tenue d’un procès dans cette affaire. Les assises criminelles s’ouvrent le lundi 22 mars 1909 au Palais de justice de Rimouski sous la présidence du juge François-Siméon Tourigny. L’espace réservé au public se rempli à pleine capacité.

« Il me fait plaisir de constater que depuis 12 ans déjà, il n’y a pas eu d’assises criminelles dans ce district. C’est un témoignage sûr de la moralité des justiciables et du respect des lois qui l’animent », exprime le juge à l’ouverture du terme judiciaire.

« Mais, ajoute-t-il, il est pénible de remarquer que depuis quelques temps cette moralité semble s’être relachée chez quelques-uns au point que le Procureur général a dû instituer le présent terme ».

Lors de la séance du mardi, l’arrivée d’Élie Albert dans l’enceinte du tribunal, escorté par le gardien de la prison, n’est pas sans causer une certaine sensation parmi les dizaines de curieux qui s’entassent dans la salle d’audience.

Appelé à enregistrer un plaidoyer devant le jury, l’accusé répond d’une voix ferme qu’il n’est pas coupable du crime qu’on lui reproche. Son procureur, Louis-Napoléon Asselin, intervient ensuite pour présenter une requête afin que les frais d’assignation et de taxes des témoins de la Défense soient pris en charge par l’État compte-tenu, dit-il, que son client est « un jeune homme sans ressources, sans parents ni amis ».

Après une brève argumentation sur la légalité d’une pareille procédure, le juge consent à Albert les frais d’assignation. Il rejete toutefois la seconde partie de sa requête portant sur le dédommagement des témoins qui pourraient être appelés à la barre parce qu’aucune loi ne lui permet semblable largesse.

Ce n’est finalement que le mercredi 24 mars que débute comme tel le procès d’Élie Albert. La foule est énorme. Certains passages du palais de justice et les bancs des jurés doivent être vidés tant il y a du monde. Parmi les curieux massés dans la salle, on remarque la présence de quelques membres du clergé et du frère de William Roth, venu de Québec.

Les premiers témoins appelés par le procureur de la couronne, Auguste Tessier, ne révèlent rien de neuf si ce n’est la rapidité avec laquelle le docteur Drapeau est arrivé sur les lieux du drame, soit au bout d’une dizaine de minutes.

Le témoignage de l’épouse de Patrick Desgagné permet d’apprendre que la victime de la bagarre a succombé quelques heures après le drame, à minuit quarante précise.

Pour la Couronne, le témoin clé est appelé à la barre le vendredi matin. Jacques Ouellet, chez qui logeait Élie Albert, raconte que son pensionnaire est arrivé à la maison, en fin de soirée le 25 septembre, plutôt « chaudette ».

« Albert entré, il a dit, on s’est battu, j’en ai frappé un et assommé un autre qui est resté “ fret ” sur le trottoir », relate Ouellet.

ARGUMENTS DE LA DÉFENSE

Après avoir entendu 15 témoins, la Couronne déclare sa preuve close laissant la réplique à la défense qui fait entendre elle aussi un nombre impressionnant de 13 personnes.

Sans grande véritable préparation, Louis-Napoléon Asselin tente de mettre en doute les qualités professionnelles des médecins ayant pratiqué l’autopsie de William Roth. Il s’active à démontrer que la mort de Roth n’a pas été causée par son client, puisque, soulève-t-il, au moment de l’autopsie toutes les mesures n’auraient pas été prises par les médecins pour s’assurer que Roth était bel et bien mort.

Le docteur L. F. Lepage, qui pratique la médecine depuis 24 ans, vient dire à ce sujet au tribunal que l’auscultation est le meilleur moyen de s’assurer que le coeur ne bat plus. Mais, dit-il, « dans le cas actuel, je ne puis jurer que Roth ait été mort au moment de l’autopsie. Il est simplement probable que la vie ait cessé ».

Dans une ultime tentative pour semer le doute dans l’esprit des 12 jurés, Asselin fait témoigner le docteur Drapeau qui a porté secours à la victime. Le médecin âgé de 33 ans jure positivement que Roth était bien mort au moment de l’autopsie, mais il admet, à la satisfaction du procureur Asselin, n’avoir jamais ausculté le cadavre.

Une fois tous les témoins entendus, après une semaine de procès, les avocats effectuent leurs plaidoiries. Puis, le juge Tourigny fait son adresse aux jurés dans la soirée du mercredi 31 mars.

Il ne faut que quelques heures aux douze jurés pour s’entendre sur un verdict. Le lendemain matin, le président du jury, Delphin Carrier de St-Damase, déclare Élie Albert coupable d’homicide involontaire.

Le samedi 3 avril, le juge François-Siméon Tourigny condamne l’accusé à purger une sentence de 25 ans de prison au pénitencier de St-Vincent-de-Paul, sur l’île Jésus.

Cette affaire a, pour l’époque, fait beaucoup de bruit dans la population qui n’avait pas connu depuis le début du siècle de procès aussi considérable. Mais sur le plan du droit, la cause n’a pas véritablement permis aux avocats de s’illustrer, étant tous deux visiblement rouillés par le peu de tragédies à se mettre sous la dent.

Ce long procès a cependant fait le bonheur du sténographe Arthur Chamberland. Payé huit cennes (0,08$) du 100 mots, il a réussi au cours des assises criminelles à taper un total de 127 610 mots représentant environ 250 pages de transcription. Dans sa facture datée du 17 avril 1909, on apprend que son travail et les dépenses de papeterie lui auront rapporté 123,13$.

QUE SONT-ILS DEVENUS ?

Le corps de William Roth a été remis à sa famille dans les jours suivants le drame. Willam Roth repose aujourd’hui dans le cimetière du village de Saint-Malo près de Québec où s’était installé sa famille. Les parents de Roth, Willam père et Celeda Fitzback, s’étaient mariés le 30 octobre 1876 à St-Sauveur avant de déménager à Québec. Le père, un immigrant allemand, a longtemps été cordonnier à Québec.

Quant à Élie Albert, l’homme s’était marié le 3 octobre 1904 à une dénommée Agnès Comeau de Petit-Rocher au Nouveau-Brunswick. On ne sait pas combien d’années de détention Élie Albert a finalement purgé. A-t-il porté sa cause en appel ? A-t-il été libéré hâtivement ? L’information manque.

En 1911, lors du recensement du Canada, on le retrouve mentionné comme chef de famille. Il aurait changé de profession et serait devenu hôtelier. Le couple mentionne alors avoir 4 enfants, dont une fille née en 1910…

Le couple aura au total six enfants. Élie Albert décède le 14 octobre 1950 à Caraquet, à deux mois de ses 72 ans. Sa femme, Agnès Comeau, vivra jusqu’en avril 1961 à la veille de ses 80 ans.

Quant à la construction du phare de Pointe-au-Père, les travaux seront terminés en juin 1909. La structure aura coûté quelque 5 855$ à l’époque. Une petite fortune !

À LIRE –» Retrouvez mes précédents récits sur l’histoire de Rimouski ici

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Sources:
– Archives nationale du Québec, Rimouski, Dossier Élie Albert.
– Le Progrès du Golfe, Rimouski, 2 octobre 1908.
– Le Progrès du Golfe, Rimouski, 26 mars 1909, p. 2.
– Le Soleil, Québec, 29 septembre 1908, p. 1.

Les nouvelles du 4 janvier 1918

C’était il y a 100 ans…voici vos nouvelles du 4 janvier 1918.

par Alexandre Gagné

En manchettes aujourd’hui:

  • La conscription se déroule rondement.
  • La pénurie de charbon s’accentue au pays.
  • Vague de froid: plusieurs navires coincés à Québec et Rimouski.

Bonne écoute !

ARCHIVES DU JOUR

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Source: La Presse

Les nouvelles du 3 janvier 1918

C’était il y a 100 ans. Voici vos nouvelles du 3 janvier 1918.

par Alexandre Gagné

En manchettes aujourd’hui:

  • Les premiers conscrits de toute la province doivent se rapporter depuis ce matin.
  • Le maire de Québec sera candidat à sa propre succession.
  • La Laiterie Brookside Dairy rasée par le feu à Québec.
  • Un pompier de Québec plaide coupable pour de fausses alarmes incendies.
  • Deux horribles drames secouent Laval et Sherbrooke.

Tous les détails dans ce grand bulletin:

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ARCHIVES DU JOUR

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La Presse 3 janvier 1918

Les nouvelles du 2 janvier 1918

C’était il y a 100 ans…Voici vos nouvelles du 2 janvier 1918.

par Alexandre Gagné

En manchettes aujourd’hui:

  • Les premiers conscrits, de Rimouski, Québec et Montréal, devront se rapporter dès demain.
  • Vague d’incendie dans la province: la chapelle de Limoilou détruite par le feu à Québec et St-Hyacinthe évite de justesse une conflagration.
  • Le froid intense encore présent partout sur le Québec.

Bonne écoute !

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ARCHIVES DU JOUR

En complément, voici quelques extraits de la presse écrite de ce 2 janvier 1918.

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Source: La Presse
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Source: La Patrie

 

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Source: Le Devoir
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Source: La Patrie
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Source: Le Devoir