Éditorial. Compressions scandaleuses à la BAnQ

 

Le site de la BAnQ

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) annonce une vaste réorganisation et des compressions qui se traduiront par des pertes d’emplois et une réduction de ses activités. Une décision inacceptable. Éditorial.

par Alexandre Gagné
C’est une annonce qui tombe, j’ose croire par hasard, le jour d’une éclipse médiatique. Le discours de Barack Obama vient occulter la décision de la BAnQ de procéder à une « réduction de sa masse salariale et à une révision de ses unités administratives ». Un geste, nous apprend Le Devoir, qui survient dans la foulée du dernier budget provincial.
Conséquence immédiate: 29 postes permanents sont supprimés avec une «optimisation », dit-on, de l’organigramme de direction, mais il y a pire. La BAnQ met fin, avant terme, au contrat de 11 employés occasionnels affectés aux activités de numérisation. S’il y a bien un secteur important actuellement au sein de l’institution qui ne mérite pas de subir pareil traitement, c’est bien celui-ci.
En 2008, bien avant plusieurs institutions publiques dans le monde, le géant de l’internet Google avait débuté la numérisation d’archives de journaux du monde entier dans son service News Archive. C’était alors une avancée fantastique pour des milliers de chercheurs en histoire, généalogistes et autres intervenants de la culture. Mais en 2011, la firme américaine a mis fin à son opération après avoir « scanné » 3,5 millions d’éditions de plus de 2000 journaux, dont plusieurs au Québec, dont une toute petite partie du journal Le Devoir. Cause de l’arrêt: une mésentente entre Google et les journaux sur les redevances et les droits d’auteurs.
Après cet épisode, plusieurs institutions publiques dans le monde ont lancé leur propre numérisation de journaux. La Bibliothèque du Congrès aux États-Unis, la France avec le projet Gallica et même la Suisse avec sa presse en ligne.

Le Québec n’était pas en reste. Il faut dire que la numérisation avait débuté timidement dès 2003, mais elle s’est effectuée à pas de tortue. À peine une quinzaine de journaux du passé avaient été numérisés sans compter d’autres ressources, photos, cartes et cartes postales anciennes.

En septembre 2014, l’adoption du Plan culturel numérique du Québec a permis à la BAnQ de toucher 5,2 millions à être dépensés sur 2 ans pour accroitre la cadence de la numérisation avec l’achat de nouveaux équipements.

Après cette annonce, j’avais écrit à la BAnQ pour savoir quand les archives de La Presse et du Devoir seraient mises en ligne. Pour Le Devoir, on m’avait répondu fin 2016. Or, il a fallu attendre au printemps 2017 pour voir enfin le journal disponible. La Presse a suivi, mais il manque encore de nombreuses années.
Plusieurs journaux régionaux importants se font aussi attendre encore.

Un gros budget…

Comment la BAnQ a utilisé son budget de 5,2 millions. Qu’en est-il ? Pourquoi annoncer une réduction de la numérisation à ce stade-ci ?
L’annonce a de quoi surprendre, mais surtout a de quoi choquer. Pour les nombreux chercheurs au Québec, la numérisation des archives est un besoin essentiel pour faire avancer la connaissance. L’accès à distance aux journaux anciens permet d’accélérer l’étude du passé, permet de réduire les déplacements partout au Québec et n’implique pas, pour la BAnQ, de maintenir du personnel en place pour donner accès aux vieux rouleaux de microfilms.
En entreprenant la numérisation de ses archives et des journaux québécois, la BAnQ a donné accès aux Québécois à une partie importante de leur histoire et a fait oeuvre de diffusion de la culture. C’est son mandat premier. La décision d’aujourd’hui, si elle se confirme bien, va complètement dans le sens contraire.
Le 24 mai dernier, la BanQ et l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) annonçaient un partenariat pour permettre justement à la BAnQ de numériser et diffuser des publications de l’organisme s’échelonnant sur 85 ans. Ce projet est-il compromis ?
Les nouvelles d’aujourd’hui ne rassurent pas alors que depuis trop longtemps le Québec et le Canada sont à la traîne en matière de numérisation. Les archives en ligne de Radio-Canada sont bien minces par rapport à celle de l’INA en France et on attend toujours une présence de Télé-Québec à ce chapitre.
Malgré des propos plein de bonne volonté exprimés par la directrice de la collection nationale, la BAnQ doit préciser sans tarder son plan quant à la numérisation des archives et fournir un calendrier. De son côté, le gouvernement Couillard doit expliquer pourquoi ces compressions surviennent alors que Québec investit dans le numérique et l’intelligence artificielle sans compter ce qu’il advient du 5,2 millions déjà annoncé.
Le Québec doit pouvoir compter sur des archives accessibles et variées. Il en va du mandat même de la BAnQ et de sa responsabilité comme institution publique.

Mastodon. Un nouveau réseau social concurrent de Twitter ?

Un nouveau réseau social vient d’émerger dans l’univers numérique. Apparu en octobre, Mastodon vient de prend son envol depuis quelques jours après que des médias européens et américains se soient intéressés à cette naissance. Le point.

Par Alexandre Gagné

Mastodon se pose en véritable concurrent de Twitter, tellement que depuis que le « buzz » a débuté, la valeur de l’action de l’oiseau bleu chute en bourse.

L’action de Twitter est passée de 15,04$ US le 29 mars à 14,53$ US à la clôture de ce 5 avril.

Chute de l’action de Twitter en bourse

Qu’est-ce donc qui fait trembler Twitter ? Quel est ce nouveau réseau ? Pour vous le faire découvrir, voici un modeste reportage sur la naissance de ce qui pourrait devenir un véritable mastodonte du web:

Via Youtube

Pour aller plus loin sur le sujet, voici quelques ressources de référence:

Débuter sur Mastodon: 9 questions pour tout comprendre  (Numerama)

Mastodon: le nouveau Twitter ? (Geekzone)

Mastodon. C’est quoi ce truc ? (Aldarone)

Toute la presse en parle… (via Google Actualités)

Des prédictions de Nostradamus pour 2017, 2018, 2019… ?

Via Ouest-France

Le célèbre astrologue Michel de Notre-Dame, dit Nostradamus, a-t-il écrit sur l’année 2017 ? Voilà la question qui se pose à l’aube de la nouvelle année d’autant qu’un quotidien français, le premier de France avec 1 million de tirage par jour, annonce des révélations sur l’année à venir. Décryptage.

Une chronique d’Alexandre Gagné

L’affaire ne passe pas inaperçu. Dans son édition numérique du soir, le quotidien Ouest-France, dans sa section insolite, propose au lecteur l’article «Qu’avait prédit Nostradamus pour 2017».

Précision.
Le titreur a commis d’emblée une erreur de cohérence, de sens. Il faudrait dire «Qu’a prédit», puisque l’année n’est pas encore écoulée.

Via Ouest-France

D’entrée de jeu, on laisse penser que Nostradamus a mentionné Donald Trump dans ses fameuses centuries. Elle mentionne que des «adeptes» se sont penchés sur «ses prédictions pour 2017» évoquant ici l’existence même de telles prédictions.

Via Ouest-France

Puis, elle poursuit en affirmant que l’astrologue connaît actuellement un «regain d’intérêt», mais elle se fait ensuite moins catégorique envers Nostradamus en affirmant que ce sont plutôt ses adeptes qui vont «tenter de prédire ce que 2017 apportera».

Qu’en est-il exactement ?

D’abord, c’est faux. Michel de Notre-Dame n’a jamais écrit explicitement sur chacune des années, que ce soit 2016, 2017 ou même 2018 dans ses quatrains (strophe de quatre vers) regroupés en centuries. Ceux qui ont décrypté et interprété avec leurs yeux et connaissances modernes s’appellent des exégètes et non des adeptes. Il ne s’agit pas ici d’une secte bien que parfois ça peut en avoir l’air.

L’intérêt envers Nostradamus, mort en 1566, ne s’est jamais démenti. Une simple recherche sur Google montre que l’homme suscite depuis toujours la curiosité. Il n’y a donc pas de regain d’intérêt, si ce n’est celui de la journaliste qui vient peut-être de le découvrir…

Ce qui est le plus troublant, c’est que l’article est essentiellement une reprise mot pour mot d’un billet de blogue publié le 2 décembre sur le site «Esprit Science métaphysiques». Cet article provient lui-même du blogue d’un expert en «marketing digital» (publié le 1er mars dernier) qui a vite compris qu’en écrivant sur Nostradamus il fera de l’argent avec son site… On retrouve d’ailleurs une vidéo Youtube au mois d’août qui reprend le même contenu.

Les prédictions

Y’a-t-il des prédictions pour la prochaine année ? Nostradamus n’a rien écrit noir sur blanc sur l’année 2017. Un des spécialistes reconnus des textes de l’astrologue est Jean-Charles de Frontbrune. L’homme est mort en 2010 à l’âge de 75 ans. Durant sa vie d’écrivain, il a produit sept livres sur la vie et l’oeuvre de Michel de Notre-Dame.

Son dernier livre, «Nostradamus l’avait prédit» a été publié en 2009, un an avant son décès. Dans l’ouvrage de 240 pages, il parle de la crise financière de 2008 affirmant que Nostradamus l’avait vu: «La grande poche viendra plaindre et pleurer».

Sur un blogue intéressé à la question des prédictions, on explique que le livre s’attarde essentiellement aux événements de 2008 à 2025.

Dans le présent ouvrage, l’auteur s’emploie à décrypter les prophéties de Nostradamus entre 2008 et 2025, on y trouvera des références à la guerre en Géorgie, Tibet, Afghanistan, à la fin du capitalisme, à la fin de l’islamisme en 2017 à une guerre entre l’Occident et la Chine, ou encore à une guerre entre la Russie et les pays islamiques… Un avenir chaotique, qui doit cependant préparer l’avènement de la paix universelle et de l’âge d’or en 2026.

Sur un autre site, on rapporte une entrevue avec l’auteur peu de temps après la parution du livre. Fontbrune évoque une guerre, une épidémie et toujours cette venue d’une paix universelle, des thèmes récurrents quand il est question de prédictions. L’histoire à (parfois) cette fichue tendance à se répéter…

Le site de l’Association française pour l’information scientifique s’est aussi intéressé à ce dernier livre de Jean-Charles de Fontbrune et se fait très critique de ses interprétations car c’est bien de cela dont il s’agit ici….une interprétation.

Conclusion

Bref, alors que circule sur le web de nombreuses «prophéties» il importe de toujours de remonter à la source des textes originaux pour éviter de tomber dans ces pièges – souvent à revenus publicitaires – tendus sur le web.

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Fermeture d’une Maison de la presse

La Maison de la presse | Photo: A. Gagné

La Maison de la presse internationale située au coin des rues Sainte-Catherine et Stanley en plein coeur de Montréal annonce sa fermeture. 

par Alexandre Gagné | Montréal

C’est par une simple note placée sur la porte d’entrée que le visiteur est informé de la décision des propriétaires de fermer boutique. Cela surviendra le 17 juin «après de nombreuses années» à cet endroit. L’avis réfère désormais les clients à l’autre établissement de la chaîne situé en face du métro Berri-UQAM.

L’avis ne précise pas les raisons de cette fermeture. Il faut dire qu’il est de réputation que le coût des loyers dans cette partie de Montréal est très important. L’établissement ne possédait pas non plus de terrasse extérieure qui aurait peut-être permis d’attirer davantage de visiteurs notamment en période estivale.

L’avis aux clients | Photo: A. Gagné

Aussi, l’arrivée des tablettes électroniques en 2010 a porté un dur coup à l’industrie du magazine papier. La majorité des grands titres de presse sont disponibles en ligne et cela souvent plus rapidement que l’édition en kiosque.  Un autre établissement de la chaîne avait d’ailleurs fermé ses portes l’an dernier dans le quartier Plateau Mont-Royal pour faire place depuis à une pizzéria.