L’usage de Periscope

Depuis quelques semaines, une petite communauté s’est créée autour de l’utilisation de l’application Periscope lancée par Twitter le mois dernier. La question qui monopolise les échanges via cette nouvelle plateforme de diffusion en direct tourne autour des usages possibles de l’outil.

D »emblée, tous les chroniqueurs, blogueurs et technopédagogues ont vu le grand potentiel de Periscope qui réside principalement dans la possibilité d’interagir avec son auditoire. Le blogueur et conférencier Benoit Descary a dressé sa liste des «astuces»  pour mieux utiliser Periscope.

Il suggère notamment:

– d’attendre une à deux minutes avant de commencer sa capsule, question de laisse arriver les abonnés;
– de remercier les participants d’être au rendez-vous;
– de demander la provenance aux participants;
– d’inviter les abonnés à partager la diffusion immédiatement;
– d’engager la conversation avec les gens;
– de récapituler le contenu abordé;
– d’évoquer le thème du prochain péricast.

De son côté, le chroniqueur et conférencier Martin Lessard a plutôt suggéré ce lundi d’être efficace par de courtes capsules. Il recommande de donner dès le début de sa diffusion, dans les 20 premières secondes, le sommaire du contenu abordé. Il situe plutôt le temps d’amorce entre 30 secondes et une minute. Au contraire de Descary, Lessard propose d’attendre à la toute fin de la diffusion pour partager le péricast. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait finalement qu’à la fin si cela vaut le coup de partager le contenu. «Au début, on ne sait pas», dit-il.

Martin Lessard est d’avis que l’utilisation des coeurs pour approuver les propos diffusés pourraient aussi servir à alimenter spécifiquement certains abonnés en contenu en leur offrant des capsules dédiées qui répondraient mieux à leurs intérêts.

Mes observations

On le voit bien, il ne semble pas y avoir de «formule» ou de recette idéale pour utiliser Periscope. Comme je l’ai évoqué dans ma dernière capsule, ce lundi matin, une longue amorce et des interruptions fréquentes pour saluer les gens peuvent faire fuir les abonnés à la recherche de contenu. Il en va de même avec la répétition du contenu qui peut alourdir l’écoute de la capsule.

Il ne faut pas oublier que les gens qui regardent ont souvent peu de temps, veulent avoir une «plus-value» et risque de regarder souvent en rediffusion. Les gens «zappent» aussi beaucoup, viennent regarder et partent aussi parfois rapidement.

Ainsi, je vois principalement deux usages à Périscope. D’abord, un excellent moyen de diffusion rapide d’une information et/ou d’un événement. La diffusion peut être spontanée ou préparée, mais il s’agit de communiquer avant tout une information. Cela peut se faire avec plus ou moins d’interaction avec les abonnés. Le conseiller pédagogique Benoit Petit croit que dans un tel contexte Youtube ou Ustream sont des plateformes peut-être mieux adaptées pour une simple communication d’information. Qu’en pensez-vous ?

Ensuite, il y a la diffusion interactive où on prend vraiment le temps de «jaser» avec nos abonnés à la manière d’une ancienne tribune téléphonique. C’est le fait d’engager un échange avec nos abonnés. Par contre, écrire sur son iPhone rapidement n’est pas donné à tous. Aussi, plusieurs préfèrent rester dans un mode de téléspectateur, ce qu’il faut respecter.

Y’a-t-il donc une façon meilleure qu’une autre ? Bien difficile à dire. Les besoins des diffuseurs sont variés tout comme les intérêts des abonnés. L’important est peut être de varier ses styles de diffusion. Il peut être pertinent de donner des rendez-vous précis à ses abonnés ou de bien catégoriser ses types de diffusion.

Dans le contexte d’une diffusion interactive, ce ne sont pas tous les péricasteurs qui sont à l’aise avec l’animation pour remplir les »«temps morts». Longueurs, silences et longue attente peuvent lasser les abonnés.

Bref, Periscope a tout juste un mois et fort à parier que chacun trouvera sa niche ou sa propre façon de faire au cours des prochaines semaines, selon les commentaires de ses abonnés. N’oublions pas que les abonnés à Twitter sont encore relativement peu nombreux au Québec…en encore moins sur Periscope. L’application n’est d’ailleurs pas encore en version Android.

La principale difficulté demeure de trouver une grande variété de contenu en français à ce stade-ci. L’utilisation de mots-clics comme #FFCast ou #PeriQc pourrait donc nous permettre de retrouver au Québec qui sont les péricasteurs qu’il faut suivre!

Périscope et l’éducation

L’application n’a pas encore tout à fait un mois d’existence qu’elle fait déjà tout un tabac. L’application: c’est Périscope. Un outil qui permet à l’utilisateur de retransmettre en direct ce qu’il est en train de filmer.

Petite «startup» en projet, Periscope n’était même pas encore mis au jour quand Twitter met la main sur la compagnie des développeurs Kayvon Beykpour et Joe Bernstein pour une somme évaluée entre 50 et 100 millions de dollars. La transaction se fait le 13 mars en plein salon des médias interactifs South by Southest à Austin au Texas. Pour Twitter, le temps presse, car une application concurrente, Meerkat, est déjà disponible depuis quelques jours et connait un franc succès.

Twitter met de la pression et le 26 mars Périscope arrive en ligne. Le succès est immédiat. D’abord aux États-Unis et en Angleterre, des abonnés commencent à diffuser du contenu et à donner rendez-vous à leurs abonnés.

Chez nous, le blogueur et conférencier Benoît Descary commence peu après ses premières diffusions. Il initie le  néologisme «péricast» pour parler de ces diffusions.

Après quelques semaines, tous le reconnaissent: l’outil a beaucoup de potentiel. Sur son blogue du journal Métro, Marika Laforest, présente quelques usages de l’application.  En France, le journal 20Minutes a réalisé un bon dossier sur le sujet qui aborde notamment la question du journalisme citoyen.

En éducation ?
Dans le milieu de l’éducation, les enseignants abonnés à Twitter ont été les premiers à s’intéresser à Periscope, mais la connaissance même de cette application demeure, il faut l’admettre, très marginale encore. Nous ne disposons pas encore de chiffres réels sur le nombre d’enseignants sur Twitter, mais l’outil n’est pas encore passé dans les moeurs. Il en va de même auprès des élèves où Snapchat et Instagram ont la cote.

Quel avenir et quelle utilisation donc pour cette application ? Benoît Petit, conseiller pédagogique, a réalisé un péricast sur le sujet ce 22 avril. À mon tour de vous proposer le mien. J’y reprends des éléments abordés par Benoît et d’autres «péricasteurs»…  Bonne écoute !