Islande: 4 volcans menacent d’entrer en éruption

L’augmentation de l’activité sismique autour de quatre volcans d’Islande fait craindre une série d’éruptions qui pourraient entraîner à nouveau des conséquences graves pour l’aviation civile internationale. Le point.

par Alexandre Gagné

La mise en garde vient du géophysicien islandais Páll Einarsson. Dans une entrevue avec un site de surveillance de l’activité volcanique en Islande, le spécialiste affirme que la recrudescence de l’activité autour de quatre volcans laisse présager rien de moins qu’une éruption prochaine.

Le volcan Katla est le plus actif des quatre. Une activité, dit-on, jamais vu depuis quatre décennies. «Katla est agité depuis cet automne», indique le spécialiste.

Les autres volcans sous surveillance sont l’Hekla, le Grímsvötn et le Bárðarbunga.

Le monstre Katla

C’est le volcan le plus redouté d’Islande. Depuis 1977, le volcan n’avait pas montré de signes aussi clair de réveil que ceux constatés depuis l’an dernier. Ce volcan entre généralement en éruption tous les 80 ans ou deux fois par siècle. La dernière fois, c’était en 1918…il y a donc 99 ans. Katla a donc largement dépassé sa période normale d’éruption.

En 1918, le volume de cendres dégagés a été évalué à 700 millions de mètres cubes. Ce qui est particulier, c’est que ce volcan est situé sous un glacier. Quand le magma remonte, puis fait fondre la glace, c’est l’éruption cataclysmique. L’explosion est alors considérable. La fonte du glacier avait d’ailleurs provoqué, au siècle dernier, le détachement de plusieurs icebergs qui ont été ensuite emportés vers l’Atlantique par les inondations.

Les autorités ont à l’oeil le volcan. Des mesures sont en place pour rediriger le trafic aérien et alerter la population de Reykjavik, la capitale, qui ne se trouve qu’à 40 kilomètres.

L’imprévisible Hekla

L’autre volcan «sous surveillance» est l’Hekla bien qu’il soit, en vérité, bien difficile de «monitorer» son activité. Ce volcan est d’une très grand imprévisibilité. Depuis l’an 874, il est entré en éruption à plus de 20 reprises.

Sa dernière éruption remonte à février 2000. Les signes avant-coureurs d’une éruption de l’Hekla apparaissent bien souvent peu de temps avant son explosion. Ce fut particulièrement le cas en 1991 quand les vulcanologues ont enregistré les premières secousses que 30 minutes avant l’éruption.

Depuis 1970, son cycle d’éruption était d’environ une explosion tous les dix ans. Une éruption était annoncée pour 2011, mais ce ne fut pas le cas, ce qui explique l’inquiétude actuelle autour de l’Hekla.

Les frères glaciaires

Les deux derniers volcans, le Grímsvötn et le Bárðarbunga, sont également sous la loupe des experts car les dangers qu’ils posent sont non négligeables. Les deux sont situés sous une calotte glacière et une éventuellement éruption pourrait provoquer une expulsion importante de cendres et de glaces dans l’atmosphère. Certains experts redoutent notamment que le Bárðarbunga ne provoque un chaos encore plus important que ce qu’avait entraîné Eyjafjöll en avril 2010.

Malgré une hausse de l’activité sismique autour de certains volcans, il demeure pour les vulcanologues quasi impossible de prévoir précisément une éruption. La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une éruption, mais surtout quand. À cette question, bien peu d’experts pourront vous répondre…

Islande : une nouvelle catastrophe annoncée

Montréal, 3 décembre 2011 (LesNews) — Le plus dangereux volcan d’Islande, le Katla, montre d’inquiétants signes d’activité et son réveil pourrait provoquer une très importante éruption avec des conséquences majeures sur le climat de la Terre, croient plusieurs experts.

Depuis un mois, quelque 500 secousses sismiques de faible ou moyenne intensité ont été enregistrées autour du volcan qui est situé sous le glacier Mýrdalsjökull dans le sud du pays. Les volcanologues pensent que ces petits tremblements de terre sont provoqués par la montée du magma depuis le centre de la Terre.

Le danger est très grand, car le volcan d’une largeur de 10 km est complètement recouvert de glace. C’est là le principal élément de sa dangerosité, car cela en fait une immense marmite bouillante sur laquelle une importante quantité d’eau et de glace risque de se déverser en cas de rupture de la calotte glacière. L’explosion qui s’en suivrait pourrait projeter d’importants blocs de glace dans un très large périmètre et rejeter dans l’atmosphère des quantités impressionnantes d’acide sulfurique et de cendres suffisantes pour refroidir le climat de la planète.

C’est du moins ce qu’a déclaré, Ford Cochran, un spécialiste de la National Geographic dans une entrevue à la BBC. Selon lui, « les séismes enregistrés suggèrent certainement qu’une éruption est peut-être imminente ». (Reportage BBC)

L’observation du volcan s’est intensifiée depuis le 9 juillet dernier alors qu’une faible éruption du Katla a entrainé des inondations dans les plaines à proximité et de nombreux habitants ont senti des odeurs de sulfures dans la région. (Vidéo)

Depuis l’éruption du volcan du glacier Eyjafjöll en 2010 et du Grímsvötn en mai dernier, les volcanologues sont aux aguets, car tout le sous-sol du sud de l’Islande est inter-relié et l’éruption d’un de ces volcans et pratiquement toujours le signe annonciateur de l’éruption d’un autre souvent plus important.

L’histoire nous enseigne aussi que le volcan entre en éruption généralement tous les 40 à 80 ans. La dernière fois c’était en 1918. Le volcan serait donc dû pour relâcher la pression. En 1918, l’éruption était de catégorie 4 sur une échelle qui compte 9 niveaux d’intensité, soit une éruption cataclysmique. Mais le volcan est très instable et il est bien difficile de prédire comment sera cette fois l’éruption.

En 1783, la fracture du cratère du Laki, dans le sud de l’Islande qui comprend le Katla, avait entrainé une éruption pendant 8 mois, ce qui avait provoqué un mini-âge glaciaire dans l’hémisphère nord. Une situation qui a entrainé une grave famine dans toute l’Europe. Cette éruption est même vue comme l’une des causes directes de la Révolution française de 1789 alors qu’une grande partie de la population qui n’avait plus rien à manger a pris les armes pour réclamer du pain au roi.

Une éruption majeure pourrait donc à nouveau grandement perturber le trafic aérien mondial et la durée de l’éruption sera le seul élément à considérer quant à savoir si le climat mondial pourrait en subir les effets.

→ Retrouver l’actualité internationale en direct sur @LesNews