La grippe, cette éternelle menace

C’est officiel, la saison grippale a bel et bien débuté au pays et le seuil saisonnier d’activité a été franchi la semaine dernière, confirme Santé Canada.

par Alexandre Gagné

Comme Point Info l’annonçait le 1er novembre dernier, la grippe fait un retour en force cette année et les dernières données confirment la tendance observée depuis le début de l’automne.

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Selon Santé Canada, « le pourcentage de tests de laboratoire positifs [aux virus de l’influenza] est plus élevé pour cette période de l’année, par rapport aux saisons précédentes ».

Les autorités de la santé surveillent la situation de très près car « le nombre d’hospitalisations liées à la grippe et le nombre de régions ayant signalé une activité [de grippe] sporadique ou localisée sont au-delà des taux prévus pour cette période de l’année », précise l’agence fédérale.

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Carte de l’activité grippe du 5 au 11 novembre | Via Santé Canada

Les données de la dernière semaine d’observation montrent que c’est en Alberta où l’on signale le plus de cas de grippe et dans une région de l’Ontario. En tout, 25 hospitalisations liées à la grippe ont été rapportées au pays entre le 5 et le 11 novembre.

D’après Santé Canada, les principales éclosions se grippe sont survenues essentiellement dans des milieux de soins: trois dans un hôpital, une dans un établissement de soins de longue durée et quatre dans un autre cadre non précisé.

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Nombre total d’hospitalisation cette saison | Via Santé Canada

Depuis le début de la saison 2017-2018 d’observations de la grippe, 211 hospitalisations ont été enregistrées au pays. De ce nombre, 9 personnes ont été admises dans une unité de soins intensifs et cinq décès ont été signalés.

Comme Point Info l’avait rapporté dans son dernier article sur la question, c’est le virus H3N2 qui est en cause cette année et le vaccin proposé cette saison ne serait pas des plus efficaces avec un taux de protection d’environ 10%, selon les experts.

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Via Réseau Sentinelles

FRANCE ET ÉTATS-UNIS

En France, le réseau Sentinelles rapporte des cas dans quelques régions, mais la situation est encore bien loin du seuil épidémique. Aux États-Unis, le nombre de cas de grippe était aussi en progression la semaine dernière, signe que le virus commence à se répandre.

LA MENACE SILENCIEUSE

De tout temps, la grippe demeure une menace silencieuse car les virus de la grippe sont imprévisibles. Dans l’histoire, ils ont donné lieu à d’importantes pandémies comme celle de la grippe espagnole dont on soulignera le 100e anniversaire à l’automne 2018.

Actuellement, ce que l’Organisation mondiale de la santé surveille attentivement, c’est le comportement du virus H7N9 qui est perçu comme étant le virus qui peut représenter la menace la plus importante pour la planète.

En février dernier, un article du New York Times avait alerté sur la dangerosité du virus. Depuis octobre 2016, la Chine connaît une 5e vague d’infections humaines à ce virus après des contacts avec des volailles infectées. Quelque 1560 personnes ont été infectées et le taux de mortalité a atteint 40%. Un taux très important.

Les recherches sur ce virus ont montré qu’il s’est renforcé et qu’il pourrait potentiellement se transmettre d’humain et à humain

Même s’il est difficile de prédire le comportement du virus, les spécialistes le traquent pour mieux le comprendre. « Le risque d’épidémie humaine est donc théorique et impossible à évaluer. Mais il n’est pas négligeable », estime le chercheur Stéphane Gayet dans une longue entrevue au magazine Atlantico.

Pour l’heure, les mesures d’hygiène, comme le lavage des mains et, au besoin, le port du masque, demeurent les plus efficaces pour limiter la propagation des virus de la grippe.

La grippe aviaire se propage aux États-Unis

Via CDC

La grippe aviaire hautement pathogène H7N9 continue de se propager aux États-Unis avec la découverte d’un nouveau foyer d’infection dans un troisième État. 

par Alexandre Gagné

L’État du Kentucky est devenu ce lundi le troisième État américain à signaler la présence du virus sur ton territoire après la découverte, fin février et début mars, de foyers d’infection au Tennessee et en Alabama, deux États voisins.

++ Lire aussi: Grippe aviaire. Inquiétude chez les producteurs de volaille

Le virus a été trouvé dans une exploitation agricole de l’ouest de l’État. La ferme a été mise en quarantaine et les 22 000 volailles ont été abattues.

Les autorités américaines surveillent attentivement la situation. Les États touchés se trouvent en bordure du Mississippi, une importante voie de migration pour des millions d’oiseaux qui remontent actuellement vers le nord.

Grippe aviaire: inquiétude chez les producteurs de volaille

La grippe aviaire détectée aux États-Unis

Les producteurs de volailles du Québec et du reste du Canada sont inquiets et surveillent attentivement l’éclosion de foyers de grippe aviaire aux États-Unis. Le retour des oiseaux migrateurs avec l’arrivée du printemps fait craindre la propagation du virus dans les élevages.

par Alexandre Gagné

La vigilance est accrue ces jours-ci dans les exploitations agricoles du pays et particulièrement chez les producteurs de volaille. C’est que la grippe aviaire fait un retour en force aux États-Unis, une situation qui fait craindre une vaste épidémie comme celle de 2014-2015 qui a entraîné l’abattage massif de 50 millions d’oiseaux.

Fin février dans le comté de Lincoln, dans le sud du Tennessee. Un producteur suspecte la présence d’un virus chez ses volailles. Il donne l’alerte. Des tests sont effectués et le verdict tombe.

Le 5 mars dernier, les autorités de l’État confirment la présence dans cette exploitation agricole du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène H7N9. Immédiatement, l’endroit est placé en quarantaine de même qu’une trentaine d’autres fermes avicoles dans un rayon de 10 kilomètres.

L’accès aux fermes a été restreint et tous les véhicules qui entrent ou sortent de la zone doivent être désinfectés. Les 73 500 poulets qui se trouvaient dans la ferme ont depuis été abattus.

La ferme en cause approvisionne rien de moins que le plus important producteur de poulet des États-Unis, la compagnie Tyson Foods.

Le département américain de l’Agriculture a confirmé qu’il s’agissait du premier cas de grippe aviaire H7N9 cette année aux États-Unis. La dernière fois que ce virus hautement mortel pour les volailles avait été identifié en sol américain, c’était en janvier 2016 dans l’Indiana.

Mais l’affaire n’allait en rester là. Le 16 mars, une autre ferme située à environ 3 kilomètres a aussi été contaminée par le virus. Les autorités du Tennessee ont également confirmé la présence du H7N9 chez cet autre producteur qui approvisionne aussi le géant de l’alimentation Tyson Foods.

Enfin, une troisième ferme a été touché, selon l’Associated Press. Dans les trois cas, les volailles ont été éliminées.

Les autorités américaines sont très inquiètes. Les élevages de volailles touchés sont situés tout près des grands États producteurs de poulet dans le sud des États-Unis comme l’Alabama et la Georgie, comme le montre la carte ci-dessus.

Et comme si ce n’était pas assez, une ferme du Wisconsin a aussi été placée en quarantaine après la découverte du virus aviaire H5N2 dans le troupeau de 84 000 dindons d’une exploitation du comté de Barron dans le nord-est de l’État.

Dans ce cas précis, le virus est considéré faiblement pathogène même s’il provoque des problèmes de santé chez les oiseaux infectés.

Production touchée ?

La compagnie Tyson Foods assure que sa production de poulet n’est pas affectée, pour le moment, par la découverte des deux cas de grippe aviaire au Tennessee. L’entreprise, fondée en 1935 et basée en Arkansas, est aussi le premier exportateur de boeuf du pays. Elle emploie quelque 115 000 travailleurs dans le monde, dont 97 000 aux États-Unis. Tyson Foods est l’unique fournisseur de la marque Yum! qui opère les restaurants Taco Bell, KFC/PFK, Pizza Hut et WingStreet dans le monde.

Tyson Foods est aussi un important fournisseur des chaînes McDonald’s, Burger King, Wendy’s, Wal-Mart et IGA.

En bourse, ces mauvaises nouvelles ont fait chuter le titre de l’entreprise à New York. Le 6 mars, le lendemain de la diffusion du premier cas, le titre a perdu près de 2% de sa valeur. La diffusion du second cas a continué à faire dégringoler le titre qui a terminé, ce vendredi, à nouveau en recul (-0,26%) à 61,84$ US.

L’action de Tyson Foods (TSN) en baisse à New York

Inquiétudes aux États-Unis et au Québec

Les producteurs de volaille aux États-Unis sont très inquiets car ils se rappellent de la crise de 2014-2015 alors que la grippe aviaire a forcé l’abattage de 50 millions d’oiseaux. Une autre crise de la même ampleur pourrait représenter un coup financier pour Tyson Foods et l’autre géant du même titre Pilgrim’s Pride Corp.

Les pays asiatiques, grands importateurs de poulet américain, ont immédiatement réagi au premier cas du Tennessee dès le 6 mars. La Corée du Sud, le Japon, Taïwan et Hong Kong ont annoncé la suspension de leurs importations américaines.

Le Canada a aussi emboîté le pas, mais avec quelques jours de retard. Ce n’est que le 17 mars qu’Ottawa, par le biais de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a décidé de bloquer l’arrivée de volaille et d’oeufs crus en provenance du Tennessee et de l’Alabama.

Au Québec, les producteurs surveillent la situation de près car le Wisconsin et le Tennessee où ont été trouvés les cas de grippe aviaire sont deux États qui se trouvent sur la route des oiseaux migrateurs en train de revenir chez-nous.

Les autorités américaines ont averti que l’Ontario, le Manitoba, le Québec et le Nunavut pourraient aussi être touchés par une remontée du virus H7N9 dans les prochaines semaines.

Entre-temps, dans la province, les producteurs ont rehaussé leurs mesures de sécurité et applique le plan de mesures élaborés dans ce genre de situation par l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles.

Le virus H7N9 est pris très au sérieux par l’Organisation mondiale de la Santé. Au cours des derniers mois, 110 personnes sont mortes en Chine après avoir été en contact avec des oiseaux infectés. Même si pour l’heure le virus ne semble pas se transmettre d’humain à humain, l’OMS rappelle qu’une mutation peut survenir à tout moment et aggraver la situation en quelques semaines.