Corée du Nord – Le point sur les dernières informations

La Corée du Nord qui annonce un « gros événement » et les États-Unis qui croient que Pyongyang se prépare à un nouvel essai nucléaire. Voilà, les dernières informations entourant la crise entre le régime de Kim Jong-Un et Washington. Le point.

Par Alexandre Gagné à Montréal
** Mise à jour en fin d’article

C’est en milieu d’après-midi, heure de Montréal (début de soirée ce mercredi, heure de Paris) que la Corée du Nord a avisé la presse internationale, qui se trouve à Pyongyang pour assister aux célébrations du 105e anniversaire de naissance du père fondateur de la nation, Kim Il Sung, de se préparer pour un « gros et important événement », ce jeudi, heure nord-coréenne.

L’information a été diffusée sur le fil de presse de l’agence Reuters.

Aussitôt, elle a été reprise par plusieurs médias à travers le monde, dont la BBC.

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Pour le moment, rien n’a filtré sur cet événement. Nathan J. Hunt qui couvre le secteur de la défense suit la situation de près et a retweeté la photo d’un journaliste grec .

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Il semble que des journalistes présents dans la capitale nord-coréenne — ils sont en tout environ 200 — ont été invités à assister à cet événement, mais on n’en sait toujours pas plus. Au petit matin, heure nord-coréenne, les journalistes ont été amenés à bord de minivans vers un stationnement où des autobus les attendaient.

Les journalistes ont été invités à laisser derrière eux leur téléphone mobile, ordinateur, équipement de reportage et briquets. Sans aucun moyen de communication, il y aura un délai évident avant l’obtention de nouvelles informations sur cette « visite ».

Un site nucléaire en opération

Des sources américaines, citées par Voice of America, affirment la Corée du Nord a placé un engin nucléaire dans un tunnel secret et qu’elle envisage de le faire détonner samedi. S’il est confirmé, cet essai serait le 6e depuis 2006. Le dernier remontait au 9 septembre 2016.

Un des sites possibles où aurait lieu l’essai nucléaire, le site de Punggye-ri, est situé à 7h ou 8h de route de Pyongyang. Le site de Kusong est à 2 heures de route, ce qui en ferait une destination probable pour les journalistes invités à monter à bord d’autobus par le gouvernement nord-coréen.

Selon le site internet spécialisé en affaires militaires 38north, des images satellites de ce 12 avril semblent confirmer qu’une activité intense se déroule sur le site nord-coréen de Punggye-ri.

Le 9 avril dernier, la Corée du Nord avait appelé les étrangers à quitter la Corée du Sud en raison des risques élevés de « guerre nucléaire », avait rapporté la BBC.

++ Lire aussi: Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Twitter s’enflamme…

Via Twitter

Les réseaux sociaux se sont enflammés à la suite de ces informations. Des rumeurs ont aussi circulé voulant que Pyongyang était en cours d’évacuation, mais aucune information crédible ou source sur place n’a accrédité cette nouvelle.

[Mise à jour] – Il semble bien que l’annonce n’était en fait qu’un grand coup de relations publiques de la part de la Corée du Nord, selon les journalistes sur place.

++ À lire: Corée du Nord: comment Pyongyang a semé la panique

Journalistes étrangers à Pyongyang à suivre sur Twitter:

Mika Mäkeläinen, Jeremy Koh et Will Ripley de CNN

Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Alors que les États-Unis durcissent le ton face à la Corée du Nord, le régime de Pyongyang promet déjà de réagir « à n’importe quel mode de guerre voulue par Washington ». Plus que jamais, une opération militaire américaine apparaît probable dans le nord de la péninsule coréenne. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Dimanche 9 avril. Dans une dépêche de l’Agence France-Presse, un proche conseiller du président Trump affirme que le nouvel occupant de la Maison-Blanche veut « étudier toutes les options pour lever la menace ».

Les options, Donald Trump les connait déjà depuis quelques jours. Un document lui a d’ailleurs été présenté par son Cabinet de sécurité nationale avant la visite du président chinois jeudi dernier. Selon NBC News, les États-Unis envisageraient de placer des missiles en Corée du Sud capables de porter une charge nucléaire, dans le but de dissuader Kim Jong-Un.

Si cette stratégie est utilisée, les missiles pourraient être positionnés sur la base aérienne d’Osan, au sud de Séoul. Comme autre plan, Washington envisagerait tout simplement d’éliminer le dirigeant nord-coréen, mais ce plan pourrait se révéler difficile à mener en raison de l’impressionnant réseau de souterrains et de bunker sous la capitale nord-coréenne, selon le Mirror de Londres.

Mais un ancien commandant de l’OTAN croit plutôt qu’une opération d’infiltration dans le pays, menée par des troupes spéciales américaines et sud-coréennes, seraient plus appropriées. Supervisée par la CIA, l’opération viserait à saboter ou faire exploser des infrastructures clés du pays, comme des ponts, pour bloquer tout mouvement de missiles mobiles.

Un porte-avions dans la région

Le porte-avions Carl Vinson

Dimanche, Washington a annoncé l’envoi du porte-avion USS Carl Vinson et de sa flotte au large de la péninsule coréenne. Une annonce aux allures d’opération médiatique car le groupe naval était déjà dans le secteur depuis le mois de janvier pour des manoeuvres de routine. En cas de besoin, par contre, les États-Unis pourraient dépêcher sur place le porte-avions Theodore Roosevelt qui se trouve à la base militaire de San Diego.

++ En savoir plus: Le porte-avions USS Carl Vinson

Après sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jingping, le président Trump a déclaré que les États-Unis étaient en mesure « d’agir seuls » pour faire face à la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Que fait la Chine ?

En soirée, ce lundi 10 avril, des informations ont commencé à circuler en provenance de la Corée du Sud. Selon le site d’actualités Chosun.com, la Chine aurait commencé à masser quelque 150 000 militaires près de la frontière nord-coréenne. La Chine avait exactement fait la même chose en 2003 pour parer à tout afflux de réfugiés alors qu’une importante famine frappait le pays.

Une vidéo aurait circulé dans la journée montrant les manoeuvres, mais une intervention du gouvernement chinois aurait fait disparaitre la vidéo, selon certains blogues qui suivent la situation de près.

Pour l’heure, la Chine s’est montrée bien peu bavarde et il est fort à parier que Pékin ne va pas s’impliquer dans une éventuellement intervention américaine en raison des liens étroits qu’entretiennent Pyongyang et Pékin.

En Corée du Sud, cette escalade de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord se retrouve à la Une des journaux de ce mardi 11 avril. La population, bien qu’inquiète, semble prête à accepter la présence de missiles américains, voire de missiles nucléaires, sur son territoire si cela peut permettre de calmer les ardeurs du voisin nord-coréen.

À voir la rapidité avec laquelle le président Trump a agi en Syrie, il faudra suivre de très près la situation car une action militaire contre la Corée du Nord n’est pas exclue. Elle semble même de plus en plus probable.

Le groupe (secret) Bilderberg en réunion

Le mystérieux groupe Bilderberg est actuellement réunion à Dresde en Allemagne et, cette année encore, la tenue de cette rencontre suscite à nouveau interrogation et opposition. Le point.

par Alexandre Gagné

C’est la 64e année consécutive que ce groupe, fondé en 1954 au Pays-Bas, se rencontre. Cette année, l’événement sera déroule dans un hôtel ultra-sécurisé de Dresde. Malgré une forte présence policière, de nombreux manifestants se sont rassemblés à proximité pour dénoncer «ceux qui gouvernent le monde».

Pourquoi tant de mystère ?
Car on ne sait pas exactement ce qui se dit et se fait lors de cet événement. Selon le journal Le Monde, les organisateurs affirment qu’il s’agit de discussions informelles et des réunions sur les sujets chauds de l’actualité mondiale.

Cette année, les sujets sont encore une fois très variés. Il y a fort à parier que les élections américaines vont faire l’objet de grandes discussions et il ne serait pas impossible que les membres participants tentent d’élaborer une stratégie pour contrer l’élection de Donald Trump.

— L’ordre du jour —
Source: Bilderberg

Qui participe à cette réunion?
La liste des invités est très longue. Invités est le mot juste, car ces personnes mentionnées ne vont pas toutes être présentes. C’est le cas, selon Radio-Canada, du ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, qui a décliné l’invitation. Outre monsieur Morneau, trois autres Canadiens sont mentionnés.

Il s’agit de la présidente des librairies Indido, Heather Reisman, du scientifique montréalais expert de l’intelligence artificielle, Yoshua Bengio, et de l’ex-astronaute Chris Hadfield.

Malgré le secret qui entoure l’événement, force est de constater que si les invités forment un «gouvernement mondial» comme se plaisent à le dire les détracteurs du groupe Bilderberg, ils ont  (visiblement) bien peu d’influence sur le cours des événements mondiaux récents…

IRAN – Le réformiste en avance

En Iran, les premiers résultats du premier tour de l’élection présidentielle iranienne tenue ce vendredi, montrent une forte avance pour le candidat modéré Hasan Rowhani. 
Les premiers résultats préliminaires montrent que M. Rowhani a réussi à récolter beaucoup d’appuis dans les villes comme dans les régions rurales, ont rapporté sous le couvert de l’anonymat des représentants des autorités électorales, qui ont toutefois ajouté qu’il était encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Après le décompte d’un peu plus de 826.000 bulletins dans 1.631 bureaux de vote, Rohani obtiendrait près de 402.000 voix loin devant le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf crédité de près de 127.000 suffrages, précise le ministre.

Même si un engouement de dernière minute permet à Hasan Rowhani d’accéder à la présidence, il est peu probable que sa victoire donne lieu à une réforme en profondeur du gouvernement iranien.

Le pouvoir en Iran repose encore entre les mains de dirigeants religieux et de la puissante Garde révolutionnaire, qui sont responsables de toutes les décisions importantes, dont celles concernant le programme nucléaire iranien et les relations du pays avec l’Occident.

Les forces de sécurité sont aussi étroitement contrôlées depuis l’élection présidentielle de 2009, qui a provoqué de nombreuses manifestations à la suite d’allégations selon lesquelles les résultats auraient été truqués pour permettre à Mahmoud Ahmadinejad d’obtenir un second et dernier mandat comme président.

– Avec AP, Reuters.

IRAN – Élection présidentielle ce vendredi

L’Iran élit vendredi son président après une campagne verrouillée par le pouvoir qui met fin à l’ère Ahmadinejad, marquée par huit ans de confrontation avec l’Occident sur le nucléaire et des santions ayant plongé le pays dans la crise économique. 

Planète Infos a préparé pour vous ce petit dossier pour comprendre les événements. 

▶ L’article de fond pour saisir le contexte de cette élection par l’AFP

▶ Un reportage de l’AFP sur les sanctions étrangères imposées au régime de Téhéran. 

Portrait du pays


TEHERAN, 09 juin 2013 (AFP) – L’Iran, où se déroule le premier tour de l’élection présidentielle le 14 juin, est une République islamique dirigée depuis 2005 par le populiste Mahmoud Ahmadinejad et soumise à de sévères sanctions internationales pour son programme nucléaire, soupçonné par les grandes puissances de cacher un volet militaire.
– SITUATION GEOGRAPHIQUE: pays montagneux et partiellement désertique, l’Iran est frontalier avec l’Irak et la Turquie à l’ouest, l’Arménie et l’Azerbaïdjan au nord ainsi que le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan à l’est. Il est séparé des monarchies arabes au sud par le Golfe et a des accès directs au Golfe, à la mer d’Oman au sud et à la mer Caspienne, fermée, au nord.
– SUPERFICIE: 1.648.000 km².
– CAPITALE : Téhéran
– POPULATION: 75,2 millions d’habitants (recensement 2012) dont des Persans, Azéris, Arabes, Kurdes et Balouches.
– LANGUE OFFICIELLE: Persan
– RELIGION: La population iranienne est à 99,4% musulmane, en majorité des chiites. La Constitution iranienne reconnaît l’existence de trois minorités religieuses: les chrétiens (117.700), les juifs (8.756) et les zoroastriens (25.271), d’après le recensement 2012.
HISTOIRE ET REGIME: Héritier de l’Empire perse, monarchie gouvernée par un chah (empereur), l’Iran est dominé par la dynastie Pahlavi de 1925 à 1979.
Mohammed Reza, au pouvoir depuis 1941, ordonne en 1964 l’exil de l’ayatollah Khomeiny. Après une période de troubles sanglants et le départ d’Iran du chah en janvier 1979, Khomeiny effectue un retour triomphal à Téhéran le 1er février. Une République islamique est instaurée en avril 1979 avec une législation fondée sur la charia (loi islamique).
De 1980 à 1988, une guerre avec l’Irak fait un million de morts dans les deux pays.
Les dates-clés du régime
Après la mort de Khomeiny en 1989, l’ayatollah Ali Khamenei est élu guide suprême. Le conservateur modéré Akbar Hachémi Rafsandjani devient président de la République et engage des réformes économiques. En 1997, le réformateur Mohammad Khatami lui succède jusqu’à l’élection en 2005 du populiste Mahmoud Ahmadinejad. En 2009, la réélection de celui-ci, contestée par l’opposition, a entraîné une vague de manifestations sévèrement réprimées.
Depuis 2003, l’Iran est en conflit avec les Occidentaux en raison de son programme nucléaire controversé, entraînant de multiples sanctions internationales, notamment des embargos financier et pétrolier des Etats-Unis et de l’Union européenne depuis 2012.
INSTITUTIONS POLITIQUES: La Constitution affirme la primauté du religieux sur le politique, donnant l’essentiel du pouvoir au « Guide ».
Le président de la République, élu au suffrage universel, nomme les membres du gouvernement qui doivent avoir la confiance du Parlement. Le président est élu pour quatre ans et ne peut effectuer que deux mandats successifs.
Le Parlement (Majlis, 290 membres élus au suffrage universel pour quatre ans) est actuellement dominé par les conservateurs. Les réformateurs ont largement boycotté les législatives en mai 2012.
ECONOMIE: L’Iran détient les quatrièmes réserves de pétrole de la planète.
Les sanctions occidentales pour infléchir son programme nucléaire ont provoqué une réduction de moitié des revenus pétroliers depuis début 2012. Elles sont aussi responsables d’une pénurie de devises étrangères, qui a causé l’effondrement de 70% de la valeur du rial face au dollar et une explosion de l’inflation, supérieure à 30%.
Croissance: -1,9% (FMI, 2012)
Chômage: Plus de 3 millions de personnes (estimation en juin 2013)
FORCES ARMEES: environ 523.000 hommes (IISS/2013), dont: armée de Terre (350.000), Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran, 125.000 membres), armée de l’Air (30.000), et Marine (18.000). Forces paramilitaires: 40.000 hommes.
SITES WEB:
http://www.leader.ir – Guide suprême
http://www.mfa.gov.ir – Ministère des Affaires étrangères

Cartographier le terrorisme

Une des belles utilisations de la cartographie est la représentation visuelle de phénomène sociaux.

C’est exactement le travail auquel s’est livré le quotidien The Telegraph de Londres en réalisé la cartographie des actes terroristes dans le monde depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

On peut consulter la carte et son interprétation sur le site même du quotidien britannique.

Turquie – Une nouvelle révolution en marche ?

La colère gronde en Turquie depuis vendredi le 31 mai alors que des milliers de personnes, dont de très nombreux jeunes, ont pris d’assaut la rue pour dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir.

La Turquie, pays laïc, qui espère toujours une adhésion à l’Union européenne, constitue un point stratégique à la jonction de l’Europe et de l’Asie.

Afin de bien comprendre la situation sur le terrain, voici le petit dossier que j’ai constitué.

L’émission « C’est dans l’air » de France 5, de ce 5 juin 2013 consacrée à la crise:

Les femmes sont très nombreuses à participer aux manifestations. Elles réclament plus de liberté. Un reportage du 19/45 de M6:

Autres ressources

▶ Pour retrouver toutes les vidéos Youtube sur la Turquie

▶ Les manifestants rêvent d’une nouvelle Turquie. Reportage AFP.
▶ La liste des groupes qui manifestent en Turquie. Le Monde.fr

▶ Les visages de la contestation via Instagram

▶ Les meilleures photos de la contestation via BostonGlobe.