Préparer les Américains à une attaque nucléaire

Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis incitent les autorités américaines à mettre en place des mesures en prévision d’une attaque nucléaire, du jamais vu depuis la fin de la Guerre froide.

par Alexandre Gagné

Dans un avis publié sur son site Internet, le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta (CDC) annonce qu’il va dévoiler le 16 janvier prochain qu’elle sera la réponse de la santé publique en cas d’une attaque nucléaire.

Même si le CDC estime qu’une « détonation nucléaire soit peu probable », l’organisme américain juge que les conséquences, si une telle chose se produisait, seraient dévastatrices et que le temps serait limité pour la mise en place de mesures de protection.

Le CDC veut donc lancer une vaste campagne d’information et de sensibilisation auprès du public américain pour les informer des mesures à mettre en place et des gestes à adopter.

Par exemple, dit le CDC, « se mettre à l’abri pendant au moins 24 heures peut sauver des vies et réduire l’exposition aux rayonnements ».

Dans la conférence que l’organisme va tenir, le plan d’urgence sera détaillé pour mettre en lumière les efforts de planification et de préparation des autorités de la santé publique américaine.

La Corée du Nord a annoncé en début de semaine qu’elle va renouer le dialogue avec la Corée du Sud dans une tentative d’apaiser les tensions dans la péninsule coréenne.

Dans un message diffusé le 1er janvier dernier, le leader nord-coréen a indiqué que son pays allait poursuivre ses efforts de fabrication d’armes nucléaires en plus de rappeler que l’ensemble du territoire américain était à sa portée.

Kim Jong-Un a indiqué que le bouton nucléaire est sur son bureau et fonctionnel. Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir son homologue américain.

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Les États-Unis pourraient activer les bombardiers nucléaires

Face aux menaces de la Corée du Nord, les États-Unis envisageraient de remettre en alerte, 24 heures sur 24, ses bombardiers nucléaires B-52, avance le site spécialisé dans les activités militaires Defense One

par Alexandre Gagné

La mesure, si elle se confirme, sera une opération jamais vue depuis la fin de la Guerre froide en 1991.

B-52
Un B-52 bombardant l’Irak

Les bombardiers B-52 sont stationnés sur la base aérienne de Barksdale en Louisiane. Ils seraient donc équipés de leurs ogives nucléaires et seraient prêts à s’envoler à tout moment.

Selon les informations du site Defense One, qui cite un responsable de l’armée, «l’ordre d’alerte n’a pas encore été donné, mais des préparatifs sont en cours afin de préparer sa venue».

Des travaux de rénovation des installations sont en cours de réalisation, notamment aux bâtiments où les équipages des B-52 devraient s’installer en permanence. À l’intérieur d’un bâtiment, des lits ont été déployés pour plus d’une centaine de membres d’équipage.

Le site de Barksdale doit accueillir prochainement deux avions de commandement nucléaire, soit le E-4B Nightwatch et le E-6B Mercury, qui seront également placés en alerte. En cas de guerre, les deux avions deviendraient des postes de commandement volant du secrétaire à la Défense et du commandement central du STRATCOM.

Si un ordre d’attaque était donné par le président Trump, ces deux avions seraient chargés de transmettre les codes de lancement des missiles aux bombardiers, aux bases terrestres et aux sous-marins.

LES ÉTATS-UNIS NIENT LES INFORMATIONS

La réaction des autorités américaines à ces informations a été immédiate. Selon le réseau NBC, Washington a nié que l’armée s’apprêtait à mettre en alerte les bombardiers B-52, comme rapporté par le site Defense One.

Un représentant de l’armée a cependant confirmé que des bases pouvaient subir des travaux de rénovation pour maintenir leur état de préparation.

Corée du Nord. Trump convoque les sénateurs à un « briefing »

La Maison-Blanche à Washington

La situation tendue entre la Corée du Nord et les États-Unis pourrait prendre un nouveau tournant cette semaine alors que le président américain va rencontrer les sénateurs dans une rare rencontre de sécurité nationale. Explications.

par Alexandre Gagné

Ce mercredi 26 avril l’administration Trump organise un rare « briefing » de sécurité nationale à la Maison-Blanche pour l’ensemble du Sénat sur la crise avec la Corée du Nord.

L’information a été confirmée par des hauts fonctionnaires du Sénat aux agences de presse et aux médias américains, dont CNBC.

Les 100 sénateurs américains ont été invités à la Maison-Blanche pour une séance d’information menée par le secrétaire d’État Rex Tillerson, le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, le directeur des renseignements nationaux, Dan Coats et le général Joseph Dunford.

Selon plusieurs observateurs de la politique américaine, il est inhabituel que l’ensemble des membres du Sénat d’aller à un tel événement à la Maison-Blanche et impliquant, au surplus, les plus hauts responsables de l’administration du pays.

Washington est préoccupée par les tests nucléaires et antimissiles de la Corée du Nord et les menaces d’attaquer les États-Unis ainsi que ses alliés asiatiques.

La rencontre de mercredi doit avoir lieu à 15 heures, heure de Washington (21 heures à Paris).

L’agence Reuters affirme que la Maison-Blanche travaillerait actuellement à organiser une rencontre similaire pour les 435 membres de la Chambre des représentants.

Pour l’heure aucune autre information sur le contenu de la rencontre n’a été communiquée.

Cette rencontre pourrait viser à mettre de la pression sur la Corée du Nord pour montrer que les États-Unis se mobilisent et préparent, peut-être, une intervention.

Le président Trump a déjà affirmé vouloir en découdre avec Kim Jong-Un.

Corée du Nord – Le point sur les dernières informations

La Corée du Nord qui annonce un « gros événement » et les États-Unis qui croient que Pyongyang se prépare à un nouvel essai nucléaire. Voilà, les dernières informations entourant la crise entre le régime de Kim Jong-Un et Washington. Le point.

Par Alexandre Gagné à Montréal
** Mise à jour en fin d’article

C’est en milieu d’après-midi, heure de Montréal (début de soirée ce mercredi, heure de Paris) que la Corée du Nord a avisé la presse internationale, qui se trouve à Pyongyang pour assister aux célébrations du 105e anniversaire de naissance du père fondateur de la nation, Kim Il Sung, de se préparer pour un « gros et important événement », ce jeudi, heure nord-coréenne.

L’information a été diffusée sur le fil de presse de l’agence Reuters.

Aussitôt, elle a été reprise par plusieurs médias à travers le monde, dont la BBC.

Via Twitter

Pour le moment, rien n’a filtré sur cet événement. Nathan J. Hunt qui couvre le secteur de la défense suit la situation de près et a retweeté la photo d’un journaliste grec .

Via Twitter

Il semble que des journalistes présents dans la capitale nord-coréenne — ils sont en tout environ 200 — ont été invités à assister à cet événement, mais on n’en sait toujours pas plus. Au petit matin, heure nord-coréenne, les journalistes ont été amenés à bord de minivans vers un stationnement où des autobus les attendaient.

Les journalistes ont été invités à laisser derrière eux leur téléphone mobile, ordinateur, équipement de reportage et briquets. Sans aucun moyen de communication, il y aura un délai évident avant l’obtention de nouvelles informations sur cette « visite ».

Un site nucléaire en opération

Des sources américaines, citées par Voice of America, affirment la Corée du Nord a placé un engin nucléaire dans un tunnel secret et qu’elle envisage de le faire détonner samedi. S’il est confirmé, cet essai serait le 6e depuis 2006. Le dernier remontait au 9 septembre 2016.

Un des sites possibles où aurait lieu l’essai nucléaire, le site de Punggye-ri, est situé à 7h ou 8h de route de Pyongyang. Le site de Kusong est à 2 heures de route, ce qui en ferait une destination probable pour les journalistes invités à monter à bord d’autobus par le gouvernement nord-coréen.

Selon le site internet spécialisé en affaires militaires 38north, des images satellites de ce 12 avril semblent confirmer qu’une activité intense se déroule sur le site nord-coréen de Punggye-ri.

Le 9 avril dernier, la Corée du Nord avait appelé les étrangers à quitter la Corée du Sud en raison des risques élevés de « guerre nucléaire », avait rapporté la BBC.

++ Lire aussi: Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Twitter s’enflamme…

Via Twitter

Les réseaux sociaux se sont enflammés à la suite de ces informations. Des rumeurs ont aussi circulé voulant que Pyongyang était en cours d’évacuation, mais aucune information crédible ou source sur place n’a accrédité cette nouvelle.

[Mise à jour] – Il semble bien que l’annonce n’était en fait qu’un grand coup de relations publiques de la part de la Corée du Nord, selon les journalistes sur place.

++ À lire: Corée du Nord: comment Pyongyang a semé la panique

Journalistes étrangers à Pyongyang à suivre sur Twitter:

Mika Mäkeläinen, Jeremy Koh et Will Ripley de CNN

Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Alors que les États-Unis durcissent le ton face à la Corée du Nord, le régime de Pyongyang promet déjà de réagir « à n’importe quel mode de guerre voulue par Washington ». Plus que jamais, une opération militaire américaine apparaît probable dans le nord de la péninsule coréenne. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Dimanche 9 avril. Dans une dépêche de l’Agence France-Presse, un proche conseiller du président Trump affirme que le nouvel occupant de la Maison-Blanche veut « étudier toutes les options pour lever la menace ».

Les options, Donald Trump les connait déjà depuis quelques jours. Un document lui a d’ailleurs été présenté par son Cabinet de sécurité nationale avant la visite du président chinois jeudi dernier. Selon NBC News, les États-Unis envisageraient de placer des missiles en Corée du Sud capables de porter une charge nucléaire, dans le but de dissuader Kim Jong-Un.

Si cette stratégie est utilisée, les missiles pourraient être positionnés sur la base aérienne d’Osan, au sud de Séoul. Comme autre plan, Washington envisagerait tout simplement d’éliminer le dirigeant nord-coréen, mais ce plan pourrait se révéler difficile à mener en raison de l’impressionnant réseau de souterrains et de bunker sous la capitale nord-coréenne, selon le Mirror de Londres.

Mais un ancien commandant de l’OTAN croit plutôt qu’une opération d’infiltration dans le pays, menée par des troupes spéciales américaines et sud-coréennes, seraient plus appropriées. Supervisée par la CIA, l’opération viserait à saboter ou faire exploser des infrastructures clés du pays, comme des ponts, pour bloquer tout mouvement de missiles mobiles.

Un porte-avions dans la région

Le porte-avions Carl Vinson

Dimanche, Washington a annoncé l’envoi du porte-avion USS Carl Vinson et de sa flotte au large de la péninsule coréenne. Une annonce aux allures d’opération médiatique car le groupe naval était déjà dans le secteur depuis le mois de janvier pour des manoeuvres de routine. En cas de besoin, par contre, les États-Unis pourraient dépêcher sur place le porte-avions Theodore Roosevelt qui se trouve à la base militaire de San Diego.

++ En savoir plus: Le porte-avions USS Carl Vinson

Après sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jingping, le président Trump a déclaré que les États-Unis étaient en mesure « d’agir seuls » pour faire face à la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Que fait la Chine ?

En soirée, ce lundi 10 avril, des informations ont commencé à circuler en provenance de la Corée du Sud. Selon le site d’actualités Chosun.com, la Chine aurait commencé à masser quelque 150 000 militaires près de la frontière nord-coréenne. La Chine avait exactement fait la même chose en 2003 pour parer à tout afflux de réfugiés alors qu’une importante famine frappait le pays.

Une vidéo aurait circulé dans la journée montrant les manoeuvres, mais une intervention du gouvernement chinois aurait fait disparaitre la vidéo, selon certains blogues qui suivent la situation de près.

Pour l’heure, la Chine s’est montrée bien peu bavarde et il est fort à parier que Pékin ne va pas s’impliquer dans une éventuellement intervention américaine en raison des liens étroits qu’entretiennent Pyongyang et Pékin.

En Corée du Sud, cette escalade de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord se retrouve à la Une des journaux de ce mardi 11 avril. La population, bien qu’inquiète, semble prête à accepter la présence de missiles américains, voire de missiles nucléaires, sur son territoire si cela peut permettre de calmer les ardeurs du voisin nord-coréen.

À voir la rapidité avec laquelle le président Trump a agi en Syrie, il faudra suivre de très près la situation car une action militaire contre la Corée du Nord n’est pas exclue. Elle semble même de plus en plus probable.

Mort de Kim Jong-Il: Récit d’une soirée d’actualités sur la toile…

Chronique — par Alexandre Gagné
La soirée s’annonçait calme sur la toile, en ce dimanche soir. Aussi calme que le soir de l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden. Un dimanche aussi. Il était 20h30 quand j’ai aperçu le tweet de l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, passer dans ma « timeline » sur mon écran de surveillance de Tweetdeck.
Le message (ci-contre) était court, mais disait tout. Lorsqu’on est un habitué des dépêches d’agence et surtout quand on connaît le niveau de fermeture du régime nord-coréen, une telle dépêche laissait présager du pire, sachant que le cher leader n’était pas au mieux de forme. Mon premier réflexe, alimenter @LesNews, le fil de nouvelles internationales auquel je collabore depuis 2 ans. 
Il était 20h33 quand j’ai envoyé ma dépêche aux 81 000 abonnés. Dans mon texte, je fais preuve de prudence, j’ai employé le conditionnel, car en matière de propagande, il est déjà arrivé que de telles annonces soient reportées ou annulées. Une fois la dépêche envoyée, j’ai informé, dans tweet publié à 20h34, mes propres abonnés de la situation en évoquant clairement la possibilité d’une annonce relative à la mort du président Kim Jong-Il.
Dans le monde francophone, aucune autre source n’a fait mention de cette information. Du côté anglophone, le fondateur de l’agence BNO News a repris, lui aussi, l’information sur son fil Twitter qui a été relayée également par le compte @BreakingNews. Et puis, ce fut l’attente jusqu’à 22 heures. Pendant 1h30, j’ai scruté le web à la recherche d’informations sur l’état de santé de Kim Jong-Il. Mais rien. Aucun blogue, aucun site ne parlait de problèmes récents. Entre temps, j’ai syntonisé des stations de télévisions asiatiques, en Corée du Sud et au Japon, pour suivre la situation. Des stations de radio étaient aussi en émission spéciale et les agences de presse des pays asiatiques étaient en mode d’alerte.
À 21h59, je me décide et prépare mon texte de dépêche. Pour moi, il ne fait plus de doute, malgré la crainte en écrivant de heurter le bouton « Enter » et de propager une fausse nouvelle.
Sur mon 2e écran d’ordinateur (oui, j’ai un dual screen), deux chaines de télévision (Sky News et NHK) et un renifleur de mots-clés sur Twitter. Je suis prêt. Yonhap aussi était prête. Il y a un peu de retard. À 22h02, à Séoul, une radio confirme la mort de Kim Jong-Il. J’appuie sur « Entrée ». Voilà, le monde est informé. L’agence Yonhap sort sa dépêche dans la seconde.
Aux États-Unis et dans le monde anglophone, @BreakingNews mettra 8 minutes, à 22h10, avant de faire la même chose. Au Québec, la palme revient au fil de Canoë qui a annoncé, à 22h03, la mort de Kim Jong-Il en citant les « réseaux sociaux ». 
Radio-Canada a tweeté la mort du dictateur à 22h06 et TVA Nouvelles a publié l’information à 22h22 sur son compte Twitter. N’ayant pas d’images à se mettre sous la main, TVA a même repris ma propre capture d’écran pour sa page Facebook, image relayée par une ancienne collègue, qui me suivait sur Twitter et Facebook. Et il faudra encore beaucoup de temps (voir ici la démonstration) pour que d’autres sites d’informations en français, notamment en Europe, ne sorte la nouvelle, comme on peut le voir sur cette comparaison.
Puis, sur le fil @LesNews, j’alimente les abonnés avec les détails et des captures d’écran montrant la couverture médiatique de cette annonce. En ondes, les chaînes québécoises ont mis un temps à réagir. LCN a annoncé la mort de Kim Jong-DEUX, ce qui a été suffisant pour se payer la tête de la lectrice qui a commis cette bourde de débutante.
Une fois l’annonce complétée sur @LesNews, je démarre la numérisation de la chaîne japonaise NHK qui présente un reportage biographique sur la mort de Kim Jong-Il. Une vingtaine de minutes, plus tard, la chaîne diffuse la vidéo officielle de la chaîne nord-coréenne. Vidéo fantastique. Elle comporte des sous-titres en anglais. Je numérise le tout, sauvegarde la vidéo et fait le montage le plus rapidement possible, malgré la lenteur de mon PC! À 23h05, je diffuse la vidéo simultanément sur @LesNews et sur mon compte Twitter.
 
Le compte américain @BreakingNews, comptant plus de 3 millions d’abonnés, va diffuser un lien à 23h22. Voyant que ce lien ne compte pas de sous-titres, je leur envoi le mien qui est repris à 00h08.
En l’espace de quelques heures, ma vidéo aura été vue plus de 152 600 fois (relevé à 17h20, ce lundi). À la suite de mes publications, les commentaires ont été nombreux, et je remercie les personnes qui ont pris le temps de m’écrire. 
Le compte @LesNews a aussi été inondés de commentaires positifs, comme celui-ci, capté au hasard.
L’arrivée des réseaux sociaux et notamment de Twitter a changé la façon de faire de l’information et pour le public la façon de s’informer. Les médias traditionnels, et particulièrement au Québec, tardent à développer ce créneau et leur rapidité à transmettre l’information n’est pas toujours au rendez-vous. Il est simplement étonnant que tous ont attendu après 22 heures pour évoquer la situation mystérieuse qui se déroulait en Corée du Nord. 
Au surplus, de l’intérieur, notamment à TVA, on implicitement reconnu n’avoir pas suffisamment anticipé la nouvelle. À RDI, on a déploré qu’un jeune journaliste, en congé, qui me suivait sur Twitter/Facebook n’ai pas informé sa rédaction de la chose. Visiblement, il y a beaucoup à faire pour former les journalistes à l’utilisation de l’information en ligne et savoir chercher sur le Net demeure un art que peu de personnes savent maitriser. Dans les circonstances, je dois lancer en boutade…