Australie. L’automne fait une arrivée remarquée

L’automne est bel et bien arrivé en Australie alors que le pays enregistre ses premières températures froides de la saison et de fortes précipitations dans le sud-est. Le point. Continuer à lire … « Australie. L’automne fait une arrivée remarquée »

Montréal. Le réveil d’une ville…

Pour la seconde journée consécutive, Montréal a eu droit (enfin) à des températures de saison donnant véritablement le coup d’envoi du printemps dans la métropole québécoise. 

par Alexandre Gagné

C’est sous un ciel parfaitement bleu et une température de 13°C que les Montréalais ont envahi les rues et les principales places publiques de la ville.

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Photo Instagram: mav_evox

Dès le début de la journée, les premières terrasses ont été ouvertes pour le plus grand bonheur des Montréalais, comme ici sur la rue Crescent où se pressaient également de nombreux touristes – des Français pour une bonne part – de passage.

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Photo Instagram: shpopulus

Les sportifs ont aussi profité du soleil pour prendre d’assaut les pistes cyclables et les parcs de la ville, comme le Mont-Royal, encore engourdis par l’hiver. Même si la végétation est encore bien discrète, les chauds rayons ont permis le plein d’énergie et de vitamine D.

Ce retour du beau temps a aussi été l’occasion de relancer les dimanches «tam tam» au pied de la montagne autour du monument-hommage à Sir George-Étienne Cartier. Jeunes et moins jeunes s’y étaient donnés rendez-vous pour profiter du bon temps.

 

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Via Instagram – Cliquez pour visionner

Une ville en chantier

Plus au sud de la ville, les nombreuses grues dans le paysage nous disent que la ville se développe. Dans l’ancien quartier ouvrier de Griffintown, les immeubles de condominiums continuent de pousser comme de véritables champignons. Situés en bordure du canal Lachine, les immeubles offrent une vue imprenable sur le centre-ville et le canal.

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Photo: A. Gagné | 22 avril 2018

Le canal Lachine, administré par le gouvernement fédéral, est actuellement fermé à la navigation. Le niveau d’eau est à son plus bas et la vue qu’il offre ces jours-ci n’est pas la plus belle. Les berges sont jonchés de débris et sous la passerelle du marché Atwater, de nombreux paniers d’épicerie s’empilent au fond de l’eau.

Au cours des prochaines semaines, le niveau d’eau sera rehaussé ce qui permettra de cacher ces horreurs, mais surtout la reprise de la navigation de plaisance à compter du 18 mai. Ce bas niveau d’eau n’a cependant pas empêché, ce dimanche, un groupe de sportifs de mettre canots et kayaks à l’eau pour un petit entraînement.

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Photo: A. Gagné

Les traces de l’hiver ont presque déjà été toutes effacées du centre-ville. En bordure du canal Lachine, il restait bien, ce midi, un dernier vestige du long hiver près d’une future place publique dite « éphémère ».  Éphémère pour cette année, car derrière cette première expérience se cache un projet plus ambitieux à l’horizon de 2020.

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Photo: A. Gagné

Aujourd’hui, il y avait beaucoup d’action sur le site où deux anciens wagons du métro de Montréal, des MR-63, ont été transportés pour servir de lieu de rencontre dédié « à la découverte des talents de Montréal ».

Derrière ce coup, un organisme à but non lucratif appelé justement MR63 qui souhaite créer un point d’intérêt iconique en réutilisant d’anciens wagons du métro de Montréal.

Le site s’appellera d’ailleurs «MR63». Il devrait ouvrir le 16 mai. Un wagon servira de galerie d’art pour faire découvrir des artistes montréalais. On y retrouvera aussi un petit bistro où les bières de micro-brasseries seront à l’honneur ainsi qu’un café.

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Photo: A. Gagné

Situé à proximité de la rue Peel, l’endroit devrait être un incontournable de l’été pour les Montréalais et résidents du secteur.

Ce dimanche 22 avril, Montréal a repris vie et l’approche de la belle saison redonnera à coup sûr à la ville son caractère animé et effervescent qui fait la fierté de la métropole.

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Photo: A. Gagné

Climat. Le Québec à la recherche de son printemps

L’annonce d’une nouvelle dépression météorologique majeure sur le Québec pour les prochains jours et cela en plein mois d’avril suscite une certaine exaspération dans la province alors que les beaux jours du printemps devraient normalement être au rendez-vous. C’est la 5e année consécutive que les Québécois ont la triste impression de passer directement de l’hiver à l’été, et la situation pourrait perdurer jusqu’en 2024-2025. Explications.

Par Alexandre Gagné

Neige, verglas, grésil, pluie…voilà le cocktail météorologique qui attend la vallée du Saint-Laurent entre les 13 et 17 avril. L’instabilité du climat et les nombreuses variables en cause rendent difficile l’établissement de prévisions exactes. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fera pas beau (encore) au cours de la fin de semaine.

Les quantités de pluie dans le long du St-Laurent pourraient aller de 50 à 100 mm, suffisamment pour faire gonfler les cours d’eau et le fleuve lui-même qui est déjà à un niveau élevé.

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On le sait, la météo anime les conversations au Québec. C’est un trait culturel associé à la rigueur historique du climat. Depuis quelques années, l’impression générale est qu’il n’y a plus de ces printemps où mars apportait douceur et avril, chaleur et joie de vivre.

Cette impression est malheureusement supportée par les observations et relevés météorologiques.

LES CONSTATS

Jusqu’à présent, le printemps 2018 (mars et début avril) offre des températures nettement sous les normales pour cette saison.

« En termes de température, on est en dessous des normales de manière significative. En date de mardi, dans le sud du Québec, on est entre 4 et 6 degrés en dessous des normales. Vers Québec, on est à 10 degrés en dessous des normales », confirme un expert d’Environnement Canada interrogé par La Presse.

Mars 2017 avait été également froid au Québec, avec des températures à 1°C sous la normale. Mars 2016, 2015 et 2014 avaient tous été froids. « Ces débuts de printemps froids constitueront-ils la nouvelle normale? », se demande le ministère de l’Environnement dans ses Faits saillants météorologiques.

La situation n’est pas plus rose pour les mois d’avril passés. Le mois d’avril 2017 était le 7e mois d’avril consécutif et le 4e du duo mars-avril consécutif sous les normales. Le ministère de l’Environnement estime à ce moment que « cette séquence de printemps frais est d’autant plus particulière que cette anomalie négative n’était que la troisième des douze derniers mois ».

Mai 2017 n’a pas été très beau non plus dans le sud de la province. La pluie a été très abondante. En 2016, même constat: températures sous les normales et présence de neige tardive.

Bref, les chiffres parlent d’eux-mêmes, les printemps ont pratiquement disparu du Québec. Mais pourquoi ?

LES HYPOTHÈSES

Une séquence de quelques années est certes insuffisante pour dégager une tendance nette en climatologie. Il faut généralement une dizaine d’années, voire 30 ans pour poser un diagnostique certain. Néanmoins, quelques phénomènes méritent notre attention et pourraient expliquer ce qui se passe actuellement au-dessus de nos têtes.

1- Les courants de l’océan Atlantique

Dans deux études parues cette semaine dans la revue scientifique Nature, des experts du climat confirment que la circulation des courants océaniques dans l’Atlantique est à son plus faible niveau depuis 1600 ans. Ils pointent comme responsable la fonte des glaciers dans l’Arctique. La circulation thermohaline consiste en une remontée des eaux chaudes des zones tropicales de l’Atlantique vers le Nord grâce au Gulf Stream avant de repartir vers le sud, après avoir été refroidis.

Comme les dépressions météorologiques sont notamment alimentées par la température de l’eau, « si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis », indique une des études. Mais la dynamique océan-atmosphère est complexe.

2- L’Oscillation nord-atlantique (NAO)

L’autre indicateur surveillé de près par les spécialistes du climat est l’oscillation nord-atlantique (NAO). C’est en quelque sorte le El Nino / El Nina que l’on retrouve dans le Pacifique, mais à la différence ici que le phénomène est continu et non épisodique.

Le NAO mesure mensuellement la différence de pression atmosphérique en deux points: aux Açores et en Islande. Un indice, positif ou négatif, est ensuite produit. Il en résulte ainsi des influences. Dans la phase positive, sur le nord et l’est du Canada, les hivers sont plutôt froids et secs. Le long de la côte Est des États-Unis, ils sont plutôt doux et humides. Dans la phase négative, la côte Est du continent nord-américain subit plus d’épisodes froids et de chutes de neige, ce qui serait actuellement le cas.

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Source: NOAA

3- L’état du Soleil

Le Soleil est observé depuis l’époque de Galilée et les scientifiques ont une assez bonne connaissance depuis son observation continue remontant à 1755. L’activité du Soleil, qui se mesure notamment par le nombre de taches sombres à sa surface, suit un cycle de 11 ans.  Ainsi, quand le Soleil a de nombreuses tâches noires visibles à sa surface on dira qu’il est en forte activité et quand les taches se font rare qu’il est en faible activité. La corrélation activité du Soleil et climat ne fait cependant pas l’unanimité dans les milieux scientifiques car l’absence d’instruments adaptés rend difficile les observations à ce chapitre.

Toutefois, une étude publiée en 2011 semble confirmer « un effet local » de l’activité solaire sur le climat de certaines régions.

Historiquement, des corrélations ont été faites à au moins deux reprises entre une faible activité solaire et des conditions climatiques difficiles. Ce fut le cas entre 1645 et 1715, pour la période appelée «minimum de Maunder», du nom du scientifique qui a étudié le phénomène. Durant cette période, les températures ont chuté en Amérique du Nord. Ajouter à cela les effets des courants marins et le territoire s’est retrouvé avec de graves problèmes dans l’agriculture.

La situation a été observée une seconde fois de 1790 à 1830, dans ce qu’on appelle le «minimum de Dalton». Encore une fois, les conditions climatiques ont été difficiles au Québec au point de provoquer des disettes certaines années.

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Actuellement, l’activité du Soleil est dans un nouveau creux depuis quelques années. Le 24e cycle solaire actuel a débuté en 2008 et devrait prendre fin l’année prochaine avec son creux maximal. Selon l’interprétation des données qu’en fait le physicien américain à la retraite, James A. Marusek, nous sommes actuellement en transition vers le cycle 25. Il faudra, selon lui, ensuite quelques années avant que le Soleil ne retrouve un niveau élevé d’activité, probablement autour de 2024-2025.

De 2016 à 2024, Marusek parle d’un «grand minimum» comparable à celui de «Maunder»  où il y aura « une augmentation de la couverture nuageuse océanique et une baisse progressive des températures globales ». Pire, il évoque « de très violentes tempêtes d’hiver » et « des hivers extrêmes qui peuvent raccourcir la saison de croissance des récoltes provoquant pénurie et famines ».

Déjà en 2009, le spécialiste avait publié une série d’articles traitant justement de la menace d’un grand minimum solaire et de la nécessité d’avoir un plan d’urgence pour s’y préparer.

Conclusion

Bref, ces données semblent confirmer le sentiment général que le printemps n’existe plus au Québec, sans compter des étés où la chaleur n’est pas constante. Que faire ? Fort peu pour changer la situation, excepté pour accepter les aléas du climat.

Mais le pire pourrait être à venir à compter du cycle 26, vers 2030. Contrairement à Marusek, une étude britannique pense plutôt que c’est durant ce cycle que l’hémisphère Nord pourrait connaître une sorte de « petit âge glaciaire ».

Il ne reste donc plus beaucoup de temps pour s’y préparer collectivement.

Rimouski. Le temps d’il y a 100 ans!

La météo occupe souvent les conversations au Québec. Le climat parfois rude a forgé notre caractère à travers les siècles. Jaser du temps qu’il fait ou qui passe est toujours dans l’ère, mais aujourd’hui, dit-on, le temps n’est pas comme avant. Quel temps faisait-il à Rimouski en 1918 ? Retour sur le temps d’avant, sur le temps d’il y a 100 ans. 

Un récit d’Alexandre Gagné  | Photos: Nathalie Poirier

L’année 1918 débute dans le froid. Les quatre premiers jours de janvier se passent sous des températures avoisinant les -20°C. Une petite bordée de 18 centimètres les 4 et 5 janvier vient adoucir le climat.

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Maudit hiver ! – Photo: Nathalie Poirier

Le 8 janvier, le mercure remonte autour du point de congélation, mais la neige est encore au rendez-vous ainsi que les 9 et 10 janvier. En trois jours, 19 cm s’accumulent dans la ville. À peine le temps de dégager les entrées que 11 autres centimètres tombent au sol les 12 et 13 janvier.

Les derniers jours du mois sont très froids avec des températures moyennes autour de -23°C.

FÉVRIER

La vague de froid se poursuit jusqu’au 11 février. La froidure ne fait pas relâche. Certaines nuits, le mercure descend près des -30°C.

Dès le 12 février, l’air s’adoucit autour de -6°C et 9 centimètres de neige viennent renouveler le paysage le 15 février. Le reste du mois est relativement doux, près de -1°C le jour, mais le 22 février Rimouski connaît sa nuit la plus froide de l’hiver avec un -31,1°C bien senti.

MARS

Le froid fera une dernière incursion au début du mois de mars. Il faut attendre au 12 mars pour voir le temps se réchauffer et donner des allures printanières. L’arrivée du printemps le 21 mars soulignée par la première marque positive de l’année avec 3,3°C et 6°C le lendemain.  Le printemps fait ses premiers pas. Mars sera sec. À peine 6 cm de neige dans tout le mois.

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Des airs de printemps – Photo: Nathalie Poirier

 

AVRIL

Le printemps reste timide dans la première quinzaine d’avril. Le premier 7°C est enregistré le 20 et le premier 10°C le 23 avril. Un premier coup de chaud qui en annonce un second, plus important, alors que Rimouski enregistre 17°C degrés les 29 et 30 avril.  Mais pour le second mois consécutif, la pluie n’est pas au rendez-vous. À peine 21 millimètres sont tombés durant le mois alors que la normale est de 60 millimètres mensuellement en mars et avril.

MAI

Si l’inquiétude a grandi dans les chaumières quant au manque de pluie, le mois de Mai se charge de rétablir la situation. Le mois débute par trois journées de faible pluie. 25,5 millimètres au total sont relevés, mais la situation empire à compter du 6 mai. Pendant 9 jours consécutifs, Rimouski connaîtra un véritable déluge. 73 millimètres de pluie sont enregistrés. C’est la quantité que reçoit normalement la ville durant tout le mois.

Rimouski connaîtra durant cette période de pluie intense, son premier 20°C, le 13 mai. Les températures resteront de saison pour le reste du mois et les pluies seront plus éparses. Au total, 115 millimètres de pluie sont tombés en mai.

JUIN

Quand juin débute, les Rimouskois profitent d’une accalmie au chapitre des précipitations. Elles sont rares jusqu’au 12 et 13 juin alors que tout près de 40 millimètres sont mesurés. Le temps sec qui se met ensuite en place va perdurer une semaine jusqu’au 22 juin alors que 51 millimètres viennent arroser la fête de la Saint-Jean-Baptiste qui est depuis 1834 la fête des Canadiens-Français. La fin du mois se terminera par un petit coup de chaud alors que le premier 24°C est enregistré le 28 juin.

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La vie maritime rimouskoise – Photo: Nathalie Poirier

JUILLET

Le mois de juillet est en dent de scie. Les périodes de beau temps alterne avec les jours de pluie tant et si bien que la ville reçoit 103 millimètres durant ce mois d’été. C’est une vingtaine de millimètres de plus qu’un mois de juillet normal. L’air marin est très présent. Les journées sont fraîches et certaines nuits plutôt froides avec même 5,6°C les 9 et 10 juillet. On ne dépasse pas les 23°C durant le mois. Décidément, jusqu’à présent, l’été 1918 se fait toujours désirer.

AOÛT

L’été pointe enfin le bout du nez dès les premiers jours d’août. Le soleil est au rendez-vous. Le temps est un peu plus chaud. La température moyenne sera au-dessus de la moyenne pour tout le mois. Du 20 au 26 août, Rimouski connaît une poussée de chaleur avec un mercure qui atteint les 25,6°C. Quant à la pluie, elle se fait beaucoup plus rare. La moitié moins pour le mois avec seulement 44 millimètres. Un répit bienvenu pour les agriculteurs. «Quand août est bon, abondance en moisson», dit un vieux proverbe.

SEPTEMBRE

Septembre débute sous de bons auspices. Les premiers jours sont chauds. Jusqu’à 24°C le 3 septembre, mais le reste du mois alterne entre des journées ensoleillées et des fortes pluies. Au total, 148,7 millimètres de pluie sont enregistrés pendant le mois, loin devant les 80 millimètres qui tombent pendant un mois normal. Le soirs et et les nuits sont aussi plus fraîches. Le premier gel à -1,1°C est consigné dans la nuit du 26 au 27 septembre.

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Vue d’automne – Photo: Nathalie Poirier

OCTOBRE

Dès le début d’octobre, les gels nocturnes sont plus fréquents. Jusqu’à -5°C dans la nuit du 18 octobre. Pendant le jour, une dernière poussée de douceur est appréciée des Rimouskois les 9 et 10 octobre. Globalement, le temps est saisonnier. Aucune journée en bas de 4°C. Octobre est aussi plus calme du côté des précipitations. Seulement 30 millimètres pour tout le mois alors que la normale est d’environ 76 mm.

NOVEMBRE

Tranquillement, Rimouski glisse vers l’hiver. Le 9,4°C du 1er novembre est vite oublié avec le refroidissement des températures qui va suivre. Quand l’armistice est annoncé, le ciel est dégagé à Rimouski. Il fait tout juste 1°C, juste assez beau pour permettre à la population de sortir pour souligner l’événement. Mais nous sommes en novembre. Il faut s’y faire. La neige est au rendez-vous, le 19 novembre, avec une première giboulée de neige (5 cm) et de pluie (11,7 mm). Le mois reste relativement sec avec seulement 36 millimètres d’eau. Le premier coup de froid survient le 26 novembre avec -6°C le jour et jusqu’à -12°C la nuit.

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L’hiver s’installe – Photo: Nathalie Poirier

DÉCEMBRE

Le froid persiste durant la première quinzaine de décembre. Jusqu’à -12°C pendant le jour et près de -20°C au cours de certaines nuits. Environ 17 centimètres de neige tombent durant cette période préparant les Rimouskois à l’ambiance de Noël, mais du 15 au 25 décembre, c’est la disette du côté des précipitations. Le temps s’adoucit et on atteint même les 6,7°C le 23 décembre avec de la pluie en prime. La veille de Noël, il fait 1°C et le temps est bien moche. Mais au petit matin du jour de Noël, la neige vient recouvrir le sol. Les 25 et 26 décembre, Rimouski reçoit près de 12 centimètres. Un beau manteau blanc pour finir 1918. Le temps redevient saisonnier. Le froid reprend ses droits. L’hiver s’installe. Janvier pointe à l’horizon.

C’était le temps de 1918. C’était le temps d’avant…celui d’il y a 100 ans!

Graphiques des données de 1918

N’hésitez pas à visiter ma chaîne Youtube pour des capsules historiques !

Volcan Agung. Risque d’un coup de froid sur le climat en 2018 ?

L’éruption du volcan indonésien Agung depuis le 21 novembre inquiète les experts du climat mondial. Si l’éruption prend de l’ampleur, les rejets dans l’atmosphère pourraient être suffisants pour amener une baisse des températures dès l’an prochain sur l’hémisphère Nord. Explications.

par Alexandre Gagné

L’été 2018 pourrait bien être très moche sur une grande partie de l’Amérique du Nord et de l’Europe. En cause: l’éruption en cours du volcan Agung sur la très touristique île de Bali.

Depuis le mois d’août, le volcan montrait sporadiquement des signes de réveil. Les premiers depuis la grande éruption de 1963 qui avait fait 1600 morts. Mardi dernier, le volcan éjecte un immense panache de cendres et de vapeur qui s’élève à 700 mètres au-dessus du volcan.

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Le 25 novembre, l’éruption s’intensifie. La lave remonte. Les éjections de cendres perturbent le trafic aérien. Les autorités ferment l’aéroport de Denpasar. Des évacuations massives sont ordonnées sur l’île.

QUELLES INQUIÉTUDES ?

Les volcanologues redoutent actuellement une augmentation de l’intensité de l’éruption. Des remontées de magma sont constatées. La terre tremble un peu plus. Tous les signes pointent vers une éruption prochaine de grande ampleur. Seul le temps le dira.

Mais déjà, des volcanologues, comme Patrick Allard de l’Institut de physique du globe de Paris, croient que cette éruption a le potentiel de provoquer des perturbations du climat.

« Si l’éruption prend de l’ampleur, sur la base de 1963, par exemple les colonnes montaient à 20 kilomètres d’altitude jusque dans la stratosphère et l’éruption a même eu un impact sur le climat pendant les deux années qui ont suivi avec un refroidissement de 0,2 à 0,4 degrés de l’hémisphère Nord », a-t-il confié en entrevue à Radio-Canada.

Il faut dire que le volcan Agung, dont le nom signifie « haute montagne » dans la langue locale, culmine à environ 3100 mètres d’altitude. Ses projections peuvent donc atteindre facilement la stratosphère où les courants ont la capacité de transporter les particules de dioxyde de soufre qui vont réduire le rayonnement solaire et ainsi entraîner une baisse des températures au sol.

DES PRÉCÉDENTS ?

Les scientifiques ont depuis longtemps observé des effets entre les éruptions volcaniques et des variations du climat, mais jusqu’à tout récemment peu d’études avaient documenté le phénomène. D’abord, il fallait un événement pour l’étudier. Ensuite, des équipement et des techniques pour le faire adéquatement.

L’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines le 9 juin 1991 a donné de la matière pour cette recherche. L’éruption du volcan est survenue après 600 ans d’inactivité. Les dommages dans un rayon de 25 kilomètres ont été considérables avec la démolition de 8000 maisons sans compter la mort de 850 personnes sur les 2 millions touchées.

La longue étude qui a suivi a permis de montrer que le volcan a injecté plus de 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère et provoqué un refroidissement global moyen de 0,4°C.

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Via meteo-paris.com

Les effets se sont sentir dès l’année suivante. En 1992, au Canada, l’été est froid et pluvieux. Un mauvais temps qui nuit aux récoltes ainsi qu’à l’industrie touristique. Même constat en France qui connaît un véritable « déluge » durant la période estivale, nous rappelle le site Meteo-Paris.com .

Les conséquences de l’éruption du Pinatubo vont mettre 2-3 ans à s’estomper.

L’ANNÉE SANS ÉTÉ

Le 5 avril 1815, un autre volcan de l’Indonésie, le Tambora, explose. C’est une des plus violentes éruptions de ce millénaire. On dénombre 70 000 morts dans les environs du volcan et un séisme associé provoque un tsunami sur les côtes de la mer de Java.

Dans l’hémisphère Nord, les effets de l’éruption se font sentir dès le mois d’août 1815. Au Canada, les récoltes sont compromises par des gelées très hâtives, mais c’est en 1816, l’année connue comme l’année sans été, que ses effets sont dévastateurs.

Sur tout le territoire du Bas-Canada, une chute dramatique des températures est observée. Des gelées sont rapportées pendant toute l’année 1816. L’angoisse s’empare de la population. Le 3 juin, une forte tempête de neige paralyse Montréal et Québec. La disette s’installe et les autorités coloniales doivent intervenir.

En France, les données météorologiques font aussi état d’un été gris et pluvieux. L’agriculture tourne au ralenti.

Auparavant dans l’histoire, l’éruption du volcan Laki en Islande, du 8 juin 1783 à février 1784 serait associée à plusieurs années de mauvaises récoltes en France. Une disette qui va conduire à des soulèvements…et à la Révolution de 1789.

L’éruption de l’Agung est donc à suivre de près. De très près même…

Nouvelle saison d’icebergs à Terre-Neuve

Les icebergs sont nombreux cette année au large de Terre-Neuve et les touristes le sont tout autant pour venir faire la pose à côté de ces géants éphémères. Le phénomène est particulièrement important cette année. Le printemps frais que la côte atlantique connait a permis de retarder la fonte des icebergs.

Le Huffington Post présente sur son site un reportage de La Presse canadienne qui s’est rendu en mer en compagnie d’un groupe de touristes.

Source: Huffington Post

Le réseau anglais de Radio-Canada s’est aussi rendu sur place constater l’ampleur du phénomène et a rapporté des images impressionnantes, dont certaines prises sous l’eau.

Source: cbc.ca

Ce qui est toutefois le plus fascinant, ce sont ces dizaines de photos qui circulent sur les réseaux sociaux, prises par des habitants de Terre-Neuve ou des touristes de passage. Une recherche sur Twitter ou Instagram, avec quelques mots-clés appropriés, nous donne un aperçu de la situation au large des côtes terre-neuviennes.

 
On peut observer le phénomène dans cette compilation de photos tirées d’Instagram.
Source: Radio-Canada
Enfin, ce n’est pas la première fois que les icebergs dérivent aussi près des côtes de Terre-Neuve. Ça s’était produit en 1912, quand le Titanic a heurté l’un d’eux avant de sombrer. Et puis, en 1991 quand l’est du Canada avait connu cette année là aussi un printemps frais. Cela m’a rappelé ce reportage du regretté journaliste James Bamber qui était sur place. Il avait témoigné de la situation et fait parler les images à sa façon. Revoici son reportage…
Mise à jour du 17 juin à 15h00
Un employé de CBC à Terre-Neuve a publié cette photo d’un iceberg très impressionnant qui a été vu au large de Tickle Cove, sur le péninsule de Bonavista. Selon des résidents, le bloc de glace ferait environ un demi kilomètre de longueur. On ose pas imaginer la partie sous l’eau…
Photo: @CBCMikeRossiter 

Il y a 100 ans: La sécheresse sur le Québec

Source: La Patrie, 15 juin 1914

Je débute ici la publication de billets d’histoire pour remonter le temps avec vous. Mon expérience sur Twitter et les commentaires positifs de mes abonnés m’encourage dans cette initiative pour rendre accessible l’histoire populaire du Québec.

Il y a 100 ans, le Québec connaissait une de ses pires périodes de sécheresse. L’événement était assez important pour se retrouver à la une de La Patrie le 15 juin 1914. Selon le journal, dans «certains endroits de la province, on a pas eu de pluie depuis le mois d’avril, et dans le district de Montréal nous n’avons eu qu’un orage depuis le mois de mai».

Une situation visiblement exceptionnelle qui a surpris par son ampleur surtout en ce temps où les producteurs agricoles commencent leur travail dans les champs.

Le journal évoque alors les risques de récoltes moins abondantes, mais se retient de dire que tout est perdu…surtout au mois de juin!