Turquie – Une nouvelle révolution en marche ?

La colère gronde en Turquie depuis vendredi le 31 mai alors que des milliers de personnes, dont de très nombreux jeunes, ont pris d’assaut la rue pour dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir.

La Turquie, pays laïc, qui espère toujours une adhésion à l’Union européenne, constitue un point stratégique à la jonction de l’Europe et de l’Asie.

Afin de bien comprendre la situation sur le terrain, voici le petit dossier que j’ai constitué.

L’émission « C’est dans l’air » de France 5, de ce 5 juin 2013 consacrée à la crise:

Les femmes sont très nombreuses à participer aux manifestations. Elles réclament plus de liberté. Un reportage du 19/45 de M6:

Autres ressources

▶ Pour retrouver toutes les vidéos Youtube sur la Turquie

▶ Les manifestants rêvent d’une nouvelle Turquie. Reportage AFP.
▶ La liste des groupes qui manifestent en Turquie. Le Monde.fr

▶ Les visages de la contestation via Instagram

▶ Les meilleures photos de la contestation via BostonGlobe.

La grippe aviaire: un retour programmé en 2012 ?

Disparue des écrans radars depuis 2004, la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 n’avait pas pour autant été rayée du paysage et pourrait bien faire un retour en 2012. Explications. 

par Alexandre Gagné

Montréal, 30 décembre 2011 (LesNews) — Un homme de 39 ans est mort après avoir été testé positif au virus de la grippe aviaire H5N1 à Shenzhen, une ville chinoise située près de Hong Kong. 
Selon plusieurs médias locaux, l’homme a développé les premiers symptômes de la maladie le 21 décembre dernier et a été admis à l’hôpital le jour de Noël. Il souffrait d’une grave pneumonie, selon le Centre de santé publique de Hong Kong dans un communiqué. D’après les informations disponibles, l’homme, un chauffeur d’autobus, n’avait pas voyagé récemment et n’aurait pas eu de contacts étroits avec des volailles avant sa contamination, ce qui relance l’idée d’une possible infection inter-humaine. Son travail aurait toutefois pu exposer d’autres personnes au virus.
Le gouvernement chinois a pris les choses au sérieux. Très rapidement, les livraisons de poulets ont été suspendues vers Hong Kong, une importante plaque tournante mondiale, après la découverte d’oiseaux infectés. Le niveau d’alerte a été relevé et les autorités tentent de remonter la piste après qu’un poulet infecté. Au moins deux écoles ont aussi été fermées à la suite de la découverte d’oiseaux morts infectés sur leur terrain.
Les scientifiques qui suivent de près H5N1 sont particulièrement inquiets, car des modifications récentes observées dans les gènes du virus laissent penser qu’il serait davantage en mesure de se transmettre par voie aérienne, d’où le risque accrue de contagion. 
Ce n’est pas la première fois que Hong Kong est le point de départ de graves épidémies mondiales. L’endroit avait d’ailleurs été à l’origine d’une première vague de cas de grippe aviaire H5N1 chez les humains en 1997. La maladie avait fait six morts et forcé l’abattage de millions de volailles.
Au cours des dernières années, le virus, qui est connu pour ne pas passer facilement d’humain à humain, a tué plus de 330 personnes autour du monde, avec l’Indonésie comme pays le plus touché. La plupart des infections humaines résultent d’un contact direct avec des oiseaux infectés.
Les scientifiques craignent essentiellement que H5N1 évolue génétiquement vers une forme facilement transmissible entre humains, avec le potentiel de causer des millions de morts, car aucun vaccin n’est disponible pour le moment. 
Autres infections
Zone d’échange mondiale importante en Asie, Hong Kong avait été au centre de l’actualité en 2003 lors de l’épidémie de SRAS, une maladie respiratoire mortelle, qui avait fait 300 personnes dans la ville et 500 autres dans le monde entier, dont 44 au Canada.
Avec des milliers de personnes en transit, chaque jour, à Hong Kong, une éventuelle épidémie pourrait rapidement gagner les cinq continents, d’où l’inquiétude des autorités sanitaires mondiales. Les scientifiques ne veulent donc pas voir se répéter à nouveau le scénario catastrophe de 2003.

(Source: AFP, Reuters, Recombinomics, Pandemic information news)

Mort de Kim Jong-Il: Récit d’une soirée d’actualités sur la toile…

Chronique — par Alexandre Gagné
La soirée s’annonçait calme sur la toile, en ce dimanche soir. Aussi calme que le soir de l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden. Un dimanche aussi. Il était 20h30 quand j’ai aperçu le tweet de l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, passer dans ma « timeline » sur mon écran de surveillance de Tweetdeck.
Le message (ci-contre) était court, mais disait tout. Lorsqu’on est un habitué des dépêches d’agence et surtout quand on connaît le niveau de fermeture du régime nord-coréen, une telle dépêche laissait présager du pire, sachant que le cher leader n’était pas au mieux de forme. Mon premier réflexe, alimenter @LesNews, le fil de nouvelles internationales auquel je collabore depuis 2 ans. 
Il était 20h33 quand j’ai envoyé ma dépêche aux 81 000 abonnés. Dans mon texte, je fais preuve de prudence, j’ai employé le conditionnel, car en matière de propagande, il est déjà arrivé que de telles annonces soient reportées ou annulées. Une fois la dépêche envoyée, j’ai informé, dans tweet publié à 20h34, mes propres abonnés de la situation en évoquant clairement la possibilité d’une annonce relative à la mort du président Kim Jong-Il.
Dans le monde francophone, aucune autre source n’a fait mention de cette information. Du côté anglophone, le fondateur de l’agence BNO News a repris, lui aussi, l’information sur son fil Twitter qui a été relayée également par le compte @BreakingNews. Et puis, ce fut l’attente jusqu’à 22 heures. Pendant 1h30, j’ai scruté le web à la recherche d’informations sur l’état de santé de Kim Jong-Il. Mais rien. Aucun blogue, aucun site ne parlait de problèmes récents. Entre temps, j’ai syntonisé des stations de télévisions asiatiques, en Corée du Sud et au Japon, pour suivre la situation. Des stations de radio étaient aussi en émission spéciale et les agences de presse des pays asiatiques étaient en mode d’alerte.
À 21h59, je me décide et prépare mon texte de dépêche. Pour moi, il ne fait plus de doute, malgré la crainte en écrivant de heurter le bouton « Enter » et de propager une fausse nouvelle.
Sur mon 2e écran d’ordinateur (oui, j’ai un dual screen), deux chaines de télévision (Sky News et NHK) et un renifleur de mots-clés sur Twitter. Je suis prêt. Yonhap aussi était prête. Il y a un peu de retard. À 22h02, à Séoul, une radio confirme la mort de Kim Jong-Il. J’appuie sur « Entrée ». Voilà, le monde est informé. L’agence Yonhap sort sa dépêche dans la seconde.
Aux États-Unis et dans le monde anglophone, @BreakingNews mettra 8 minutes, à 22h10, avant de faire la même chose. Au Québec, la palme revient au fil de Canoë qui a annoncé, à 22h03, la mort de Kim Jong-Il en citant les « réseaux sociaux ». 
Radio-Canada a tweeté la mort du dictateur à 22h06 et TVA Nouvelles a publié l’information à 22h22 sur son compte Twitter. N’ayant pas d’images à se mettre sous la main, TVA a même repris ma propre capture d’écran pour sa page Facebook, image relayée par une ancienne collègue, qui me suivait sur Twitter et Facebook. Et il faudra encore beaucoup de temps (voir ici la démonstration) pour que d’autres sites d’informations en français, notamment en Europe, ne sorte la nouvelle, comme on peut le voir sur cette comparaison.
Puis, sur le fil @LesNews, j’alimente les abonnés avec les détails et des captures d’écran montrant la couverture médiatique de cette annonce. En ondes, les chaînes québécoises ont mis un temps à réagir. LCN a annoncé la mort de Kim Jong-DEUX, ce qui a été suffisant pour se payer la tête de la lectrice qui a commis cette bourde de débutante.
Une fois l’annonce complétée sur @LesNews, je démarre la numérisation de la chaîne japonaise NHK qui présente un reportage biographique sur la mort de Kim Jong-Il. Une vingtaine de minutes, plus tard, la chaîne diffuse la vidéo officielle de la chaîne nord-coréenne. Vidéo fantastique. Elle comporte des sous-titres en anglais. Je numérise le tout, sauvegarde la vidéo et fait le montage le plus rapidement possible, malgré la lenteur de mon PC! À 23h05, je diffuse la vidéo simultanément sur @LesNews et sur mon compte Twitter.
 
Le compte américain @BreakingNews, comptant plus de 3 millions d’abonnés, va diffuser un lien à 23h22. Voyant que ce lien ne compte pas de sous-titres, je leur envoi le mien qui est repris à 00h08.
En l’espace de quelques heures, ma vidéo aura été vue plus de 152 600 fois (relevé à 17h20, ce lundi). À la suite de mes publications, les commentaires ont été nombreux, et je remercie les personnes qui ont pris le temps de m’écrire. 
Le compte @LesNews a aussi été inondés de commentaires positifs, comme celui-ci, capté au hasard.
L’arrivée des réseaux sociaux et notamment de Twitter a changé la façon de faire de l’information et pour le public la façon de s’informer. Les médias traditionnels, et particulièrement au Québec, tardent à développer ce créneau et leur rapidité à transmettre l’information n’est pas toujours au rendez-vous. Il est simplement étonnant que tous ont attendu après 22 heures pour évoquer la situation mystérieuse qui se déroulait en Corée du Nord. 
Au surplus, de l’intérieur, notamment à TVA, on implicitement reconnu n’avoir pas suffisamment anticipé la nouvelle. À RDI, on a déploré qu’un jeune journaliste, en congé, qui me suivait sur Twitter/Facebook n’ai pas informé sa rédaction de la chose. Visiblement, il y a beaucoup à faire pour former les journalistes à l’utilisation de l’information en ligne et savoir chercher sur le Net demeure un art que peu de personnes savent maitriser. Dans les circonstances, je dois lancer en boutade…