Corée du Nord. Trump convoque les sénateurs à un « briefing »

La Maison-Blanche à Washington

La situation tendue entre la Corée du Nord et les États-Unis pourrait prendre un nouveau tournant cette semaine alors que le président américain va rencontrer les sénateurs dans une rare rencontre de sécurité nationale. Explications.

par Alexandre Gagné

Ce mercredi 26 avril l’administration Trump organise un rare « briefing » de sécurité nationale à la Maison-Blanche pour l’ensemble du Sénat sur la crise avec la Corée du Nord.

L’information a été confirmée par des hauts fonctionnaires du Sénat aux agences de presse et aux médias américains, dont CNBC.

Les 100 sénateurs américains ont été invités à la Maison-Blanche pour une séance d’information menée par le secrétaire d’État Rex Tillerson, le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, le directeur des renseignements nationaux, Dan Coats et le général Joseph Dunford.

Selon plusieurs observateurs de la politique américaine, il est inhabituel que l’ensemble des membres du Sénat d’aller à un tel événement à la Maison-Blanche et impliquant, au surplus, les plus hauts responsables de l’administration du pays.

Washington est préoccupée par les tests nucléaires et antimissiles de la Corée du Nord et les menaces d’attaquer les États-Unis ainsi que ses alliés asiatiques.

La rencontre de mercredi doit avoir lieu à 15 heures, heure de Washington (21 heures à Paris).

L’agence Reuters affirme que la Maison-Blanche travaillerait actuellement à organiser une rencontre similaire pour les 435 membres de la Chambre des représentants.

Pour l’heure aucune autre information sur le contenu de la rencontre n’a été communiquée.

Cette rencontre pourrait viser à mettre de la pression sur la Corée du Nord pour montrer que les États-Unis se mobilisent et préparent, peut-être, une intervention.

Le président Trump a déjà affirmé vouloir en découdre avec Kim Jong-Un.

Les États-Unis larguent une bombe de 10 tonnes en Afghanistan

La bombe testée en 2003

Pour la première fois, les États-Unis ont eu recours à une bombe de forte puissance dans leur lutte contre le groupe armé État islamique dans l’est de l’Afghanistan. Explications.

par Alexandre Gagné 

Surnommée la « mère de toutes les bombes », la GBU-43/B est une bombe de destruction massive par souffle. L’engin de 10 tonnes est guidé par GPS et par un gyroscope. Avec un tel poids, seuls des avions de transport, des Hercules C-130 notamment, sont en mesure de la larguer.

Via Google Maps

Cette bombe a été testée pour la première fois en 2003 par l’armée américaine qui en possède 16 autres exemplaires.

Aujourd’hui, l’armée américaine a indiqué que sa Massive Ordnance Air Blast Bomb a été larguée à 7 heures, heure locale en Afghanistan, et qu’elle visait des tunnels et des membres de l’État islamique dans le district d’Achin.

L’armée tente actuellement d’évaluer les dégâts sur le terrain.

En 2007, la Russie avait annoncé avoir, de son côté, testé une bombe jusqu’à 4 fois plus puissante que celle des États-Unis.

– avec agences et presse américaine

Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Alors que les États-Unis durcissent le ton face à la Corée du Nord, le régime de Pyongyang promet déjà de réagir « à n’importe quel mode de guerre voulue par Washington ». Plus que jamais, une opération militaire américaine apparaît probable dans le nord de la péninsule coréenne. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Dimanche 9 avril. Dans une dépêche de l’Agence France-Presse, un proche conseiller du président Trump affirme que le nouvel occupant de la Maison-Blanche veut « étudier toutes les options pour lever la menace ».

Les options, Donald Trump les connait déjà depuis quelques jours. Un document lui a d’ailleurs été présenté par son Cabinet de sécurité nationale avant la visite du président chinois jeudi dernier. Selon NBC News, les États-Unis envisageraient de placer des missiles en Corée du Sud capables de porter une charge nucléaire, dans le but de dissuader Kim Jong-Un.

Si cette stratégie est utilisée, les missiles pourraient être positionnés sur la base aérienne d’Osan, au sud de Séoul. Comme autre plan, Washington envisagerait tout simplement d’éliminer le dirigeant nord-coréen, mais ce plan pourrait se révéler difficile à mener en raison de l’impressionnant réseau de souterrains et de bunker sous la capitale nord-coréenne, selon le Mirror de Londres.

Mais un ancien commandant de l’OTAN croit plutôt qu’une opération d’infiltration dans le pays, menée par des troupes spéciales américaines et sud-coréennes, seraient plus appropriées. Supervisée par la CIA, l’opération viserait à saboter ou faire exploser des infrastructures clés du pays, comme des ponts, pour bloquer tout mouvement de missiles mobiles.

Un porte-avions dans la région

Le porte-avions Carl Vinson

Dimanche, Washington a annoncé l’envoi du porte-avion USS Carl Vinson et de sa flotte au large de la péninsule coréenne. Une annonce aux allures d’opération médiatique car le groupe naval était déjà dans le secteur depuis le mois de janvier pour des manoeuvres de routine. En cas de besoin, par contre, les États-Unis pourraient dépêcher sur place le porte-avions Theodore Roosevelt qui se trouve à la base militaire de San Diego.

++ En savoir plus: Le porte-avions USS Carl Vinson

Après sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jingping, le président Trump a déclaré que les États-Unis étaient en mesure « d’agir seuls » pour faire face à la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Que fait la Chine ?

En soirée, ce lundi 10 avril, des informations ont commencé à circuler en provenance de la Corée du Sud. Selon le site d’actualités Chosun.com, la Chine aurait commencé à masser quelque 150 000 militaires près de la frontière nord-coréenne. La Chine avait exactement fait la même chose en 2003 pour parer à tout afflux de réfugiés alors qu’une importante famine frappait le pays.

Une vidéo aurait circulé dans la journée montrant les manoeuvres, mais une intervention du gouvernement chinois aurait fait disparaitre la vidéo, selon certains blogues qui suivent la situation de près.

Pour l’heure, la Chine s’est montrée bien peu bavarde et il est fort à parier que Pékin ne va pas s’impliquer dans une éventuellement intervention américaine en raison des liens étroits qu’entretiennent Pyongyang et Pékin.

En Corée du Sud, cette escalade de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord se retrouve à la Une des journaux de ce mardi 11 avril. La population, bien qu’inquiète, semble prête à accepter la présence de missiles américains, voire de missiles nucléaires, sur son territoire si cela peut permettre de calmer les ardeurs du voisin nord-coréen.

À voir la rapidité avec laquelle le président Trump a agi en Syrie, il faudra suivre de très près la situation car une action militaire contre la Corée du Nord n’est pas exclue. Elle semble même de plus en plus probable.

Alerte aux bactéries multirésistantes

Entérobactéries
**Mise à jour en fin d’article**

Une augmentation des cas de bactéries résistantes aux antibiotiques force la direction de la santé publique à émettre un nouvel appel à la vigilance dans les hôpitaux de la province. 

par Alexandre Gagné

Source: DSP

Dans un mémo interne destiné au personnel médical, la Direction de la santé publique (DSP) lance une mise en garde concernant une recrudescence de cas d‘entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC) dans les hôpitaux montréalais.

Du 1er avril au 27 juin, 28 cas ont été rapportés contre seulement 10 l’an dernier. Une augmentation suffisante pour inquiéter les autorités de la santé, car 23 des 28 cas impliquent un type de bactérie responsable de sévères pneumonies. Dans le mémo, la DSP ne précise toutefois pas s’il y a eu des décès parmi les cas recensés.

Quelles sont ces bactéries ?
Les entérobactéries en cause sont connues depuis longtemps et provoquent fréquemment des infections dans les établissement de santé. Elles sont dans la famille des bactéries coliformes.

On les appelle entérobactéries productrices de carbapénèmases, car ces bactéries ont développé la capacité de résister aux carbapénèmes, des antibiotiques obtenus à partir de la streptomycine, ce puissant antibiotique découvert en 1943 qui a permis de lutter contre la tuberculose et la peste.

Les carbapénèmes sont des antibiotiques à large spectre antibactérien, ce qui a fait en sorte qu’ils sont très utilisés pour combattre diverses infections. Ces carbapénèmes constituent aussi le dernier antibiotique efficace capable de traiter les bactéries multirésistantes.

Quand cela ne fonctionne plus ou pas, les spécialistes doivent alors utiliser des antibiotiques plus vieux, souvent moins efficaces et avec plus d’effets secondaires. L’un de ceux là est la colistine, un antibiotique découvert au Japon en 1950 qui présente des risques très élevés d’entrainer une insuffisance rénale et des troubles neuropsychiques.

Les infections causées par des EPC sont à prendre très au sérieux car la mortalité peut dépasser les 50%, selon une étude réalisée sur le sujet en 2012. Au surplus, avec le temps, les entérobactéries se sont transformées et dans certaines régions du monde des variantes agressives sont apparues, notamment en Inde.

Actuellement dans le monde, la Grèce et l’Italie connaissent des problèmes constants avec les EPC. On parle même de situation endémique dans ces pays. Des augmentations sont aussi signalées aux États-Unis, en Angleterre et ailleurs en Europe.

Dans son appel à la vigilance, la DSP demande donc au personnel médical de rehausser son niveau de surveillance et d’appliquer une série de mesures pour dépister les cas, les isoler et appliquer le traitement nécessaire.

 ***Mise à jour du 12 août 2016***
Dans un nouveau communiqué diffusé aujourd’hui, la Direction régionale de santé publique (DRSP) indique que le nombre de cas observés d’entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC) dans les hôpitaux montréalais est toujours en hausse.

Depuis le 27 juin, 33 nouveaux cas ont été rapportés pour un total de 61 cas signalés depuis le premier avril dernier. La DRSP juge cette augmentation très «préoccupante» d’autant que dans 65% des cas «l’acquisition est d’origine nosocomiale».

Les autorités ont renouvelé leur appel à la vigilance afin de mieux suivre les patients malades et éviter la propagation de l’infection.

Nouvelle alerte mondiale sur le climat

La Banque mondiale (BM) et des chercheurs britanniques ont lancé, ce mercredi, une nouvelle mise en garde sérieuse contre une hausse possible de 2°C de la température du globe qui pourrait être mesurée dans un peu moins de 30 ans, dès 2040.

État de situation par Alexandre Gagné

Le temps est compté. La menace est plus que probable. Ce qui était, il n’y a pas si longtemps, un scénario du pire se dessine de plus en plus comme la trame de fond d’un avenir pas si lointain.

Les prévisions émises par la BM sont basées sur un réchauffement planétaire de 2°C par rapport aux niveaux d’avant la révolution industrielle. Or, aujourd’hui, la planète est déjà à +0,8°C, tout près du seuil du premier degré d’augmentation. Et rien n’indique, à ce stade-ci que la tendance actuelle pourra être renversée.

À ce niveau, «pénuries alimentaires, inondations, vagues de chaleur sans précédent et ouragans plus violents sont à prévoir», au risque de ralentir, voire d’anéantir les efforts de lutte contre la pauvreté dans le monde, clame la BM.


Crise en Afrique et en Asie

Premier continent touché: l’Afrique. «Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et d’autres cultures importantes et ainsi menacer la sécurité alimentaire des pays pauvres», prévient la BM.

Dans un tel contexte, l’institution s’attend à un recul de 10% de la production agricole en Afrique d’ici l’an 2050. Mais il y a pire, dans la décennie 2030, 40% des terres dédiées à la culture du maïs seraient déjà «inutilisables» faisant ainsi grimper la part des populations en état de malnutrition de 25% à 90% dans certains états africains.

Une telle crise aurait des répercussions majeures, au nord de l’hémisphère, sur la production agricole qui subi déjà de fortes pressions, notamment par l’utilisation accrue des organismes génétiquement modifiés (OGM) et d’insecticides/herbicides toujours plus puissants.

L’Asie ne serait pas non plus épargnée par la crise. Des inondations importantes comme celles ayant frappée le Pakistan en 2010 pourraient devenir «monnaie courante» dit la BM. Des vagues de chaleur et des sécheresses pourraient frapper plus fréquemment l’Inde qui deviendra au milieu du siècle le pays le plus peuplé du globe devant la Chine. En Asie du Sud-Est, la Banque mondiale dit craindre une augmentation des typhons et cyclones et évoque même l’inondation d’une grande partie de Bangkok, en Thaïlande, dans les années 2030.

L’organisation émet de sérieux doutes sur la capacité des pays à mettre un frein aux émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Les négociations sur le climat amorcées en 1995 sont actuellement au point mort et ne reprendront pas avant 2015, lors d’une conférence prévue à Paris. En cas d’échec ou de retard, la BM table sur une augmentation de 4°C de la température d’ici 2080, ce qui aurait des conséquences catastrophiques aux quatre coins du globe.


Fonte du pergélisol

Un des premiers signes de réalisation du scénario sera visiblement la fonte du pergélisol en Arctique qui «pourrait commencer à dégeler d’ici 10 à 30 ans», ont révélé des chercheurs britanniques, ce mercredi. Les scientifiques du Département des sciences de la terre de l’Université d’Oxford, en Grande-Bretagne, affirment qu’une telle fonte va libérer des gaz à effet de serre et ainsi aggraver le réchauffement climatique.

Selon ces spécialistes, la fonte devrait débuter à partir d’une hausse globale de +1,5°C de la température mondiale. Pour eux aussi, le monde devra se préparer au pire, car «les actions prises jusqu’à présent place la Terre sur une trajectoire de +3°C à +5°C».


La ville de Londres menacée

Les graves inondations que connaissent actuellement l’Europe du Nord et le sud-ouest de la France font dire à plusieurs observateurs que le processus de réchauffement climatique est déjà bien en marche. Autre preuve, en Inde, où la mousson est arrivée cette année avec deux semaines d’avance. Du jamais vue. Et les précipitations sont déjà trois fois supérieur à la normale en cette période de l’année.

Source: Le Monde.fr

Même à Londres, les autorités sont inquiètes devant la montée des eaux en provenance de l’embouchure de la Tamise. Pour juguler le niveau d’eau du fleuve, un système d’écluse a été mis en place en 1982.

L’ouvrage a été utilisé 125 fois depuis son ouverture, soit en moyenne 4 fois par année. Or, depuis le début de 2013, le système a déjà été actionné à cinq reprises. Ce système pourrait donc bientôt ne pas suffire en cas de pluies diluviennes et provoquer l’inondation de Londres.


Quelques vidéos de la situation dans le monde

Inondations à Lourdes
Inondations en Haute-Garonne

Inondations en Inde 

Sources: AP, AFP, Le Monde, Youtube