Le «dépeceur» de Montréal va se marier en prison

Luka Rocco Magnotta, ce meurtrier qui a défrayé la manchette en 2012 pour le meurtre d’un étudiant chinois à Montréal au Canada, va se marier civilement en prison, annonce le réseau TVA.

par Alexandre Gagné

La nouvelle a été publiée par la chaîne privée d’informations en fin d’après-midi, ce 20 juin. TVA a mis la main sur l’avis public qui annonce le mariage civil, le 26 juin, tel que le prévoit la loi.

Magnotta, qui aura 35 ans le 24 juillet, va unir sa destinée à celle d’un codétenu, Anthony Jolin, 36 ans, originaire de Saint-John au Nouveau-Brunswick.

Luka Rocco Magnotta, surnommé par la presse internationale, le « dépeceur de Montréal » avait été arrêté le 4 juin 2012 en Allemagne.  Il avait auparavant tué et démembré l’étudiant chinois Lin Jun avant de prendre la fuite en Europe.

Magnotta avait filmé et diffusé sur le web les images de son crime. Au terme d’un long procès, il a été condamné le 23 décembre 2014 à 25 ans d’emprisonnement pour outrage à un cadavre, production et distribution de matériel obscène, utilisation illégale de la poste, harcèlement envers le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, et des membres du Parlement fédéral.

Magnotta sera admissible à une libération en 2039. Il aura alors 57 ans.

Quant à son partenaire, TVA n’en dit pas plus.

Par contre, une recherche a permis d’apprendre que Jolin est cet homme qui a été arrêté en 2004 pour le meurtre d’un codétenu, Kevin Whynder, 30 ans. Jolin et Whynder se trouvaient alors incarcérés à la prison fédérale de Renous en Nouvelle-Écosse

Un autre homme, Jonathan Hache, a aussi été arrêté et condamné pour le même crime.

Whyder, originaire de Kentville en Nouvelle-Écosse, purgeait une peine pour meurtre lorsqu’il a été poignardé à plusieurs reprises par Jolin et Hache.

À la suite de sa condamnation, Jolin a été envoyé à Port-Cartier, une prison à sécurité maximale, pour purger sa peine. C’est là qu’il a fait la connaissance de Magnotta.

«L’affaire Magnotta» avait donné lieu à plusieurs documentaires et reportages à travers le monde.

Via réseau TVA

Analyse. Amazon signe la fin du marché «traditionnel»

Le géant américain du commerce en ligne, Amazon, vient de porter un coup dur au secteur de l’alimentation. L’acquisition de la chaîne Whole Foods par l’entreprise de Seattle sonne le glas du traditionnel marché d’alimentation. Analyse.

par Alexandre Gagné

Image: Amazon

C’était une question de temps. C’est maintenant chose faite. Amazon a pris (presque) tout le monde par surprise ce vendredi 16 juin en annonçant l’acquisition de ce géant du bio pour la rondelette somme de 13,7 milliards de dollars.

Cette transaction constitue déjà, même si elle reste à être confirmée par les autorités réglementaires, une bombe pour certain ou encore un « big bang» pour d’autres. C’est que le service de commerce en ligne, possédant essentiellement qu’un système d’entrepôts, va désormais posséder des magasins physiques bien établis pour étendre ses tentacules.

En tout, Whole Foods exploite 465 magasins aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ici au Canada où il existe 11 succursales.

Dès l’annonce de la transaction, la réaction des investisseurs s’est répercutée dans les bourses à travers le monde où les titres des entreprises du secteur de l’alimentation (Walmart, Costco, Carrefour, Casino, etc.) ont pratiquement tous enregistré des reculs, certains plus importants que d’autres.

Pour le consommateur, la nouvelle a de quoi nous réjouir. Elle risque de créer davantage de concurrence et une pression à la baisse sur les prix. D’ailleurs, les fournisseurs d’aliments de ce monde ont aussi subi des pertes en bourse aujourd’hui.

Image: Amazon

Ce que ça change pour Amazon

Pour le géant basé à Seattle, cette acquisition lui permettra sans aucun doute d’élargir sa gamme de produits vendus par internet et surtout de donner un nouvel élan à son service « Amazon Fresh » initié en 2008, mais qui a véritablement pris son envol qu’en 2013. Amazon Fresh est un service de proximité permettant la livraison de produit alimentaire dans quelques villes américaines ainsi qu’à Londres et bientôt à Tokyo au Japon ainsi qu’à Berlin et Potsdam en Allemagne.

En plus, Amazon teste depuis quelques mois la vente de produits dans un commerce physique sans caisse enregistreuse. Le projet « Amazon Go », s’il prend de l’ampleur, pourrait de son côté faire mal aux petits commerces de quartier, comme les dépanneurs au Québec.

L’impact sur l’épicerie traditionnelle

Pour les chaînes d’alimentation, la transaction est un coup dur à encaisser. Ce secteur a peu évolué au cours des dernières décennies et cette annonce vient accentuer la pression car les marges de profit dans l’industrie y sont très minces. Déjà aux prises avec une augmentation des coûts d’opération, les supermarchés ont réduit le personnel, installé des caisses automatisées et réduit la variété des produits offerts. Chez les fournisseurs de produits alimentaires, on a coupé dans les quantités proposées. Par exemple, un bloc de fromage d’une marque populaire se détaillant à 3,99$ n’est plus de 300 grammes, mais désormais de 270 grammes.

Les chaînes ont introduit il y a plusieurs années déjà des cartes de fidélisation et des systèmes de coupons rabais pour conserver leur clientèle, mais la situation demeure précaire pour plusieurs établissements qui peinent à se renouveler. L’arrivée d’un nouveau joueur dans le secteur fait peur et risque de forcer des regroupements, voire des fusions à moyen terme.

L’arrivée d’Amazon est en soit une bonne nouvelle et donnera un électrochoc à ce secteur d’activité.

Éditorial. Compressions scandaleuses à la BAnQ

 

Le site de la BAnQ

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) annonce une vaste réorganisation et des compressions qui se traduiront par des pertes d’emplois et une réduction de ses activités. Une décision inacceptable. Éditorial.

par Alexandre Gagné
C’est une annonce qui tombe, j’ose croire par hasard, le jour d’une éclipse médiatique. Le discours de Barack Obama vient occulter la décision de la BAnQ de procéder à une « réduction de sa masse salariale et à une révision de ses unités administratives ». Un geste, nous apprend Le Devoir, qui survient dans la foulée du dernier budget provincial.
Conséquence immédiate: 29 postes permanents sont supprimés avec une «optimisation », dit-on, de l’organigramme de direction, mais il y a pire. La BAnQ met fin, avant terme, au contrat de 11 employés occasionnels affectés aux activités de numérisation. S’il y a bien un secteur important actuellement au sein de l’institution qui ne mérite pas de subir pareil traitement, c’est bien celui-ci.
En 2008, bien avant plusieurs institutions publiques dans le monde, le géant de l’internet Google avait débuté la numérisation d’archives de journaux du monde entier dans son service News Archive. C’était alors une avancée fantastique pour des milliers de chercheurs en histoire, généalogistes et autres intervenants de la culture. Mais en 2011, la firme américaine a mis fin à son opération après avoir « scanné » 3,5 millions d’éditions de plus de 2000 journaux, dont plusieurs au Québec, dont une toute petite partie du journal Le Devoir. Cause de l’arrêt: une mésentente entre Google et les journaux sur les redevances et les droits d’auteurs.
Après cet épisode, plusieurs institutions publiques dans le monde ont lancé leur propre numérisation de journaux. La Bibliothèque du Congrès aux États-Unis, la France avec le projet Gallica et même la Suisse avec sa presse en ligne.

Le Québec n’était pas en reste. Il faut dire que la numérisation avait débuté timidement dès 2003, mais elle s’est effectuée à pas de tortue. À peine une quinzaine de journaux du passé avaient été numérisés sans compter d’autres ressources, photos, cartes et cartes postales anciennes.

En septembre 2014, l’adoption du Plan culturel numérique du Québec a permis à la BAnQ de toucher 5,2 millions à être dépensés sur 2 ans pour accroitre la cadence de la numérisation avec l’achat de nouveaux équipements.

Après cette annonce, j’avais écrit à la BAnQ pour savoir quand les archives de La Presse et du Devoir seraient mises en ligne. Pour Le Devoir, on m’avait répondu fin 2016. Or, il a fallu attendre au printemps 2017 pour voir enfin le journal disponible. La Presse a suivi, mais il manque encore de nombreuses années.
Plusieurs journaux régionaux importants se font aussi attendre encore.

Un gros budget…

Comment la BAnQ a utilisé son budget de 5,2 millions. Qu’en est-il ? Pourquoi annoncer une réduction de la numérisation à ce stade-ci ?
L’annonce a de quoi surprendre, mais surtout a de quoi choquer. Pour les nombreux chercheurs au Québec, la numérisation des archives est un besoin essentiel pour faire avancer la connaissance. L’accès à distance aux journaux anciens permet d’accélérer l’étude du passé, permet de réduire les déplacements partout au Québec et n’implique pas, pour la BAnQ, de maintenir du personnel en place pour donner accès aux vieux rouleaux de microfilms.
En entreprenant la numérisation de ses archives et des journaux québécois, la BAnQ a donné accès aux Québécois à une partie importante de leur histoire et a fait oeuvre de diffusion de la culture. C’est son mandat premier. La décision d’aujourd’hui, si elle se confirme bien, va complètement dans le sens contraire.
Le 24 mai dernier, la BanQ et l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) annonçaient un partenariat pour permettre justement à la BAnQ de numériser et diffuser des publications de l’organisme s’échelonnant sur 85 ans. Ce projet est-il compromis ?
Les nouvelles d’aujourd’hui ne rassurent pas alors que depuis trop longtemps le Québec et le Canada sont à la traîne en matière de numérisation. Les archives en ligne de Radio-Canada sont bien minces par rapport à celle de l’INA en France et on attend toujours une présence de Télé-Québec à ce chapitre.
Malgré des propos plein de bonne volonté exprimés par la directrice de la collection nationale, la BAnQ doit préciser sans tarder son plan quant à la numérisation des archives et fournir un calendrier. De son côté, le gouvernement Couillard doit expliquer pourquoi ces compressions surviennent alors que Québec investit dans le numérique et l’intelligence artificielle sans compter ce qu’il advient du 5,2 millions déjà annoncé.
Le Québec doit pouvoir compter sur des archives accessibles et variées. Il en va du mandat même de la BAnQ et de sa responsabilité comme institution publique.

États-Unis. Affrontements entre pro et anti-Trump à Portland

Une manifestation a dégénéré, ce dimanche, dans le centre de Portland, en Oregon aux États-Unis, alors que des pro et des anti-Trump se sont invectivés dans la foulée

Des objets saisis par
 @PortlandPolice

du meurtre, la semaine dernière, de deux passagers d’un train de banlieue qui tentaient d’aider deux adolescentes, l’une noire et l’autre voilée, prises à partie par un individu. 

par Alexandre Gagné

Quelques centaines de sympathisants pro-Trump scandant « USA, USA » se sont regroupés vers une place proche de l’hôtel de ville, où les attendaient un nombre plus important de militants antifascistes qui les ont accueilli aux cris de « Nazis, go home ».

Sans tarder, des policiers anti-émeute casqués se sont déployés entre les deux groupes pour empêcher la situation de dégénérer. La police a annoncé avoir procédé à 14 arrestations et a diffusé sur Twitter des photos d’armes saisies sur des manifestants, dont un couteau de chasse, des poings américains et des gourdins.

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Un peu plus tard, d’autres objets ont été saisis.

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En fin de journée, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour riposter aux jets de pierre de manifestants qui refusaient de se disperser.

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Le maire de Portland, Ted Wheeler, avait demandé sans succès aux autorités fédérales d’interdire la manifestation pro-Trump pour éviter d’aggraver les tensions dans sa ville. 

Donald Trump a condamné ces assassinats qu’il a qualifié « d’inacceptables » et salué la mémoire des victimes qui ont, selon lui, « tenu tête à la haine et à l’intolérance » mais ses partisans s’étaient donnés rendez-vous dimanche à Portland pour défendre la « liberté de parole ». 

Sources: Reuters, Police de Portland, @BMacTV

Images spectaculaires d’une tornade au Canada

Une tornade a touché le sol, ce vendredi, en Alberta dans l’ouest du Canada. La tornade a été repérée près de la municipalité de Three Hills, au nord de Calgary.

Selon les premières informations, la tornade aurait causé quelques dommages à des bâtiments. On ne connaît pas encore l’étendue des dégâts.

Des citoyens de l’endroit ont capté des images impressionnantes de la tornade.

#abstorm three hills pic.twitter.com/nmmYzjgLox

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En direct du #RAQ – La réalité augmentée à Québec

Photo: A. Gagné

La Semaine numérique de Québec se termine aujourd’hui par la tenue de la Première conférence en réalité augmentée. Le #RAQ à Québec, c’est plus de 200 participants qui profitent d’une journée d’échange sur cette technologie en développement. 

++Voici l’événement en direct. Mises à jour fréquentes durant la journée.

par Alexandre Gagné

Photo: A. Gagné

8h00 – Arrivée des participants. Les organisateurs, Éric Harvey et Denis Boulanger du Centre en imagerie numérique et médias interactifs (CMMI), me disent que plus de 200 personnes sont inscrites à l’événement.

Plusieurs firmes et entreprises spécialisées dans le domaine du numérique et de la réalité augmentée ont installée un kiosque pour présenter leur technologie et quelques projets.

8h15 – Je découvre le kiosque de la firme « Réalisations inc. » installée rue Saint-Urbain à Montréal. C’est cette firme qui travaille avec Moment Factory à l’éclairage du pont Jacques-Cartier. « Réalisations inc. » s’occupe de la récolte des données et du traitement des informations pour moduler l’éclairage du pont en fonction de la météo, du trafic ou d’autres événements.

Photo: A. Gagné

À son kiosque, l’entreprise présente une table sur laquelle se trouve un grand tableau tactile virtuel où il est possible de cliquer pour sélectionner des contenus qui sont projetés sur un écran (image ci-contre). L’entreprise développe des contenus pour différents clients à travers le monde.

Pour Desjardins à Lévis, ils ont conçu une table interactif sur le mouvement Desjardins.

Pour créer son interactivité, « Réalisations inc. » utilise de gros projecteurs ainsi qu’un appareil de détection de mouvements. Le vice-président, Daniel Labonté, explique qu’il est aussi possible de rendre n’importe quelle surface interactive, voire le plancher sous nos pieds.

Les possibilités d’un tel outil sont immenses pour rendre ludique des apprentissages et plus accessible de l’information.

Photo: A. Gagné

8h30 – Je m’arrête à un kiosque où je remarque des images de mon coin de pays. Sur un petit moniteur, le sous-marin Onondaga qui est exposé au Musée de la mer de Pointe-au-Père, à Rimouski.

L’ingénieur Jérémie Kaltenmark, du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique, m’explique qu’ils ont filmé le sous-marin afin de créer une expérience augmentée pour les visiteurs. Ces derniers après la visite de l’intérieur peuvent poursuivre leur exploration du sous-marin à l’aide de leur appareil mobile.

Une couche d’information vient se superposer à l’image pour enrichir la visite. Un produit à essayer lors de votre prochaine sortie dans le Bas-Saint-Laurent.

8h45 – Il y a un peu de retard. La conférence d’ouverture va débuter plus tard.

9h00 – La conférence débute par une vidéo souvenir… «Au-delà du réel» c’est le thème, mais c’est aussi une ancienne série télévisée…

9h15 – La première conférence débute. Awane Jones est le président de Zone 3 Virtual reality (VR) et fondateur de Merchlar une nouvelle compagnie montréalaise spécialisée dans la réalité augmentée. Jones explique s’être heurté à des portes closes quand il a démarré sa compagnie et qu’il a souhaité obtenir un appui financier. Après un premier projet et l’amélioration de son plan d’affaires, il a réussi à se faire connaître et avoir enfin la reconnaissance recherchée.

Photo: A. Gagné

++ À voir: Les projets de Merchlar

Jones affirme que 9 compagnies sur 10 ne sont pas prêtes à faire face à la révolution techno qui est en cours. Au plan marketing, il explique que les stratégies pour rejoindre les jeunes ne sont clairement plus les mêmes que pour atteindre les baby-boomers.

À retenir pour les jeunes entrepreneurs dit Awane Jones: « plus votre produit est spécialisé, plus vous devrez l’exporter ». Il estime que les entreprises peuvent compter sur de nombreux cerveaux qui sortent à chaque fin de session des cinq universités québécoises.

9h50 – Denis Boulanger et Éric Harvey du Centre d’imagerie numérique et médias interactifs (CMMI) font le point sur les recherches en cours.

Denis Boulanger explique que la réalité augmentée ne date pas d’hier. Un exemple, la fameuse ligne jaune au football qui permet de suivre le porteur de ballon lors de la télédiffusion des matchs. M. Boulanger fait un bref historique et explique ce qu’est la réalité augmentée.

Photo: A. Gagné

De son côté, Éric Harvey expose les différentes technologies utilisées et notamment les lunettes HoloLens de Microsoft qui présentent, selon lui, un fort potentiel. Il parle de quelques projets menés, comme le développement d’une modélisation de l’épave de l’Empress of Ireland qui a coulé au large de Sainte-Luce le 29 mai 1914 faisant 1012 victimes.

Il montre aussi une application que les sommeliers vont aimer. Il s’agit d’appliquer une couche d’information sur les bouteilles de vin ou dans la cave à vin. Ainsi, il devient possible d’avoir un détail complet du contenu d’une bouteille et des propriétés du vin.

Le CMMI travaille aussi avec CAE Santé sur le projet de simulateur diagnostique, un outil de  formation en soins de santé où les étudiants apprennent à ausculter un malade avec une paire de HoloLens.

Les villes augmentées

Photo: A. Gagné

10h15 – La conférence de Sylvie Daniel de l’Université Laval qui vient faire le point l’usage de la réalité augmentée en extérieur et notamment dans un cadre urbain.

D’emblée, Mme Daniel explique qu’on retrouve beaucoup de projets en réalité augmentée dans le cadre de projets de reconstitution historique. «Voir les villes dans la passé en déambulant dans une ville», explique-t-elle. Un bel exemple de ce concept, c’est Montréal en Histoires qui a utilisé l’environnement urbain pour son projet.

Sylvie Daniel lance un message aux autorités municipales. Il faut, dit-elle, prévoir désormais construire des infrastructures urbaines qui intègrent les éléments permettant la réalité augmentée car, ajoute-t-elle, cela représente un fort potentiel économique. « Mais nous en sommes pas encore là », regrette-t-elle.

Photo: A. Gagné

Exemples du bénéfice de la réalité en zone urbain. Dans le domaine de la construction, il est possible d’utiliser la réalité augmentée pour visualiser l’impact qu’aura un bâtiment dans l’environnement urbain avant même que le projet soit complété. Pour des entrepreneurs ou des villes, la réalité augmentée permet de visualiser les infrastructures souterraines avant d’excaver ici ou là, grâce aux données et marqueurs de géolocalisation disponibles. On pourrait utiliser cette technologie pour visualiser le passage d’une ligne de métro, projet qui a d’ailleurs été réalisé en Europe.

Photo: A. Gagné

Sylvie Daniel donne aussi d’autres exemples d’utilisation en extérieur, comme avec le jeu La compagnie australienne Maptek utilise la réalité augmentée pour offrir des solutions à des entreprises minières. Il y a aussi le projet de la firme Miralupa où une modélisation 3D d’un lieu a permis la reconstitution historique de bâtiments.
Ingress, précurseur de Pokemon Go où géolocalisation est très présente.

10h45 – La pause est bienvenue!

11h00 – C’est autour de Mathieu Benoit d’Arcane Technologies de venir partager son expérience dans un domaine où il faut savoir dépasser le stade du « hype » pour que les technologies soient adoptées par la masse.

Après 10 ans de développement, M. Benoit pose la question: «la réalité augmentée, c’est parti, y’a-t-il un marché ? Une vague ? ». Oui, dit-il, parce qu’on voit que des géants, comme Google et Microsoft s’y intéressent.

Photo: A. Gagné

La réalité augmentée, selon lui, intéresse le grand public. Il cite l’utilisation de Google Translate qui permet facilement du traduire des affichages et du texte à partir de son appareil photo. Il donne aussi l’exemple de Snapchat où les jeunes aiment bien se mettre en scène avec des calques variés.

À Québec, Arcane a travaillé avec le Musée de la civilisation pour développer un périple au coeur de la colonie à l’époque de la Nouvelle-France.

Mathieu Benoit voit beaucoup de possibilités dans le domaine des entreprises industrielles où la réalité augmentée permet aux employés de se former à de nouveaux outils, appareils ou façons de faire.

Un participant à la conférence a question le fait que de nombreuses entreprises sont relativement méfiantes envers des solutions de réalité augmentée que des firmes leur présentent. On craint d’investir et les outils sont trop souvent associés au jeu.

Des produits pour l’éducation ?

Photo: A. Gagné

11h32 – Harold Dumur, président de la firme d’OVA estime qu’après l’ère du PC, du web et du mobile, c’est maintenant le temps du « VR ».

Pour les développeurs, ce qu’il faut mettre en place, estime M. Dumur, c’est un produit « full interaction» et « zéro instruction ».

M. Dumur dit revenir d’une conférence sur la réalité virtuelle de Shenzhen en Chine. Selon ce qu’il a observé, les secteurs de l’éducation et du divertissement seront les domaines où la réalité virtuelle va progresser considérablement en Chine à l’horizon 2020, notamment grâce à des partenariats public-privé. Il estime que le marché chinois est de loin le plus intéressant actuellement…et ne voit, malheureusement, pas encore le Québec comme un marché d’avenir.

Exemple d’une salle de classe en Chine

En éducation, M. Dumur donne l’exemple d’un cours de chimie où l’enseignant, au centre de la classe,   est entouré des élèves portant leur casque de réalité virtuelle pour mener des expériences et réaliser différents apprentissages.

Photo: A. Gagné

12h00 – Autour des représentants de Frima Studio, Luc Beaulieu et Jean-Philippe Doiron, de venir présenter leur vision de la réalité augmentée dans le secteur du divertissement.

Dans le passé, les jeunes utilisaient des objets physiques pour s’inventer des histoires, des mondes. Aujourd’hui, avec les appareils intelligents, il est possible de partir des mondes virtuels pour manipuler ensuite des objets physiques. Les conférenciers donnent l’exemple des nouveaux jouets de Disney ou d’autres firmes, les « smart toys » qui sont reliés par des puces RFID avec des applications. Une manipulation, un déplacement du jouet permet, dans l’application, de débloquer des niveaux de jeu.

On présente ensuite les produits d’avenir, comme le VRcade, un casque léger qui permet de vivre de nombreuses aventures. Selon eux, le développement de jeux dans des environnements d’ « hyper reality » créant une immersion totale constituent une voie d’avenir fort prometteuse. Exemple: les produits développés par la firme The Void.

Avec des lunettes virtuelles, un enfant pourrait se livrer à différents jeux dans le salon familial. Avec une application sur sa tablette numérique, un parent pourrait suivre son enfant et voir l’action en temps réel, « une belle façon de rendre le jeu plus social », croit Jean-Philippe Doiron de Frima Studio.

Démo d’un jeu en hyper reality

12h45 – C’est l’heure du lunch.

14h00 – Comment augmenter sa productivité grâce à la réalité augmentée et à la réalité virtuelle. C’est le propos de Bertrand Nepveu de Vrvana.

Photo: A. Gagné

L’entreprise montréalaise qu’il dirige depuis 10 ans compte aujourd’hui 18 employés, mais ce n’est que depuis deux ans que Vrnava s’intéresse à la réalité augmentée notamment avec son casque Totem. Il estime que cette technologie va changer le monde.

Pourquoi ? Parce qu’elle facilite la formation, notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière qu’il donne en exemple. La réalité augmentée permet, dit-il, d’inclure des instructions pendant que le travailleur ou technicien est au travail.

Dans le domaine militaire, son entreprise a visité un sous-traitant de l’armée américaine en Floride.  Pour former les agents spéciaux, la réalité augmentée portable (l’équipement est dans un sac à dos) permettrait d’aller la tâche de former des dizaines de personne. Les caméras que portent les agents ajoutent une couche d’informations sur l’ennemi ou son environnement.

Un autre secteur en développement, selon M. Nepveu, c’est celui des simulateurs et notamment dans le domaine aérien.

Protéger ses droits d’auteur…de code!

14h25 – Avec l’arrivée de la réalité augmentée et virtuelle, la question de la propriété intellectuelle se pose de plus en plus. C’est le propos de Vincent Bergeron du cabinet Robic de Québec.

Photo: A. Gagné

D’emblée, M. Bergeron le dit. Les programmes, logiciels ou applications développés au Canada sont protégés par la Loi sur le droit d’auteur (LDA). Pourquoi? Parce que derrière ces outils, il y a des lignes de code, du texte, comme dans un livre. Pour lui, cette question est désormais un enjeu majeur dans l’industrie du numérique.

Au Canada, rappelle-t-il, les oeuvres originales sont protégées quasi de façon automatique. Par contre, les données brutes ne sont pas protégées. C’est l’usage que l’on va en faire qui le sera.

Quant à la période de protection des oeuvres et des droits, elle est actuellement de 50 ans au Canada. Bientôt, à la suite d’une entente avec l’Union européenne, cette période passera à 70 ans avant que l’oeuvre ne passe dans le domaine public.

Dans une entreprise en démarrage, qui est propriétaire du droit d’auteur? C’est une question à laquelle les entreprises doivent s’intéresser car il n’est pas rare de recourir à des employés temporaires ou des sous-traitants pour réaliser des projets. Or, dit Vincent Bergeron, les entreprises doivent prévoir faire signer une cession des droits à ces employés pour éviter des recours.

Photo: A. Gagné

15h15 – Le chercheur de l’Université Laval, Denis Laurendeau, aborde l’usage de la réalité virtuelle et augmentée couplée à des dispositifs physiques et électriques pour créer une expérience immersive.

Le spécialiste présente différents outils qui peuvent servir dans des environnements virtuels. Premier cas: un gant pour manipuler des objets dans l’environnement virtuel. Ce n’est pas donné à tous d’avoir ce gant puisqu’il est vendu 20 000$ par main.

Autre objet, le fameux Leap Motion qui peut être utilisé pour manipuler un tableau de contrôle. Le chercheur, qui travaille en numérisation 3D, a aussi présenté le rôle que peut jouer la réalité virtuelle pour la télé-manipulation de robots.

15h45 – La pause de l’après-midi est apprécie des participants.

16h05 – Le directeur de la recherche chez Bentley Systems, Stéphane Côté, estime que la réalité augmentée présente un grand potentiel pour faciliter la conception, la construction et la gestion des infrastructures civiles. C’est l’essentiel de sa présentation.

Photo: A. Gagné

Routes, aqueducs, égouts. réseau électrique, voilà des infrastructures qui pourraient trouver avantages à utiliser la réalité augmentée ou virtuelle, selon M. Côté. Par exemple, avec sa tablette, un employé municipal pourrait retrouver les informations cadastrales un superposition sur l’extérieur des maisons.

L’expert est d’avis que les constructeurs de bâtiments devraient filmer et numériser la vue sans les murs afin de faciliter les réparations futures. Ainsi, avec des HoloLens, un entrepreneur pourrait ainsi « voir à travers » les murs pour accélérer l’accès au réseau électrique, gazier ou autre.

Stéphane Côté croit aussi qu’en filmant à l’aide d’un drone — ce que sa compagnie a fait — des bâtiments en construction il serait plus facile de suivre leur évolution dans le temps ou de donner des perspectives nouvelles aux ingénieurs et architectes quand vient le temps d’ajouter un étage ou de faire des modifications à l’immeuble.

Le spécialiste croit que l’éducation sera profondément transformée par la réalité virtuelle et augmentée. Selon lui, dans un avenir rapproché, il sera moins nécessaire d’aller à l’école sur une longue période de temps. L’apprentissage en continue pourra être possible à l’aide d’assistant personnel, sorte de prof 3D qui pourra enseigner, montrer et encourager le travailleur du futur. De cette façon, un travailleur qui n’a pas été formé pour une tâche précise trouvera désormais des réponses à ses questions.

16h30 – Malgré la place que prennent les technologies, il ne faut pas oublier l’humain, dit maintenant Jean-Frédéric Réal de l’entreprise française Scalian.

Équiper un opérateur de dispositifs intelligents portés sur soi, dotés d’afficheurs tête haute, de module de communication, de solutions d’interaction pour commander des transactions digitales, permet de lui construire une bulle digitale dans son environnement de travail réel. 

Dans la mesure où l’opérateur lui-même a pu, caractériser les phases où il pouvait se sentir en difficulté, définir les informations et choisir des moyens d’interaction les plus naturels et les plus adaptés à son environnement, il sera alors possible de mesurer une augmentation de la réalité.

17h00 – La dernière conférence de cette longue journée est celle de Luc Courchesne de la Société des Arts technologiques (SAT).

C’est ici que se termine cette couverture de la journée fort enrichissante en innovation.

La réalité augmentée s’invite à Québec

La vieille capitale sera l’hôte, ce vendredi, de la «Première conférence en réalité augmentée» dans le cadre de la Semaine numérique de Québec. De quoi s’agit-il et quel est le potentiel de cette technologie. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Réalité augmentée et réalité virtuelle. Voilà deux expressions qui sont devenues courantes depuis quelques années dans l’univers du numérique. Pourtant ces technologies ne sont pas récentes.

Quelle origine ?

Le Sensorama

La réalité virtuelle remonte à 1962. On doit les premiers travaux sur la Virtual Reality (VR) à l’Américain Morton Heilig qui a développé la première expérience de cinéma immersive dans un appareil baptisé Sensorama, l’ancêtre du cinéma 3D actuel. Le projet n’ayant jamais reçu d’appui financier, le Sensorama n’a jamais véritablement vu le jour.

De son côté, la réalité augmentée est plus récente. Le concept a été développé à partir des travaux du Canadien Steven Mann qui a créé dès les années 1980 un casque doté d’une caméra qui filme l’environnement et qui superpose des informations. C’est en quelque sorte l’ancêtre des fameuses Google Glass.

Le concept de Steven Mann

Quelle définition ?

La réalité virtuelle est une expérience complète. Le spectateur vit une immersion totale dans un environnement virtuel et a l’impression d’être en face d’une scène réelle, voire dedans. En revanche, la réalité augmentée est plutôt constituée d’une image réelle, complétée en temps réel par des données affichées en superposition.

La réalité augmentée nécessite moins d’équipement et se révèle aujourd’hui plus accessible que la réalité virtuelle, bien que le domaine évolue à vitesse grand V car les enjeux financiers sont importants.

Quel avenir ?

Les possibilités avec la réalité augmentée sont nombreuses et déjà plusieurs entreprises y voient des opportunités. La compagnie Adobe a d’ailleurs profité de sa conférence annuelle à Las Vegas, au mois de mars dernier, pour présenter ses dernières innovations.

L’entreprise a montré son nouveau produit de « marketing augmenté ». Grâce à des lunettes Microsoftt Hololens, l’utilisateur voir apparaître des images holographiques autour d’un produit. De cette façon, le client a accès à des informations projetées en réalité augmentée sur l’objet.

Voici en vidéo ce qui a été présenté aux visiteurs du Adobe Summit 2017.

La réalité augmentée pourrait donc s’immiscer dans plusieurs domaines. Au musée, pour nous donner des informations supplémentaires sur une exposition. À l’école, pour nous proposer des contenus additionnels sur une présentation Powerpoint de l’enseignant.

#RAQ2017

L’événement de ce vendredi à Québec sera donc l’occasion de faire le point sur les possibilités de cette technologie. On parlera justement de marketing, mais aussi de la réalité augmentée dans d’autres sphères de la société civile.

On peut consulter le programme de la journée sur le site web de l’événement.

Je serai d’ailleurs à Québec, ce vendredi pour assister à la 1re édition du #RAQ. Vous pourrez suivre sur Twitter et ici sur ce blogue mes comptes rendus durant la journée.