Il y a 100 ans: le feu de Saint-Hyacinthe

Il y a 100 ans ce 28 novembre, la localité de Saint-Hyacinthe était le théâtre d’un terrible incendie qui a ravagé l’hôpital de cette petite ville de la Montérégie. Retour sur cet événement historique. 

par Alexandre Gagné

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La Patrie – 28 nov. 1917

Nous sommes en 1917. Saint-Hyacinthe compte un peu plus de 9 800 habitants. L’endroit est la principale zone de production agricole de la province. Une véritable plaque tournante pour l’agriculture.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, il fait froid sur la région de Saint-Hyacinthe. Le mercure avoisine les -25° Celcius. C’est le premier gros coup de froid de la saison après la tempête du 23 novembre qui a laissé au sol une vingtaine de centimètres de neige.

Vers une heure du matin, un feu se déclare dans la salle des vieillards de l’Hôtel-Dieu dirigé par les Soeurs Grises. Aussitôt, l’alerte est donnée. Les pompiers de Saint-Hyacinthe arrivent sur place rapidement. Le feu s’était déjà communiqué à la chapelle et toute la partie en pierre de l’immeuble n’était plus « qu’un brasier ardent ».

« Une épaisse fumée servait de rideau aux flammes qui faisaient rage », évoque La Patrie.

Au moment de l’alerte, le personnel ecclésiastique de l’évêché tout près, les prêtres et les religieux accourent pour porter assistance et évacuer les malades vers le soubassement de la cathédrale, l’évêché ou chez de généreux habitants.

« Le Dr Fafard, dentiste, descendit au moyen d’une échelle deux religieuses qui se trouvaient au troisième étage de l’édifice et qui auraient eu une mort tragique n’eût été son intervention », relate-t-on.

Tous les habitants, alertés par les cloches de la cathédrale, sont mis à contribution pour secourir les patients de l’établissement. « Tous les malades sont saufs », confirme La Patrie.

MORT EN SERVICE

En se portant au secours des malades, le chef de la police locale, Pierre-Agapit Foisy, est terrassé par un malaise au coeur. Malgré des tentatives pour le sauver, les médecins ne peuvent que constater son décès.

C’est la seule victime de cet incendie bien qu’un pompier, un certain Brunet, se soit fracturé une jambe en tombant au bas d’une échelle.

Vers deux heures du matin, un appel à l’aide est adressé aux pompiers de Montréal. « Une pompe à vapeur avec voitures à boyaux et 15 pompiers sont partis ce matin à 3h30 par train spécial », rappelle le journal.

LE BILAN

Malgré tout, les pertes sont considérables pour cette petite ville. « De tout cet immense édifice, il ne reste plus que les murs encore fumants. Les pertes sont évaluées à quatre ou cinq cent mille piastres, dont une faible partie couverte par les assurances », indique-t-on.

Au moment de l’incendie environ 750 personnes, dont 100 religieuses, se trouvaient dans l’Hôtel-Dieu.

L’immeuble détruit avait été construit entre 1858 et 1865 sous la direction de Mgr Prince alors évêque du diocèse de l’endroit.

Au matin du 28 novembre, une petite neige tombe sur Saint-Hyacinthe. Il fait toujours froid. La ville n’a plus d’hôpital.

 


Note: Aujourd’hui, l’Hôtel-Dieu qui avait été reconstruit est devenu un CHSLD.

 

Les nouvelles du 27 novembre 1917

C’était il y a 100 ans. Voici vos nouvelles du 27 novembre 1917.

En manchettes aujourd’hui:

  • La comédienne Sarah Bernhardt à Montréal pour appuyer l’Emprunt de la Victoire.
  • Légère baisse de la mortalité infantile dans la métropole.
  • L’avenir du hockey est assuré avec la création de la LNH.

Bonne écoute !

Rimouski, un jour de 1917…

À la fin de 1917, le Canada, alors en pleine Première Guerre mondiale, est plongé en campagne électorale. À Rimouski, la population suit de près les débats dans la presse locale, mais ici les dés sont déjà jetés. Retour en arrière. 

par Alexandre Gagné

Novembre 1917 à Rimouski. L’automne est déjà bien installé. En octobre, la ville a reçu 158 mm de pluie. C’est deux fois et demi ce que la région reçoit pour cette période de l’année. Novembre est frais, mais le temps sec est de retour.

Robert Borden
Sir Robert Borden

Au plan politique, la campagne électorale bat son plein. Le premier ministre canadien Robert Borden n’avait plus le choix. Des élections sont nécessaires. Après les avoir reporté à cause du déclenchement de la guerre, puis avoir mis sur pied un gouvernement de coalition, Robert Borden s’en remet au peuple.

Mais au Québec, la conscription ne passe pas et les Libéraux de Wilfrid Laurier ont le vent en poupe. Dans le comté fédéral de Rimouski « de toutes parts, les orateurs surgissent; partout des assemblées tumultueuses », relate le Progrès du Golfe, journal dirigé par « le très libéral » Eudore Couture

Dans une charge contre le gouvernement unioniste, le chroniqueur du journal détaille la stratégie de Borden pour s’assurer la victoire aux élections fixées au 17 décembre.

« Il a défranchisé une cinquantaine de mille d’électeurs qu’il croyait antipathique », dit-il. En effet, le gouvernement de Robert Borden a retiré aux « objecteurs de conscience » et aux citoyens canadiens nés dans un pays ennemis le droit de voter aux élections.

« Au surplus, la loi qui pourvoit au vote dans les tranchées donne au gouvernement toujours les chances possibles de manipuler, à son avantage le verdict militaire. Et de deux! », ajoute-t-il.

« Enfin, on a donné aux parentes des soldats, c’est-à-dire, aux femmes que l’on a lieu de croire favorables à l’unionisme, le droit de voter pour le gouvernement. Et de trois! », conclu-t-il.

Mais dans le comté de Rimouski, on ne se laisse pas manipuler si facilement.

QUI SONT LES CANDIDATS ?

Après les élections de 1911, le gouvernement conservateur avait entamé des discussions pour un redécoupage de la carte électorale. En 1914, le plan est prêt. La circonscription de Rimouski sera amputée pour créer celle de Matane.

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Herménégilde Boulay

En 1917, c’est le conservateur Herménégilde Boulay qui représente la population de Rimouski. Boulay, natif de Saint-Donat, maire de Sayabec, est un défenseur du fait français à la Chambre des communes.

Le député Boulay défie plus d’une fois son chef. Lors du vote sur la conscription de l’été 1917, il vote contre et en faveur du référendum réclamé par l’opposition libérale.

Lors des élections de 1917. Herménégilde Boulay annonce qu’il sera candidat dans Matane ouvrant ainsi la porte à de nouvelles figures dans Rimouski.

Mais les candidats conservateurs ne se bousculent pas. Personne ne manifeste son intention de se porter candidat pour ce parti associé à la conscription.

La lutte se fera donc entre deux libéraux. D’un côté, on retrouve Joseph-Thomas Chenard, qui se présente comme un « franc libéral » non unioniste. Natif du Bic, Chenard habite à Québec et demeure peu connu en dehors de sa paroisse ou de Rimouski. « Chenard fait sa campagne seul, absolument seul, sans ami pour le défendre », note le Progrès du Golfe.

De l’autre côté, c’est le très connu agent d’assurances Emmanuel D’Anjou qui brigue les suffrages. D’Anjou « a toute l’organisation libérale à son service et sa candidature est endossée par Laurier », souligne le journal.

Pour le Progrès du Golfe, le comté a déjà fait son choix. « L’élu sera nécessairement un libéral et un adversaire de la conscription. Sir Wilfrid Laurier aura donc la victoire facile dans Rimouski », conclut-il.

DÉCEMBRE 1917

Le 23 novembre, le temps est plus froid. Il neige sur Rimouski. 8 centimètres recouvre la ville. Le lendemain, la neige s’intensifie. C’est la tempête. Un peu plus de 30 centimètres de neige tombent au sol. La circulation est paralysée à Rimouski et dans les paroisses.

La campagne électorale marque une pause.

Décembre débute aussi dans la neige. Le 1er jour du mois, une dizaine de centimètres supplémentaires viennent préparer la ville aux festivités de fin d’année. En 1917, Rimouski aura bien un Noël blanc.

« La campagne électorale dans notre comté devient d’un terne désespérant », évoque le Progrès du Golfe. Il faut dire que l’enjeu dans le comté ne porte pas sur le programme politique, mais bien sur la personnalité des deux hommes.

Début décembre, les deux aspirants députés multiplient les assemblées. À St-Gabriel, Ste-Blandine, Les Hauteurs, St-Donat et Pointe-au-Père. Le candidat Chenard est celui qui fait l’objet de plus de critiques.

« Chenard doit se rendre compte, comme tout le monde, qu’il sera battu, archi-battu à plate couture, par son adversaire D’Anjou », observe le chroniqueur du journal local.

Dans l’après-midi du 15 décembre, deux jours avant les élections, coup de théâtre. Le candidat Chenard retire sa candidature laissant ainsi le champ libre à son adversaire Emmanuel D’Anjou qui est aussitôt élu par acclamation. Les électeurs rimouskois n’iront pas aux urnes.

Dans un texte surréaliste publié dans le Progrès du Golfe, le 21 décembre, le chroniqueur anonyme du journal se moque de Chenard qui avait clamé: « Si je décidais d’abandonner la partie, on crierait que je suis vendu. Non. Non. Plutôt la mort! ».

Le chroniqueur se moque de cette déclaration et appelle le candidat « à mourir». C’était un autre temps…

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Dans le comté voisin de Matane, l’ancien député de Rimouski, Herménégilde Boulay a aussi mordu la poussière. Il a été défait par le libéral François-Jean Pelletier qui a obtenu 5010 votes contre à peine 447 pour son rival conservateur.

À l’échelle nationale, le gouvernement unioniste de Robert Borden a été porté au pouvoir. Borden a gagné son pari, sauf au Québec où la province a voté libéral et contre la conscription.

AUREVOIR 1917

Même si les élections sont chose du passé, les discussions ne manquent pas durant le temps des fêtes. Le peu de représentation francophone dans le cabinet fédéral soulève la grogne.

Le 24 décembre, une petite neige tombe sur Rimouski. Le réveillon se passera au chaud. Il fait froid. Le mercure ne grimpe pas au-dessus des -10°C.

Le jour de Noël, le temps s’adoucit permettant à la population de se déplacer pour festoyer.

1917 s’en va doucement. Dès le 27 décembre, une vague de froid envahi le Québec. À Rimouski, il fera autour de -20°C le jour et jusqu’à -30°C la nuit. C’est l’hiver. Le vrai. Celui d’il y a 100 ans.

Sources qui ont nourri et inspiré ce récit:

  • Progrès du Golfe, Rimouski, novembre et décembre 1917.
  • Histoire de Rimouski par le nom de ses rues, Richard Saindon, 1995.
  • Environnement Canada. Données historiques. 1917.

 

Les nouvelles du 12 novembre 1917

C’était il y a 100 ans. 

Voici vos nouvelles du 12 novembre 1917. En manchettes aujourd’hui

  • Les Canadiens font une avancée sur le front allemand.
  • Conscription: la date limite pour se rapporter est expirée.
  • Une fillette meurt ébouillantée à Montréal.

Bonne écoute!

Les nouvelles du 25 octobre 1917

C’était il y a 100 ans…

Voici vos nouvelles du 25 octobre 1917. En manchettes aujourd’hui:

  • Une violente tempête cause des dommages à Québec.
  • Le projet de réforme municipale à Montréal est dévoilé.
  • Les locataires d’Outremont protestent contre une nouvelle taxe.

Bonne écoute !

+++ Retrouvez les autres capsules historiques ici…

Les nouvelles du 24 octobre 1917

C’était il y a 100 ans…

Voici les nouvelles du 24 octobre 1917. En manchettes aujourd’hui:

  • Le chef libéral Wilfrid Laurier en visite à Montréal.
  • Les spéculations vont bon train sur la date des prochaines élections fédérales.
  • La ville de Joliette est en deuil.

Bonne écoute !

À écouter aussi : Retrouvez ici les éditions précédentes de vos nouvelles historiques