Décryptage: La fin du monde en 2017 ?

Via Google

À l’approche de la nouvelle année, nombreuses sont les recherches sur la toile pour découvrir ce que sera 2017. Est-ce une année de «fin du monde» comme le laisse entendre certains sites internet ? Probablement pas. Décryptage.

par Alexandre Gagné

L’affaire n’est pas nouvelle. Chaque année ramène dans l’actualité son lot de prédictions apocalyptiques et 2017 ne fait pas exception à la règle. C’est que l’intérêt pour ce genre de faits, malgré ce qu’on en pense, demeure élevé au sein de la population en général.

Une simple vérification dans un moteur de recherche nous montre à quel point le sujet fait (encore) résonner beaucoup de touches sur les claviers d’ordinateur…

Depuis le mois de septembre, de nombreux sites publient des mises en garde sur la prochaine année. Plusieurs s‘appuient sur des extraits de livres religieux et d’autres sur des phénomènes astronomiques, comme les éclipses solaires, mais rien de très probant.

La numérologie

Les amateurs de prédictions et ceux qui en produisent se tournent aussi parfois vers la numérologie, la «science» de l’interprétation des nombres. Il s’agit en fait de l’attribution de croyances ou de propriétés à des nombres venant d’anciennes pratiques ayant cours chez les Grecs et les Romains, mais le concept même de numérologie a été inventé aux États-Unis au début du siècle dernier.

2017 (2+0+1+7=10=1+0=1) serait une année «1». Que dire du chiffre un, si ce n’est qu’il s’agit d’un «point de départ» d’un nouveau cycle de 9 ans, comme l’explique ce site d’horoscope. Sur Wikipédia, on donne les caractéristiques du chiffre 1:

«Autorité, Volonté, égoïsme, ascendant sur autrui, volonté et détermination, ambition, autorité, leadership, l’individualité, l’indépendance, la créativité»

Avec de pareils éléments, il devient facile pour quiconque qui veut s’exercer de faire ses propres prédictions à partir des faits d’actualité connus. L’usage de son esprit critique se révèle donc nécessaire pour éviter de tomber dans le panneau…

Calendrier chinois
Enfin, une autre source de matière pour la création de prédictions est le calendrier chinois. Selon cette tradition, 2017 sera l’année du coq de feu. Encore une fois, on utilise certaines croyances pour donner un sens à l’actualité. Plusieurs sites ont d’ores et déjà réalisés leurs prédictions sur le sujet.

Bref, les thèmes de «fin du monde» et les prédictions annuelles restent toujours populaires dans l’imaginaire collectif et font vendre sur le Net, car il faut bien admettre que les sites dédiés à ce genre contenu sont souvent des nids publicitaires où chaque clic est une source de revenus potentiels.

Des prédictions de Nostradamus pour 2017, 2018, 2019… ?

Via Ouest-France

Le célèbre astrologue Michel de Notre-Dame, dit Nostradamus, a-t-il écrit sur l’année 2017 ? Voilà la question qui se pose à l’aube de la nouvelle année d’autant qu’un quotidien français, le premier de France avec 1 million de tirage par jour, annonce des révélations sur l’année à venir. Décryptage.

Une chronique d’Alexandre Gagné

L’affaire ne passe pas inaperçu. Dans son édition numérique du soir, le quotidien Ouest-France, dans sa section insolite, propose au lecteur l’article «Qu’avait prédit Nostradamus pour 2017».

Précision.
Le titreur a commis d’emblée une erreur de cohérence, de sens. Il faudrait dire «Qu’a prédit», puisque l’année n’est pas encore écoulée.

Via Ouest-France

D’entrée de jeu, on laisse penser que Nostradamus a mentionné Donald Trump dans ses fameuses centuries. Elle mentionne que des «adeptes» se sont penchés sur «ses prédictions pour 2017» évoquant ici l’existence même de telles prédictions.

Via Ouest-France

Puis, elle poursuit en affirmant que l’astrologue connaît actuellement un «regain d’intérêt», mais elle se fait ensuite moins catégorique envers Nostradamus en affirmant que ce sont plutôt ses adeptes qui vont «tenter de prédire ce que 2017 apportera».

Qu’en est-il exactement ?

D’abord, c’est faux. Michel de Notre-Dame n’a jamais écrit explicitement sur chacune des années, que ce soit 2016, 2017 ou même 2018 dans ses quatrains (strophe de quatre vers) regroupés en centuries. Ceux qui ont décrypté et interprété avec leurs yeux et connaissances modernes s’appellent des exégètes et non des adeptes. Il ne s’agit pas ici d’une secte bien que parfois ça peut en avoir l’air.

L’intérêt envers Nostradamus, mort en 1566, ne s’est jamais démenti. Une simple recherche sur Google montre que l’homme suscite depuis toujours la curiosité. Il n’y a donc pas de regain d’intérêt, si ce n’est celui de la journaliste qui vient peut-être de le découvrir…

Ce qui est le plus troublant, c’est que l’article est essentiellement une reprise mot pour mot d’un billet de blogue publié le 2 décembre sur le site «Esprit Science métaphysiques». Cet article provient lui-même du blogue d’un expert en «marketing digital» (publié le 1er mars dernier) qui a vite compris qu’en écrivant sur Nostradamus il fera de l’argent avec son site… On retrouve d’ailleurs une vidéo Youtube au mois d’août qui reprend le même contenu.

Les prédictions

Y’a-t-il des prédictions pour la prochaine année ? Nostradamus n’a rien écrit noir sur blanc sur l’année 2017. Un des spécialistes reconnus des textes de l’astrologue est Jean-Charles de Frontbrune. L’homme est mort en 2010 à l’âge de 75 ans. Durant sa vie d’écrivain, il a produit sept livres sur la vie et l’oeuvre de Michel de Notre-Dame.

Son dernier livre, «Nostradamus l’avait prédit» a été publié en 2009, un an avant son décès. Dans l’ouvrage de 240 pages, il parle de la crise financière de 2008 affirmant que Nostradamus l’avait vu: «La grande poche viendra plaindre et pleurer».

Sur un blogue intéressé à la question des prédictions, on explique que le livre s’attarde essentiellement aux événements de 2008 à 2025.

Dans le présent ouvrage, l’auteur s’emploie à décrypter les prophéties de Nostradamus entre 2008 et 2025, on y trouvera des références à la guerre en Géorgie, Tibet, Afghanistan, à la fin du capitalisme, à la fin de l’islamisme en 2017 à une guerre entre l’Occident et la Chine, ou encore à une guerre entre la Russie et les pays islamiques… Un avenir chaotique, qui doit cependant préparer l’avènement de la paix universelle et de l’âge d’or en 2026.

Sur un autre site, on rapporte une entrevue avec l’auteur peu de temps après la parution du livre. Fontbrune évoque une guerre, une épidémie et toujours cette venue d’une paix universelle, des thèmes récurrents quand il est question de prédictions. L’histoire à (parfois) cette fichue tendance à se répéter…

Le site de l’Association française pour l’information scientifique s’est aussi intéressé à ce dernier livre de Jean-Charles de Fontbrune et se fait très critique de ses interprétations car c’est bien de cela dont il s’agit ici….une interprétation.

Conclusion

Bref, alors que circule sur le web de nombreuses «prophéties» il importe de toujours de remonter à la source des textes originaux pour éviter de tomber dans ces pièges – souvent à revenus publicitaires – tendus sur le web.

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Enquête TIMSS – Le Québec fait bonne figure

Via Edsource

Les élèves québécois de 4e année et de 2e secondaire continuent de faire bonne figure au niveau international dans la sixième enquête sur la mathématique et les sciences (TIMSS 2015) menée par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE) et dont les résultats viennent d’être publiés.

Par Alexandre Gagné

Autant en mathématique qu’en sciences, le Québec a amélioré ses résultats par rapport à 2011 bien que les chiffres demeurent en-dessous de ceux observés en 1995. L’enquête relève encore des différences entre les résultats chez les garçons et les filles.

L’étude montre aussi la bonne position du Québec devant l’Ontario.

On peut consulter l’enquête 2015 sur le site de l’AIE.

Pour les intéressés, il est possible de consulter l’analyse du ministère de l’Éducation sur les résultats de 2011.

Résultats en 2e secondaire – TIMSS 2015

Les résultats de l’enquête n’ont pas encore trouvé écho au Québec. Par contre, en France, les médias se sont vite emparés des chiffres en raison de la piètre performance de la république derrière ses voisins européens.

Le journal Le Monde parle de «l’inquiétant niveau des élèves français en maths et en sciences».

Le Figaro évoque de son côté la «chute libre» des écoliers français dans ces deux disciplines.

Enfin, Le Point est plus cinglant dans son analyse en parlant de «résultats tragiques» pour la France.

Du côté anglophone, le magazine Forbes se demande quel pays possède les étudiants les plus intelligents en math et sciences. Singapour bien évidemment…

Pour l’heure deux sites liés à l’éducation consacrent quelques lignes à cette enquête internationale. On peut consulter l’article du site Edsource ici et celui du Café pédagogique en France à cette adresse.

Les prochains grands résultats attendus sont ceux de l’enquête PISA. Les données seront publiées le 6 décembre prochain.

2012: L’horloge de la fin du monde avancée

Le Bulletin of the Atomic Scientists (BAS) a avancé, ce matin, d’une minute l’horloge symbolique qui rapproche le monde d’une catastrophe nucléaire. Il est désormais minuit moins cinq, selon la « Doomsday clock ».


PAR ALEXANDRE GAGNÉ

L’horloge de la fin du monde

Le BAS a pris cette décision de rapprocher le monde d’un incident nucléaire majeur parce qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé en matière de réduction des armes nucléaire, de leur prolifération et de l’inaction persistante des gouvernements sur la question du réchauffement climatique.

Le BAS a été fondé en 1945 par des scientifiques de l’Université de Chicago qui ont collaboré au développement de la première bombe atomique dans le projet Mahattan. Plus tard, en 1947, le groupe a mis sur pied l’horloge de la fin du monde (Doomsday Clock) pour mesurer le risque nucléaire où minuit représente l’apocalypse.

La décision d’avancer l’horloge a été faite par le conseil d’administration du BAS de concert avec les gens qui supportent l’organisation parmi lesquels se trouvent 18 lauréats du prix Nobel.

Depuis sa création, l’horloge est devenu un indicateur universellement reconnu de la vulnérabilité du monde à une catastrophe nucléaire, aux changements climatiques et aux technologies nouvelles dans le domaine des sciences biologiques.

La dernière fois que l’aiguille de l’horloge avait bougé, c’était en janvier 2010 quand elle avait été reculée d’une minute. Pour l’organisation, le monde est revenu au même point qu’il y a deux ans et la menace ne semble pas faiblir.

Le milieu de l’astronomie impatient : Le futur télescope spatial de la NASA accuse du retard.

Le milieu de l’astronomie du monde entier commence à montrer de sérieux signes d’impatience.  L’actuel télescope Hubble est en fin de vie utile après 22 ans de loyaux services et son successeur, le télescope James Webb qui devait être lancé en 2007 ne le sera, au mieux, qu’en 2018, voire en 2020. Un retard qui commence à devenir très coûteux pour la NASA et un poids pour l’administration américaine.

PAR ALEXANDRE GAGNÉ

« La construction du télescope James Webb de nouvelle génération a enregistré des progrès significatifs en 2011 », se tague la NASA, depuis ce lundi, sur son site Internet. L’agence spatiale américaine a senti le besoin de remettre les pendules à l’heure après avoir essuyé de très nombreuses critiques dans la gestion d’un dossier très cher aux astronomes et astrophysiciens du monde entier.

Rappel des faits

Le télescope Hubble, lancé en 1990, devait initialement avoir une durée de vie de 15 ans. Plus de 750 000 photos et 22 ans plus tard, il est toujours en service, mais ses jours sont comptés. Depuis le début des années 2000, sans aucun autre appareil capable de prendre le relais, la NASA a été forcée d’investir périodiquement dans la réparation de Hubble qui, au rythme où vont les choses, sera en fonction pendant plus de 25 ans. 

C’est que le remplacement de Hubble se heurte à de nombreux problèmes, essentiellement d’ordre financier. La première fois qu’il a été fait mention du successeur de Hubble dans la presse francophone, c’était en septembre 2002, quand la NASA a dévoilé son projet baptisé James Webb, du nom du second directeur de la NASA et responsable du programme Apollo ayant permis l’exploration humaine de la Lune. Un nom tout désigné en pleine période de compressions budgétaires et au moment où l’agence américaine cherche à redorer son blason auprès de l’administration républicaine de George W. Bush. 

Modélisation du futur télescope James Webb
James Webb doit être le summum en matière de télescope. Placé en orbite à 1,5 millions de kilomètres de notre planète, dans une région de l’espace appelée le deuxième point de Lagrange (L2), ce nouveau télescope sera capable de capter des lumières émises peu de temps après le « Big Bang », il y a près de 14,5 milliards d’années. L’engin doit être sans faille, car il sera impossible d’aller le réparer comme ce fut le cas pour Hubble.

Coûts astronomiques

Quand le projet James Webb a vu le jour dans les années 1990, le télescope devait être lancé en 2007 et coûter 500 millions de dollars. Rapidement, le lancement a été reporté à 2010 et les coûts ont explosé pour atteindre une facture de 5 milliards de dollars. Au début de l’an dernier, la NASA évoquait un lancement en 2013 et une facture de 6,5 milliards dont 3,5 ont déjà été dépensés.

Mais en juillet dernier, coup de théâtre au Congrès. La puissante commission de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, chargée de fixer les dépenses du gouvernement américain, annonce ne pas poursuivre le financement du télescope James Webb. La communauté internationale s’insurge, mais un rapport indépendant révèle que le projet est tout simplement mal géré.  L’affaire devient vite une proie facile pour les parlementaires républicains à la recherche du moindre scandale en ces temps de crise.

Puis, en août, le directeur de la NASA annonce que mener à terme James Webb coûtera au bas mot 8,7 milliards de dollars en vue d’un lancement en octobre 2018. Les négociations ont été ardues et la NASA a dû faire la démonstration que l’échec du projet porterait un coup terrible à la communauté internationale des astrophysiciens en interrompant plusieurs recherches en cours.

Finalement, le 12 décembre dernier, la NASA a vu son budget 2012 établi à 17,8 milliards de dollars, mais Washington a fixé à 8 milliards tout compris le coût du nouveau télescope spatial. 

L’année 2012 vient à peine de commencer que 2020 apparaît être l’année la plus probable du lancement de James Webb. Incidemment, c’est cette année-là que Hubble sera désorbité pour foncé vers la Terre et se désintégrer après un séjour de 30 ans dans l’espace.

Une autre sœur pour la Terre en zone habitable ?

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Infographie: NASA

Montréal, 5 décembre 2011 (LesNews) – Y’a-t-il une forme de vie ailleurs dans l’Univers? La question est à nouveau relancée depuis l’annonce, ce lundi, de la découverte d’une nouvelle planète potentiellement habitable dans un autre système solaire.

par Alexandre Gagné

Pour le moment, cette planète a été baptisée Kepler-22b. Elle a été découverte par des astronomes de l’agence spatiale américaine grâce au puissant télescope installé sur la sonde Kepler lancée par la NASA en mars 2009. À au moins trois reprises, les astronomes ont vu passer l’exoplanète devant son étoile, ce qui a permis de confirmer la période de révolution de la planète. D’après les experts, une année sur Kepler-22b dure 290 jours.

Si les astronomes sont convaincus que la vie est possible sur cette exoplanète c’est parce qu’elle se trouve dans la « zone habitable » proche d’une étoile qui dégage une chaleur comparable à celle de notre soleil. Dans ces conditions, il serait possible de retrouver de l’eau à l’état liquide, un environnement propice à l’apparition de la vie et à son évolution.

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Infographie: NASA

Mais à ce stade-ci, les chercheurs ne peuvent dire avec certitude de quoi est constituée la planète, qui est 2,4 fois plus grosse que la Terre. Est-elle faite de roches, de gaz ou liquide ? Impossible de le déterminer, mais d’après les observations, si Kepler-22b dispose d’une surface, sa température près du sol serait d’environ 22 degrés Celsius.

Si la nouvelle fait rêver, inutile de croire qu’on pourra s’y rendre un jour. La planète se trouve à une distance d’environ 600 années-lumière (1 année-lumière = 9 460 milliards de km) et, au surplus, dans un autre système solaire. La seule sonde à avoir visité les confins de notre système solaire à ce jour est Voyager  1 qui a franchi la limite d’influence des vents solaires et qui se trouve actuellement dans le monde interstellaire.

Pas une première

C’est la troisième fois qu’une planète potentiellement habitable est découverte par des astronomes. En mai dernier, le Centre national de la recherche scientifique en France avait annoncé la découverte de Gliese 581 (20 années-lumière), puis, en août, des chercheurs suisses ont annoncé avoir trouvé une autre planète similaire, appelée HD 85512b (36 années-lumières).

Depuis 1995, pas moins de 700 exoplanètes ont été trouvées dans l’Univers. Jusqu’à ce jour, seulement trois présentent les conditions où la vie pourrait se développer.