Santé. Un foyer d’oreillons à Montréal

Via Santé Canada

La Santé publique du Québec surveille attentivement une éclosion de cas d’oreillons dans la région de Montréal et lance un appel à la vigilance auprès du personnel médical. Le point.

par Alexandre Gagné

Depuis l’automne dernier, plusieurs éclosions d’oreillons ont été confirmées au Canada. Les autorités fédérales surveillent de près la situation dans les autres provinces et au Québec, la Santé publique signale des cas depuis le mois de novembre en Montérégie, à Laval ainsi qu’en Estrie.

++ Lire aussi: Flambée de cas d’oreillons au Québec

À Montréal, 7 cas ont été confirmés jusqu’à présent dont 4 au cours du seul mois de mars. La Santé publique parle d’un « agrégat de 4 cas ». Les autorités de la santé sont inquiètes car « Les enquêtes épidémiologiques ont révélé que certains cas n’ont pas consulté de médecin ».

La Santé publique estime que la « transmission qui se poursuit » pourrait donc générer de nouveaux cas dans les prochains mois, car la période d’incubation de la maladie est de 12 à 25 jours.

Québec lance donc un appel à la vigilance auprès du personnel médical pour dépister et signaler les cas potentiels.

Dans le reste du pays, une éclosion est survenue à Edmonton où au moins 51 cas sont confirmés. Le Manitoba est aussi touchée ainsi que la région de Toronto, en Ontario.

Pour rappel:

Les oreillons sont une maladie virale très contagieuse qui se transmet facilement d’une personne à l’autre. Le symptôme le plus fréquent est le gonflement des glandes produisant la salive. Ce gonflement peut faire bomber la joue ou le cou d’un côté ou des deux. Le virus peut parfois causer des complications plus graves, comme une perte auditive ou le gonflement d’autres glandes, y compris des testicules. 

La grippe aviaire se propage aux États-Unis

Via CDC

La grippe aviaire hautement pathogène H7N9 continue de se propager aux États-Unis avec la découverte d’un nouveau foyer d’infection dans un troisième État. 

par Alexandre Gagné

L’État du Kentucky est devenu ce lundi le troisième État américain à signaler la présence du virus sur ton territoire après la découverte, fin février et début mars, de foyers d’infection au Tennessee et en Alabama, deux États voisins.

++ Lire aussi: Grippe aviaire. Inquiétude chez les producteurs de volaille

Le virus a été trouvé dans une exploitation agricole de l’ouest de l’État. La ferme a été mise en quarantaine et les 22 000 volailles ont été abattues.

Les autorités américaines surveillent attentivement la situation. Les États touchés se trouvent en bordure du Mississippi, une importante voie de migration pour des millions d’oiseaux qui remontent actuellement vers le nord.

Le décès de David Rockefeller…et le Québec

David Rockefeller avait 101 ans
Photo:Wikipedia Commons

La mort du milliardaire et philanthrope américain David Rockefeller à l’âge de 101 est l’occasion de rappeler le rôle crucial qu’a joué au Québec la fondation mise sur pied par son grand-père, John D. Rockefeller, l’homme derrière la création de la Standard Oil Compagnie à la fin du 19e siècle. Appel à l’histoire.

par Alexandre Gagné

David Rockefeller avait 101 ans. Il est décédé dans son sommeil d’une insuffisance cardiaque dite congestive, selon ses proches.

L’homme retraité depuis plusieurs années était à la tête d’une fortune estimée à 3 millards de dollars. Pendant 35 ans, c’est lui qui a dirigé la banque Chase Manhattan jusqu’en 1981. Il avait alors 65 ans.

David Rockefeller était le dernier petit-fils survivant du fondateur de l’empire, John D. Rockefeller. Cette richissime famille américaine a fait fortune dans le pétrole. L’homme, considéré comme le premier milliardaire de l’époque contemporaine, a créé une société de raffinage et de distribution de pétrole en 1870 qui deviendra Esso, puis ExxonMobil.

Très tôt dans sa vie d’hommes d’affaires, John D. Rockefeller, est attiré vers la philanthropie. Il donne 600 millions de dollars. Une somme qui servira notamment à fonder l’université de Chicago, l’Institut Rockefeller pour la recherche médiale et la fameuse Fondation Rockefeller en 1913.

Rôle crucial au Québec

C’est cette fondation qui va jouer un rôle de premier plan dans le développement d’institutions au Québec et particulièrement dans le secteur de la recherche universitaire et médicale.

L’Université McGill de Montréal
Photo: Wikipedia Commons

Il faut dire qu’à cette époque, la majorité des chercheurs et spécialistes sont formés aux États-Unis dans les prestigieuses écoles de médecine. Les liens étroits et les contacts établis par ces chercheurs seront très utiles au développement de nos propres facultés de recherche.

Ça commence dès la fin de la Première Guerre mondiale quand le nouveau directeur de l’Université McGill, Arthur Currie, réussi à recueillir une subvention de la Fondation Rockefeller. L’argent sert alors à augmenter les salaires et à construire un nouveau pavillon de biologie.

En 1920, c’est Faculté des sciences de l’Université de Montréal, la première au Canada français, qui reçoit l’aide de la Fondation Rockefeller. La somme est importante pour l’époque. La Fondation accepte de verser 25 000$ annuellement pendant 10 ans pour équiper les laboratoires de physique, de chimie et de biologie.

La Fondation remet ça quatre ans plus tard. En 1924, l’organisme new-yorkais accepte de financer la création d’un centre de recherche à la clinique universitaire du Royal Victoria qui est, avec le Montreal General Hospital, l’une des deux cliniques universitaires rattachées à l’Université McGill depuis 1919.

L’argent sert à la création d’un institut de pathologie et à la Clinique universitaire de recherche en médecine interne, logée à l’Hôpital Royal Victoria.

Développement de la neurochirurgie

En 1928, la recherche sur les maladies du cerveau va prendre son envol dans la métropole quand

Dr. Wilder Penfield
Archives Université McGill

l’Université McGill recrute à New York le neurochirurgien Wilder Penfield. Il arrive à Montréal avec l’objectif de créer son propre institut où les médecins et chercheurs pourront se côtoyer et collaborer.

Grâce à ses précieux contacts, il réussi à persuader la Fondation Rockefeller d’investir dans le projet, c’est-à-dire, la construction de l’Institut neurologique de Montréal. Après des mois de tractations entre l’université, le gouvernement de la province et la Ville de Montréal, la Fondation Rockefeller accepte, en avril 1932, de verser 1 232 652$ dans l’aventure. La Ville de Montréal donne 300 000$ et le gouvernement Taschereau verse de son côté 400 000$.

L’Institut sera inauguré en 1934 et le Dr Penfield en sera le premier directeur, l’année même où il obtient la citoyenneté canadienne.

L’argent versée par la Fondation Rockefeller constituait alors la moitié de la somme nécessaire à la construction du bâtiment et à l’établissement d’un fonds permanent dont les revenus continuent encore aujourd’hui à financer l’étude de la neurologie.

Investissements récents

Encore tout récemment, la Fondation Rockefeller a fait parler d’elle pour son implication à Montréal, mais cette fois, il y a a eu (petite) polémique. En 2016, le Forum social mondial (FSM) s’est tenu dans la métropole. Le FSM rassemble des militants sociaux engagés, des collectifs contre la guerre et de nombreux intellectuels réputés. 
Or, la plupart des participants au FSM ignorent que l’événement est financé par des fondations privées, comme les fondations Ford, Tides et consorts ainsi que la Fondation Rockefeller. 
Pour plusieurs, il est ironique que ces fondations nées des beaux jours du néolibéralisme financent les mouvements de contestation sociale d’aujourd’hui.

Conclusion

Bref, l’implication de la Fondation Rockefeller dans le développement de la province est indéniable. L’importante contribution de cette organisation a donné un élan sans précédent aux institutions de recherche de Montréal qui en bénéficient encore aujourd’hui. 
Si le décès de David Rockefeller restera probablement discret dans la presse québécoise, les nombreux chercheurs qui sont passés par les institutions montréalaises évoquées précédemment sauront apprécier à sa juste valeur le rôle immense joué par cette famille dans l’histoire du Québec.

Grippe aviaire: inquiétude chez les producteurs de volaille

La grippe aviaire détectée aux États-Unis

Les producteurs de volailles du Québec et du reste du Canada sont inquiets et surveillent attentivement l’éclosion de foyers de grippe aviaire aux États-Unis. Le retour des oiseaux migrateurs avec l’arrivée du printemps fait craindre la propagation du virus dans les élevages.

par Alexandre Gagné

La vigilance est accrue ces jours-ci dans les exploitations agricoles du pays et particulièrement chez les producteurs de volaille. C’est que la grippe aviaire fait un retour en force aux États-Unis, une situation qui fait craindre une vaste épidémie comme celle de 2014-2015 qui a entraîné l’abattage massif de 50 millions d’oiseaux.

Fin février dans le comté de Lincoln, dans le sud du Tennessee. Un producteur suspecte la présence d’un virus chez ses volailles. Il donne l’alerte. Des tests sont effectués et le verdict tombe.

Le 5 mars dernier, les autorités de l’État confirment la présence dans cette exploitation agricole du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène H7N9. Immédiatement, l’endroit est placé en quarantaine de même qu’une trentaine d’autres fermes avicoles dans un rayon de 10 kilomètres.

L’accès aux fermes a été restreint et tous les véhicules qui entrent ou sortent de la zone doivent être désinfectés. Les 73 500 poulets qui se trouvaient dans la ferme ont depuis été abattus.

La ferme en cause approvisionne rien de moins que le plus important producteur de poulet des États-Unis, la compagnie Tyson Foods.

Le département américain de l’Agriculture a confirmé qu’il s’agissait du premier cas de grippe aviaire H7N9 cette année aux États-Unis. La dernière fois que ce virus hautement mortel pour les volailles avait été identifié en sol américain, c’était en janvier 2016 dans l’Indiana.

Mais l’affaire n’allait en rester là. Le 16 mars, une autre ferme située à environ 3 kilomètres a aussi été contaminée par le virus. Les autorités du Tennessee ont également confirmé la présence du H7N9 chez cet autre producteur qui approvisionne aussi le géant de l’alimentation Tyson Foods.

Enfin, une troisième ferme a été touché, selon l’Associated Press. Dans les trois cas, les volailles ont été éliminées.

Les autorités américaines sont très inquiètes. Les élevages de volailles touchés sont situés tout près des grands États producteurs de poulet dans le sud des États-Unis comme l’Alabama et la Georgie, comme le montre la carte ci-dessus.

Et comme si ce n’était pas assez, une ferme du Wisconsin a aussi été placée en quarantaine après la découverte du virus aviaire H5N2 dans le troupeau de 84 000 dindons d’une exploitation du comté de Barron dans le nord-est de l’État.

Dans ce cas précis, le virus est considéré faiblement pathogène même s’il provoque des problèmes de santé chez les oiseaux infectés.

Production touchée ?

La compagnie Tyson Foods assure que sa production de poulet n’est pas affectée, pour le moment, par la découverte des deux cas de grippe aviaire au Tennessee. L’entreprise, fondée en 1935 et basée en Arkansas, est aussi le premier exportateur de boeuf du pays. Elle emploie quelque 115 000 travailleurs dans le monde, dont 97 000 aux États-Unis. Tyson Foods est l’unique fournisseur de la marque Yum! qui opère les restaurants Taco Bell, KFC/PFK, Pizza Hut et WingStreet dans le monde.

Tyson Foods est aussi un important fournisseur des chaînes McDonald’s, Burger King, Wendy’s, Wal-Mart et IGA.

En bourse, ces mauvaises nouvelles ont fait chuter le titre de l’entreprise à New York. Le 6 mars, le lendemain de la diffusion du premier cas, le titre a perdu près de 2% de sa valeur. La diffusion du second cas a continué à faire dégringoler le titre qui a terminé, ce vendredi, à nouveau en recul (-0,26%) à 61,84$ US.

L’action de Tyson Foods (TSN) en baisse à New York

Inquiétudes aux États-Unis et au Québec

Les producteurs de volaille aux États-Unis sont très inquiets car ils se rappellent de la crise de 2014-2015 alors que la grippe aviaire a forcé l’abattage de 50 millions d’oiseaux. Une autre crise de la même ampleur pourrait représenter un coup financier pour Tyson Foods et l’autre géant du même titre Pilgrim’s Pride Corp.

Les pays asiatiques, grands importateurs de poulet américain, ont immédiatement réagi au premier cas du Tennessee dès le 6 mars. La Corée du Sud, le Japon, Taïwan et Hong Kong ont annoncé la suspension de leurs importations américaines.

Le Canada a aussi emboîté le pas, mais avec quelques jours de retard. Ce n’est que le 17 mars qu’Ottawa, par le biais de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a décidé de bloquer l’arrivée de volaille et d’oeufs crus en provenance du Tennessee et de l’Alabama.

Au Québec, les producteurs surveillent la situation de près car le Wisconsin et le Tennessee où ont été trouvés les cas de grippe aviaire sont deux États qui se trouvent sur la route des oiseaux migrateurs en train de revenir chez-nous.

Les autorités américaines ont averti que l’Ontario, le Manitoba, le Québec et le Nunavut pourraient aussi être touchés par une remontée du virus H7N9 dans les prochaines semaines.

Entre-temps, dans la province, les producteurs ont rehaussé leurs mesures de sécurité et applique le plan de mesures élaborés dans ce genre de situation par l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles.

Le virus H7N9 est pris très au sérieux par l’Organisation mondiale de la Santé. Au cours des derniers mois, 110 personnes sont mortes en Chine après avoir été en contact avec des oiseaux infectés. Même si pour l’heure le virus ne semble pas se transmettre d’humain à humain, l’OMS rappelle qu’une mutation peut survenir à tout moment et aggraver la situation en quelques semaines.

Bactéries résistantes: le scénario du pire à nos portes ?

La bactérie KP en cause en forme de bâtonnet

Le décès d’une Américaine infectée par une bactérie qui résiste à pratiquement tous les antibiotiques existants sur Terre fait craindre le pire aux experts en santé publique de la planète qui appellent (encore) à un usage éclairé des antibactériens. Le point.

par Alexandre Gagné

Vendredi 13 janvier. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta aux États-Unis (CDC) annonce la mort d’une septuagénaire du Nevada qui a été emportée en septembre à la suite d’une scepticémie, c’est-à-dire, une infection générale de tout l’organisme.

L’agent pathogène en cause s’appelle Klebsiella pneumoniae (KP). Il avait été isolé chez la patiente au mois d’août dans une blessure à la jambe qu’elle s’était faite lors d’un voyage en Inde. La dame s’était fracturée la jambe et avait été traitée dans un hôpital indien avant de rentrer aux États-Unis où sont état s’est dégradé.

La bactérie isolée est très courante. On la retrouve naturellement dans l’environnement. Elle peut aussi être présente dans le tube digestif et l’appareil respiratoire des animaux ainsi que des humains.

Son action est généralement bien contrôlée par le corps d’où l’absence (heureusement) d’infection. La bactérie peut cependant devenir agressive quand l’organisme est affaiblie – par une blessure – ou immunodéprimé.

Quel est le danger ?

Klebsiella pneumoniae sécrète naturellement des enzymes d’inactivation ce qui la rend résistante aux pénicillines, comme la très populaire et très prescrite amoxicilline (amox). La bactérie a aussi acquis des résistances à l’acide clavulanique une substance qui vient d’ordinaire «booster» – augmenter – le pouvoir des pénicillines.

Pire encore, K. pneumoniae résiste aussi aux céphalosporines, des antibiotiques de 3e générations commercialisés plus récemment dans l’histoire et enfin, depuis le début des années 2000, aux carbapénèmes, la dernière ligne de défense.

Ces mutations sont survenues au fil du temps en raison de la prescription à grande échelle des antibiotiques à large spectre dans plusieurs pays. Dans les pays émergents, comme l’Inde et le Pakistan, les bactéries ont proliféré aisément en raison des mauvaises conditions d’hygiène dans certains milieux et ont acquis leur résistance. Les bactéries ont ensuite été transportées ailleurs dans le monde où elles ont commencé à contaminer des individus notamment dans les milieux hospitaliers. C’est comme ça qu’elles sont devenues des infections dites nosocomiales.

Ainsi, en étudiant les bactéries en cause, les microbiologistes ont été capables d’identifier les gènes qui ont amené cette résistance.

On parle ainsi des gènes NDM-1 (New Delhi metallico-beta-lactamase 1), KPC ou OXA-48.

Ce qui inquiète les spécialistes c’est la présence dans plusieurs cas rapportés, mais non dans celui du Nevada, du gène MCR-1 qui augmente la résistance à la colistine, un ancien antibiotique actuellement le seul capable de lutter comme les bactéries qui résistent aux carbapénèmes (KPC).

La situation chez-nous

Au Québec, la Santé publique avait lancé un appel à la vigilance l’été dernier après une flambée de cas dans la province. L’Institut national de Santé publique suit la situation de près et a mis sur pied un comité de surveillance.

Au plan canadien, le ministère de la Santé suit étroitement la progression des cas rapportés. Même si leur nombre demeure encore limité, les cas d’infection sont malgré tout en légère augmentation au pays.

Le scénario du pire serait bien évidemment une contamination à grande échelle de nombreux patients dans un hôpital ou le développement d’une nouvelle souche de KP résistante à tous les antibiotiques sans exception et même aux cocktails antibiotiques.

Pour éviter, à court terme, pareil scénario, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à limiter l’usage des antibiotiques et surtout à une déclaration systématique des cas pour limiter la propagation des infections.

Avec des déplacements toujours plus nombreux sur la planète, nul ne peut dire où et surtout quand va se déclarer la prochaine alerte sanitaire mondiale.

Flambée de cas d’oreillons au Québec

Virus des oreillons

La Santé publique de la région de Montréal prolonge d’un mois son appel à la vigilance après l’apparition de plusieurs cas d’oreillons dans le sud-ouest de la province en décembre. Le point sur la situation.

par Alexandre Gagné

C’est une maladie presque éradiquée par la médecine moderne qui fait un retour en force cette année au Québec. Au début de décembre, les autorités de la santé publique ont été avisées par deux hôpitaux, celui de Fleurimont et l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, que des travailleurs de la santé avaient contracté l’infection très contagieuse.

Puis, le 23 décembre, on apprend qu’une personne qui a contracté la maladie a fréquenté des «milieux de soins» en plus de participer à un événement festif. Des déplacements suffisamment importants pour que la Santé publique décide d’alerter le public.

Puisque l’infection met entre 12 et 25 jours à se déclarer, les autorités décident alors de mettre en garde la population jusqu’au 7 janvier. Or, voilà que dans une mise à jour de son avertissement publiée ce 6 janvier, la Santé publique réitère son appel à la vigilance, cette fois jusqu’au 1er février.

Le communiqué précise que «depuis novembre 2016, plusieurs cas d’oreillons sont survenus à Montréal et dans d’autres régions, dont la Montérégie, Laval et l’Estrie».

Quels sont les symptômes ?

La maladie est qualifiée de très contagieuse. Elle se transmet par contact avec la salive ou les sécrétions respiratoires. Les oreillons provoquent une légère fièvre d’un jour ou deux et une inflammation des glandes parotides de chaque côté du visage près des oreilles d’où le nom de cette maladie.

Généralement, pour une personne en bonne santé, les oreillons ne causent pas de problèmes majeurs et la maladie se résorbe d’elle-même. Mais le problème, c’est que les oreillons entraînent souvent des complications avec des séquelles quasi permanentes d’où l’intérêt de la Santé publique d’être aux aguets:

«[…] certaines complications peuvent arriver dont la méningite (10 %), une inflammation des testicules (20 à 30 % chez les hommes pubères) ou des ovaires (5 % chez les femmes pubères). Plus rarement, les oreillons provoquent une pancréatite (2 à 5 % des cas), une encéphalite (1 à 2 cas sur 10 000), la surdité (1 cas sur 20 000), de l’arthrite ou une inflammation de la glande thyroïde. La maladie peut entraîner une fausse couche chez les femmes enceintes au premier trimestre.»

Retour dans le temps…

Les oreillons est une maladie très ancienne. Connue depuis l’Antiquité, elle a pris des proportions épidémiques au cours des 18e et 19e siècle. Une des premières descriptions de la maladie revient au grec Hippocrate qui a décrit, 500 ans avant Jésus-Christ, les symptômes du mal à savoir «un gonflement du visage et de la gorge ainsi que le gonflement des testicules de certains hommes malades».

Le vaccin contre les oreillons est l’oeuvre du médecin américain Maurice Hilleman. Il a été utilisé à partir de 1969 aux États-Unis et au Canada. Avant cette date, entre 10 000 et 50 000 cas d’oreillons étaient enregistrés chaque année au pays. Étrangement, la maladie revient partout en force en suivant un cycle de recrudescence de 4 à 8 ans.

Source: Santé Canada

Avec la vaccination obligatoire contre le trio «rougeole-rubéole-oreillons» mise en place dans les années 1970, la maladie a considérablement diminué même que de 1959 à 1986, elle n’était plus une maladie à déclaration obligatoire (MADO). Pour cette raison, les données sur l’infection sont très parcellaires durant cette période.

Quand il y a eu une flambée d’oreillons au milieu des années ’80, la maladie est revenue sur la liste des MADO. À ce moment, d’après la chercheuse Helen Trottier, l’incidence des oreillons avait chuté à 509 cas par année au Canada entre 1986 et 1995.

En 1996, les autorités, déterminés à en finir avec la maladie, ont adopté un nouveau programme d’immunisation comprenant deux doses. Ainsi, entre 1996 et 2000, seulement 200 cas ont été rapportés au Canada.

Malgré cela, des pics épidémiques continuent de se produire dans le monde comme ce fut le cas à Montréal d’octobre 1998 à mars 1999. La dernière éclosion d’importance remontait à 2010 avec quelque 674 cas répertoriés au Québec, d’après La Presse. L’éclosion avait débuté aux États-Unis dans la communauté juives hassidiques avant de se répandre au Québec au sein du même groupe, selon la Santé publique.

La majorité des cas récents sont signalés chez des jeunes n’ayant souvent reçu qu’une seule dose du vaccin.

Les États-Unis ont aussi connu une année 2016 occupée avec plus de 3000 cas rapportés contre un millier l’année précédente.

En dépit des efforts de vaccination, la population n’est donc pas à l’abri d’épidémies sporadiques d’oreillons. La surveillance constante de la maladie dans les milieux médicaux et le suivi de la double vaccination auprès de population à risque constituent encore aujourd’hui les moyens efficaces pour réduire l’incidence de cette maladie.

Flambée de tuberculose à Montréal

Le bacille de Koch

La Direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP) surveille de près une flambée de tuberculose sur son territoire. Entre le 11 septembre et le 8 octobre dernier, 11 nouveaux cas ont été déclarés portant à 90 le nombre de cas signalés depuis janvier. Explications.

par Alexandre Gagné

Dans son bulletin mensuel sur les maladies à déclaration obligatoire, la DRSP reconnaît que les nouveaux cas constituent un «excès» par rapport à la normale. Toutefois, la santé publique juge, à ce stade-ci, qu’il ne s’agit pas d’une situation «statistiquement significative». Les deux prochains mois diront si ces nouveaux cas vont hausser le nombre généralement observé dans la région de Montréal.

Parmi les cas signalés, on retrouve deux jeunes âgés de moins de 20 ans. Trois autres cas ont été identifiés chez des personnes entre 20 et 40 ans. Dans la majorité de cas, il s’agit d’hommes (8 cas sur 11) nés hors du Canada (9 cas sur 11).

Les personnes infectées présentaient, pour certains, un développement avancé de la maladie. Cinq personnes avaient une atteinte pulmonaire, trois une pleurésie, 2 une méningite et une autre avec une atteinte osseuse au niveau du sternum.

Fait étonnant, un des cas déclarés est survenu chez une personne âgée de plus de 90 ans. La santé publique croit qu’il s’agirait de la réactivation du bacille de Koch qui avait été traité en sanatorium il y a plus de 70 ans auparavant.

Opération de dépistage

Dans le réseau de la santé, chaque nouveau cas de tuberculose déclenche une importante opération pour retracer les personnes qui ont été en contact avec le malade. La DRSP confirme cette fois-ci que deux cas ont impliqué un tel dépistage.

Dans le premier cas, des tests tuberculiniques ont été faits chez les co-chambreurs et le personnel d’une résidence pour personnes âgées ainsi qu’auprès des chauffeurs ayant transporté régulièrement le malade à l’hôpital. Dans le deuxième cas, un adolescent, il a fallu tester certains élèves des écoles qu’il a fréquenté ainsi que des passagers d’un vol d’avion.

Il s’agit de l’intervention la plus importante depuis l’automne 2015 alors que la tuberculose avait été diagnostiquée chez un travailleur d’une entreprise de Montréal. Les tests réalisés avaient permis d’établir que 63% des 227 employés étaient porteurs de la maladie sous forme latente.

La Direction de la santé publique indiquait récemment dans un article de La Presse qu’une cinquantaine d’interventions du genre avaient été effectuées en milieu de travail depuis 10 ans.

Un «tueur silencieux»

La tuberculose existe depuis des siècles et n’a jamais vraiment été éradiquée. Au Québec, elle est à déclaration obligatoire depuis 1901. Dans certaines régions du monde, elle fait toujours des ravages considérables. Une personne en meurt toutes les 15 secondes sur la planète.

Si certains médias ou médecins parlent d’un «retour» de la maladie, particulièrement en Occident, d’autres spécialistes s’insurgent contre cette expression et indiquent plutôt que la tuberculose demeure depuis toujours un «tueur silencieux».

Il faut dire que le bacille de Koch (BK), responsable de la maladie, est différent des autres microbes. Il se reproduit lentement. Il est entouré d’une coque cireuse qui le protège, mais qui en même temps ralentit sa multiplication.

Quand le BK entre dans l’organisme, les anticorps se mettent en action aussitôt en isolant le microbe dans ce qu’on appelle le «tubercule». En botanique, c’est l’organe de réserve des plantes pour assurer leur survie l’hiver, comme la pomme de terre par exemple. En anatomie, c’est une sorte de petit nodule calcaire, une prison qui peut endormir la bactérie pendant des années. C’est la forme dite latente.

Pour bien des gens, la maladie va s’arrêter là. Seul signe notable, une cicatrice caractéristique au poumon visible aux rayons X. Pour les autres personnes, environ 5% des gens infectées, elles vont entrer dans la deuxième phase de la maladie quand les bacilles vont s’échapper du tubercule pour attaquer l’organisme à nouveau.

Via Radio-Canada

Les anticorps se souviennent alors plus rapidement de l’envahisseur et réagissent avec force. Et c’est bien là le problème. En combattant le bacille, ils détruisent en partie l’organe qu’ils défendent: les poumons.

Sous l’effet des anticorps, les tissus pulmonaires infectés se fluidifient et sont expulsés par la toux faisant apparaître des trous sur la parois de l’organe. Sans le recours aux antibiotiques, une tuberculose arrivée à ce stade entraîne la mort rapidement. Au cours de la maladie, des épisodes de bonne santé peuvent alterner avec des épisodes plus difficiles et une guérison spontanée est toujours possible.

Pendant longtemps dans l’histoire cette maladie était appelée la «peste blanche». Le bacille de Koch a été identifié en 1882, mais il a fallu attendre jusque dans les années 1940 et 1950 avant que les premiers antibiotiques ne soient mis au jour et utilisés sur les malades.

L’historienne Louise Côté qui a enquêté sur la tuberculose indique qu’entre 1896 et 1906, la maladie a emporté dans la province au moins 33 000 personnes. Pendant longtemps, la médecine restera dépourvue de moyens pour traiter les malades qui souffraient de problèmes respiratoires. Ce faisant, le gouvernement a construit des sanatoriums, souvent sur des collines, pour permettre aux tuberculeux de s’oxygéner.

Aujourd’hui, au Québec, la tuberculose infecte bon an mal an une centaine de personnes. Si la maladie est bien surveillée et contrôlée, elle n’en demeure pas moins un problème de santé publique qui nécessite la plus grande vigilance, car la recrudescence de cas résistants aux antibiotiques inquiètent au plus haut point le milieu médical.