Apple bonifie son offre en éducation

Le géant américain du numérique, Apple, annonce plusieurs nouveautés dédiées au milieu de l’enseignement, dont la sortie d’un nouvel iPad compatible avec le Apple Pencil. Les détails.

par Alexandre Gagné

C’est à Chicago que l’entreprise de la Silicon Valley a choisi cette fois de faire sa présentation qui, pour une rare fois, n’était pas retransmise en direct sur le Web.

D’entrée de jeu, le grand patron de l’entreprise, Tim Cook, a souligné que la présence d’Apple dans le milieu n’est pas vraiment récente.

L’entreprise indique que plus de 200 000 applications sur le Apple Store sont dédiées à l’éducation ou ont un fort potentiel d’utilisation dans un cadre pédagogique.

Un nouvel appareil

Rapidement, l’entreprise a confirmé la rumeur qui circulait depuis quelques jours. Apple annonce le lancement d’un nouvel iPad de format 9,7 pouces qui sera compatible avec le fameux « Apple Pencil » qui était jusqu’ici réservé aux propriétaires d’un iPad Pro.

Le nouvel appareil permettra plus de flexibilité pour les élèves qui souhaitent prendre des notes à la main, annoter des documents ou images et laisser aller leur créativité. Pour les enseignants, le nouvel appareil permettra d’offrir une rétroaction plus facilement à l’aide du « Apple Pencil », de corriger des productions écrites ou d’autres types de travaux.

Le nouvel iPad offre essentiellement les mêmes caractéristiques techniques que le iPad Pro. Il est déjà disponible en commande sur le site d’Apple Canada. Son prix de base a été fixé à 429$ pour le 32 Go d’espace et à 549$ pour le 128 Go. Évidemment, le « Apple Pencil » de même que le clavier Bluetooth sont vendus séparément.

Si le prix du stylet d’Apple, autour d’une centaine de dollars, peut paraitre élevé, sachez qu’Apple a conclu une entente avec un autre fournisseur pour offrir un autre produit, moins cher, mais tout aussi efficace.

Capture d’écran 2018-03-27 à 13.06.13
Via Twitter

Créer des livres sur iPad !

L’évolution du iPad entraîne aussi une série de mises à jour. Par exemple, les applications Pages, Keynote et Numbers vont désormais supporter le « Pencil ».  Cet ajout apportera de nouvelles possibilités dans l’utilisation du traitement de texte Pages.

Apple fait aussi évoluer son outil de création de livres numériques. Jusqu’à présent, iBooks Author nécessitait un ordinateur Mac ou Macbook. Aujourd’hui, Apple annonce que son traitement de textes Pages va permettra la création de livres numériques pour iBooks en gardant actif les éléments (audio et vidéo) d’interactivité comme dans iBooks Author.

Cette annonce permettra aux enseignants de créer et de faire créer aux élèves des livres ou magazines avec du contenu augmenté et bonifié. Les traditionnelles brochures de voyage pourront désormais se faire en cours de géographie avec du matériel dynamique. Au surplus, la création de ces livres peut se faire en collaboration par le biais de la synchronisation iCloud.

La réalité augmentée sous la main

Autre annonce importante d’Apple avec la sortie de ce nouvel iPad, c’est l’arrivée de la réalité augmentée comme fonction désormais incontournable dans les classes.

Ce qui est fascinant, c’est désormais la possibilité d’avoir des éléments en trois dimensions facilement accessibles. Par exemple, dans un cours de biologie, il sera possible de disséquer une grenouille sans aucune éclaboussure !

Bonne nouvelle aussi pour les enseignants et étudiants. Apple a décidé de bonifier son offre de stockage iCloud qui passera de 5 Go à 200 Go. Les modalités restent à confirmer, mais on croit que cela passera par les écoles et leur système appelé MDM (mobile device management).

Pour les enseignants

Le enseignants ne sont pas oubliés dans le processus. Il y déjà 2-3 ans, Apple a lancé l’application En Classe (Classroom en anglais) qui permet de superviser le travail des élèves dans une classe en temps réel.

Aujourd’hui, Apple annonce que l’application En Classe sera disponible et accessible sur un ordinateur Macbook dès le mois de juin en même temps que le lancement d’une nouvelle application appelée « Schoolwork», dont le lien (en anglais) fourni quelques éléments de démonstration.

https://twitter.com/reneritchie/status/978657780818038784

Cette nouvelle application, Schoolwork, veut centraliser le travail de l’enseignant. Un peu à l’image de son rival Google Classroom.

Avec Schoolwork, il sera possible d’attribuer des devoirs, de suivre les progrès des élèves, d’interagir avec d’autres applications spécifiques, le «ClassKit» dit Apple.

Par exemple, l’enseignant pourrait créer un quiz sur Kahoot, envoyer le lien aux élèves via Schoolwork et compiler les résultats pour éventuellement utiliser la note dans un bulletin scolaire.

Le produit est nouveau. Apple offrira sans doute des formations et des démonstrations dans les écoles où ses produits sont déjà déployés à grande échelle.

Apple se préoccupe également de la formation continue en proposant un programme d’apprentissage professionnel en ligne pour les enseignants qui veulent améliorer leurs compétences avec les outils de l’entreprise.

Capture d’écran 2018-03-27 à 13.26.50
Source: Apple.com

Par ailleurs, autant pour les élèves que pour les enseignants, Apple lancement officiellement dans les prochains mois un outil de formation appelé «Everyone can create». Il s’agit d’un programme d’accompagnement en ligne sur les outils d’Apple pour créer du matériel multimédia. On peut en apprendre plus ici.

Conclusion

Avec ces annonces, Apple entend donc bien demeurer présente dans le réseau de l’éducation qui lui assure une part des ventes de iPad. Au surplus, Apple investit malgré tout beaucoup de dollars dans le développement d’outils pour les élèves et les enseignants en plus d’offrir un accompagnement personnalisé dans la maitrise de ses applications.

L’arrivée d’une tablette moins dispendieuse et la possibilité d’intégrer le Apple Pencil, voire un clavier Bluetooth, reste donc une alternative de choix au traditionnel ordinateur.

L’introduction d’un outil numérique en classe demeure un défi de tout instant et l’utilisation d’une tablette ou d’un ordinateur doit avant tout répondre à une intention pédagogique ciblée afin d’évaluer la maitrise des compétences des élèves. Le risque d’utiliser cet outil en mode substitution est élevé, mais le potentiel d’une tablette ouvre assurément sur de nouveaux horizons vers la redéfinition de l’apprentissage.

lipad-en-classe-de-franais-5-638
Le modèle SAMR de l’utilisation des technologies en éducation
SAMR1
Exemple d’activités selon le modèle SAMR

Honolulu. Terminé le téléphone portable en traversant la rue!

Honolulu_01
Une policière au travail à Honolulu | Photo: A. Gagné

La ville d’Honolulu, dans l’État américain d’Hawaï, prend les grands moyens pour assurer la sécurité de ses piétons. À compter de ce mercredi, il est désormais interdit de traverser la rue en regardant son téléphone portable sous peine d,une amende pouvant atteindre 35 dollars.

par Alexandre Gagné

Aux États-Unis, cette décision est une première. Les autorités parlent d’une décision qui s’imposer pour lutter contre ceux qu’on appelle les « zombies des téléphones », ces gens rivés à leur écran en quasi permanence.

Un problème de « santé publique », selon plusieurs observateurs.

La mesure qui entre en vigueur aujourd’hui 25 octobre a été signée à la fin de juillet par le maire d’Honolulu, Kirk Caldwell. Selon ce nouveau règlement, «aucun piéton n’a le droit de traverser une rue ou une voie rapide en regardant un appareil électronique».

Honolulu_03.jpg
Vue du centre-ville d’Honolulu | Photo: A. Gagné

Seule exception, il demeure possible de parler au téléphone en traversant la rue, pour autant que le piéton regarde devant et autour de lui.

En 2016, l’association des gouverneurs d’États sur la sécurité des autoroutes (GHSA) a révélé que près de 6 000 piétons ont été tués par des voitures, soit environ 11% de plus qu’en 2015 et 22% de plus qu’en 2014.

D’autres villes américaines et certaines à travers le monde entendent observer le cas d’Honolulu et pourrait s’en inspirer pour élaborer leur propre législation en la matière.

Sources: agences de presse, observer.com  

++ À lire aussi: Retrouvez l’actualité des États-Unis ici

Vous avez aimé ? Merci de partager cet article !

Google Drive pour sauvegarder tout votre ordinateur ?

Google annonce le lancement le 28 juin d’un nouveau service qui permettra la sauvegarde de l’ensemble des données numériques de son ordinateur dans son service «Drive». Explications

par Alexandre Gagné

Le géant de Mountain View a dévoilé aujourd’hui son nouveau service appelé «Backup and Sync» (Sauvegarde et Synchronisation) qui sera disponible dans quelques jours pour nos ordinateurs, PC et Mac. Il s’agira en fait d’une application à installer sur son ordinateur.

Le service va graduellement remplacer l’application Google Drive ainsi que Google Photos Backup App et permettra une plus grande flexibilité dans la sauvegarde de ses données.

Source: Google

Google assure que ce nouvel outil permettra d’aider les utilisateurs à sauvegarder des fichiers et photos à partir de son ordinateur pour les rendre accessibles de partout.

On ne sait pas encore si Google permettra d’utiliser ce nouveau service pour synchroniser un même fichier depuis des postes de travail différents et si la capacité de notre espace de stockage, actuellement de 15 GO, sera augmentée.

Google devrait communiquer davantage de précision lors de l’activation du service, le 28 juin.

Entre temps, vous pouvez vous inscrire ici pour avoir l’avis d’installation du nouveau service.

Éditorial. Compressions scandaleuses à la BAnQ

 

Le site de la BAnQ

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) annonce une vaste réorganisation et des compressions qui se traduiront par des pertes d’emplois et une réduction de ses activités. Une décision inacceptable. Éditorial.

par Alexandre Gagné
C’est une annonce qui tombe, j’ose croire par hasard, le jour d’une éclipse médiatique. Le discours de Barack Obama vient occulter la décision de la BAnQ de procéder à une « réduction de sa masse salariale et à une révision de ses unités administratives ». Un geste, nous apprend Le Devoir, qui survient dans la foulée du dernier budget provincial.
Conséquence immédiate: 29 postes permanents sont supprimés avec une «optimisation », dit-on, de l’organigramme de direction, mais il y a pire. La BAnQ met fin, avant terme, au contrat de 11 employés occasionnels affectés aux activités de numérisation. S’il y a bien un secteur important actuellement au sein de l’institution qui ne mérite pas de subir pareil traitement, c’est bien celui-ci.
En 2008, bien avant plusieurs institutions publiques dans le monde, le géant de l’internet Google avait débuté la numérisation d’archives de journaux du monde entier dans son service News Archive. C’était alors une avancée fantastique pour des milliers de chercheurs en histoire, généalogistes et autres intervenants de la culture. Mais en 2011, la firme américaine a mis fin à son opération après avoir « scanné » 3,5 millions d’éditions de plus de 2000 journaux, dont plusieurs au Québec, dont une toute petite partie du journal Le Devoir. Cause de l’arrêt: une mésentente entre Google et les journaux sur les redevances et les droits d’auteurs.
Après cet épisode, plusieurs institutions publiques dans le monde ont lancé leur propre numérisation de journaux. La Bibliothèque du Congrès aux États-Unis, la France avec le projet Gallica et même la Suisse avec sa presse en ligne.

Le Québec n’était pas en reste. Il faut dire que la numérisation avait débuté timidement dès 2003, mais elle s’est effectuée à pas de tortue. À peine une quinzaine de journaux du passé avaient été numérisés sans compter d’autres ressources, photos, cartes et cartes postales anciennes.

En septembre 2014, l’adoption du Plan culturel numérique du Québec a permis à la BAnQ de toucher 5,2 millions à être dépensés sur 2 ans pour accroitre la cadence de la numérisation avec l’achat de nouveaux équipements.

Après cette annonce, j’avais écrit à la BAnQ pour savoir quand les archives de La Presse et du Devoir seraient mises en ligne. Pour Le Devoir, on m’avait répondu fin 2016. Or, il a fallu attendre au printemps 2017 pour voir enfin le journal disponible. La Presse a suivi, mais il manque encore de nombreuses années.
Plusieurs journaux régionaux importants se font aussi attendre encore.

Un gros budget…

Comment la BAnQ a utilisé son budget de 5,2 millions. Qu’en est-il ? Pourquoi annoncer une réduction de la numérisation à ce stade-ci ?
L’annonce a de quoi surprendre, mais surtout a de quoi choquer. Pour les nombreux chercheurs au Québec, la numérisation des archives est un besoin essentiel pour faire avancer la connaissance. L’accès à distance aux journaux anciens permet d’accélérer l’étude du passé, permet de réduire les déplacements partout au Québec et n’implique pas, pour la BAnQ, de maintenir du personnel en place pour donner accès aux vieux rouleaux de microfilms.
En entreprenant la numérisation de ses archives et des journaux québécois, la BAnQ a donné accès aux Québécois à une partie importante de leur histoire et a fait oeuvre de diffusion de la culture. C’est son mandat premier. La décision d’aujourd’hui, si elle se confirme bien, va complètement dans le sens contraire.
Le 24 mai dernier, la BanQ et l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) annonçaient un partenariat pour permettre justement à la BAnQ de numériser et diffuser des publications de l’organisme s’échelonnant sur 85 ans. Ce projet est-il compromis ?
Les nouvelles d’aujourd’hui ne rassurent pas alors que depuis trop longtemps le Québec et le Canada sont à la traîne en matière de numérisation. Les archives en ligne de Radio-Canada sont bien minces par rapport à celle de l’INA en France et on attend toujours une présence de Télé-Québec à ce chapitre.
Malgré des propos plein de bonne volonté exprimés par la directrice de la collection nationale, la BAnQ doit préciser sans tarder son plan quant à la numérisation des archives et fournir un calendrier. De son côté, le gouvernement Couillard doit expliquer pourquoi ces compressions surviennent alors que Québec investit dans le numérique et l’intelligence artificielle sans compter ce qu’il advient du 5,2 millions déjà annoncé.
Le Québec doit pouvoir compter sur des archives accessibles et variées. Il en va du mandat même de la BAnQ et de sa responsabilité comme institution publique.

Apple. Des nouveautés pour l’été 2017 !

WWDC 2017

Le géant de l’informatique, Apple, a dévoilé plusieurs nouveautés, ce lundi, à l’occasion de son rendez-vous annuel baptisé WWDC, l’Apple Worldwide Developers Conférence. Tour d’horizon.

par Alexandre Gagné

En direct du #RAQ – La réalité augmentée à Québec

Photo: A. Gagné

La Semaine numérique de Québec se termine aujourd’hui par la tenue de la Première conférence en réalité augmentée. Le #RAQ à Québec, c’est plus de 200 participants qui profitent d’une journée d’échange sur cette technologie en développement. 

++Voici l’événement en direct. Mises à jour fréquentes durant la journée.

par Alexandre Gagné

Photo: A. Gagné

8h00 – Arrivée des participants. Les organisateurs, Éric Harvey et Denis Boulanger du Centre en imagerie numérique et médias interactifs (CMMI), me disent que plus de 200 personnes sont inscrites à l’événement.

Plusieurs firmes et entreprises spécialisées dans le domaine du numérique et de la réalité augmentée ont installée un kiosque pour présenter leur technologie et quelques projets.

8h15 – Je découvre le kiosque de la firme « Réalisations inc. » installée rue Saint-Urbain à Montréal. C’est cette firme qui travaille avec Moment Factory à l’éclairage du pont Jacques-Cartier. « Réalisations inc. » s’occupe de la récolte des données et du traitement des informations pour moduler l’éclairage du pont en fonction de la météo, du trafic ou d’autres événements.

Photo: A. Gagné

À son kiosque, l’entreprise présente une table sur laquelle se trouve un grand tableau tactile virtuel où il est possible de cliquer pour sélectionner des contenus qui sont projetés sur un écran (image ci-contre). L’entreprise développe des contenus pour différents clients à travers le monde.

Pour Desjardins à Lévis, ils ont conçu une table interactif sur le mouvement Desjardins.

Pour créer son interactivité, « Réalisations inc. » utilise de gros projecteurs ainsi qu’un appareil de détection de mouvements. Le vice-président, Daniel Labonté, explique qu’il est aussi possible de rendre n’importe quelle surface interactive, voire le plancher sous nos pieds.

Les possibilités d’un tel outil sont immenses pour rendre ludique des apprentissages et plus accessible de l’information.

Photo: A. Gagné

8h30 – Je m’arrête à un kiosque où je remarque des images de mon coin de pays. Sur un petit moniteur, le sous-marin Onondaga qui est exposé au Musée de la mer de Pointe-au-Père, à Rimouski.

L’ingénieur Jérémie Kaltenmark, du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique, m’explique qu’ils ont filmé le sous-marin afin de créer une expérience augmentée pour les visiteurs. Ces derniers après la visite de l’intérieur peuvent poursuivre leur exploration du sous-marin à l’aide de leur appareil mobile.

Une couche d’information vient se superposer à l’image pour enrichir la visite. Un produit à essayer lors de votre prochaine sortie dans le Bas-Saint-Laurent.

8h45 – Il y a un peu de retard. La conférence d’ouverture va débuter plus tard.

9h00 – La conférence débute par une vidéo souvenir… «Au-delà du réel» c’est le thème, mais c’est aussi une ancienne série télévisée…

9h15 – La première conférence débute. Awane Jones est le président de Zone 3 Virtual reality (VR) et fondateur de Merchlar une nouvelle compagnie montréalaise spécialisée dans la réalité augmentée. Jones explique s’être heurté à des portes closes quand il a démarré sa compagnie et qu’il a souhaité obtenir un appui financier. Après un premier projet et l’amélioration de son plan d’affaires, il a réussi à se faire connaître et avoir enfin la reconnaissance recherchée.

Photo: A. Gagné

++ À voir: Les projets de Merchlar

Jones affirme que 9 compagnies sur 10 ne sont pas prêtes à faire face à la révolution techno qui est en cours. Au plan marketing, il explique que les stratégies pour rejoindre les jeunes ne sont clairement plus les mêmes que pour atteindre les baby-boomers.

À retenir pour les jeunes entrepreneurs dit Awane Jones: « plus votre produit est spécialisé, plus vous devrez l’exporter ». Il estime que les entreprises peuvent compter sur de nombreux cerveaux qui sortent à chaque fin de session des cinq universités québécoises.

9h50 – Denis Boulanger et Éric Harvey du Centre d’imagerie numérique et médias interactifs (CMMI) font le point sur les recherches en cours.

Denis Boulanger explique que la réalité augmentée ne date pas d’hier. Un exemple, la fameuse ligne jaune au football qui permet de suivre le porteur de ballon lors de la télédiffusion des matchs. M. Boulanger fait un bref historique et explique ce qu’est la réalité augmentée.

Photo: A. Gagné

De son côté, Éric Harvey expose les différentes technologies utilisées et notamment les lunettes HoloLens de Microsoft qui présentent, selon lui, un fort potentiel. Il parle de quelques projets menés, comme le développement d’une modélisation de l’épave de l’Empress of Ireland qui a coulé au large de Sainte-Luce le 29 mai 1914 faisant 1012 victimes.

Il montre aussi une application que les sommeliers vont aimer. Il s’agit d’appliquer une couche d’information sur les bouteilles de vin ou dans la cave à vin. Ainsi, il devient possible d’avoir un détail complet du contenu d’une bouteille et des propriétés du vin.

Le CMMI travaille aussi avec CAE Santé sur le projet de simulateur diagnostique, un outil de  formation en soins de santé où les étudiants apprennent à ausculter un malade avec une paire de HoloLens.

Les villes augmentées

Photo: A. Gagné

10h15 – La conférence de Sylvie Daniel de l’Université Laval qui vient faire le point l’usage de la réalité augmentée en extérieur et notamment dans un cadre urbain.

D’emblée, Mme Daniel explique qu’on retrouve beaucoup de projets en réalité augmentée dans le cadre de projets de reconstitution historique. «Voir les villes dans la passé en déambulant dans une ville», explique-t-elle. Un bel exemple de ce concept, c’est Montréal en Histoires qui a utilisé l’environnement urbain pour son projet.

Sylvie Daniel lance un message aux autorités municipales. Il faut, dit-elle, prévoir désormais construire des infrastructures urbaines qui intègrent les éléments permettant la réalité augmentée car, ajoute-t-elle, cela représente un fort potentiel économique. « Mais nous en sommes pas encore là », regrette-t-elle.

Photo: A. Gagné

Exemples du bénéfice de la réalité en zone urbain. Dans le domaine de la construction, il est possible d’utiliser la réalité augmentée pour visualiser l’impact qu’aura un bâtiment dans l’environnement urbain avant même que le projet soit complété. Pour des entrepreneurs ou des villes, la réalité augmentée permet de visualiser les infrastructures souterraines avant d’excaver ici ou là, grâce aux données et marqueurs de géolocalisation disponibles. On pourrait utiliser cette technologie pour visualiser le passage d’une ligne de métro, projet qui a d’ailleurs été réalisé en Europe.

Photo: A. Gagné

Sylvie Daniel donne aussi d’autres exemples d’utilisation en extérieur, comme avec le jeu La compagnie australienne Maptek utilise la réalité augmentée pour offrir des solutions à des entreprises minières. Il y a aussi le projet de la firme Miralupa où une modélisation 3D d’un lieu a permis la reconstitution historique de bâtiments.
Ingress, précurseur de Pokemon Go où géolocalisation est très présente.

10h45 – La pause est bienvenue!

11h00 – C’est autour de Mathieu Benoit d’Arcane Technologies de venir partager son expérience dans un domaine où il faut savoir dépasser le stade du « hype » pour que les technologies soient adoptées par la masse.

Après 10 ans de développement, M. Benoit pose la question: «la réalité augmentée, c’est parti, y’a-t-il un marché ? Une vague ? ». Oui, dit-il, parce qu’on voit que des géants, comme Google et Microsoft s’y intéressent.

Photo: A. Gagné

La réalité augmentée, selon lui, intéresse le grand public. Il cite l’utilisation de Google Translate qui permet facilement du traduire des affichages et du texte à partir de son appareil photo. Il donne aussi l’exemple de Snapchat où les jeunes aiment bien se mettre en scène avec des calques variés.

À Québec, Arcane a travaillé avec le Musée de la civilisation pour développer un périple au coeur de la colonie à l’époque de la Nouvelle-France.

Mathieu Benoit voit beaucoup de possibilités dans le domaine des entreprises industrielles où la réalité augmentée permet aux employés de se former à de nouveaux outils, appareils ou façons de faire.

Un participant à la conférence a question le fait que de nombreuses entreprises sont relativement méfiantes envers des solutions de réalité augmentée que des firmes leur présentent. On craint d’investir et les outils sont trop souvent associés au jeu.

Des produits pour l’éducation ?

Photo: A. Gagné

11h32 – Harold Dumur, président de la firme d’OVA estime qu’après l’ère du PC, du web et du mobile, c’est maintenant le temps du « VR ».

Pour les développeurs, ce qu’il faut mettre en place, estime M. Dumur, c’est un produit « full interaction» et « zéro instruction ».

M. Dumur dit revenir d’une conférence sur la réalité virtuelle de Shenzhen en Chine. Selon ce qu’il a observé, les secteurs de l’éducation et du divertissement seront les domaines où la réalité virtuelle va progresser considérablement en Chine à l’horizon 2020, notamment grâce à des partenariats public-privé. Il estime que le marché chinois est de loin le plus intéressant actuellement…et ne voit, malheureusement, pas encore le Québec comme un marché d’avenir.

Exemple d’une salle de classe en Chine

En éducation, M. Dumur donne l’exemple d’un cours de chimie où l’enseignant, au centre de la classe,   est entouré des élèves portant leur casque de réalité virtuelle pour mener des expériences et réaliser différents apprentissages.

Photo: A. Gagné

12h00 – Autour des représentants de Frima Studio, Luc Beaulieu et Jean-Philippe Doiron, de venir présenter leur vision de la réalité augmentée dans le secteur du divertissement.

Dans le passé, les jeunes utilisaient des objets physiques pour s’inventer des histoires, des mondes. Aujourd’hui, avec les appareils intelligents, il est possible de partir des mondes virtuels pour manipuler ensuite des objets physiques. Les conférenciers donnent l’exemple des nouveaux jouets de Disney ou d’autres firmes, les « smart toys » qui sont reliés par des puces RFID avec des applications. Une manipulation, un déplacement du jouet permet, dans l’application, de débloquer des niveaux de jeu.

On présente ensuite les produits d’avenir, comme le VRcade, un casque léger qui permet de vivre de nombreuses aventures. Selon eux, le développement de jeux dans des environnements d’ « hyper reality » créant une immersion totale constituent une voie d’avenir fort prometteuse. Exemple: les produits développés par la firme The Void.

Avec des lunettes virtuelles, un enfant pourrait se livrer à différents jeux dans le salon familial. Avec une application sur sa tablette numérique, un parent pourrait suivre son enfant et voir l’action en temps réel, « une belle façon de rendre le jeu plus social », croit Jean-Philippe Doiron de Frima Studio.

Démo d’un jeu en hyper reality

12h45 – C’est l’heure du lunch.

14h00 – Comment augmenter sa productivité grâce à la réalité augmentée et à la réalité virtuelle. C’est le propos de Bertrand Nepveu de Vrvana.

Photo: A. Gagné

L’entreprise montréalaise qu’il dirige depuis 10 ans compte aujourd’hui 18 employés, mais ce n’est que depuis deux ans que Vrnava s’intéresse à la réalité augmentée notamment avec son casque Totem. Il estime que cette technologie va changer le monde.

Pourquoi ? Parce qu’elle facilite la formation, notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière qu’il donne en exemple. La réalité augmentée permet, dit-il, d’inclure des instructions pendant que le travailleur ou technicien est au travail.

Dans le domaine militaire, son entreprise a visité un sous-traitant de l’armée américaine en Floride.  Pour former les agents spéciaux, la réalité augmentée portable (l’équipement est dans un sac à dos) permettrait d’aller la tâche de former des dizaines de personne. Les caméras que portent les agents ajoutent une couche d’informations sur l’ennemi ou son environnement.

Un autre secteur en développement, selon M. Nepveu, c’est celui des simulateurs et notamment dans le domaine aérien.

Protéger ses droits d’auteur…de code!

14h25 – Avec l’arrivée de la réalité augmentée et virtuelle, la question de la propriété intellectuelle se pose de plus en plus. C’est le propos de Vincent Bergeron du cabinet Robic de Québec.

Photo: A. Gagné

D’emblée, M. Bergeron le dit. Les programmes, logiciels ou applications développés au Canada sont protégés par la Loi sur le droit d’auteur (LDA). Pourquoi? Parce que derrière ces outils, il y a des lignes de code, du texte, comme dans un livre. Pour lui, cette question est désormais un enjeu majeur dans l’industrie du numérique.

Au Canada, rappelle-t-il, les oeuvres originales sont protégées quasi de façon automatique. Par contre, les données brutes ne sont pas protégées. C’est l’usage que l’on va en faire qui le sera.

Quant à la période de protection des oeuvres et des droits, elle est actuellement de 50 ans au Canada. Bientôt, à la suite d’une entente avec l’Union européenne, cette période passera à 70 ans avant que l’oeuvre ne passe dans le domaine public.

Dans une entreprise en démarrage, qui est propriétaire du droit d’auteur? C’est une question à laquelle les entreprises doivent s’intéresser car il n’est pas rare de recourir à des employés temporaires ou des sous-traitants pour réaliser des projets. Or, dit Vincent Bergeron, les entreprises doivent prévoir faire signer une cession des droits à ces employés pour éviter des recours.

Photo: A. Gagné

15h15 – Le chercheur de l’Université Laval, Denis Laurendeau, aborde l’usage de la réalité virtuelle et augmentée couplée à des dispositifs physiques et électriques pour créer une expérience immersive.

Le spécialiste présente différents outils qui peuvent servir dans des environnements virtuels. Premier cas: un gant pour manipuler des objets dans l’environnement virtuel. Ce n’est pas donné à tous d’avoir ce gant puisqu’il est vendu 20 000$ par main.

Autre objet, le fameux Leap Motion qui peut être utilisé pour manipuler un tableau de contrôle. Le chercheur, qui travaille en numérisation 3D, a aussi présenté le rôle que peut jouer la réalité virtuelle pour la télé-manipulation de robots.

15h45 – La pause de l’après-midi est apprécie des participants.

16h05 – Le directeur de la recherche chez Bentley Systems, Stéphane Côté, estime que la réalité augmentée présente un grand potentiel pour faciliter la conception, la construction et la gestion des infrastructures civiles. C’est l’essentiel de sa présentation.

Photo: A. Gagné

Routes, aqueducs, égouts. réseau électrique, voilà des infrastructures qui pourraient trouver avantages à utiliser la réalité augmentée ou virtuelle, selon M. Côté. Par exemple, avec sa tablette, un employé municipal pourrait retrouver les informations cadastrales un superposition sur l’extérieur des maisons.

L’expert est d’avis que les constructeurs de bâtiments devraient filmer et numériser la vue sans les murs afin de faciliter les réparations futures. Ainsi, avec des HoloLens, un entrepreneur pourrait ainsi « voir à travers » les murs pour accélérer l’accès au réseau électrique, gazier ou autre.

Stéphane Côté croit aussi qu’en filmant à l’aide d’un drone — ce que sa compagnie a fait — des bâtiments en construction il serait plus facile de suivre leur évolution dans le temps ou de donner des perspectives nouvelles aux ingénieurs et architectes quand vient le temps d’ajouter un étage ou de faire des modifications à l’immeuble.

Le spécialiste croit que l’éducation sera profondément transformée par la réalité virtuelle et augmentée. Selon lui, dans un avenir rapproché, il sera moins nécessaire d’aller à l’école sur une longue période de temps. L’apprentissage en continue pourra être possible à l’aide d’assistant personnel, sorte de prof 3D qui pourra enseigner, montrer et encourager le travailleur du futur. De cette façon, un travailleur qui n’a pas été formé pour une tâche précise trouvera désormais des réponses à ses questions.

16h30 – Malgré la place que prennent les technologies, il ne faut pas oublier l’humain, dit maintenant Jean-Frédéric Réal de l’entreprise française Scalian.

Équiper un opérateur de dispositifs intelligents portés sur soi, dotés d’afficheurs tête haute, de module de communication, de solutions d’interaction pour commander des transactions digitales, permet de lui construire une bulle digitale dans son environnement de travail réel. 

Dans la mesure où l’opérateur lui-même a pu, caractériser les phases où il pouvait se sentir en difficulté, définir les informations et choisir des moyens d’interaction les plus naturels et les plus adaptés à son environnement, il sera alors possible de mesurer une augmentation de la réalité.

17h00 – La dernière conférence de cette longue journée est celle de Luc Courchesne de la Société des Arts technologiques (SAT).

C’est ici que se termine cette couverture de la journée fort enrichissante en innovation.

Mastodon. Un nouveau réseau social concurrent de Twitter ?

Un nouveau réseau social vient d’émerger dans l’univers numérique. Apparu en octobre, Mastodon vient de prend son envol depuis quelques jours après que des médias européens et américains se soient intéressés à cette naissance. Le point.

Par Alexandre Gagné

Mastodon se pose en véritable concurrent de Twitter, tellement que depuis que le « buzz » a débuté, la valeur de l’action de l’oiseau bleu chute en bourse.

L’action de Twitter est passée de 15,04$ US le 29 mars à 14,53$ US à la clôture de ce 5 avril.

Chute de l’action de Twitter en bourse

Qu’est-ce donc qui fait trembler Twitter ? Quel est ce nouveau réseau ? Pour vous le faire découvrir, voici un modeste reportage sur la naissance de ce qui pourrait devenir un véritable mastodonte du web:

Via Youtube

Pour aller plus loin sur le sujet, voici quelques ressources de référence:

Débuter sur Mastodon: 9 questions pour tout comprendre  (Numerama)

Mastodon: le nouveau Twitter ? (Geekzone)

Mastodon. C’est quoi ce truc ? (Aldarone)

Toute la presse en parle… (via Google Actualités)