Nouvelle alerte mondiale sur le climat

La Banque mondiale (BM) et des chercheurs britanniques ont lancé, ce mercredi, une nouvelle mise en garde sérieuse contre une hausse possible de 2°C de la température du globe qui pourrait être mesurée dans un peu moins de 30 ans, dès 2040.

État de situation par Alexandre Gagné

Le temps est compté. La menace est plus que probable. Ce qui était, il n’y a pas si longtemps, un scénario du pire se dessine de plus en plus comme la trame de fond d’un avenir pas si lointain.

Les prévisions émises par la BM sont basées sur un réchauffement planétaire de 2°C par rapport aux niveaux d’avant la révolution industrielle. Or, aujourd’hui, la planète est déjà à +0,8°C, tout près du seuil du premier degré d’augmentation. Et rien n’indique, à ce stade-ci que la tendance actuelle pourra être renversée.

À ce niveau, «pénuries alimentaires, inondations, vagues de chaleur sans précédent et ouragans plus violents sont à prévoir», au risque de ralentir, voire d’anéantir les efforts de lutte contre la pauvreté dans le monde, clame la BM.


Crise en Afrique et en Asie

Premier continent touché: l’Afrique. «Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et d’autres cultures importantes et ainsi menacer la sécurité alimentaire des pays pauvres», prévient la BM.

Dans un tel contexte, l’institution s’attend à un recul de 10% de la production agricole en Afrique d’ici l’an 2050. Mais il y a pire, dans la décennie 2030, 40% des terres dédiées à la culture du maïs seraient déjà «inutilisables» faisant ainsi grimper la part des populations en état de malnutrition de 25% à 90% dans certains états africains.

Une telle crise aurait des répercussions majeures, au nord de l’hémisphère, sur la production agricole qui subi déjà de fortes pressions, notamment par l’utilisation accrue des organismes génétiquement modifiés (OGM) et d’insecticides/herbicides toujours plus puissants.

L’Asie ne serait pas non plus épargnée par la crise. Des inondations importantes comme celles ayant frappée le Pakistan en 2010 pourraient devenir «monnaie courante» dit la BM. Des vagues de chaleur et des sécheresses pourraient frapper plus fréquemment l’Inde qui deviendra au milieu du siècle le pays le plus peuplé du globe devant la Chine. En Asie du Sud-Est, la Banque mondiale dit craindre une augmentation des typhons et cyclones et évoque même l’inondation d’une grande partie de Bangkok, en Thaïlande, dans les années 2030.

L’organisation émet de sérieux doutes sur la capacité des pays à mettre un frein aux émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Les négociations sur le climat amorcées en 1995 sont actuellement au point mort et ne reprendront pas avant 2015, lors d’une conférence prévue à Paris. En cas d’échec ou de retard, la BM table sur une augmentation de 4°C de la température d’ici 2080, ce qui aurait des conséquences catastrophiques aux quatre coins du globe.


Fonte du pergélisol

Un des premiers signes de réalisation du scénario sera visiblement la fonte du pergélisol en Arctique qui «pourrait commencer à dégeler d’ici 10 à 30 ans», ont révélé des chercheurs britanniques, ce mercredi. Les scientifiques du Département des sciences de la terre de l’Université d’Oxford, en Grande-Bretagne, affirment qu’une telle fonte va libérer des gaz à effet de serre et ainsi aggraver le réchauffement climatique.

Selon ces spécialistes, la fonte devrait débuter à partir d’une hausse globale de +1,5°C de la température mondiale. Pour eux aussi, le monde devra se préparer au pire, car «les actions prises jusqu’à présent place la Terre sur une trajectoire de +3°C à +5°C».


La ville de Londres menacée

Les graves inondations que connaissent actuellement l’Europe du Nord et le sud-ouest de la France font dire à plusieurs observateurs que le processus de réchauffement climatique est déjà bien en marche. Autre preuve, en Inde, où la mousson est arrivée cette année avec deux semaines d’avance. Du jamais vue. Et les précipitations sont déjà trois fois supérieur à la normale en cette période de l’année.

Source: Le Monde.fr

Même à Londres, les autorités sont inquiètes devant la montée des eaux en provenance de l’embouchure de la Tamise. Pour juguler le niveau d’eau du fleuve, un système d’écluse a été mis en place en 1982.

L’ouvrage a été utilisé 125 fois depuis son ouverture, soit en moyenne 4 fois par année. Or, depuis le début de 2013, le système a déjà été actionné à cinq reprises. Ce système pourrait donc bientôt ne pas suffire en cas de pluies diluviennes et provoquer l’inondation de Londres.


Quelques vidéos de la situation dans le monde

Inondations à Lourdes
Inondations en Haute-Garonne

Inondations en Inde 

Sources: AP, AFP, Le Monde, Youtube

Tempête en vue !

Moins de 5 jours après le début officielle de la saison des tornades, voilà que la première tempête tropicale de la saison pointe le bout du nez.

Première région menacée: la Floride, comme le montre la trajectoire prévue par la NOAA, l’agence américaine de météorologie.

On peut retrouver sur son site, les différentes cartes ainsi que les prévisions pour les prochaines heures.

Fait inquiétant, la tempête longera la côte est américaine et pourrait bien apporter passablement d’eau dans une région déjà bien arrosée ces dernières semaines, notamment avec la fonte de la neige qui a été très abondante cet hiver.

Toutefois, vu la proximité de la tempête avec la côte, il est peu probable qu’Andréa devienne un ouragan, du moins à ce stade-ci.

2012: L’horloge de la fin du monde avancée

Le Bulletin of the Atomic Scientists (BAS) a avancé, ce matin, d’une minute l’horloge symbolique qui rapproche le monde d’une catastrophe nucléaire. Il est désormais minuit moins cinq, selon la « Doomsday clock ».


PAR ALEXANDRE GAGNÉ

L’horloge de la fin du monde

Le BAS a pris cette décision de rapprocher le monde d’un incident nucléaire majeur parce qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé en matière de réduction des armes nucléaire, de leur prolifération et de l’inaction persistante des gouvernements sur la question du réchauffement climatique.

Le BAS a été fondé en 1945 par des scientifiques de l’Université de Chicago qui ont collaboré au développement de la première bombe atomique dans le projet Mahattan. Plus tard, en 1947, le groupe a mis sur pied l’horloge de la fin du monde (Doomsday Clock) pour mesurer le risque nucléaire où minuit représente l’apocalypse.

La décision d’avancer l’horloge a été faite par le conseil d’administration du BAS de concert avec les gens qui supportent l’organisation parmi lesquels se trouvent 18 lauréats du prix Nobel.

Depuis sa création, l’horloge est devenu un indicateur universellement reconnu de la vulnérabilité du monde à une catastrophe nucléaire, aux changements climatiques et aux technologies nouvelles dans le domaine des sciences biologiques.

La dernière fois que l’aiguille de l’horloge avait bougé, c’était en janvier 2010 quand elle avait été reculée d’une minute. Pour l’organisation, le monde est revenu au même point qu’il y a deux ans et la menace ne semble pas faiblir.

Italie – L’Etna entre en éruption

Rome, 5 janvier 2012 (LesNews) — Le volcan du mont Etna est entré en éruption ce jeudi matin, selon des images relayées par les caméras de surveillance situées à proximité.

par Alexandre Gagné

Prise le 5 janvier 2012 à 5h11

L’activité éruptive a débuté vers 5 heures, heure locale, et consistait en une explosion de lave sur le cône sud-est. La fontaine de lave était bien visible et une coulée pouvait être observée sur les caméras relayées par une radio locale.

C’est la première activité strombolienne depuis le début de la nouvelle année pour ce volcan, le plus actif d’Europe. Le 3 décembre dernier, l’édifice volcanique avait produit un gros panache de gaz et cendres, libéré au niveau de la Bocca Nuova.

La dernière éruption majeure remontait au 15 novembre dernier et avait durée 2h30.  Les éruptions de l’Etna sont très fréquentes et même en phase plus calme il rejette d’énormes quantités de gaz depuis ses cratères sommitaux. Ces derniers sont au nombre de 4 : la Voragine (formée en 1947), la Bocca Nuova (née en 1968), le cratère nord-est (né en 1911) et le cratère sud-est (apparu en 1971).

Prise le 5 janvier à 6h20

Le risque majeur sur ce volcan demeure l’occurrence à moyen terme d’une éruption excentrique, c’est à dire sur les basses pentes du volcan, là où la densité de population est très élevée. La dernière de ce type s’est produite en 1669 et a entraîné la destruction partielle de la ville de Catane.

MISE À JOUR: En fin de journée, le 5 janvier, l’activité a fortement diminué sur l’Etna.

(Sources: Radio Studio 7, Activolcans)

Conférence sur le climat : trop peu, trop tard pour réduire le réchauffement de la Terre ?

Montréal, 11 décembre 2011 (LesNews) — C’est par un succès en demi-teinte que s’est conclue, tôt dimanche matin, la conférence sur le climat de Durban après 14 jours et deux nuits d’intenses négociations entre les représentants des quelque 190 pays participants.
par Alexandre Gagné

Que retenir ?

D’abord, le protocole de Kyoto, adopté en 1997 et en vigueur depuis 2005, est sauvé. L’accord qui fixe des objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) à une quarantaine de pays industrialisés, sauf les États-Unis, pourra se poursuivre après son expiration à la fin de 2012. L’Union européenne (UE) souhaitait un engagement ferme de tous les pays dans un nouvel accord juridiquement contraignant, mais les pays émergents, comme l’Inde, s’y sont farouchement opposés.    
Prolonger Kyoto était donc la seule solution à court terme. La durée de la deuxième période d’application de Kyoto (probablement 5 ou 8 ans) doit faire l’objet d’un nouveau débat l’an prochain, mais ce prolongement se fera sans le Canada, la Russie et le Japon qui ont décidé de se retirer de l’accord. Dans le contexte, Kyoto 2 ne concernera plus qu’environ 15% des émissions mondiales de GES.
Ensuite, pour satisfaire l’UE, les pays participants acceptent que soit établie une nouvelle « feuille de route » menant vers un nouvel accord global juridiquement contraignant pour tous les pays sans exception. Objectif visé : signer le nouveau texte en 2015 pour une entrée en vigueur dès 2020. Le défi est grand et impliquera de rallier pour de bon tous les pays à l’idée de contenir le réchauffement terrestre sous le seuil de 2ºC. La prochaine conférence sur le climat aura lieu, l’an prochain, au Qatar, ironiquement le plus grand émetteur de CO2 par habitant au monde.
Enfin, comme mécanisme de bonne conscience, les pays participants ont accepté de mettre en marche le Fonds vert, créé lors de la conférence de Cancun en 2010, visant à aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques. Il y a cependant un bémol. Le Fonds doit acheminer ses premiers montants dès 2013, mais personne ne sait encore comment il sera financé d’ici à 2020, date à partir de laquelle les pays industrialisés ont promis de verser chaque année une somme totale de 100 milliards de dollars. D’aucuns craignent déjà que le Fonds ne constitue à terme une énorme « coquille vide ».
 

Une catastrophe annoncée

Les organismes voués à la protection de l’environnement et plusieurs petits pays insulaires, menacés notamment par la montée des eaux, jugent que l’accord de Durban ne va pas assez loin. Pour Greenpeace Africa, dans une brève déclaration à l’issue de la conférence, un porte-parole a estimé que « les pollueurs ont gagné, les peuples ont perdu ».
De son côté, Oxfam, qui vient en aide aux populations touchées par la faim, est choqué par le peu de résultats obtenus à cette conférence. C’est « le strict minimum possible. L’accord va en-deçà de ce qu’exige l’urgence climatique », estime l’organisme.
Enfin, l’organisme québécois Équiterre a qualifié sur son site Internet l’entente de « décevante ». L’accord « n’en fait pas assez pour nous éloigner d’une augmentation des températures de 4 ºC, une augmentation qui nous mènera vers des changements climatiques dangereux », peut-on lire.
Alors que Kyoto visait une réduction des GES, c’est exactement le contraire qui est actuellement en train de se produire. Les émissions de CO2 ont atteint un record en 2010, avec une hausse mondiale de 5,9% par rapport à 2009. L’augmentation atteint même les 7,6% pour les pays en développement, selon une analyse d’experts publiée au début de la conférence de Duban.
La hausse de 2010 a été exceptionnelle en Chine avec 10,4% sur un an et en Inde avec 9,4%. Le classement place d’ailleurs la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie et le Japon comment étant toujours les cinq pays responsables de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Pas étonnant donc que ces pays, qui misent sur une reprise de la consommation pour s’éloigner d’une autre récession mondiale, soient toujours opposés à tout effort contraignant en matière environnemental.

La fin du pétrole, c’est pour quand ?

Montréal, 7 décembre 2011 (LesNews) — La fin du pétrole, c’est pour quand ? La question était sur les lèvres de plusieurs participants, cette semaine, au 20e Congrès pétrolier mondial qui se déroulait à Doha au Qatar. La fin du pétrole n’est pas pour demain. Entendre: pas à court ni moyen terme.

par Alexandre Gagné

          En fait, pour dire vrai, les réserves prouvées de pétrole ne diminuent pas. Selon la British Petroleum Statistical Review, elles augmentent même depuis quelques années. En 1990, elle étaient de 1,003 milliards avant d’augmenter légèrement pour atteindre 1,104 milliards en l’an 2000. Cependant, 10 ans plus tard, à la fin de 2010, elles avaient bondi pour dépasser 1,383 milliards de barils. Et le phénomène devrait se poursuivre, d’après les producteurs eux-mêmes.

          Si l’on considère qu’il s’est brûlé quelque 32 milliards de barils l’an dernier, le calcul devient vite facile. En 2053, dans 40 ans, il n’y aura plus de pétrole.

          C’est pourquoi les compagnies pétrolières s’activent pour pallier l’épuisement des gisements avant une explosion des coûts de production et d’exploration anticipées dans les prochaines années. L’enjeu est de taille. Comment fournir à la demande mondiale croissante, essentiellement concentrée dans les pays émergents, afin de maintenir un prix acceptable ?

Pétrole
Infographie: A. Gagné

          Seule solution: trouver de nouveaux gisements. L’attention se porte d’emblée sur les sables bitumineux de l’Ouest canadien, sur l’Afrique de l’Est, le Golfe de Guinée, les profondeurs du Golfe du Mexique, le sous-sol océanique en face du Brésil et l’Arctique. Mais déjà, parler d’une exploitation dans ses régions donne des maux de tête aux pétrolières, car les coûts d’exploration, puis d’exploitation seront énormes.

           Le temps presse, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale devrait dépasser les 99 millions de barils par jour en 2035. Pour l’heure, plusieurs régions demeurent encore inexplorées, même en Arabie saoudite, et les techniques actuelles ne permettent que l’extraction de 35% du pétrole dans un gisement, selon un expert présent au congrès de Doha. L’amélioration des techniques à court terme pourrait donc peut-être permettre de prolonger la vie des puits déjà en service et sauver, un temps, certaines régions d’une planète déjà fragilisée par notre appétit vorace en or noir.

Islande : une nouvelle catastrophe annoncée

Montréal, 3 décembre 2011 (LesNews) — Le plus dangereux volcan d’Islande, le Katla, montre d’inquiétants signes d’activité et son réveil pourrait provoquer une très importante éruption avec des conséquences majeures sur le climat de la Terre, croient plusieurs experts.

Depuis un mois, quelque 500 secousses sismiques de faible ou moyenne intensité ont été enregistrées autour du volcan qui est situé sous le glacier Mýrdalsjökull dans le sud du pays. Les volcanologues pensent que ces petits tremblements de terre sont provoqués par la montée du magma depuis le centre de la Terre.

Le danger est très grand, car le volcan d’une largeur de 10 km est complètement recouvert de glace. C’est là le principal élément de sa dangerosité, car cela en fait une immense marmite bouillante sur laquelle une importante quantité d’eau et de glace risque de se déverser en cas de rupture de la calotte glacière. L’explosion qui s’en suivrait pourrait projeter d’importants blocs de glace dans un très large périmètre et rejeter dans l’atmosphère des quantités impressionnantes d’acide sulfurique et de cendres suffisantes pour refroidir le climat de la planète.

C’est du moins ce qu’a déclaré, Ford Cochran, un spécialiste de la National Geographic dans une entrevue à la BBC. Selon lui, « les séismes enregistrés suggèrent certainement qu’une éruption est peut-être imminente ». (Reportage BBC)

L’observation du volcan s’est intensifiée depuis le 9 juillet dernier alors qu’une faible éruption du Katla a entrainé des inondations dans les plaines à proximité et de nombreux habitants ont senti des odeurs de sulfures dans la région. (Vidéo)

Depuis l’éruption du volcan du glacier Eyjafjöll en 2010 et du Grímsvötn en mai dernier, les volcanologues sont aux aguets, car tout le sous-sol du sud de l’Islande est inter-relié et l’éruption d’un de ces volcans et pratiquement toujours le signe annonciateur de l’éruption d’un autre souvent plus important.

L’histoire nous enseigne aussi que le volcan entre en éruption généralement tous les 40 à 80 ans. La dernière fois c’était en 1918. Le volcan serait donc dû pour relâcher la pression. En 1918, l’éruption était de catégorie 4 sur une échelle qui compte 9 niveaux d’intensité, soit une éruption cataclysmique. Mais le volcan est très instable et il est bien difficile de prédire comment sera cette fois l’éruption.

En 1783, la fracture du cratère du Laki, dans le sud de l’Islande qui comprend le Katla, avait entrainé une éruption pendant 8 mois, ce qui avait provoqué un mini-âge glaciaire dans l’hémisphère nord. Une situation qui a entrainé une grave famine dans toute l’Europe. Cette éruption est même vue comme l’une des causes directes de la Révolution française de 1789 alors qu’une grande partie de la population qui n’avait plus rien à manger a pris les armes pour réclamer du pain au roi.

Une éruption majeure pourrait donc à nouveau grandement perturber le trafic aérien mondial et la durée de l’éruption sera le seul élément à considérer quant à savoir si le climat mondial pourrait en subir les effets.

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