Volcan Agung: Chronologie des faits

L’éruption du volcan Agung en cours sur l’île indonésienne de Bali pourrait provoquer une baisse temporaire du climat mondial l’an prochain. Retour sur la chronologie des récents événements.

par Alexandre Gagné

Fin août – Apparition d’une activité sismique qui fait craindre aux autorités une éruption imminente.

22 septembre – Les autorités décrètent l’alerte maximale et ordonnent l’évacuation de 75 000 personnes dans un périmètre de 11 kilomètres autour du volcan.

24 septembre – L’AFP rapporte que plus de 34 000 personnes ont fui les alentours du volcan.

25 septembre – Le nombre d’évacués atteint près de 50 000 personnes. Près de 2000 vaches qui se trouvaient aux alentours ont été déplacées. Dans la journée, 564 secousses sismiques sont enregistrées.

26 septembre – Des camions d’aide d’urgence chargés de nourriture, 640 000 masques et de matériel de couchage arrivent à Bali. Plus de 75 000 personnes ont été évacués vers 377 centres d’évacuation dans 9 districts. Sur le volcan: augmentation des secousses.

28 septembre –  Le bilan des évacués atteint maintenant plus de 122 000 déplacés dans 500 centres d’hébergement. 10 000 animaux ont été déplacés. Entre minuit et midi, 125 séismes sont enregistrés.

29 septembre – La fumée blanche s’épaissie. On parle maintenant de 144 000 évacués. 165 secousses sont relevées entre minuit et midi. Des nuages d’acide sulfurique sont observés à une altitude allant de 50 à 200 mètres. 2 octobre – Les autorités demandent aux 75 000 personnes ne se trouvant pas dans la zone de danger immédiat de rentrer chez-eux, car les refuges débordent. Mi-octobre – Le volcan se calme. 29 octobre – Le niveau d’alerte autour du volcan a baissé d’un cran selon les autorités locales. Les habitants qui vivent à plus de 6 km du volcan peuvent rentrer chez-eux. 21 novembre – Le volcan émet un petit panache de cendres à environ 700 mètres de hauteur. L’activité reste modeste. Faibles explosions. Le niveau d’alerte volcanique demeure à 3. 22 novembre – Environ 30 000 personnes quittent leur domicile, incluant des gens qui étaient rentrés chez-eux après l’alerte de septembre. 25 novembre – Le volcan rejette des cendres jusqu’à 1500 mètres au-dessus de son sommet. Les personnes vivant à moins de 7,5 kilomètres ont été évacuées. 26 novembre – Agung continue de cracher de la fumée et des cendres provoquant des perturbations du trafic aérien. Les émissions de centre sont abondantes. La fumée s’élève à 4000 mètres d’altitude et contiennent une quantité importante de dioxyde de soufre (SO2). 15 vols ont été annulés dans l’après-midi à Denpasar. L’alerte rouge a été déclenchée.  Des chutes de cendres sont signalées dans plusieurs villages proches.

 

27 novembre – L’alerte maximale est décrétée. Les autorités ordonnent l’évacuation de 100 000 personnes habitant près du volcan. La zone d’évacuation a été élargie à 10 km autour de Agung. L’activité explosive continue. Le panache de fumée semble atteindre les 10 000 mètres d’altitude. L’aéroport de Bali a été fermé. La pluie qui tombe sur la région crée des coulées de cendre qui descendent jusque dans la plaine environnante. Le niveau d’alerte volcanique est porté à 4.

28 novembre – L’aéroport Ngurah Rai de Bali est fermé pour une 2e journée consécutive. Selon le Centre d’avis des cendres volcaniques de Darwin, les couloirs aériens sont pleins de cendres. Le dernier bilan fait état de 40 000 évacués. Environ 445 vols ont été annulés à l’aéroport de Denpasar affectant plus de 120 000 voyageurs, selon l’AFP. Les émissions de cendres sont continues. Sur le cratère, les images suggèrent qu’il y aurait deux évents différents (les ouvertures par où s’échappent de la vapeur d’eau (fumée blanche) et des cendres (fumée grise). L’activité sismique a repris en forte hausse. Un signal thermique a été repéré par les satellites d’observation preuve que le magma est arrivé en surface.

29 novembre – L’aéroport de Bali qui était fermé a rouvert en milieu d’après-midi à la faveur d’un changement de la direction des vents.

30 novembre – Des milliers de touristes étranger s’apprêtaient ce jeudi à quitter Bali. L’activité éruptive se poursuit, mais avec un peu moins d’intensité.

 

Volcan Agung. Risque d’un coup de froid sur le climat en 2018 ?

L’éruption du volcan indonésien Agung depuis le 21 novembre inquiète les experts du climat mondial. Si l’éruption prend de l’ampleur, les rejets dans l’atmosphère pourraient être suffisants pour amener une baisse des températures dès l’an prochain sur l’hémisphère Nord. Explications.

par Alexandre Gagné

L’été 2018 pourrait bien être très moche sur une grande partie de l’Amérique du Nord et de l’Europe. En cause: l’éruption en cours du volcan Agung sur la très touristique île de Bali.

Depuis le mois d’août, le volcan montrait sporadiquement des signes de réveil. Les premiers depuis la grande éruption de 1963 qui avait fait 1600 morts. Mardi dernier, le volcan éjecte un immense panache de cendres et de vapeur qui s’élève à 700 mètres au-dessus du volcan.

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Le 25 novembre, l’éruption s’intensifie. La lave remonte. Les éjections de cendres perturbent le trafic aérien. Les autorités ferment l’aéroport de Denpasar. Des évacuations massives sont ordonnées sur l’île.

QUELLES INQUIÉTUDES ?

Les volcanologues redoutent actuellement une augmentation de l’intensité de l’éruption. Des remontées de magma sont constatées. La terre tremble un peu plus. Tous les signes pointent vers une éruption prochaine de grande ampleur. Seul le temps le dira.

Mais déjà, des volcanologues, comme Patrick Allard de l’Institut de physique du globe de Paris, croient que cette éruption a le potentiel de provoquer des perturbations du climat.

« Si l’éruption prend de l’ampleur, sur la base de 1963, par exemple les colonnes montaient à 20 kilomètres d’altitude jusque dans la stratosphère et l’éruption a même eu un impact sur le climat pendant les deux années qui ont suivi avec un refroidissement de 0,2 à 0,4 degrés de l’hémisphère Nord », a-t-il confié en entrevue à Radio-Canada.

Il faut dire que le volcan Agung, dont le nom signifie « haute montagne » dans la langue locale, culmine à environ 3100 mètres d’altitude. Ses projections peuvent donc atteindre facilement la stratosphère où les courants ont la capacité de transporter les particules de dioxyde de soufre qui vont réduire le rayonnement solaire et ainsi entraîner une baisse des températures au sol.

DES PRÉCÉDENTS ?

Les scientifiques ont depuis longtemps observé des effets entre les éruptions volcaniques et des variations du climat, mais jusqu’à tout récemment peu d’études avaient documenté le phénomène. D’abord, il fallait un événement pour l’étudier. Ensuite, des équipement et des techniques pour le faire adéquatement.

L’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines le 9 juin 1991 a donné de la matière pour cette recherche. L’éruption du volcan est survenue après 600 ans d’inactivité. Les dommages dans un rayon de 25 kilomètres ont été considérables avec la démolition de 8000 maisons sans compter la mort de 850 personnes sur les 2 millions touchées.

La longue étude qui a suivi a permis de montrer que le volcan a injecté plus de 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère et provoqué un refroidissement global moyen de 0,4°C.

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Via meteo-paris.com

Les effets se sont sentir dès l’année suivante. En 1992, au Canada, l’été est froid et pluvieux. Un mauvais temps qui nuit aux récoltes ainsi qu’à l’industrie touristique. Même constat en France qui connaît un véritable « déluge » durant la période estivale, nous rappelle le site Meteo-Paris.com .

Les conséquences de l’éruption du Pinatubo vont mettre 2-3 ans à s’estomper.

L’ANNÉE SANS ÉTÉ

Le 5 avril 1815, un autre volcan de l’Indonésie, le Tambora, explose. C’est une des plus violentes éruptions de ce millénaire. On dénombre 70 000 morts dans les environs du volcan et un séisme associé provoque un tsunami sur les côtes de la mer de Java.

Dans l’hémisphère Nord, les effets de l’éruption se font sentir dès le mois d’août 1815. Au Canada, les récoltes sont compromises par des gelées très hâtives, mais c’est en 1816, l’année connue comme l’année sans été, que ses effets sont dévastateurs.

Sur tout le territoire du Bas-Canada, une chute dramatique des températures est observée. Des gelées sont rapportées pendant toute l’année 1816. L’angoisse s’empare de la population. Le 3 juin, une forte tempête de neige paralyse Montréal et Québec. La disette s’installe et les autorités coloniales doivent intervenir.

En France, les données météorologiques font aussi état d’un été gris et pluvieux. L’agriculture tourne au ralenti.

Auparavant dans l’histoire, l’éruption du volcan Laki en Islande, du 8 juin 1783 à février 1784 serait associée à plusieurs années de mauvaises récoltes en France. Une disette qui va conduire à des soulèvements…et à la Révolution de 1789.

L’éruption de l’Agung est donc à suivre de près. De très près même…

2018. Une hausse des séismes, selon des experts

Des scientifiques américains annoncent une augmentation des séismes violents dès l’an prochain après avoir découvert un lien entre le ralentissement sporadique de la rotation de la Terre et de puissants tremblements de terre.

par Alexandre Gagné

L’information provient des chercheurs Roger Bilham de l’Université du Colorado à Boulder et de Rebecca Bendick de l’Université du Montana. Les deux spécialistes ont écrit un article sur la question qu’ils ont présenté lors de l’assemblée annuelle de la Société américaine de géologie au début du mois de novembre.

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Bilham et Bendick ont examiné les données historiques des forts tremblements de terre enregistrés avant 1900 et ont trouvé cinq périodes où le nombre de séismes violents était significativement plus élevé que la normale.

Selon eux, pendant ces périodes, le nombre de grands séismes était de 25 à 30 alors qu’une quinzaine sont normalement enregistrés chaque année sur la planète.

Les chercheurs avancent que ces périodes suivent de 4 ou 5 ans un léger ralentissement observé dans la rotation de la Terre.

Or, d’après leurs observations et les données disponibles sur le dernier épisode de ralentissement de la rotation terrestre, ils affirment qu’une augmentation significative des séismes violents devrait survenir en 2018.

« Nous l’avons eue facile cette année…jusqu’à présent nous n’avons eu que six séismes majeurs. Nous pourrions facilement en avoir une vingtaine en 2018», a déclaré Bilham à The Observer.

Seuls les prochains moins diront si les avertissements des deux chercheurs se confirment.

Inde. L’air qui tue à New Delhi

Le niveau de pollution de l’air atteint un nouveau sommet dans la capitale indienne New Delhi et l’Association médicale du pays parle déjà d’une «urgence de santé publique».

par Alexandre Gagné

Mardi matin et encore aujourd’hui mercredi, New Delhi s’est réveillée plongée dans une purée toxique. Le brouillard de pollution est si important que la visibilité est considérablement réduite dans la ville.

Ce mardi, l’index de qualité de l’air a atteint le seuil critique de 448, soit beaucoup plus que lors du dernier épisode de pollution où l’index avait dépassé les 400 pour atteindre les 403.

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Index de la qualité de l’air

À la Une de la presse indienne, ce mercredi, le journal The Times of India titre en grosse lettre «Delhi, tu me tue». Le quotidien n’hésite pas à parler «d’airpocalypse» pour décrire la situation actuelle.

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Via The Time of India

 

La carte de suivi de la qualité de l’air en temps réel, mise en ligne par l’université américaine de Berkeley en Californie, montre bien l’ampleur du phénomène qui touche l’Inde, mais aussi de nombreuses villes chinoises.

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Les autorités s’attendent à une forte augmentation de la fréquentation des hôpitaux durant cet épisode de smog qui devrait se poursuivre encore toute la semaine.

Tempête d’automne sur le Québec

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Situation radar à 16h30 samedi

Le mois d’octobre prendra fin sur une tempête d’automne au Québec alors qu’un important système dépressionnaire traversera la province ce dimanche et lundi.

par Alexandre Gagné

La dépression apportera d’importantes quantités de pluie dans plusieurs régions de la province. En moyenne, une cinquantaine de millimètres sont attendus, mais certains secteur au nord du fleuve pourraient recevoir jusqu’à 100 millimètres.

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Via meteocentre.com

Selon la carte des précipitations, la région des Basses-Laurentides et celle de Lanaudière seraient les plus affectées.

Environnement Canada indique que la tempête va générer «des vents forts et possiblement violents lundi et mardi sur la plupart des régions du Québec».

Des pannes d’électricité sont donc à prévoir dans les régions les plus touchées. Les activités dans les aéroports de la province, dont celui de Montréal, risquent d’être aussi perturbées en début de semaine.

Point info vous offrira une couverture de cette tempête ce dimanche.

Le Japon menacé par le typhon Lam

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Vue des précipitations qui touchent actuellement le Japon.

Le typhon Lam a commencé à frapper le Japon, ce dimanche, alors que le pays était appelé aux urnes à l’occasion d’élections législatives anticipées.

par Alexandre Gagné

Le typhon, dont les vents dépassent les 200 km/h, est classé en catégorie 4. C’est l’un des plus puissants depuis ces dernières années.

Lam se trouve présentement dans le sud du pays et remontera graduellement vers le nord pour atteindre la capitale, Tokyo, lundi matin.

Depuis la Station spatiale internationale, l’astronaute Paolo Nespoli a pris ces photos qui montrent bien l’ampleur de la tempête.

Déjà, des pluies torrentielles frappent plusieurs secteurs de l’archipel nippon. Les services de secours se préparent au pire.

Les compagnies d’assurance prévoient déjà des dégâts de plus de 25 milliards de dollars.

Inde. Mesures draconiennes contre la pollution

L’Inde prend les grands moyens pour tenter de réduire la pollution atmosphérique qui atteint des sommets à New Delhi, nous apprend ce mercredi The Times of India.

par Alexandre Gagné

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via The Times of India

Jusqu’au 15 mars prochain, il est désormais interdit d’utiliser des génératrices fonctionnant au diesel dans la capitale. Les hôpitaux, le réseau de métro et les tours de téléphonie mobile sont cependant exclus de la mesure.

Pour diminuer la circulation, les tarifs de stationnement seront haussés de 3 à 4 fois leur prix actuel. Ces nouvelles mesures s’ajoutent à d’autres déjà en place, comme l’interdiction de brûler des déchets à ciel ouvert.

New Delhi connaît des épisodes de pollution sans précédent depuis quelques années. La saison hivernale qui approche fait craindre le pire aux autorités.

Pollution en Inde
Via aqicn.org

Déjà, selon les données du site de surveillance de la pollution mondiale, aqicn.org, New Delhi affiche un niveau de qualité de l’air de 482, une situation qui représente clairement un danger pour la population.

On peut en lire d’avantage sur la situation en Inde dans ces deux reportages réalisés par Radio-Canada et L’Express en tout début d’année.