Sommet du iPad en éducation: 5 ans déjà !

Le Sommet du iPad en éducation fête ses 5 ans cette année. Lancé en 2012, un an après la sortie du iPad d’Apple, l’événement est devenu un incontournable dans le milieu de l’éducation. 

par Alexandre Gagné

Initié par Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation, le Sommet du iPad est un rendez-vous de partage annuel pour la communauté de l’éducation. C’est un temps d’arrêt de deux jours pour faire le point sur l’avancement de la recherche dans le domaine, les nouvelles pratiques éducatives et l’intégration des technologies.

Si les premières années ont été marquées par la difficulté d’intégrer les technologies et le débat sur la pertinence ou non des iPad en classe, voilà que les échanges portent maintenant davantage sur la  formation des enseignants et la transformation des pratiques dans un environnement figé par le temps.

À l’occasion de la 5e édition, je vous propose ici, des extraits des deux conférences d’ouverture.

En direct du #RAQ – La réalité augmentée à Québec

Photo: A. Gagné

La Semaine numérique de Québec se termine aujourd’hui par la tenue de la Première conférence en réalité augmentée. Le #RAQ à Québec, c’est plus de 200 participants qui profitent d’une journée d’échange sur cette technologie en développement. 

++Voici l’événement en direct. Mises à jour fréquentes durant la journée.

par Alexandre Gagné

Photo: A. Gagné

8h00 – Arrivée des participants. Les organisateurs, Éric Harvey et Denis Boulanger du Centre en imagerie numérique et médias interactifs (CMMI), me disent que plus de 200 personnes sont inscrites à l’événement.

Plusieurs firmes et entreprises spécialisées dans le domaine du numérique et de la réalité augmentée ont installée un kiosque pour présenter leur technologie et quelques projets.

8h15 – Je découvre le kiosque de la firme « Réalisations inc. » installée rue Saint-Urbain à Montréal. C’est cette firme qui travaille avec Moment Factory à l’éclairage du pont Jacques-Cartier. « Réalisations inc. » s’occupe de la récolte des données et du traitement des informations pour moduler l’éclairage du pont en fonction de la météo, du trafic ou d’autres événements.

Photo: A. Gagné

À son kiosque, l’entreprise présente une table sur laquelle se trouve un grand tableau tactile virtuel où il est possible de cliquer pour sélectionner des contenus qui sont projetés sur un écran (image ci-contre). L’entreprise développe des contenus pour différents clients à travers le monde.

Pour Desjardins à Lévis, ils ont conçu une table interactif sur le mouvement Desjardins.

Pour créer son interactivité, « Réalisations inc. » utilise de gros projecteurs ainsi qu’un appareil de détection de mouvements. Le vice-président, Daniel Labonté, explique qu’il est aussi possible de rendre n’importe quelle surface interactive, voire le plancher sous nos pieds.

Les possibilités d’un tel outil sont immenses pour rendre ludique des apprentissages et plus accessible de l’information.

Photo: A. Gagné

8h30 – Je m’arrête à un kiosque où je remarque des images de mon coin de pays. Sur un petit moniteur, le sous-marin Onondaga qui est exposé au Musée de la mer de Pointe-au-Père, à Rimouski.

L’ingénieur Jérémie Kaltenmark, du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique, m’explique qu’ils ont filmé le sous-marin afin de créer une expérience augmentée pour les visiteurs. Ces derniers après la visite de l’intérieur peuvent poursuivre leur exploration du sous-marin à l’aide de leur appareil mobile.

Une couche d’information vient se superposer à l’image pour enrichir la visite. Un produit à essayer lors de votre prochaine sortie dans le Bas-Saint-Laurent.

8h45 – Il y a un peu de retard. La conférence d’ouverture va débuter plus tard.

9h00 – La conférence débute par une vidéo souvenir… «Au-delà du réel» c’est le thème, mais c’est aussi une ancienne série télévisée…

9h15 – La première conférence débute. Awane Jones est le président de Zone 3 Virtual reality (VR) et fondateur de Merchlar une nouvelle compagnie montréalaise spécialisée dans la réalité augmentée. Jones explique s’être heurté à des portes closes quand il a démarré sa compagnie et qu’il a souhaité obtenir un appui financier. Après un premier projet et l’amélioration de son plan d’affaires, il a réussi à se faire connaître et avoir enfin la reconnaissance recherchée.

Photo: A. Gagné

++ À voir: Les projets de Merchlar

Jones affirme que 9 compagnies sur 10 ne sont pas prêtes à faire face à la révolution techno qui est en cours. Au plan marketing, il explique que les stratégies pour rejoindre les jeunes ne sont clairement plus les mêmes que pour atteindre les baby-boomers.

À retenir pour les jeunes entrepreneurs dit Awane Jones: « plus votre produit est spécialisé, plus vous devrez l’exporter ». Il estime que les entreprises peuvent compter sur de nombreux cerveaux qui sortent à chaque fin de session des cinq universités québécoises.

9h50 – Denis Boulanger et Éric Harvey du Centre d’imagerie numérique et médias interactifs (CMMI) font le point sur les recherches en cours.

Denis Boulanger explique que la réalité augmentée ne date pas d’hier. Un exemple, la fameuse ligne jaune au football qui permet de suivre le porteur de ballon lors de la télédiffusion des matchs. M. Boulanger fait un bref historique et explique ce qu’est la réalité augmentée.

Photo: A. Gagné

De son côté, Éric Harvey expose les différentes technologies utilisées et notamment les lunettes HoloLens de Microsoft qui présentent, selon lui, un fort potentiel. Il parle de quelques projets menés, comme le développement d’une modélisation de l’épave de l’Empress of Ireland qui a coulé au large de Sainte-Luce le 29 mai 1914 faisant 1012 victimes.

Il montre aussi une application que les sommeliers vont aimer. Il s’agit d’appliquer une couche d’information sur les bouteilles de vin ou dans la cave à vin. Ainsi, il devient possible d’avoir un détail complet du contenu d’une bouteille et des propriétés du vin.

Le CMMI travaille aussi avec CAE Santé sur le projet de simulateur diagnostique, un outil de  formation en soins de santé où les étudiants apprennent à ausculter un malade avec une paire de HoloLens.

Les villes augmentées

Photo: A. Gagné

10h15 – La conférence de Sylvie Daniel de l’Université Laval qui vient faire le point l’usage de la réalité augmentée en extérieur et notamment dans un cadre urbain.

D’emblée, Mme Daniel explique qu’on retrouve beaucoup de projets en réalité augmentée dans le cadre de projets de reconstitution historique. «Voir les villes dans la passé en déambulant dans une ville», explique-t-elle. Un bel exemple de ce concept, c’est Montréal en Histoires qui a utilisé l’environnement urbain pour son projet.

Sylvie Daniel lance un message aux autorités municipales. Il faut, dit-elle, prévoir désormais construire des infrastructures urbaines qui intègrent les éléments permettant la réalité augmentée car, ajoute-t-elle, cela représente un fort potentiel économique. « Mais nous en sommes pas encore là », regrette-t-elle.

Photo: A. Gagné

Exemples du bénéfice de la réalité en zone urbain. Dans le domaine de la construction, il est possible d’utiliser la réalité augmentée pour visualiser l’impact qu’aura un bâtiment dans l’environnement urbain avant même que le projet soit complété. Pour des entrepreneurs ou des villes, la réalité augmentée permet de visualiser les infrastructures souterraines avant d’excaver ici ou là, grâce aux données et marqueurs de géolocalisation disponibles. On pourrait utiliser cette technologie pour visualiser le passage d’une ligne de métro, projet qui a d’ailleurs été réalisé en Europe.

Photo: A. Gagné

Sylvie Daniel donne aussi d’autres exemples d’utilisation en extérieur, comme avec le jeu La compagnie australienne Maptek utilise la réalité augmentée pour offrir des solutions à des entreprises minières. Il y a aussi le projet de la firme Miralupa où une modélisation 3D d’un lieu a permis la reconstitution historique de bâtiments.
Ingress, précurseur de Pokemon Go où géolocalisation est très présente.

10h45 – La pause est bienvenue!

11h00 – C’est autour de Mathieu Benoit d’Arcane Technologies de venir partager son expérience dans un domaine où il faut savoir dépasser le stade du « hype » pour que les technologies soient adoptées par la masse.

Après 10 ans de développement, M. Benoit pose la question: «la réalité augmentée, c’est parti, y’a-t-il un marché ? Une vague ? ». Oui, dit-il, parce qu’on voit que des géants, comme Google et Microsoft s’y intéressent.

Photo: A. Gagné

La réalité augmentée, selon lui, intéresse le grand public. Il cite l’utilisation de Google Translate qui permet facilement du traduire des affichages et du texte à partir de son appareil photo. Il donne aussi l’exemple de Snapchat où les jeunes aiment bien se mettre en scène avec des calques variés.

À Québec, Arcane a travaillé avec le Musée de la civilisation pour développer un périple au coeur de la colonie à l’époque de la Nouvelle-France.

Mathieu Benoit voit beaucoup de possibilités dans le domaine des entreprises industrielles où la réalité augmentée permet aux employés de se former à de nouveaux outils, appareils ou façons de faire.

Un participant à la conférence a question le fait que de nombreuses entreprises sont relativement méfiantes envers des solutions de réalité augmentée que des firmes leur présentent. On craint d’investir et les outils sont trop souvent associés au jeu.

Des produits pour l’éducation ?

Photo: A. Gagné

11h32 – Harold Dumur, président de la firme d’OVA estime qu’après l’ère du PC, du web et du mobile, c’est maintenant le temps du « VR ».

Pour les développeurs, ce qu’il faut mettre en place, estime M. Dumur, c’est un produit « full interaction» et « zéro instruction ».

M. Dumur dit revenir d’une conférence sur la réalité virtuelle de Shenzhen en Chine. Selon ce qu’il a observé, les secteurs de l’éducation et du divertissement seront les domaines où la réalité virtuelle va progresser considérablement en Chine à l’horizon 2020, notamment grâce à des partenariats public-privé. Il estime que le marché chinois est de loin le plus intéressant actuellement…et ne voit, malheureusement, pas encore le Québec comme un marché d’avenir.

Exemple d’une salle de classe en Chine

En éducation, M. Dumur donne l’exemple d’un cours de chimie où l’enseignant, au centre de la classe,   est entouré des élèves portant leur casque de réalité virtuelle pour mener des expériences et réaliser différents apprentissages.

Photo: A. Gagné

12h00 – Autour des représentants de Frima Studio, Luc Beaulieu et Jean-Philippe Doiron, de venir présenter leur vision de la réalité augmentée dans le secteur du divertissement.

Dans le passé, les jeunes utilisaient des objets physiques pour s’inventer des histoires, des mondes. Aujourd’hui, avec les appareils intelligents, il est possible de partir des mondes virtuels pour manipuler ensuite des objets physiques. Les conférenciers donnent l’exemple des nouveaux jouets de Disney ou d’autres firmes, les « smart toys » qui sont reliés par des puces RFID avec des applications. Une manipulation, un déplacement du jouet permet, dans l’application, de débloquer des niveaux de jeu.

On présente ensuite les produits d’avenir, comme le VRcade, un casque léger qui permet de vivre de nombreuses aventures. Selon eux, le développement de jeux dans des environnements d’ « hyper reality » créant une immersion totale constituent une voie d’avenir fort prometteuse. Exemple: les produits développés par la firme The Void.

Avec des lunettes virtuelles, un enfant pourrait se livrer à différents jeux dans le salon familial. Avec une application sur sa tablette numérique, un parent pourrait suivre son enfant et voir l’action en temps réel, « une belle façon de rendre le jeu plus social », croit Jean-Philippe Doiron de Frima Studio.

Démo d’un jeu en hyper reality

12h45 – C’est l’heure du lunch.

14h00 – Comment augmenter sa productivité grâce à la réalité augmentée et à la réalité virtuelle. C’est le propos de Bertrand Nepveu de Vrvana.

Photo: A. Gagné

L’entreprise montréalaise qu’il dirige depuis 10 ans compte aujourd’hui 18 employés, mais ce n’est que depuis deux ans que Vrnava s’intéresse à la réalité augmentée notamment avec son casque Totem. Il estime que cette technologie va changer le monde.

Pourquoi ? Parce qu’elle facilite la formation, notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière qu’il donne en exemple. La réalité augmentée permet, dit-il, d’inclure des instructions pendant que le travailleur ou technicien est au travail.

Dans le domaine militaire, son entreprise a visité un sous-traitant de l’armée américaine en Floride.  Pour former les agents spéciaux, la réalité augmentée portable (l’équipement est dans un sac à dos) permettrait d’aller la tâche de former des dizaines de personne. Les caméras que portent les agents ajoutent une couche d’informations sur l’ennemi ou son environnement.

Un autre secteur en développement, selon M. Nepveu, c’est celui des simulateurs et notamment dans le domaine aérien.

Protéger ses droits d’auteur…de code!

14h25 – Avec l’arrivée de la réalité augmentée et virtuelle, la question de la propriété intellectuelle se pose de plus en plus. C’est le propos de Vincent Bergeron du cabinet Robic de Québec.

Photo: A. Gagné

D’emblée, M. Bergeron le dit. Les programmes, logiciels ou applications développés au Canada sont protégés par la Loi sur le droit d’auteur (LDA). Pourquoi? Parce que derrière ces outils, il y a des lignes de code, du texte, comme dans un livre. Pour lui, cette question est désormais un enjeu majeur dans l’industrie du numérique.

Au Canada, rappelle-t-il, les oeuvres originales sont protégées quasi de façon automatique. Par contre, les données brutes ne sont pas protégées. C’est l’usage que l’on va en faire qui le sera.

Quant à la période de protection des oeuvres et des droits, elle est actuellement de 50 ans au Canada. Bientôt, à la suite d’une entente avec l’Union européenne, cette période passera à 70 ans avant que l’oeuvre ne passe dans le domaine public.

Dans une entreprise en démarrage, qui est propriétaire du droit d’auteur? C’est une question à laquelle les entreprises doivent s’intéresser car il n’est pas rare de recourir à des employés temporaires ou des sous-traitants pour réaliser des projets. Or, dit Vincent Bergeron, les entreprises doivent prévoir faire signer une cession des droits à ces employés pour éviter des recours.

Photo: A. Gagné

15h15 – Le chercheur de l’Université Laval, Denis Laurendeau, aborde l’usage de la réalité virtuelle et augmentée couplée à des dispositifs physiques et électriques pour créer une expérience immersive.

Le spécialiste présente différents outils qui peuvent servir dans des environnements virtuels. Premier cas: un gant pour manipuler des objets dans l’environnement virtuel. Ce n’est pas donné à tous d’avoir ce gant puisqu’il est vendu 20 000$ par main.

Autre objet, le fameux Leap Motion qui peut être utilisé pour manipuler un tableau de contrôle. Le chercheur, qui travaille en numérisation 3D, a aussi présenté le rôle que peut jouer la réalité virtuelle pour la télé-manipulation de robots.

15h45 – La pause de l’après-midi est apprécie des participants.

16h05 – Le directeur de la recherche chez Bentley Systems, Stéphane Côté, estime que la réalité augmentée présente un grand potentiel pour faciliter la conception, la construction et la gestion des infrastructures civiles. C’est l’essentiel de sa présentation.

Photo: A. Gagné

Routes, aqueducs, égouts. réseau électrique, voilà des infrastructures qui pourraient trouver avantages à utiliser la réalité augmentée ou virtuelle, selon M. Côté. Par exemple, avec sa tablette, un employé municipal pourrait retrouver les informations cadastrales un superposition sur l’extérieur des maisons.

L’expert est d’avis que les constructeurs de bâtiments devraient filmer et numériser la vue sans les murs afin de faciliter les réparations futures. Ainsi, avec des HoloLens, un entrepreneur pourrait ainsi « voir à travers » les murs pour accélérer l’accès au réseau électrique, gazier ou autre.

Stéphane Côté croit aussi qu’en filmant à l’aide d’un drone — ce que sa compagnie a fait — des bâtiments en construction il serait plus facile de suivre leur évolution dans le temps ou de donner des perspectives nouvelles aux ingénieurs et architectes quand vient le temps d’ajouter un étage ou de faire des modifications à l’immeuble.

Le spécialiste croit que l’éducation sera profondément transformée par la réalité virtuelle et augmentée. Selon lui, dans un avenir rapproché, il sera moins nécessaire d’aller à l’école sur une longue période de temps. L’apprentissage en continue pourra être possible à l’aide d’assistant personnel, sorte de prof 3D qui pourra enseigner, montrer et encourager le travailleur du futur. De cette façon, un travailleur qui n’a pas été formé pour une tâche précise trouvera désormais des réponses à ses questions.

16h30 – Malgré la place que prennent les technologies, il ne faut pas oublier l’humain, dit maintenant Jean-Frédéric Réal de l’entreprise française Scalian.

Équiper un opérateur de dispositifs intelligents portés sur soi, dotés d’afficheurs tête haute, de module de communication, de solutions d’interaction pour commander des transactions digitales, permet de lui construire une bulle digitale dans son environnement de travail réel. 

Dans la mesure où l’opérateur lui-même a pu, caractériser les phases où il pouvait se sentir en difficulté, définir les informations et choisir des moyens d’interaction les plus naturels et les plus adaptés à son environnement, il sera alors possible de mesurer une augmentation de la réalité.

17h00 – La dernière conférence de cette longue journée est celle de Luc Courchesne de la Société des Arts technologiques (SAT).

C’est ici que se termine cette couverture de la journée fort enrichissante en innovation.

Cohorte 2017-2018: La génération Snapchat arrive à l’école

La rentrée scolaire 2017 marquera l’arrivée au primaire des enfants nés en 2011, année où Snapchat a fait ses débuts dans l’univers du numérique. À l’ère de la génération Snapchat, l’école québécoise n’a plus le choix de se transformer. Décryptage.

par Alexandre Gagné

2011 au Québec. 88 618 enfants sont nés dans la province. C’est l’année où le pont de l’autoroute 25 entre Montréal et Laval a été ouvert à la circulation. C’est aussi l’année où François Legault a fondé la Coalition Avenir Québec (CAQ) après une fusion avec l’ADQ. Plus largement, 2011 c’est l’année du dévastateur tsunami au Japon et du début de la guerre en Syrie.

Dans le monde du numérique, nous sommes un an après le lancement du iPad. En décembre de cette année-là, la tablette numérique faisait une première incursion dans le milieu scolaire en devenant l’outil de travail des enseignants d’un collège privé de Montréal avant de se diffuser dans d’autres établissements.

2011 c’est également l’année de la naissance du site de partage de contenu Pinterest. Ce site, grand babillard d’images, est devenu une référence pour quiconque veut s’initier à un nouveau passe-temps, redécorer une pièce, trouver des idées mode ou de recettes. Pinterest est entrée dans la langue. « Ce soir, j’ai préparé une recette Pinterest », peut-on entendre dire à la blague.

Génération Snapchat

Enfin, 2011 c’est surtout l’apparition de Snapchat, cette application de partage de photos éphémères qui ne durent que quelques secondes. Depuis sa naissance, Snapchat a évolué. On peut maintenant y raconter sa journée ou une histoire grâce aux « stories », des photos qui s’enchaînent et qu’il est possible de visionner durant 24 heures. Cette mise en récit (storytelling en anglais) de notre vie a d’ailleurs été reprise par Facebook et Instagram qui proposent depuis peu cette fonctionnalité à leurs utilisateurs.

Le « storytelling » est désormais un élément prédominant dans le monde de la publicité et du marketing. La disponibilité des outils numériques rend facile la création d’histoires. C’est là, une caractéristique des nouvelles générations d’élèves. Ils s’intéressent de près à cette façon de faire — de nombreux exemples pullulent sur les réseaux sociaux et Youtube — et ils sont davantage en mesure de créer leurs propres histoires. Voilà une occasion pour le milieu de l’éducation de récupérer cette tendance pour encourager l’écriture chez les élèves, car une mise en récit implique un cadre, une structure et un propos cohérent.

Snapchat c’est aussi la mise en scène de soi. Le développement des réseaux sociaux a amené l’individu à passer d’un mode spectateur — que nous étions à l’époque de la télévision — à un mode d’acteur et de diffuseur avec les réseaux sociaux. Pour l’école, cela change la donne. Les élèves veulent être impliqués dans l’action et ne plus être en mode passif, comme nous l’avons trop été devant la télévision ou dans nos classes. C’est pourquoi, l’école doit offrir un milieu où l’élève peut démontrer et partager ses apprentissages autrement que lors d’un examen. Aujourd’hui, l’élève a les moyens de communiquer avec la planète et de se faire connaître. L’école ne doit plus se faire en vase clos.

Conclusion

Si les élèves qui entrent en première année, n’auront sans doute pas tout de suite de téléphone portable entre les mains (quoiqu’on pourrait être surpris, question de sécurité oblige) pour publier leur vie sur Snapchat, reste qu’ils sont d’une nouvelle génération et déjà bien entourés par les réseaux sociaux et la technologie. La contamination sera rapide, tant ce virus est fulgurant.

Les échanges qu’auront les élèves de cette génération dans la cour de récréation vont sans doute mettre la table à leur utilisation futur quand ils pourront posséder leur propre appareil pour «connecter» avec le reste du monde. Et c’est bien là un des rôles que doit jouer l’école: préparer les jeunes utilisateurs de demain à un usage responsable de ces nouveaux moyens de communication et de collaboration.

Plutôt que d’ignorer ces outils, l’école québécoise a tout à gagner à intégrer dès le primaire ces outils pour mettre en récit des histoires, faire écrire et développer des contenus d’un nouveau genre.

Depuis 2011, la majorité des élèves ont adopté Snapchat, avec parfois des conséquences fâcheuses. Malheureusement, dans beaucoup d’écoles, l’outil est banni et a mauvaise presse alors qu’il pourrait constituer une belle occasion d’ouvrir un nouveau dialogue avec les natifs du numérique.

++ Lire aussi

🔷 Snapchat à l’école comme outil de communication avec les élèves

🔷 Suivre l’évolution des projets étudiants grâce à Snapchat

La réalité augmentée s’invite à Québec

La vieille capitale sera l’hôte, ce vendredi, de la «Première conférence en réalité augmentée» dans le cadre de la Semaine numérique de Québec. De quoi s’agit-il et quel est le potentiel de cette technologie. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Réalité augmentée et réalité virtuelle. Voilà deux expressions qui sont devenues courantes depuis quelques années dans l’univers du numérique. Pourtant ces technologies ne sont pas récentes.

Quelle origine ?

Le Sensorama

La réalité virtuelle remonte à 1962. On doit les premiers travaux sur la Virtual Reality (VR) à l’Américain Morton Heilig qui a développé la première expérience de cinéma immersive dans un appareil baptisé Sensorama, l’ancêtre du cinéma 3D actuel. Le projet n’ayant jamais reçu d’appui financier, le Sensorama n’a jamais véritablement vu le jour.

De son côté, la réalité augmentée est plus récente. Le concept a été développé à partir des travaux du Canadien Steven Mann qui a créé dès les années 1980 un casque doté d’une caméra qui filme l’environnement et qui superpose des informations. C’est en quelque sorte l’ancêtre des fameuses Google Glass.

Le concept de Steven Mann

Quelle définition ?

La réalité virtuelle est une expérience complète. Le spectateur vit une immersion totale dans un environnement virtuel et a l’impression d’être en face d’une scène réelle, voire dedans. En revanche, la réalité augmentée est plutôt constituée d’une image réelle, complétée en temps réel par des données affichées en superposition.

La réalité augmentée nécessite moins d’équipement et se révèle aujourd’hui plus accessible que la réalité virtuelle, bien que le domaine évolue à vitesse grand V car les enjeux financiers sont importants.

Quel avenir ?

Les possibilités avec la réalité augmentée sont nombreuses et déjà plusieurs entreprises y voient des opportunités. La compagnie Adobe a d’ailleurs profité de sa conférence annuelle à Las Vegas, au mois de mars dernier, pour présenter ses dernières innovations.

L’entreprise a montré son nouveau produit de « marketing augmenté ». Grâce à des lunettes Microsoftt Hololens, l’utilisateur voir apparaître des images holographiques autour d’un produit. De cette façon, le client a accès à des informations projetées en réalité augmentée sur l’objet.

Voici en vidéo ce qui a été présenté aux visiteurs du Adobe Summit 2017.

La réalité augmentée pourrait donc s’immiscer dans plusieurs domaines. Au musée, pour nous donner des informations supplémentaires sur une exposition. À l’école, pour nous proposer des contenus additionnels sur une présentation Powerpoint de l’enseignant.

#RAQ2017

L’événement de ce vendredi à Québec sera donc l’occasion de faire le point sur les possibilités de cette technologie. On parlera justement de marketing, mais aussi de la réalité augmentée dans d’autres sphères de la société civile.

On peut consulter le programme de la journée sur le site web de l’événement.

Je serai d’ailleurs à Québec, ce vendredi pour assister à la 1re édition du #RAQ. Vous pourrez suivre sur Twitter et ici sur ce blogue mes comptes rendus durant la journée.

La 2e Semaine Numérique de Québec est lancée

Via snquebec

La ville de Québec va vibrer au rythme du numérique la semaine prochaine alors que plusieurs événements d’envergure, de portée internationale, se dérouleront dans la vieille capitale. Tour d’horizon.

par Alexandre Gagné

C’est une grosse semaine qui débute pour Québec. La ville est l’hôte de quatre rendez-vous liés au développement des technologies et du numérique. De gros événements qui montrent bien que Québec est en train de se tailler une place de choix dans ce marché aux côtés de Montréal où l’intelligence artificielle est devenue un nouveau pôle d’attraction.

Premier rendez-vous: La Semaine Numérique de Québec (#SNQuebec17) qui se déroule jusqu’au 9 avril. C’est une semaine thématique qui propose quelque 170 conférences et ateliers. Les organisateurs attendent autour de 15 000 participants provenant notamment du Canada, des États-Unis et d’Europe.

Cet événement servira de lieu de partage sur les nouveautés et innovations technologiques et numériques qui « chamboulent » actuellement la société.

Parmi les conférences à souligner, il y aura « Les défis numériques de l’entreprise » où les panélistes discuteront des enjeux du numérique, de la conversion des entreprises et des possibilités qu’offre le numérique. Le secteur de la santé n’échappe pas aux technologies et les acteurs de ce domaine pourront échanger sur le sujet lors de la conférence « Le numérique et les soins de première ligne en santé ».

Des rendez-vous pour tous les goûts

Pendant cette semaine du numérique, trois autres événements retiennent l’attention.

Le Web à Québec (#WAQ17), du 4 au 6 avril, en est à sa 7e édition. On y présente des conférences sur les communications et le marketing, le design informatique, l’intelligence artificielle, les tendances, etc.

Puis, il y aura les 7 et 8 avril, la 6e édition du Printemps des réseaux sociaux. Cette année, il sera question des « Youtubers, du futur de la publicité sur Facebook, du rôle de gestionnaire de communauté dans une grande organisation, du marketing de contenu et plus encore », précise le site de l’événement.

Enfin, Québec sera l’hôte de la Première conférence en réalité augmentée (#RAQ) le 7 avril. Les organisateurs ont voulu profiter de cette journée pour réunir « des leaders et des experts des entreprises et du milieu de la recherche pour discuter des marchés, des technologies et des applications de la réalité augmentée ».

On y discutera notamment de ville augmentée, des bonnes pratiques, de la productivité grâce à la réalité augmentée et des possibilités de formation par le biais d’expérience immersive.

Conclusion

Voilà donc une série d’événements à suivre pour rester à l’affût des nouvelles tendances dans un grand secteur qui évolue à vitesse grand V. Avec cette Semaine du numérique, Québec démontre bien au reste du monde son sens du leadership en la matière. Les sujets qui seront discutés sont importants et les changements technologiques déjà bien visibles dans plusieurs sphères de la société.

Reste à espérer que les médias québécois, et en particulier les bulletins de nouvelles de TVA et Radio-Canada, sauront accorder cette année un peu de place aux sujets des différentes conférences pour décrypter ces changements qui font peur et qui sont souvent mal compris.

*** Je serai présent à la Première conférence en réalité augmentée le 7 avril et je vous proposerai une couverture des ateliers via Twitter et ici sur Point info.

Le mini-buzz de Sébastien Proulx…

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a créé un mini-buzz sur Twitter jeudi matin quand il s’est intéressé à nouvelle pratique en vogue et largement diffusée: le « sketchnoting » appelé en bon français « croquisnotes ». 

par Alexandre Gagné

Le ministre Proulx est un lève-tôt. Jeudi matin, peu après 6h30, il publie sur son compte Twitter une question à l’attention de Catherine Lapointe, une enseignante de Québec grandement intéressée aux croquisnotes.

Via Twitter

La question ne passe pas inaperçue. Quelques minutes plus tard, « J’aime » et « Retweets » s’agitent, on relève aussitôt l’intérêt du ministre pour ces dessins synthèses qui gagnent en popularité lors de conférences ou d’événements publics.

Via Twitter

La réponse viendra un peu avant 7 heures et la principale intéressée notera au passage la curiosité dont a fait preuve M. Proulx.

Via Twitter

Pour le ministre et les intéressés, c’est finalement Marie-Andrée Ouimet qu’il faut consulter pour s’initier aux croquisnotes.

Via Twitter

Avis à la presse parlementaire, si le ministre Proulx semble distrait ou occupé sur sa tablette dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale, c’est peut-être qu’il fait du croquisnotes. Reste maintenant à attendre et à voir le résultat… Sébastien Proulx a encore quelques bonnes journées de travail devant lui pour « croquisnoter» sa politique sur la réussite éducative qu’il doit bientôt nous dévoiler.

Événement « Repenser l’école » ce week-end à Montréal

«Repenser l’école»

Alors que les yeux sont tournés vers cette nouvelle voulant que Québec octroi 5 millions de dollars à trois « vedettes » pour concevoir l’école du futur, voilà que se déroule en fin de semaine à Montréal un événement qui fait beaucoup moins de bruit: « Repenser l’école », mais qui devrait tout autant retenir notre attention. Analyse.

par Alexandre Gagné

C’est jeudi que La Presse + a révélé que trois personnalités bien connues, Pierre Thibault, Pierre Lavoie et Ricardo Larrivée, vont concevoir un plan, incluant une série de recommandations, pour doter la province des « plus belles écoles du monde ». Un plan, ont reconnu plusieurs observateurs, pour travailler sur le contenant plutôt que sur le contenu.

Les réactions d’étonnement n’ont pas tardé dans le milieu de l’éducation reprochant au gouvernement de ne pas consulter les « gens du réseau ». Les syndicats sont montés, comme à l’habitude au créneau, pour dénoncer cette opération et accuser le ministre de « ne pas travailler avec les enseignants ».

Or, si cette information fait autant jaser, il n’en va pas de même pour une autre initiative visant à dessiner l’école de demain. En fin de semaine, un hackathon ou blitz de co-création pour « favoriser l’innovation en éducation » se déroule à Montréal. L’événement est « propulsé par Google et la Fondation Lucie et André Chagnon ».

C’est bien connu, Google est actif dans les écoles avec sa suite d’outils et de services « Google pour l’Éducation ».  De son côté, la Fondation Chagnon a comme mission de « prévenir la pauvreté en contribuant à la réussite éducative. » Pour le moment, pas trop de critiques contre Google même si certains membres du réseau de l’éducation voient dans la présence du géant de la Silicon Valley une intrusion du secteur commercial et mercantile, à l’image d’Apple dans les écoles où l’iPad a été adopté.

«Repenser l’école » à petit budget…

Sous l’égide d’une douzaine de mentors, dont plusieurs ne proviennent pas directement du réseau de l’éducation,  les participants vont tenter en fin de semaine de développer des « solutions innovantes et concrètes » pour « améliorer l’expérience de l’enfant en milieu scolaire et la possibilité de soutenir les enseignants dans leur travail ».

Étonnamment, l’événement se décrit aussi comme étant « l’occasion de susciter une réflexion sur l’architecture et le design de nos écoles et l’alimentation de nos jeunes en milieu scolaire », selon le site web de l’organisation.

Un objectif qui rejoint en tout point celui du Lab-école annoncé par Québec et pour lequel le gouvernement prévoit verser 5 M$. Ici, l’événement d’un week-end ne coûtera rien aux contribuables québécois.

Les quatre défis proposés aux participants

Au cours des sessions de travail, les participants pourront compter sur des jeux de données et l’expertise de spécialistes en développement d’applications pour réaliser quatre défis (image ci-contre).

Que va-t-il rester après cet événement ? La réponse viendra, selon les organisateurs, dimanche après-midi. « Une annonce sera faite sur place », promet-on.

On ne sait pas non plus si des représentants du ministère de l’Éducation seront sur les lieux.

Conclusion

L’événement de la fin de semaine doit être salué même s’il n’a pas encore reçu toute l’attention médiatique qu’une telle activité devrait susciter dans le contexte actuel. Encore une fois ici, il s’agit d’une initiative qui se déroule en parallèle du réseau scolaire et où souvent se retrouvent les habituels agents de changement de ce même réseau.

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De plus en plus, la transformation du système scolaire apparaît passer par des acteurs discrets expérimentant et partageant modestement leurs succès loin des interminables batailles syndicales qui occupent tout l’espace médiatique.

Mais au moment où Québec dit vouloir débloquer des fonds pour l’éducation, le ministre Sébastien Proulx devra agir en véritable capitaine sur des eaux qu’il sait déjà bien agitées. C’est pourquoi tous les acteurs du réseau attendent plus que jamais un message clair, une intervention, voire un discours fondateur du ministre pour donner un élan aux acteurs du réseau afin d’amorcer ce grand virage tant espéré et qui, 17 ans après le début du XXIe siècle, tarde toujours à s’amorcer.