Analyse. Amazon signe la fin du marché «traditionnel»

Le géant américain du commerce en ligne, Amazon, vient de porter un coup dur au secteur de l’alimentation. L’acquisition de la chaîne Whole Foods par l’entreprise de Seattle sonne le glas du traditionnel marché d’alimentation. Analyse.

par Alexandre Gagné

Image: Amazon

C’était une question de temps. C’est maintenant chose faite. Amazon a pris (presque) tout le monde par surprise ce vendredi 16 juin en annonçant l’acquisition de ce géant du bio pour la rondelette somme de 13,7 milliards de dollars.

Cette transaction constitue déjà, même si elle reste à être confirmée par les autorités réglementaires, une bombe pour certain ou encore un « big bang» pour d’autres. C’est que le service de commerce en ligne, possédant essentiellement qu’un système d’entrepôts, va désormais posséder des magasins physiques bien établis pour étendre ses tentacules.

En tout, Whole Foods exploite 465 magasins aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ici au Canada où il existe 11 succursales.

Dès l’annonce de la transaction, la réaction des investisseurs s’est répercutée dans les bourses à travers le monde où les titres des entreprises du secteur de l’alimentation (Walmart, Costco, Carrefour, Casino, etc.) ont pratiquement tous enregistré des reculs, certains plus importants que d’autres.

Pour le consommateur, la nouvelle a de quoi nous réjouir. Elle risque de créer davantage de concurrence et une pression à la baisse sur les prix. D’ailleurs, les fournisseurs d’aliments de ce monde ont aussi subi des pertes en bourse aujourd’hui.

Image: Amazon

Ce que ça change pour Amazon

Pour le géant basé à Seattle, cette acquisition lui permettra sans aucun doute d’élargir sa gamme de produits vendus par internet et surtout de donner un nouvel élan à son service « Amazon Fresh » initié en 2008, mais qui a véritablement pris son envol qu’en 2013. Amazon Fresh est un service de proximité permettant la livraison de produit alimentaire dans quelques villes américaines ainsi qu’à Londres et bientôt à Tokyo au Japon ainsi qu’à Berlin et Potsdam en Allemagne.

En plus, Amazon teste depuis quelques mois la vente de produits dans un commerce physique sans caisse enregistreuse. Le projet « Amazon Go », s’il prend de l’ampleur, pourrait de son côté faire mal aux petits commerces de quartier, comme les dépanneurs au Québec.

L’impact sur l’épicerie traditionnelle

Pour les chaînes d’alimentation, la transaction est un coup dur à encaisser. Ce secteur a peu évolué au cours des dernières décennies et cette annonce vient accentuer la pression car les marges de profit dans l’industrie y sont très minces. Déjà aux prises avec une augmentation des coûts d’opération, les supermarchés ont réduit le personnel, installé des caisses automatisées et réduit la variété des produits offerts. Chez les fournisseurs de produits alimentaires, on a coupé dans les quantités proposées. Par exemple, un bloc de fromage d’une marque populaire se détaillant à 3,99$ n’est plus de 300 grammes, mais désormais de 270 grammes.

Les chaînes ont introduit il y a plusieurs années déjà des cartes de fidélisation et des systèmes de coupons rabais pour conserver leur clientèle, mais la situation demeure précaire pour plusieurs établissements qui peinent à se renouveler. L’arrivée d’un nouveau joueur dans le secteur fait peur et risque de forcer des regroupements, voire des fusions à moyen terme.

L’arrivée d’Amazon est en soit une bonne nouvelle et donnera un électrochoc à ce secteur d’activité.

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