Montréal. Des solutions pour contrer la malpropreté

Comment faire de Montréal une ville propre ? Au lendemain d’un constat dressé sur l’état de la rue Masson, quel bilan faut-il dresser et quelles solutions mettre en place ? Début de réponse.

par Alexandre Gagné

La malpropreté constatée sur la rue Masson dans le quartier Rosemont n’est pas un phénomène nouveau. On pourrait presque dire qu’elle est aussi généralisée à plusieurs arrondissements de la métropole. Déjà en 2006, j’évoquais la question dans une tribune

Forum, 29 mars 2006, p. A18

du quotidien La Presse (voir ci-contre) au point où on peut se demander si Montréal a déjà été propre.

Quelles sont les sources du problème ?

Manque de civisme

Il y a le manque de civisme des citoyens et en particulier des fumeurs. Les mégots de cigarette sont un fléau dans la métropole où on ne retrouve pas de cendriers dans l’espace public. Le dépôt de déchets et débris en bordure des rues est aussi une attitude qui vient amplifier la malpropreté surtout les jours où aucune cueillette des ordures ménagères n’est à l’horaire.

++ Lire aussi: Ramassez-vous ! – François Cardinal dans LaPresse+

Solution: Une campagne de sensibilisation dans le quartier. Multiplier les journées du «Grand nettoyage» pour mobiliser la population locale (corvée citoyenne). Inciter les commerçants à entretenir le trottoir devant leur établissement. Augmenter le nombre d’employés municipaux pour nettoyer la rue balai à la main.

Les poubelles

Les poubelles urbaines sont petites. Quand la Ville a réduit le nombre de ramassage des ordures ménagères pour faire plus de place à la récupération et au compostage, les citoyens ont commencé à déposer leurs ordures dans des petits sacs qu’ils déposent ensuite dans les poubelles du coin de la rue. Conséquence: les poubelles débordent fréquemment.

Au surplus, dans plusieurs secteurs fréquentés, les poubelles ne sont pas vidées à un rythme régulier. Dans le Vieux-Montréal notamment, plusieurs travailleurs du secteur ont relevé l’an dernier des cas où les poubelles n’avaient pas été vidées pendant plusieurs jours sous l’oeil étonné des touristes.

Une solution serait d’installer des poubelles géantes à plusieurs endroits dans les quartiers, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. Ces bacs pourraient permettre aux citoyens d’y déposer les sacs en surplus ou oubliés.

Les arbres

Pour encourager à la propreté, il faut un environnement propice au beau. L’absence d’arbres et de végétation sur certaines artères, comme constaté sur la rue Masson, ne permet pas de créer un bel environnement où la population sera incitée à «faire attention» au milieu.

Solution: procéder à la plantation d’arbres dans tous les espaces prévus et au remplacer les arbres chétifs, malades et cassés. Sur la rue Masson, de trop nombreux espaces sont vides et deviennent des cendriers à ciel ouvert.

Chaussée et trottoirs

Dans Rosemont, l’arrondissement procède actuellement à la réfection de plusieurs petites rues. Les trottoirs et la chaussée sont refaits à neuf. Belle initiative. Malheureusement, c’est l’artère principale qui devrait être refait en premier. Or, cette artère relève de la ville centre, du maire Coderre. Voilà l’un des problèmes de Montréal. On retape trop souvent les petites veines alors que les artères, vitales pour la santé économique et sociale, sont abandonnées. Encore en 2017, la politique du «bout d’asphalte» prend trop de place.

Rêve: retaper la rue Masson pour en faire une vaste place publique sans voiture, hiver comme été. L’endroit pourrait accueillir davantage de terrasses et d’espace de repos. Un service de navette en véhicule électrique, comme cela existe en Europe, pourrait y circuler pour les déplacements locaux. Quant au stationnement, la construction d’un parking à étages permettrait aux locaux de s’y garer et aux visiteurs/consommateurs d’autres quartiers de venir sur Masson facilement.

Mobilier urbain

Enfin, le mobilier urbain doit être repensé. Bacs à fleurs, supports à vélo, poubelles, poteaux de luminaire doivent avoir un design qui ne permet pas l’accumulation de déchets et qui limite l’espace pour les graffiti.

L’an dernier, rue Masson, une initiative louable a consisté à utiliser le bois des frênes abattus atteint par l’agrile pour concevoir des bancs et bacs à fleurs. Or, ces installations ont été déposées sur le trottoir et il a fallu plusieurs semaines avant des fleurs ne soient plantées. Comme le bois n’avait pas été traité ou teint, les bancs ont noirci ne donnant pas un joli coup d’oeil.

Conclusion

Bref, les citoyens ont une grande part de responsabilité dans l’instauration d’un environnement propre. Par contre, l’administration municipale a le devoir de créer les conditions gagnantes. Or, actuellement, à la lumière d’une balade rue Masson, il appert que les conditions «minimales» ne sont pas au rendez-vous.

Dans le contexte actuel, sans une mobilisation de tous, la situation n’est pas appelée à s’améliorer…

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