Événement « Repenser l’école » ce week-end à Montréal

«Repenser l’école»

Alors que les yeux sont tournés vers cette nouvelle voulant que Québec octroi 5 millions de dollars à trois « vedettes » pour concevoir l’école du futur, voilà que se déroule en fin de semaine à Montréal un événement qui fait beaucoup moins de bruit: « Repenser l’école », mais qui devrait tout autant retenir notre attention. Analyse.

par Alexandre Gagné

C’est jeudi que La Presse + a révélé que trois personnalités bien connues, Pierre Thibault, Pierre Lavoie et Ricardo Larrivée, vont concevoir un plan, incluant une série de recommandations, pour doter la province des « plus belles écoles du monde ». Un plan, ont reconnu plusieurs observateurs, pour travailler sur le contenant plutôt que sur le contenu.

Les réactions d’étonnement n’ont pas tardé dans le milieu de l’éducation reprochant au gouvernement de ne pas consulter les « gens du réseau ». Les syndicats sont montés, comme à l’habitude au créneau, pour dénoncer cette opération et accuser le ministre de « ne pas travailler avec les enseignants ».

Or, si cette information fait autant jaser, il n’en va pas de même pour une autre initiative visant à dessiner l’école de demain. En fin de semaine, un hackathon ou blitz de co-création pour « favoriser l’innovation en éducation » se déroule à Montréal. L’événement est « propulsé par Google et la Fondation Lucie et André Chagnon ».

C’est bien connu, Google est actif dans les écoles avec sa suite d’outils et de services « Google pour l’Éducation ».  De son côté, la Fondation Chagnon a comme mission de « prévenir la pauvreté en contribuant à la réussite éducative. » Pour le moment, pas trop de critiques contre Google même si certains membres du réseau de l’éducation voient dans la présence du géant de la Silicon Valley une intrusion du secteur commercial et mercantile, à l’image d’Apple dans les écoles où l’iPad a été adopté.

«Repenser l’école » à petit budget…

Sous l’égide d’une douzaine de mentors, dont plusieurs ne proviennent pas directement du réseau de l’éducation,  les participants vont tenter en fin de semaine de développer des « solutions innovantes et concrètes » pour « améliorer l’expérience de l’enfant en milieu scolaire et la possibilité de soutenir les enseignants dans leur travail ».

Étonnamment, l’événement se décrit aussi comme étant « l’occasion de susciter une réflexion sur l’architecture et le design de nos écoles et l’alimentation de nos jeunes en milieu scolaire », selon le site web de l’organisation.

Un objectif qui rejoint en tout point celui du Lab-école annoncé par Québec et pour lequel le gouvernement prévoit verser 5 M$. Ici, l’événement d’un week-end ne coûtera rien aux contribuables québécois.

Les quatre défis proposés aux participants

Au cours des sessions de travail, les participants pourront compter sur des jeux de données et l’expertise de spécialistes en développement d’applications pour réaliser quatre défis (image ci-contre).

Que va-t-il rester après cet événement ? La réponse viendra, selon les organisateurs, dimanche après-midi. « Une annonce sera faite sur place », promet-on.

On ne sait pas non plus si des représentants du ministère de l’Éducation seront sur les lieux.

Conclusion

L’événement de la fin de semaine doit être salué même s’il n’a pas encore reçu toute l’attention médiatique qu’une telle activité devrait susciter dans le contexte actuel. Encore une fois ici, il s’agit d’une initiative qui se déroule en parallèle du réseau scolaire et où souvent se retrouvent les habituels agents de changement de ce même réseau.

Via Twitter

De plus en plus, la transformation du système scolaire apparaît passer par des acteurs discrets expérimentant et partageant modestement leurs succès loin des interminables batailles syndicales qui occupent tout l’espace médiatique.

Mais au moment où Québec dit vouloir débloquer des fonds pour l’éducation, le ministre Sébastien Proulx devra agir en véritable capitaine sur des eaux qu’il sait déjà bien agitées. C’est pourquoi tous les acteurs du réseau attendent plus que jamais un message clair, une intervention, voire un discours fondateur du ministre pour donner un élan aux acteurs du réseau afin d’amorcer ce grand virage tant espéré et qui, 17 ans après le début du XXIe siècle, tarde toujours à s’amorcer.

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