L’attentat oublié de 1984 à Montréal

La Presse – 4 sept. 1984

L’attentat commis à Québec dimanche soir a été l’occasion pour la presse québécoise de dresser une liste d’événements similaires survenus dans la province au fil de l’histoire. Un des événements a été oublié. Retour en arrière.

par Alexandre Gagné

1984. Une grosse année au Québec. C’est d’abord l’année des Jeux olympiques d’hiver de Sarajevo où le Québécois Gaétan Boucher remporte 3 médailles, dont 2 d’or en patinage de vitesse.

C’est aussi l’année où, le 29 février, Pierre Trudeau annonce qu’il va démissionner, le 30 juin, comme premier ministre du Canada. 1984, c’est l’année des commémorations au Québec et en France du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier en Amérique.

Il y a aussi cet événement tragique du 8 mai 1984 qui n’a jamais été oublié lui: la fusillade de l’Assemblée nationale commise par Denis Lortie, ce caporal des Forces armées. Son geste a fait trois morts et 13 blessés. Un attentat évoqué fréquemment dans la presse encore aujourd’hui.

1984, c’est l’année du premier spectacle du Cirque du Soleil et d’une médaille d’or en plongeon pour Sylvie Bernier aux JO de Los Angeles.

Puis, arrive cet événement oublié.

Le 3 septembre 1984, une semaine avant le voyage du pape Jean-Paul II au Canada, un attentat à la bombe fait trois morts à la Gare centrale de Montréal. Le cerveau de l’affaire et auteur du geste est un certain Thomas Bringham, 65 ans, un Américain de l’État de New York qui souffrait de troubles mentaux et qui, mécontent de la visite du pape au Québec, avait lancé une série de menaces.

Le quotidien La Presse a couvert cet attentat:

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Ce 4 septembre 1984, c’est jour d’élections au Canada. L’attentat de Montréal sera occulté par le balayage des Conservateurs mené par nul autre que Brian Mulroney. N’empêche, l’attentat restera gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont vécu:

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À l’automne de 1984, ce fut également le premier voyage dans l’espace de Marc Garneau et la sortie de La Guerre des tuques du regretté André Melançon. C’est aussi, le 1er novembre, la disparition du jeune Sébastien Métivier, le plus jeune enfant disparu jamais retrouvé dans notre histoire. 1984, ce fut aussi la retraite de Guy Lafleur.

Le temps passe. Le temps file.

Le Québec vit des moments heureux, mais aussi des drames. Certes, il y a devoir un de mémoire. Mais surtout, il y a un devoir d’agir, d’éduquer et de prévenir pour que plus jamais un proche, un ami, une connaissance ne fasse les «mauvaises» manchettes…

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