Les tunnels de la mort

Plus de deux ans et demi après la mort d’une cycliste dans le tunnel de la rue Saint-Denis à Montréal, aucune mesure durable pour prévenir d’autres accidents n’a été mise en place par la ville. Le problème pourrait ne jamais être réglé, car depuis 100 ans l’endroit est jugé dangereux. Retour en arrière.

par Alexandre Gagné

En avril 2014, une jeune femme de 33 ans, Mathilde Blais, est heurtée à mort dans le tunnel de la rue Saint-Denis. L’affaire fait grand bruit dans la métropole. Quelques mois plus tard, le coroner qui a enquêté sur le décès rendait son rapport. Conclusion: c’était une «mort évitable».

Immédiatement, les appels à l’action de cyclistes et de citoyens trouvent écho dans la presse. Les autorités proposent des mesures temporaires comme l’installation de cônes et l’autorisation pour les cyclistes de circuler sur le trottoir pour franchir le tunnel.

Deux ans après, force est de constater que «rien n’a changé» a déploré la famille de la disparue dans le Journal de Montréal.

Or, l’affaire des tunnels à Montréal ne date pas d’hier. Depuis le début du siècle dernier, ces installations sont régulièrement dénoncées dans la presse montréalaise.

Source: Le Canada – 28/11/1916

Il y a 100 ans, le 28 novembre 1916, la question des tunnels se retrouvait au centre des débats à l’hôtel de ville. Le conseil municipal adoptait ce jour là deux rapports sur l’achat de propriétés pour élargir le tunnel de la rue Saint-Denis.

Déjà à cette époque, l’endroit a toute une réputation et est montré du doigt comme étant un des plus dangereux de la métropole.

«En ce qui concerne le tunnel de la rue Saint-Denis, il tient criminellement responsable les ingénieurs qui l’ont construit», rapporte le journal Le Canada citant le conseiller Côté. «Chaque année, un grand nombre d’accidents souvent mortels s’y produisent», ajoute le quotidien.

Le journal précise que d’autres tunnels de la ville devraient être construits ou refaits en raison des dangers qu’ils représentent.

100 ans plus tard, les tunnels de Montréal continuent toujours de faire de nouvelles victimes.

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