Les saletés de Montréal…

La Ville de Montréal est sale et ça ne s’améliore pas. Avec la campagne de sensibilisation à la propreté lancée récemment dans la métropole, la Ville veut amener les citoyens à faire preuve de civisme. Certes une bonne idée, mais la Ville devra aussi faire son bout de chemin…

Chronique urbaine par Alexandre Gagné

Samedi 3 septembre. Une magnifique journée d’été. Il est tout juste 13 heure quand je décide d’aller flâner pour le lunch sur la rue Masson dans le quartier Rosemont à Montréal.

rue Masson | Photo: A. Gagné

La portion entre les rues Pie-IX et Saint-Michel manque d’amour. Plusieurs façades commerciales auraient besoin d’une réfection. Le trottoir est dans un état pitoyable. À une époque, un responsable de l’aménagement urbain a jugé bon de mettre de la brique à certains endroits pour donner un cachet. On y a aussi installé d’immenses bacs de béton où des fleurs sont plantées chaque printemps. Or, avec les aléas du temps, la brique s’est enfoncée et les bacs ont bougé quand ils n’ont pas été tout simplement déplacés par la machinerie durant l’hiver.

Ainsi, marcher sur le trottoir est à plusieurs endroits dangereux. Des personnes âgées manquent de trébucher ou perdent souvent pied du fait de l’inégalité du trottoir. C’est sans compter les espaces où il devrait y avoir des arbres mais où les mégots de cigarettes s’accumulent.

Photo: A. Gagné

Mais ce samedi, c’est à l’ouest de Saint-Michel que le paysage n’est pas des plus joli. De nombreuses poubelles n’ont pas (encore) été vidées. Plusieurs d’entre-elles débordent de détritus. Autour de celles-ci, des nuages de guêpes tournoient sans cesse. C’est devenu un fléau dans la métropole que cette présence des guêpes sur les terrasses. On parle beaucoup de l’agrile du frêne, mais très peu de ces bestioles qui incommodent les clients des restaurants et les promeneurs urbains. Ces poubelles ouvertes sont en partie en cause dans la présence incessante des guêpes.

Autre élément de désolation, ce sont les mégots de cigarette qui s’accumulent le long du trottoir et les nombreux déchets. Autour des poteaux électriques, de signalisation ou d’éclairage, les mauvaises herbes ont aussi la vie facile.

Photo: A. Gagné

Bref, la rue Masson a déjà, sans doute, eu meilleure allure. La Ville a bien une petite brigade estivale de jeunes qui passent (un peu) le balai ou le pic à déchets, mais voilà que c’est nettement insuffisant. Au surplus, pour avoir déjà observé ces agents de la propreté en action, on remarque que souvent (avec sans doute un carnet de bonnes raisons) les coins sont ronds dans le quartier.

Si vous avez déjà voyagé dans le monde, vous noterez que dans nombreux pays, les équipes de nettoyage sont toujours visibles et présentes sur le terrain. C’est le cas à Barcelone et même à Melbourne en Australie où un 25 décembre les employés passaient le balai à 8h30 pour rendre la ville agréable à visiter.

Avec les travaux routiers dans la métropole, les autorités auraient tout intérêt à rendre les quartiers attrayants et propres. Si Montréal veut amener ses citoyens à faire preuve de civisme, la Ville devra mettre du sien pour assurer l’entretien des rues et des trottoirs.

Dimanche 4 sept. rue Masson

**** Mise à jour ****

Dimanche matin, 4 septembre. Je passe à nouveau sur la rue Masson. Rien n’a bougé. Les poubelles débordent encore et beaucoup de détritus continuent de s’accumuler le long du trottoir. Où sont les équipes de nettoyage ?

MAUVAISE GESTION DU CHANGEMENT

via Twitter

Samedi, quand j’ai constaté la situation, j’ai twitté sur le sujet. J’y suis allé fort. Il y a plusieurs années, j’ai visité Détroit et en entrant dans cette ville américaine, c’est la malpropreté, la saleté qui m’a sauté au visage. Ce fût mon premier souvenir. J’ai utilisé cette image forte hier dans mon tweet. D’accord, Détroit a bien d’autres problèmes que Rosemont n’a pas.

Ce matin, le maire de l’arrondissement de Rosemont, François Croteau, m’a répondu. En fait, il a répliqué: «rien de moins…» Ce n’est pas le genre de réponse qu’on attend d’un élu qui (j’ose croire que j’interprète mal) semble banaliser mon propos.

Je me serai attendu à une réponse du genre: «Je m’en occupe, j’avise le service concerné». Une réponse qui montre qu’il gère son arrondissement. Lorsqu’on veut gérer le changement et amener des virages dans une organisation et encore plus dans la société, il faut communiquer et montrer qu’on prend les choses en main.

Comme citoyen de Rosemont, j’ai à coeur mon quartier, sa propreté et son charme. Visiblement, j’en demande peut-être trop aux élus…

***AJOUT***

Sur l’heure du midi, François Croteau m’a répondu plus longuement. D’abord, il déplore ma comparaison avec Détroit, mais admet que j’ai raison sur le fond. Il estime que les élus n’ont pas à être «responsable» du manque de civisme de certains citoyens.

Il croit que «chacun doit faire sa part», que la Ville fait la sienne «au maximum de ses ressources» et que les citoyens doivent aussi se responsabiliser.

Certes, le manque de civisme devient endémique dans le quartier. Avec un budget municipal limité, doit-on craindre le statu quo ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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