Pourquoi l’examen d’histoire du Québec devrait être annulé

La polémique entourant l’examen d’histoire du Québec ne s’estompe pas. Après l’annulation de la question #22 à réponse élaborée, voilà que des élèves de la province ont lancé une pétition pour réclamer l’annulation complète de tout l’examen. Ils pourraient avoir raison. Démonstration.

par Alexandre Gagné

Si c’est par le Web que l’examen a été «coulé» sur les réseaux sociaux, c’est aussi grâce au Web que l’on peut savoir si les élèves ont eu connaissance du contenu de l’examen avant la date du 15 juin.

Lorsqu’une information est diffusée dans les médias sociaux, comme Facebook et Twitter, le premier réflexe de beaucoup d’internautes est de se rendre sur le moteur de recherche Google pour tenter de la valider. C’est un très bon réflexe qui montre un certain degré de compétence informationnelle.

Si Google est un excellent moyen pour trouver des réponses à ses questions, il est aussi un puissant outil pour surveiller les tendances dans le monde. Grâce au service Google Trends (Canada), il est possible d’analyser ce qui a été recherché sur le Web autour du 15 juin.

La grande interrogation actuellement est: les élèves ont-ils eu connaissance des autres questions de l’examen ?

Fiabilité du système

Avant de répondre à cette question, attardons-nous à la fiabilité de l’outil de Google.

Via Google Trends

Ayant été un des premiers au Québec à tweeter sur le sujet, le 15 juin en soirée, il est normal que plusieurs personnes aient tenté d’en savoir plus sur mon niveau de crédibilité.

Certains n’avaient pas remarqué ma certification Twitter, bien que cela ne garantie pas nécessairement la véracité des sources. Ainsi, plusieurs se sont rendus sur Google pour me rechercher, comme le démontre sans équivoque le graphique ci-contre.

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Les internautes ont aussi tenter de valider le nom du signataire du mémo du Ministère, M. Daniel Desbiens. L’homme, inconnu du public, a vu son nom être «googlé» des centaines de fois pour remonter dans les résultats de recherche.

Alors que la rumeur courre que l’examen a peut-être été annulé, on recherche cette expression sur Google pour en savoir plus.

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Puis, quand l’information a fini par atteindre beaucoup de monde en soirée, on tente d’en savoir plus sur la «question 22», un terme très peu recherché auparavant.

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À la lumière de ces premières données, on peut donc accorder un bon niveau de fiabilité aux résultats de recherche de Google pour nous donner le portrait d’un phénomène sur le Web.

La fameuse question #22

La décision du ministère d’annuler la question à réponse élaborée peut trouver sa justification à l’aide de Google Trends. En effet, il apparaît clairement que la veille de l’examen de très nombreux élèves québécois ont fait une recherche sur la «responsabilité ministérielle» le sujet en toile de fond de la question #22 qui se lisait comme suit:

«Comment les autorités britanniques et les Réformistes transforment-ils la politique canadienne dans les années 1840?»

Les pressions faites par les Réformistes et l’alliance Lafontaine-Baldwin ont conduit les autorités britanniques à céder et à finalement accorder le «gouvernement responsable» en 1848, mettant ainsi fin au droit de veto du gouverneur. 
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Une recherche qui tend à confirmer l’affaire est celle de l’année 1840. Après la médiatisation de l’affaire, plusieurs recherches ont été effectuées sur cette date comme le graphique le montre. Un sommet de recherche avait aussi été atteint la veille de l’examen.

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Le reste de l’examen

Les autres questions de l’examen étaient-elles connues ? Si on considère des mots précis ou les sujets des autres questions, il y a tout lieu de le penser. Certains concepts employés, plus que d’autres, dans des questions ont fait l’objet de recherches intenses la veille de l’examen.

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Étrangement, une date, l’année 1666 évoquée explicitement dans l’examen a connu un seul pic de recherche, la veille de l’évaluation. L’année était évoquée dans une question portant sur les caractéristiques de la population française en Nouvelle-France. 1666, c’est l’année du premier recensement sous Jean Talon.

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En revanche, d’autres éléments de recherche possibles, comme des grands personnages, Robert Bourassa ou Jean Lesage, ou d’autres événements, comme les référendum de 1980 ou 1995, n’ont pas été très recherché sur Google.

Conclusion

Évidemment, il est difficile de dire hors de tout doute raisonnable, que l’examen a été divulgué, au complet, avant le 15 juin. Ces recherches pourraient être simplement le fruit du hasard, au mieux, elles montrent que les élèves ont travaillé fort pour se préparer et que l’usage d’internet est très répandue pour réviser avant une telle évaluation. Au pire, elles confirment que des élèves possédaient les grandes lignes de l’examen et que la diffusion de l’information a contribué à amplifier les recherches au soir du 14 juin.

Alors que de nombreux élèves risquent d’avoir été placés en situation d’échec à la suite de l’annulation de la question #22 et devant les doutes qui subsistent sur l’accès ou non au reste de l’examen, une annulation pure et simple de l’examen mettrait fin à toute incertitude. Le résultat scolaire en histoire obtenu à l’école ferait assurément office de meilleur juge de la situation.

Quoi qu’il en soit, le ministère de l’Éducation devra communiquer publiquement sur le sujet très rapidement pour rassurer les parents et élèves du Québec.

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Note: Pour les élèves inquiets nombreux à me tweeter. Une annulation de l’examen ne signifie AUCUNEMENT une reprise (en août) de cet examen. C’est la note de l’école qui sera utilisée. Point.

Note éditoriale: En raison de commentaires inappropriés et anonymes, j’ai pris la décision de restreindre les commentaires. Tout débat doit se faire dans le respect. 

3 Commentaires

  • Je continue à trouver choquant que certains enseignants et étudiants souhaitent que l'examen soit annulé. Dans de nombreux cas, l'examen aide les élèves à réussir. Si un élève reussi l'examen, il reussi le cours. Beaucoup d'étudiants ont de très faibles notes avant l'examen. Aussi, pourquoi tant de gens agi comme si tous les élèves auraient 12/12 sur la question longue? Les statistiques récemment publiées montrent que le taux de réussite avec ou sans la question est presque identique.

  • Les informations concernant les recherches ici est stupide . Les mots « agriculturisme » et « coopératisme » avaient tous deux le même pic en même temps que les autres mots et ils ne sont pas à l'examen.

  • Les noms de Robert Bourassa et Jean Lesage se trouvent nulle part dans la progression de l'apprentissage. Ils ne font pas partie du cours !!!!!

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