1883 – L’incendie du parlement de Québec

La Patrie – 20/04/1883

Ce 19 avril marque le 133e anniversaire de l’incendie du parlement de Québec. Un incendie presque oublié de notre histoire qui allait cependant justifier la construction de l’actuel parlement de Québec. Retour en arrière.

par Alexandre Gagné

Nous sommes en 1883. Le Québec compte environ 1 million et demi d’habitants. Cela fait 16 ans que le parlement a repris du service avec la création officielle du Canada en 1867. Depuis l’Acte d’union de 1840, le parlement du Canada-Uni se déplaçait en alternance entre une ville du Canada-Est (Québec) et une autre du Canada-Ouest (Ontario). Ainsi, Québec a été le siège du gouvernement de l’Union à deux reprises, de 1852 à 1856 et de 1859 à 1866.

Le 19 avril 1883, vers 21h30, le feu, accidentel croit-on, éclate dans la chambre de George Boucher de Boucherville, le greffier du conseil législatif. L’immeuble est alors situé sur le sommet de la côte de la Montagne dans le Vieux-Québec. Les flammes se propagent rapidement. L’édifice est construit en bois. Malgré une intervention rapide des pompiers, l’immeuble s’embrase.

«Toute la ville était éclairée par la lueur de l’incendie et une foule considérable courrait sur le lieu du sinistre», relate alors le correspondant du journal La Patrie.

Dans l’administration gouvernementale, c’est la panique. Il faut sauver la bibliothèque qui contient des livres rares et toutes les lois adoptées par le parlement. 30 00 volumes sont entreposés dans les rayons de la bibliothèque. Un escadron de la cavalerie en exercice à proximité se précipite sur les lieux pour apporter son aide.

«On jetait les livres par les fenêtres, puis on les transportait à l’évêché», raconte La Patrie. En tout, à peine 4 500 volumes ont été sauvés. Près de 1 500 livres anciens appartenant au conservateur de la bibliothèque ont été réduits en cendres.

L’immeuble du parlement avait été construit au coût d’environ 36 000$ à l’époque et une assurance de 76 000$ couvrant l’édifice et le contenu de la bibliothèque avait été contractée auprès d’un assureur. «Il est donc probable que le gouvernement ne perdra rien», précisait le correspondant de La Patrie.

Heureusement, les originaux des lois sanctionnées à la dernière session ont été sauvées des flammes, «de sorte qu’il ne sera pas nécessaire de convoquer le parlement».

Dès le lendemain, les autorités confirment que le parlement ne sera pas rebâti à ce endroit «vu qu’un contrat a été passé dernièrement pour la construction de nouveaux édifices en pierre sur la Grande Allée qui couteront 200 000$. L’entrepreneur est M. Charlebois de Montréal», explique-t-on.

En attendant le nouvel immeuble, «le gouvernement devra continuer à payer à Mgr l’archevêque de Québec, un loyer de 4 000$ par an pour le terrain».

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