Le (court) règne du pape François

Les mots sont lourds de sens. Le Pape François demande au premier ministre du Québec, en visite à Rome, de prier pour lui. La rencontre entre les deux hommes a duré 45 secondes sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, ce mercredi 27 mai. Philippe Couillard a à peine eu le temps de lui remettre une lettre d’invitation au Québec et quelques cadeaux que le Pape lui adressait son étonnante requête.

«Étonnante» de l’aveux même du premier ministre. Étonnante, certes, mais ce n’est pas la première fois que le pape François fait une telle demande. Si le geste tranche avec l’attitude de ses prédécesseurs, le Saint-Père continue clairement de laisser planer des doutes sur l’avenir de son pontificat. Explications.

Un texte d’Alexandre Gagné

L’élection du pape François en 2013

À chaque fois qu’il en a l’occasion, le pape François demande à ses interlocuteurs, ses invités ou aux personnes auxquelles il s’adresse de «prier pour lui». C’est devenu depuis son élection, le 13 mars 2013, une véritable obsession alors qu’il est plutôt de coutume pour les croyants de demander au Pape (et aux hommes d’Église en général) de prier pour eux afin de traverser des moments difficiles. Mais depuis deux ans, les rôles semblent inversés.

Le 26 mars dernier, le pape François ouvre les portes de la chapelle Sixtine à 150 sans-abris de Rome pour une visite privée. Ses premiers mots: «J’ai besoin de la prière de personnes comme vous», va-t-il demander aux itinérants. À Rome, dans la galerie de presse, on ne s’étonne même plus de cette formule. C’est devenu, «sa façon habituelle de conclure ses messages», selon Sébastien Maillard, le correspondant du quotidien La Croix au Vatican.

Autre exemple. Le 20 juin 2014, une 10e «veillée de prière pour le pape et son pontificat» était organisée à Rome en plein coeur de la place Saint-Pierre. Une veillée «parce qu’il demande sans cesse que l’on prit pour lui», relate-t-on.

Dernier exemple. Le 13 mars 2014. Un an après son élection, le pape demande à ses 12 millions d’abonnés sur Twitter de «prier pour moi» et de l’accompagner dans sa lourde tâche. Un geste, relève déjà l’AFP, «qu’il répète à tous ses interlocuteurs».

LE PAPE INQUIET SUR SON AVENIR ? 
Question. Pourquoi le pape François insiste-t-il ainsi pour que l’on prie autant pour lui ?  À cette question légitime, il a bien peu de réponses claires pour les observateurs du Vatican. Il y a par contre beaucoup d’inquiétudes pour la suite des choses.

Et ces inquiétudes sont exprimées par le pape lui-même.

En août dernier, le pape effectue un voyage en Corée du Sud. Dans l’avion qui le ramène à Rome, le 18 août, le pape s’entretien pendant une heure avec les 72 journalistes qui l’accompagnent. Pendant l’échange, le pape évoque qu’à 77 ans, il envisage un pontificat plutôt court. «Tout cela durera deux à trois ans», a-t-il dit, cité par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro.

Nous sommes en 2014. Deux à trois ans, nous amène en 2016 ou 2017. Le pape profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler qu’il n’hésitera pas à renoncer «dès qu’il sentira ne plus avoir les forces» d’accomplir sa mission, comme l’a fait Benoît XVI.

La journaliste Hélène Haus du Parisien va plus loin. Selon elle, le pape François évoque clairement sa propre mort. «Cela durera peu de temps. Deux ou trois ans, et puis à la Maison du Père!» a lancé le pape cité par la journaliste à bord de l’avion papal.

Dans une entrevue, à l’occasion de ce voyage, l’historien des religions Odon Vallet, affirme que «derrière son apparente bonhomie, se cache aussi un homme tourmenté».

Justement, en mars dernier, lors du deuxième anniversaire de son accession au trône de Saint-Pierre, le pape en a rajouté une nouvelle fois. «J’ai la sensation que mon pontificat va être bref. Quatre ou cinq ans. Je ne sais pas. Ou deux ou trois. Deux ans sont déjà passés. C’est une sensation un peu vague que j’ai, celle que le Seigneur m’a choisi pour une mission brève», déclare-t-il à la chaîne de télévision mexicaine Televisa.

LA PROPHÉTIE DE MALACHIE
Que sait le pape qu’il ne peut dire encore ? Voilà un lot de déclarations qui ne manquent pas de susciter le mystère parmi les observateurs attentifs de la papauté. Certains vont même jusqu’à évoquer la prophétie de Malachie pour tenter une explication, car dès son élection, plusieurs gestes du pape François semblent concorder avec ce texte ancien.

La prophétie de Malachie est considérée comme étant un texte ésotérique qui aurait été rédigé par un moine irlandais Malachie d’Armagh. Caché pendant plusieurs années, le document aurait été découvert en 1590 par le moine bénédictin Arnold Wion. Le texte donne une liste de devises latines sensées représenter les papes à venir. Ce qui devient prophétique, c’est que le texte ne comporte que 112 devises. La 112e devant être la dernière avant la fin du monde ou de l’Église, affirme-t-on. Or, il se trouve que le pape François serait ce 112e pape, le «Pierre le Romain» de la prophétie durant le règne duquel Rome et la chrétienté seraient détruites.

Est-ce pour cela qu’il faut prier pour le pape ? Nul ne le sait, mais certains éléments sont troublants. La prophétie dicte-t-elle les actions des papes ou bien est-ce les papes qui suivent la prophétie ? Difficile à dire.

DES GESTES ÉTONNANTS
Lors de son élection, le 13 mars 2013, le pape François est présenté à la foule depuis un balcon de la basilique Saint-Pierre. Le moment est émouvant et très solennelle. Premier geste et première parole, le pape se présente comme l’évêque de Rome d’abord. Puis, immédiatement, il demande au peuple de le bénir, de prier pour lui. Le geste a créé la surprise.

Dans les jours suivants son élection, le pape a effectué une première sortie officielle à la Basilique Sainte-Marie-Majeure consacrée à la Vierge Marie pour aller y prier. Dans la cathédrale, avant de quitter, le pape fait un petit détour…pour aller brièvement se recueillir devant le tombeau du pape Sixte V. Or, c’est grâce justement à ce pape que nous pouvons dater la succession des papes depuis Célestin II en 1143. D’après la prophétie, le pape François serait bien le «Pierre le Romain» (n’ayant d’ailleurs pas de devise selon le texte) et le dernier pape avant la fin de la chrétienté. Pourquoi ce détour ?

Dans un documentaire diffusé l’an dernier sur la chaîne RMC Découverte, en France, on affirme même que c’est le pape émérite Benoît XVI qui aurait enclenché la fin de la prophétie dans une renonciation programmée et en conjonction avec la prophétie, texte que le Vatican dément «s’inspirer».

Source: RMC Découverte

Étonnamment, le pape Benoît XVI a démissionné le 11 février 2013, mais indique que sa démission sera effective que le 28 février, date de la Saint-Romain. Voulait-il ainsi laisser la place à «Pierre le Romain» et permettre au pape François de marcher dans les pas de la prophétie ? Il y a place au doute.

Il faut savoir que de tout temps, l’Église suit de nombreuses traditions et rites qui sont bien ancrées dans le fonctionnement de l’institution religieuse. Tout est souvent réglé au quart de tour, tel un mécanisme très précis d’horlogerie.

Le pape François est le premier jésuite à accéder à cette fonction. Comme nous l’avons vu, contrairement aux autres pontifes avant lui, aucune devise n’est accolée à son nom. C’est un saut dans l’inconnu, selon les exégètes du texte ancien.

Peut-être pas si inconnu, car en fait, dans ses centuries Michel de Notre-Dame, connu sous le nom de Nostradamus, a évoqué la fin de la chrétienté quand arrivera le «caput nigrum», littéralement le capuchon noir. Or, l’habit des moines jésuites et en particulier celui du supérieur de la communauté (le général des Jésuites) est complètement noir par opposition à la soutane blanche du pape. Le pape François est-il le «caput nigrum» ? La coïncidence est stupéfiante.

Enfin, dernier élément de questionnement. Dans la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs de Rome, des médaillons à l’effigie des papes ont été peints tour autour de la nef centrale. Chaque pape a sa place désignée, même le pape François s’y trouve. Or, il ne reste qu’un médaillon de libre. Certains y voient un autre signe de la fin proche de l’Église actuelle.

LES CALCULS 

Source: RMC Découverte

Dans la prophétie de Saint-Malachie, la devise attribuée au pape Sixte V (celui de la visite du pape François évoquée précédemment) est «l’axe au milieu du signe». Partant de là, la première devise contenue dans le texte serait celle du pape Célestin II, élu en 1143. Sixte V arrive en 1585, soit 442 ans après. Logiquement, si Sixte V marque le milieu du signe, la prophétie devrait théoriquement prendre fin 442 ans plus tard, soit en 2027.

Dans un livre paru en 1976 intitulé «Les prophéties du pape Jean XXIII», l’auteur Pier Campi dit révéler les étranges visions qu’aurait eu Angelo Roncallli avant son accession au trône de Saint-Pierre en 1958. D’après ces visions, Jean XXIII aurait évoqué une date de «fin» de quelque chose. «L’an 2000 plus l’âge du Christ à sa mort (33 ans)», donc l’an 2033.

Voilà deux dates. 2027 et 2033. Étrangement, en 2012 dans la publication de son livre sur Jésus de Nazareth, le pape Benoît XVI tient à faire une précision sur la date de naissance du Christ. Il confirme l’erreur du calendrier commise par le moine Denys Le Petit à l’Antiquité. Jésus n’est pas né en l’an «0» mais avec 6 ans ou 7 ans d’écart. Venant du pape, cela a de quoi surprendre.

Pour la vision de Jean XXIII, cela ramène donc la «fin», aussi, en 2027.

CONCLUSION
Bref, voilà des éléments portés à votre connaissance. Qu’en penser ? Je suis moi-même dans l’expectative. Qu’est-ce qui relève de l’histoire, du mythe, de la légende ? Tout cela est bien difficile à déterminer. Il est souvent très facile de faire dire à l’histoire ce qu’on veut bien. Les plus grands sceptiques du Québec vous le diront. Jouer avec les chiffres est aussi un jeu d’enfant, mais reste lorsque des éléments qui alimentent le mystère viennent du pape lui-même, cela soulève bien des interrogations.

Dans le contexte actuel, alors que des groupes terroristes menacent l’équilibre mondial, il est permis de comprendre les craintes que peut avoir le chef de l’Église catholique. Seuls les prochains mois ou les deux prochaines années nous apporterons, peut-être, des réponses…

6 Commentaires

  • La prophétie de Malachie n'annonce pas comme vous le dîtes la destruction de la Chrétienté mais celle de Rome (la Citée des 7 collines) et la papauté ! Nuance…

  • le pape Benoit 16 et encore vivant et le pape François, règne sous le pontificat de Benoit 16. Benoit 16 et mis en parenthèse, une Prophétie de Joseph de Sarto ( j'ai vue l'un de mes successeur du même non que moi marche au dessus des corps de ses Frères…..)Le pape Francois mourra par un attentat dans le Vatican après quoi le Vatican seras déplacé, et Benoit 16 Mourra peut de temps après ,ensuite viendra Pierre

  • Ce n'est pas la fin de la chrétienté mais c'est la fin de la papauté, car Pierre le romain est déjà là, et lui même dit que son mandat est plus cours que celui de ces prédécesseurs; donc nous les chrétiens nous attendons l'enlèvement qui va intervenir 7ans avant la fin de la papauté.

  • le pape actuel demande de beaucoup prier pour lui c'est normal pour nous les chretiens nous comprenons son insistance de prier pour lui il est aussi humain,fait de chair et de sang comme vous et moi et donc plus tenter par le satan qui s'attaque plus à ceux qui oeuvre pour jesus qui choisie jesus comme maitre et sauveur.le mal est partout que soit benie le nom de jesus pour les siecles des siecles

  • Saisissez votre réponse…Je ne pensse pas du tous que tu es sur la bonne voix, car JESUS dont le Pape est représentant dans sa chaire n'a jamais solicité de telle chose.

  • Certainement le pape françois serait le dernier des papes

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