Le livre numérique arrive dans nos écoles

L’arrivée du numérique dans les écoles et particulièrement le déploiement d’outils technologiques, comme des ordinateurs portables et des tablettes numériques, est l’occasion de questionner l’avenir des bibliothèques scolaires alors que des offres en ligne commencent à poindre. Le livre numérique arrive dans nos écoles. 

par Alexandre Gagné

Source: Netpublic.fr

La fréquentation des bibliothèques scolaires est difficile à mesurer, parce qu’il n’existe pas de comptabilisation officielle fournie par les écoles, publiques ou privées. Des observations non scientifiques tendent cependant à montrer qu’au secondaire, les élèves du premier cycle fréquentent davantage la bibliothèque que ceux de la 4e et de la 5e secondaire. Hypothèse: la bibliothèque est souvent plus impressionnante qu’au primaire et constitue un lieu de refuge pour les adolescents alors qu’ils font leurs premiers pas au secondaire dans la «grande école».

L’instauration d’un programme un pour un dans les écoles, c’est-à-dire un élève, un appareil, a permis à plusieurs écoles de retrouver une fréquentation de leur bibliothèque. Les élèves peuvent maintenant y venir pour travailler, faire leurs devoirs et faire de la recherche pour des travaux scolaires.

Ces dernières années, plusieurs bibliothèques se sont transformées et adaptées aux nouveaux besoins. Des espaces de travail ont été aménagés, la politique du «silence absolu» assouplie et l’accès au Wi-fi a été généralisée. Des écoles ont même rebaptisé ce lieu «centre documentaire», «médiathèque», voire «centre de création».

Aujourd’hui, l’accès à la littérature n’est plus le simple fait de la bibliothèque physique. Une nouvelle bibliothèque, virtuelle celle là, est maintenant à portée de main des jeunes et pourrait bien redonner le goût de la lecture à plusieurs élèves.

Offre commerciale
L’offre de livres numériques commencent à prendre son envol au Québec même si le nombre de livres disponibles à la vente demeure très modeste. Les éditeurs de livre seraient encore hésitants à l’idée de rendre accessibles leurs livres en format électronique en raison des risques de piratage. Les deux grands libraires québécois, Renaud-Bray et Archambault, proposent maintenant sur leur propre site Internet une section de livres numériques.

Chez Archambault, quelque 125 000 titres en français sont disponibles. Dans plusieurs cas, le prix de vente est de 25% inférieur au prix du livre papier. Une économie importante pour le consommateur qui doit cependant payer, en plus de la TPS fédérale, la TVQ (taxe de vente québécoise) sur le livre numérique alors que cette dernière ne s’applique pas au livre papier.

Le prêt numérique
Les bibliothèques publiques du Québec proposent déjà depuis quelques années un système de prêt en ligne de livres numériques. Via le site Web de sa bibliothèque de quartier ou à partir de celui de la Grande bibliothèque du Québec, le lecteur peut, de chez-soi, sélectionner le livre de son choix et en faire la lecture sur son ordinateur ou sa tablette et cela en quelques clics.

Le livre doit être évidemment disponible et l’usager doit posséder un abonnement valide à sa bibliothèque municipal ou à celle de la BANQ. On peut consulter la liste des bibliothèques participantes ici.

Ces bibliothèques publiques proposent des ouvrages provenant des catalogues québécois, européens et américains. Les emprunts numériques sont de 21 jours grâce à un système chronodégradable. Il est aussi possible de réserver des livres à l’avance car le nombre de licences (droit de consultation) par ouvrage est souvent limité.

Mais qu’en est-il pour les écoles ?

Offre scolaire
Jusqu’à tout récemment, les écoles du Québec n’avaient aucune possibilité de mettre à la disposition des élèves des livres numériques. Il faut une plateforme technologique coûteuse et en ces temps de compressions, la priorité n’y est pas. Mais la situation change.

Le groupe Archambault vient de lancer une plateforme offrant la possibilité aux écoles d’acheter des livres numériques pour les mettre à la disposition des élèves. L’accès à cette plateforme est gratuit pour les écoles. Celles-ci ont accès, pour le moment, à un catalogue de 28 000 livres, soit beaucoup moins que les 120 000 disponibles pour le grand public. Pourquoi une telle différence ? Parce que les éditeurs craignent de perdre des revenus. Mais la situation devrait changer. Archambault négocie actuellement avec des éditeurs européens et américains pour bonifier l’offre scolaire.

L’entente avec Archambault permet aux bibliothèques scolaires d’acheter des livres numériques, à un prix moins élevé que les livres papiers, et de les proposer aux élèves. Un seul bémol. Chaque livre est limité à 55 emprunts et chaque location coûte 0,10$  à la bibliothèque qui doit assumer les frais de gestion des licences auprès d’Abobe, le gestionnaire des fichiers chronodégradables. Ainsi, un livre numérique qui a coûté 20$, aura finalement coûté 25,50$ à la bibliothèque au terme des 55 locations.

Les bibliothécaires le disent, c’est rentable car après 20 ou 25 locations, un livre papier est déjà sérieusement abimé et il faut souvent le remplacer.

L’arrivée de cette plateforme est une bonne nouvelle pour les écoles du Québec qui pourront désormais mettre à la disposition de leurs élèves une offre numérique. Il s’agit là, peut-être, d’une nouvelle façon de redonner le goût de la lecture à des élèves qui avaient déserté la traditionnelle bibliothèque scolaire. En plus, cette bibliothèque virtuelle sera ouverte 24 heures sur 24, 365 jours par année. Il sera donc possible pour les élèves de continuer à emprunter des livres même en période estivale.

Pour les élèves qui n’ont pas de bibliothèque municipale à portée, voilà un outil fort intéressant.

Laisser un commentaire