Une virée à vélo de 35 km…

La journée était belle, un vent léger et du Soleil à profusion, voilà toutes les conditions réunies pour une agréable sortie à vélo.  
Une chronique d’Alexandre Gagné | Montréal 
Il y a longtemps que je souhaitais faire la traversée de l’estacade du pont Champlain. Ce dimanche allait en être occasion.

J’avais une vague idée par où passer. Une carte de Vélo-Québec vue sur Internet montrait le chemin depuis le Vieux-Montréal, mais sans trop de détails. Peu après 12h15, ce dimanche, j’ai quitté le quartier Rosemont à destination du centre-ville.

Le canal Lachine

Je circule sur la piste de la rue Molson. Une pancarte indique que la piste est bloquée en raison de travaux. Or, visiblement il n’en est rien. Puis, c’est la piste de la rue Rachel. Chaussée très cahoteuse et feux de circulation non synchronisés. Il faut une éternité pour se rendre dans le secteur de la rue St-Hubert. Malheureusement, aucune indication avancée sur Rachel nous indique quelle rue l’on doit prendre pour se rendre vers le viaduc de la rue Berri. J’emprunte donc la petite rue Berri jusqu’à la voie cyclable qui passe sous viaduc pour nous mener dans le Vieux-Montréal.

On passe tout juste à côté du projet de condos Le Solano, où ont été arrêtés les trois fugitifs d’Orsainville. Clin d’oeil à l’endroit.

L’estacade du pont Champlain

Puis, nous arrivons dans le Vieux-Port. L’endroit est bondé de marcheurs, coureurs, touristes et cyclistes. Rendu devant le Centre des Sciences une affiche invite le cycliste à emprunter une direction vers la droite. Est-ce la chaussée, est-ce le sentier le long de la voie ferrée ou bien le sentier entre les arbres. C’est le néant total. Le chaos aussi. Personne ne sait où aller.

J’emprunte donc la voie de circulation, à gauche, le long des quais pour se rendre jusqu’à l’extrémité ouest du port à la hauteur de la rue McGill. À cet endroit, miracle, la piste cyclable semble renaître.

Après une courte pause, je reprends donc cette piste qui mène

Le pont Champlain

vers le canal Lachine. Encore une fois, rendu à un croisement, aucune indication permet au cycliste de savoir s’il doit franchir le petit pont ou poursuivre sa route. Brève hésitation, retour sur ses roues… Je passe sur le pont qui nous mène dans le secteur des écluses.

L’endroit est magnifique. Plusieurs projets de condos voient le jour à cet endroit. La vue sur le centre-ville nous montre plusieurs tours en construction. Dans le canal, il y a beaucoup d’activités fluviales. De nombreux plaisanciers se croisent entre deux écluses.

Le pont Champlain

À la sortie du canal, arrive le secteur de Verdun tout juste devant le marché Atwater. Encore à ce endroit, aucun affiche ne permet
aux cyclistes de savoir quel direction emprunter pour se rendre vers l’estacade. Il y a confusion. Plusieurs cyclistes s’arrêtent brusquement. L’endroit est un croisement de voitures, piétons et cyclistes. Une fois le repérage fait, on s’aventure dans Verdun. À un certain moment, un flèche nous invite à effectuer un virage vers la gauche à une intersection.

La voie maritime

Problème: aucun marquage sur la chaussée et aucune indication pour nous alerter sur le fait que la piste est sur la voie de gauche. Conséquence, la majorité des cyclistes traversent l’intersection avant de se rendre compte de l’erreur. Coup de guidon, coup de pédales, je traverse l’intersection en sens contraire pour reprendre ma route.

Le Federal Leda

Le trajet dans Verdun n’est pas bien indiqué. Quelques affiches de la route verte sont cachées entre des arbres ou placées sur des poteaux à une hauteur que l’on ne voit pas toujours. Plusieurs cyclistes s’arrêtent, carte à la main, pour tenter d’y voir clair. Le cycliste ne sait jamais s’il est dans la bonne direction.

Une fois le quartier Verdun traversé, le cycliste arrive près de l’autoroute 10 menant au pont Champlain. Encore là, au croisement d’une rue, aucune indication ne permet de savoir quelle direction il faut emprunter. Un panneau municipal se trouve à proximité. La carte a été vandalisée. Pas de chance.

La navire arrive au pont Victoria
Passage du pont

La logique m’incite à emprunter le sentier qui semble mener vers le pont Champlain. Coup de chance,  j’arrive à l’île des Soeurs. Beaux sentiers. Propreté sans faille. J’ai l’impression d’être dans une autre ville. En Europe même…quelques instants. Tout est bien identifié. Plusieurs pancartes et affiches indiquent bien le chemin à emprunter pour se rendre à l’estacade. Coup de chapeau aux autorités locales.

J’arrive enfin à l’estacade au détour d’un sentier très végétal. Aucun endroit pour s’arrêter vraiment avant d’emprunter ce qui sert de barrière aux glaces en période hivernale. Belle piste large et peu fréquentée étonnamment pour un dimanche. Il est assez difficile de s’y rendre que seuls les plus aventureux découvrent ce chemin…

Le pont Victoria levé

De l’autre côté, un beau sentier le long de la voie maritime nous attend jusqu’au pont Victoria. En route, on croise un vraquier, le Federal Leda enregistré à Chypre, qui repart vers la haute mer. Plusieurs dizaines de cyclistes sont arrêtés par la levée du pont Victoria pour faire passer le navire. Impressionnante manoeuvre à observer avant de reprendre sa route vers le parc Jean-Drapeau.
Le sentier est agréable.

Vue du pont Victoria

Le parc Jean-Drapeau est bondé. Beaucoup de gens se sont donné rendez-vous à la plage ou profitent simplement du circuit Gilles-Villeneuve accessible aux amateurs de vitesse.  En quittant l’île Notre-Dame, il faut encore user de logique car les indications font à nouveau défaut pour nous indiquer le chemin à suivre vers le pont Jacques-Cartier.

Autre mauvaise indication pour rentrer à la maison. Comment accéder au pont Jacques-Cartier depuis l’île Sainte-Hélène. Une

L’entrée du parc Jean-Drapeau

flèche nous invite bien à prendre une direction, mais comme cycliste doit-on emprunter la chaussée ou le sentier voisin? Rien n’est sûr. Puis, arrivé à un croisement quel chemin prendre. Il faut savoir que la piste cyclable se situe du côté ouest du pont en direction de Longueuil. Ainsi, pour rentrer à Montréal, il faut s’en aller vers la Rive-Sud.

Vue de la rue Ste-Catherine

La piste du pont J.-Cartier est étroite. La prudence est de mise. L’endroit nous offre toujours une vue exceptionnelle de Montréal et de ses grands immeubles. Aussi, au-dessus de la rue Sainte-Catherine, le pont nous propose une vue imprenable sur le Village et ses boules roses.

Mon parcours prend fin au pied du pont à l’entrée de Montréal où cette année des sculptures végétales attendent le visiteur ou le banlieusard de passage. Bien qu’il s’agisse de belles réalisations, l’endroit n’est vraiment pas accessible et favorable à la contemplation.

L’entrée de Montréal

Bref, le parcours d’environ 35 km a été fort agréable, mais il manque clairement d’indications pour l’urbain et pire encore, pour le touriste de passage, qui veut profiter des charmes de la métropole. Je n’ose pas imaginer des étrangers tenter de faire ce parcours en Bixi ou en vélo loué sans trop savoir dans quoi ils s’embarquent et surtout dans quelle direction aller, tellement le manque d’information est criant. Montréal doit revoir sa stratégie vélo et ses indications. C’est une nécessité.

Laisser un commentaire