1721: Le désastre qui a transformé Montréal

Montréal en 1721 | Source: Archives de Montréal
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Nous sommes le jeudi 19 juin 1721. Montréal est une ville fortifiée depuis 1717. Du moins en partie. Les travaux viennent de débuter car la petite bourgade de quelque 3000 habitants craint les attaques britanniques. En fait, ces fortifications ne serviront réellement jamais avant d’être rasées au début du XIXe siècle.

par Alexandre Gagné | Montréal

Alors que personne ne s’y attend, un incendie éclate et rase la moitié de la ville. Quelque 171 maisons sont détruites dans ce qui est aujourd’hui le quartier historique, le Vieux-Montréal. Les maisons, toutes érigées en bois, sont situées autour de la place du Marché. L’hôpital Hôtel-Dieu alors sur la rue Saint-Paul n’échappe pas aux flammes. En trois heures, l’immeuble est complètement consumé. Au total, environ 138 personnes se retrouvent sans logis.

La cause du feu ?

Quelle est l’origine du feu ? L’histoire retient qu’un tir de mousquet survenu après un office religieux serait la cause de l’incendie, mais un officier d’infanterie et ingénieur militaire français émet des doutes sur la question dans une lettre qu’il fait parvenir en octobre 1721 au Conseil de Marine.

Source: canadianmysteries.ca
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Le militaire dresse également une carte détaillant avec précision les maisons détruites.

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Les conséquences…

Cet événement a eu un impact important sur le développement futur de Montréal. À la suite de cet incendie, l’intendant Michel Bégon émet une ordonnance: désormais, dans la zone fortifiée, toutes les maisons devront être construites en pierre. Parce qu’une telle construction coûte plus cher, les Montréalais moins fortunés, et ils étaient nombreux, vont s’établir à l’extérieur des fortifications, là où ils peuvent construire des maisons de bois. C’est alors que les faubourgs Québec (secteur de la Brasserie Molson), Saint-Laurent (rue St-Laurent) et des Récollets (rues McGill/de la Montagne) se développent autour de la ville et favorisent l’étalement sur l’île.

Malheureusement, le drame de 1721 va se répéter. En 1734, un autre incendie ravage Montréal. Quelque 46 maisons de la rue Saint-Paul sont rasées, tout comme l’Hôtel-Dieu qui venait à peine d’être rebâti. Pire encore, en 1852, un autre terrible incendie détruit cette fois une très large partie des faubourgs autour de la ville fortifiée. Très rapidement, un règlement impose l’usage de la maçonnerie dans cette partie de Montréal, comme on l’avait fait 131 ans plus tôt.

Aujourd’hui, 293 ans plus tard, il est toujours possible de voir des traces de cet événement à Montréal. Au musée de la Pointe-à-Callière, le visiteur peut observer une fine couche carbonisée du grand incendie de 1721 au-dessus de laquelle s’élève le socle où reposait l’obélisque dédié aux fondateurs de Montréal qui est imbriqué dans les restes de la fontaine du square de la Douane, place Royale.

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