La gonorrhée désormais incurable ?

Source: Santenews.net

Ce qu’on craignait depuis longtemps dans le monde médical se concrétise peu à peu.

Les infections transmises sexuellement ou par le sang (ITSS) ont commencé à développer une forte résistance aux antibiotiques conçus pour enrayer leur progression.

par Alexandre Gagné

Source: DalyMail.co.uk

L’information a été confirmée dans la dernière édition du très sérieux Journal de l’Association médicale américaine (JAMA) alors qu’une enquête, menée par la Santé publique de l’Ontario, a trouvé 9 patients infectés par une souche de gonorrhée résistante au plus commun des antibiotiques oraux utilisés pour combattre la maladie, le Cephalexin.

L’étude vient donc confirmer les craintes du Centre de contrôle des maladies d’Atlanta (CDC) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui avertissaient le monde, l’an dernier, que la gonorrhée incurable, la seconde ITSS la plus courante sur la planète, allait devenir une réalité.

Ce qui est inquiétant, c’est que l’antibiotique Cephalexin est le dernier antibiotique existant qu’il est possible d’utiliser pour combattre l’infection. À partir de la fin des années 1990 et surtout au début des années 2000, les spécialistes de la santé avaient remarqué que l’antibiotique Cipro (ciprofloxacin), recommandé depuis 1993 pour traiter la gonorrhée, présentait une résistance face à la maladie. En 2006, une étude avait clairement confirmé que le cipro était devenu résistant ce qui avait alors conduit le CDC a recommandé le recours aux antibiotiques de la classe des céphalosporines, dont le Cephalexin, pour attaquer la gonorrhée.

Source: Antidotbiotics.com


La filière canadienne

L’enquête dévoilée dans le JAMA montre que près de 7% des patients atteints de gonorrhée dans une clinique de Toronto avaient encore la maladie en dépit d’une ronde de traitement avec les céphalosporines. Sur 133 patients qui sont retournés pour un test de guérison, 9 sont demeurés positifs à la maladie, ce qui représente environ une personne sur 15. C’est la première fois qu’une étude confirme la résistance aux céphalosporines en Amérique du Nord.

Des études passées avaient montré des cas isolés de gonorrhée incurable au Royaume-Uni, en Autriche, en France, en Norvège et au Japon, mais jamais à grande échelle, comme ce fut le cas dans la région de Toronto.

Source: CDC.gov

Pour ajouter aux craintes, le spécialiste Robert Kirkcaldy, du CDC d’Atlanta, écrit en éditorial que la gonorrhée « devient une maladie mortelle ».

Les 9 patients de l’enquête ont été finalement traités avec un puissant antibiotique injectable connu sous le nom de ceftriaxone, mais les spécialistes remarquent déjà une inquiétante augmentation en parallèle de la résistance à celui-ci.

Désormais, le CDC d’Atlanta recommande que les médecins traitent rapidement les malades avec cet antibiotique injectable en plus d’un traitement par voie orale et non plus avec un seul antibiotique.

Situation montréalaise

À Montréal, la situation de la gonorrhée résistante au Cipro était déjà bien connue et fait d’ailleurs l’objet d’un signalement obligatoire à la Direction de la santé publique. Selon les dernières données disponibles, 140 cas ont été recensés dans la métropole en 2012, contre 144 cas en 2011 et 164 cas l’année précédente.

Ce qui est cependant inquiétant, c’est la hausse globale du nombre de autres cas de gonorrhée qui sont passés de 646 en 2011 à près de 840 en 2012. Dans ces cas, il est cependant impossible pour le moment de déterminer combien ont pu être des cas de gonorrhée résistante aux céphalosporines.

Source: Lametropole.com

La gonorrhée provoque des douleurs lors de la miction (maladie surnommée la chaude-pisse), des douleurs abdominales, des pertes vaginales, des démangeaisons et l’infertilité chez les femmes.


Les autres ITSS

Montréal a aussi vu, en 2012, une flambée des autres infections transmises sexuelles. C’est notamment le cas de la chlamydia dont le nombre de cas a presque augmenté de 15% en 2 ans, passant de 4209 cas en 2010 à 4827 cas en 2012.

La syphillis est aussi en hausse notable et demeure une maladie très surveillée par la Santé publique de Montréal.

(Source: DailyMail, Santé publique de Montréal, CDC)

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