Éducation: Redéfinir la tricherie à l’école…

La technologie est souvent accusée d’encourager les mauvais comportements et, en particulier, quand il s’agit de malhonnêteté intellectuelle. On affirme qu’il est désormais plus facile de plagier grâce à la possibilité de copier-coller des informations à partir du Web dans un travail ou une dissertation.

TRADUCTION ET ADAPTATION: ALEXANDRE GAGNÉ

À première vue, des sites d’aide aux devoirs, comme il en existe de très nombreux, pourraient être accusés de favoriser aussi ce genre de comportement. Ces sites proposent des réponses aux questions de la plupart des grands manuels scolaires. Certains sites proposent même des travaux déjà faits en fonction de ceux réalisés dans votre propre école. Parfois, il faut payer en fonction du nombre de travaux que vous commandez. Ainsi, les étudiants peuvent payer pour obtenir des réponses et pas seulement celles impaires ! Les sites fournissent les explications et les “preuves”. Mais ce n’est toutefois pas aussi simple que cela…

Bien qu’il existe plusieurs sites avec les réponses écrites, l’avenir est plutôt – et pour tout dire c’est déjà commencé depuis un bon bout – au modèle de partage peer-to-peer (pair à pair) comme dans le cas du téléchargement illégal de musique ou de film. Les étudiants utilisent certains sites pour s’entraider mutuellement. Les réponses les plus utiles seront évaluées avec des étoiles afin de les distinguer. C’est exactement ce que fait et propose le site américain Slader.

Bien avant cela, les étudiants partageaient aussi leurs réponses, mais à l’ancienne. Se tourner vers un autre pour avoir la réponse, partager réponses et solutions, que ce soit au téléphone ou face-à-face, que ce soit mot à mot, transcrit fidèlement à partir du papier d’un autre ou résolu grâce à l’aide et le soutien d’un pair. C’est ça la collaboration.

Anticipant les critiques, les responsables de Slader, basés à New York, croient que c’est une erreur d’affirmer que leur site est de la tricherie. C’est plutôt, disent-il, fournir en temps réel, l’aide aux étudiants lorsqu’ils font leurs devoirs. C’est une sorte de salle d’étude en ligne.

Comme Slader suscite beaucoup d’intérêt auprès des élèves (et de leur portefeuille), il devient donc pertinent de remettre en question l’utilité des traditionnels devoirs à la maison. Actuellement, beaucoup d’élèves utilisent Facebook pour partager des réponses, des devoirs et même des réponses d’examens.

Dans les circonstances, il faut donc éviter de voir ce geste comme de la tricherie, mais comme un besoin d’apprendre en collaborant. C’est pourquoi, les enseignants doivent donc repenser sérieusement au type de devoirs donnés à faire à la maison afin d’aider les jeunes intellectuellement et aussi…financièrement !

Article original complet ici.

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