La grippe aviaire: un retour programmé en 2012 ?

Disparue des écrans radars depuis 2004, la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 n’avait pas pour autant été rayée du paysage et pourrait bien faire un retour en 2012. Explications. 

par Alexandre Gagné

Montréal, 30 décembre 2011 (LesNews) — Un homme de 39 ans est mort après avoir été testé positif au virus de la grippe aviaire H5N1 à Shenzhen, une ville chinoise située près de Hong Kong. 
Selon plusieurs médias locaux, l’homme a développé les premiers symptômes de la maladie le 21 décembre dernier et a été admis à l’hôpital le jour de Noël. Il souffrait d’une grave pneumonie, selon le Centre de santé publique de Hong Kong dans un communiqué. D’après les informations disponibles, l’homme, un chauffeur d’autobus, n’avait pas voyagé récemment et n’aurait pas eu de contacts étroits avec des volailles avant sa contamination, ce qui relance l’idée d’une possible infection inter-humaine. Son travail aurait toutefois pu exposer d’autres personnes au virus.
Le gouvernement chinois a pris les choses au sérieux. Très rapidement, les livraisons de poulets ont été suspendues vers Hong Kong, une importante plaque tournante mondiale, après la découverte d’oiseaux infectés. Le niveau d’alerte a été relevé et les autorités tentent de remonter la piste après qu’un poulet infecté. Au moins deux écoles ont aussi été fermées à la suite de la découverte d’oiseaux morts infectés sur leur terrain.
Les scientifiques qui suivent de près H5N1 sont particulièrement inquiets, car des modifications récentes observées dans les gènes du virus laissent penser qu’il serait davantage en mesure de se transmettre par voie aérienne, d’où le risque accrue de contagion. 
Ce n’est pas la première fois que Hong Kong est le point de départ de graves épidémies mondiales. L’endroit avait d’ailleurs été à l’origine d’une première vague de cas de grippe aviaire H5N1 chez les humains en 1997. La maladie avait fait six morts et forcé l’abattage de millions de volailles.
Au cours des dernières années, le virus, qui est connu pour ne pas passer facilement d’humain à humain, a tué plus de 330 personnes autour du monde, avec l’Indonésie comme pays le plus touché. La plupart des infections humaines résultent d’un contact direct avec des oiseaux infectés.
Les scientifiques craignent essentiellement que H5N1 évolue génétiquement vers une forme facilement transmissible entre humains, avec le potentiel de causer des millions de morts, car aucun vaccin n’est disponible pour le moment. 
Autres infections
Zone d’échange mondiale importante en Asie, Hong Kong avait été au centre de l’actualité en 2003 lors de l’épidémie de SRAS, une maladie respiratoire mortelle, qui avait fait 300 personnes dans la ville et 500 autres dans le monde entier, dont 44 au Canada.
Avec des milliers de personnes en transit, chaque jour, à Hong Kong, une éventuelle épidémie pourrait rapidement gagner les cinq continents, d’où l’inquiétude des autorités sanitaires mondiales. Les scientifiques ne veulent donc pas voir se répéter à nouveau le scénario catastrophe de 2003.

(Source: AFP, Reuters, Recombinomics, Pandemic information news)

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