La fin du pétrole, c’est pour quand ?

Montréal, 7 décembre 2011 (LesNews) — La fin du pétrole, c’est pour quand ? La question était sur les lèvres de plusieurs participants, cette semaine, au 20e Congrès pétrolier mondial qui se déroulait à Doha au Qatar. La fin du pétrole n’est pas pour demain. Entendre: pas à court ni moyen terme.

par Alexandre Gagné

          En fait, pour dire vrai, les réserves prouvées de pétrole ne diminuent pas. Selon la British Petroleum Statistical Review, elles augmentent même depuis quelques années. En 1990, elle étaient de 1,003 milliards avant d’augmenter légèrement pour atteindre 1,104 milliards en l’an 2000. Cependant, 10 ans plus tard, à la fin de 2010, elles avaient bondi pour dépasser 1,383 milliards de barils. Et le phénomène devrait se poursuivre, d’après les producteurs eux-mêmes.

          Si l’on considère qu’il s’est brûlé quelque 32 milliards de barils l’an dernier, le calcul devient vite facile. En 2053, dans 40 ans, il n’y aura plus de pétrole.

          C’est pourquoi les compagnies pétrolières s’activent pour pallier l’épuisement des gisements avant une explosion des coûts de production et d’exploration anticipées dans les prochaines années. L’enjeu est de taille. Comment fournir à la demande mondiale croissante, essentiellement concentrée dans les pays émergents, afin de maintenir un prix acceptable ?

Pétrole
Infographie: A. Gagné

          Seule solution: trouver de nouveaux gisements. L’attention se porte d’emblée sur les sables bitumineux de l’Ouest canadien, sur l’Afrique de l’Est, le Golfe de Guinée, les profondeurs du Golfe du Mexique, le sous-sol océanique en face du Brésil et l’Arctique. Mais déjà, parler d’une exploitation dans ses régions donne des maux de tête aux pétrolières, car les coûts d’exploration, puis d’exploitation seront énormes.

           Le temps presse, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale devrait dépasser les 99 millions de barils par jour en 2035. Pour l’heure, plusieurs régions demeurent encore inexplorées, même en Arabie saoudite, et les techniques actuelles ne permettent que l’extraction de 35% du pétrole dans un gisement, selon un expert présent au congrès de Doha. L’amélioration des techniques à court terme pourrait donc peut-être permettre de prolonger la vie des puits déjà en service et sauver, un temps, certaines régions d’une planète déjà fragilisée par notre appétit vorace en or noir.

Auteur : Alexandre Gagné

Historien | Journaliste indépendant | Grand voyageur

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